Les presidents des deux chambres du parlement affirment ne rien savoir de la mission de l'ancien president Bill Clinton en Haiti: le militant des droits de l'homme Patrick Elie fustige l'hypocrisie et le pseudo nationalismePort-au-Prince, 6 juillet 2006 –(AHP)- Le président du sénat , Kély Bastien, a affirmé lundi que le parlement n’a jamais été informé de la nomination et du mandat de l'ancien president americain Bill Clinton en Haïti.
M. Clinton qui a éte nommé le mois dernier envoyé spécial de l'ONU pour Haïti par le secrétaire général Ban Ki Moon, débute ce lundi une visite de 2 jours en Haïti
Kély Bastien a dit ne pas comprendre pourquoi c’est un ancien président des Etats-Unis qui doit venir résoudre les problèmes d'Haïti.
Le président de la chambre des députés, Levaillant Louis Jeune, se dit pour sa part inquiet et peu optimiste par rapport à la nomination de M. Clinton.
Il a également déclaré ne pas comprendre pourquoi les autorites haïtiennes n'ont fait aucune annonce sur le programme de visite de M. Clinton, qui a plutôt éte annoncé des Etats-Unis.
Selon une depêche de l'ONU datée du 2 juillet, l'ancien président entreprend cette mssion afin d'évaluer la meilleure façon de soutenir les efforts de préparation de la nouvelle saison cyclonique, de création d'emplois et de renforcement de la fourniture de services sociaux de base.
L'ONU informe encore qu'il concentrera aussi ses efforts pour s'assurer que les Nations Unies, la société civile et les bailleurs de fonds alignent leurs efforts avec le plan de reconstruction du gouvernement haïtien et assurent une bonne coordination entre eux.
Mais levailant Louis Jeune croit que c'est aux haïtiens qu'il revient au premier chef de s'atteler au travail de dévelopement d'Haïti. Il affirme également ne rien savoir de la nomination de l’ancien président américain au poste d'envoyé spécial.
Cependant, le militant des droits humains Patrick Elie, a estimé lundi que la nomination de Bill Clinton pourrait être une opportunité que les haïtiens devraient saisir pour faire avancer le pays.
M. Elie a rejeté les allégations selon lesquelles la désignation de l'ancien président américain constituerait une sorte de consécration de la mise sous tutelle d'Haïti et une insulte pour le pays.
Il a estimé que les Etats-Unis ne tirerait aucun avantage à faire d'haïti un Etat associé avec tout son cortège de problèmes.
"Bill Clinton ne viendra pas travailler à la place du président René Préval mais sera en Haïti comme un facilitateur dans la mesure où les haïtiens sont bien imbus des différents problèmes auxquels le pays fait face et s'accordent sur la voie qu'ils veulent qu'il emprunte, a dit M. Elie.
Il a toutefois exprimé le souhait que l’ancien président des Etats-Unis accomplissent convenablement sa mission en travaillant avec les secteurs représentatifs de la population et surtout en évitant de se laisser prendre en otage.
Patrick Elie appelle à la fin des luttes intestines et de l’hypocrisie des Haïtiens pour favoriser le développement du pays.
" Ceux-là qui parlent le plus d'occupation et de perte de souveraineté sont ceux-là même qui ont ouvert la voie aux forces etrangères et qui donnent aujourd'hui un sens à la mission de Bill Clinton", s'est insurgé le militant ds droits de l'homme.