Enquête sur la nationalité des dirigeants haïtiens : comment épargner les coûts de l’enquête et obtenir des résultats rapides?
D’aucuns utilisent le poids de la diaspora dans l’économie du pays pour venir au secours de ceux ou celles dénoncés (es) d’avoir une citoyenneté étrangère. Cet argument ne tient pas. À notre avis, la diaspora revendique la double ou multiple citoyenneté légale et garantie par une constitution modifiée ou nouvelle. On ne peut pas assimiler la demande de la diaspora à la violation de la constitution actuelle (1987) par des personnes qui sembleraient détenir des citoyennetés d’autres pays.
Le porte-parole de la Présidence a pris le contre-pied des dénonciations relatives à la citoyenneté étrangère. Il lui aurait été plus simple et plus positif de divulguer des lettres requises des ministères ou organismes des pays concernant l’immigration et la citoyenneté auxquels nos dirigeants avaient vécu, indiquant le contraire. Pour se faire, les dirigeants sur qui pèse le soupçon de nationalité étrangère n’ont qu’à adresser une demande auxdits ministères ou organismes et ils recevront une réponse tout de suite confirmant leur nationalité. Le président des États-Unis, Barak Obama, a publié des milliers d’exemplaires de son certificat de naissance pour prouver qu’il est né aux États-Unis. Pourquoi, nous Haïtiens, nous ne faisons pas la même chose. Le président de la République doit être une personne responsable. Au lieu de se laisser distraire par la question de sa nationalité, il lui serait plus utile d’obtenir des autorités américaines et italiennes une confirmation qu’il n’est pas citoyen de leur pays, et, le débat est clos, l’enquête prend fin.
Moi, comme précédent, en juin 1990, je demandais un visa américain au Consulat des États-Unis d’Amérique à Montréal, le consul me répondait : après tant d’années au Canada, je doute que vous ne soyez pas Canadien? Je ne vous donne pas de visa. Si vous voulez un visa, apportez-moi une preuve que vous n’êtes pas Canadien. On pourra lire en annexe la preuve apportée au consul pour avoir le visa. Ce procédé pourrait être exploité par la Commission parlementaire enquêtant sur la nationalité de nos dirigeants. Il pourrait aussi être employé pour choisir nos futurs dirigeants lors des nominations et lors des dépôts de candidatures à des postes électoraux afin d’éviter tout imbroglio.
Si les dirigeants fournissent la preuve de leur nationalité provenant des pays où ils avaient vécu, l’enquête terminera rapidement et les coûts seront faibles. De toute façon, la Commission sénatoriale n’a pas le choix, elle ne peut pas limiter son enquête seulement en Haïti. Dans un tel cas, le résultat serait biaisé. Comme certaines personnes en affaires utilisent deux à trois livres comptables, quelques uns de nos compatriotes se servent aussi de deux passeports. Le passeport étranger pour les destinations étrangères et le passeport haïtien pour la destination d’Haïti. À titre d’exemple, un Haïtien ayant une nationalité étrangère qui a toujours pris son passeport haïtien pour faire ses entrées et sorties en Haïti, comment la Commission va-t-elle faire pour découvrir que cet Haïtien a une autre nationalité? On ne sait pas, en tout cas, ce n’est pas en Haïti que la Commission va trouver la preuve.
Le Parlement a le pouvoir d’exiger des dirigeants les preuves de leur nationalité. Le moyen le plus convaincant, le plus facile et le plus rapide : c’est la lettre de confirmation provenant des pays-tiers. Il revient au Parlement de prendre ses responsabilités. Nous n’avons rien contre les personnes ayant une autre nationalité, mais il faut respecter la loi.
Férère Coffy, M.A.P.
Montréal, 2012-01-21
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