Forum Haiti : Des Idées et des Débats sur l'Avenir d'Haiti

Forum Haiti : Des Idées et des Débats sur l'Avenir d'Haiti

FOROM AYITI : Tèt Ansanm Pou'n Chanje Ayiti.
 
AccueilAccueil  GalerieGalerie  PortailPortail  CalendrierCalendrier  PublicationsPublications  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 Haiti en Marche: Haiti entre la Chine et Taiwan

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
gwotoro
Super Star
Super Star


Masculin
Nombre de messages : 3974
Localisation : Canada
Date d'inscription : 20/08/2006

Feuille de personnage
Jeu de rôle: le balancier

MessageSujet: Haiti en Marche: Haiti entre la Chine et Taiwan   Ven 9 Mar 2007 - 0:09

Haïti: Chine ou Taïwan ?

ANALYSE


MIAMI, 3 Mars – Chine ou Taiwan ? La question ne se pose pas ainsi. Pas encore. Il ne s´agit pas pour Haïti de choisir entre la Chine et Taiwan. C´est nous-mêmes qui nous mettons dans cette position.

Lorsque récemment, en qualité de vice-président d´une commission de l´Assemblée générale de l´ONU, Haïti décida de proposer le retour de Taiwan aux Nations Unies, elle le fit toute seule, toutes les autres délégations se défilèrent.

Le diplomate Pierre Richard Cajuste, ancien délégué d´Haïti à l´ONU, nous le confirme : Pékin ne demande pas la rupture des relations entre Port-au-Prince et Taïpei. Cependant Taiwan, que la Chine considère comme une province rebelle, ne peut pas avoir la préséance dans un pays entretenant également des relations avec la Chine.

Donc c´est Haïti qui fait problème.

Pour commencer, Haïti et Taiwan (du temps que ce dernier s´appelait encore la Chine libre, par opposition à la Chine communiste de Mao Zedong) entretiennent des relations diplomatiques depuis les années 60.

Le premier ambassadeur de Taiwan, l´éternel Li Nan Sing, par ses manières obséquieuses, pouvait presque être soupçonné d´être un espion du palais national. Papa Doc avait sur son bureau un portrait du général Chang Kai-Sek, le fondateur de la Chine nationaliste et ennemi juré de Mao. Duvalier voulait montrer ainsi sa haine du communisme. On est dans les années de Guerre froide et Haïti se range d´emblée dans le camp capitaliste pro-américain.

Relations privilégiées avec le président Préval...

Mais Duvalier parti, l´ambassadeur taiwanais continua sur la même lancée avec les successeurs, y compris à l´arrivée au pouvoir de Jean-Bertrand Aristide élu en 1990.

Et aujourd´hui Taiwan ne cache pas ses relations privilégiées avec le président René Préval, finançant de nombreux projets à Marmelade, base familiale du chef de l´Etat.

Mais la question des deux Chine a considérablement évolué au cours des dernières décades, et pas à l´avantage de Taiwan.

Haïti est peut-être le seul pays de la Communauté caraïbe (CARICOM) à maintenir des relations officielles avec Taïpei. Déjà depuis plusieurs années, Taiwan a été écarté de l´Assemblée générale de l´ONU. Tandis que la Chine est un membre permanent du Conseil de sécurité avec droit de veto.

L´Amérique du sud, et aujourd´hui l´un après l´autre nos congénères d´Afrique, sont en train de basculer dans le camp de Pékin.

Pendant longtemps Haïti pouvait continuer à faire cavalier seul et garder des liens exclusifs avec « la province rebelle ». Nous sommes un petit pays sans grande importance sur le plan international et géo-politique.

Cela jusqu´à ce que les premières missions de maintien de la paix aient commencé à arriver chez nous.

Détenteur du droit de veto au Conseil de sécurité, la Chine menace à chaque renouvellement de mandat de bloquer le passage de la mission.

Coups de théâtre...

Survient alors comme un coup de théâtre la dernière initiative haïtienne en faveur d´un retour de Taiwan à l´Assemblée générale de l´ONU ? Apparemment un geste sans lendemain puisque n´ayant rencontré aucune approbation des autres membres de la commission. Une provocation ?

Oui, une provocation. Mais bien calculée. En effet à l´issue de laquelle, second coup de théâtre, on trouve la Chine parmi les pays les plus proches des revendications du gouvernement haïtien.

Pékin protesta, tempêta contre le geste haïtien. Port-au-Prince dépêcha auprès de la légation chinoise à l´ONU l´ex-chancelier Fritz Longchamp, aujourd´hui secrétaire particulier du président René Préval.

Au lendemain, M. Longchamp s´en alla aussi négocier avec les pays latino-américains amis d´Haïti et participant à la composante militaire de la Mission des Nations Unies en Haïti (Minustah).

Le résultat est une résolution qui reconnaît noir sur blanc que le gouvernement haïtien a la « responsabilité première » dans les entreprises de la Minustah. Est-ce que cela doit rester un vain mot ? C´est autre chose.

Posez, posez !...

Y a-t-il eu un deal caché ? Nous n´oserons l´affirmer. Mais c´est tout comme. Haïti attaque la Chine. Celle-ci se fâche et menace de blackbouler le renouvellement de la mission. Haïti négocie donc avec la Chine face à face. Une éventualité qui permet aux deux d´imposer leurs exigences dans la résolution.

De plus, avec la bénédiction de Washington. En effet, craignant le veto de la Chine alors que les Etats-Unis entendent maintenir la mission onusienne en Haïti, la secrétaire d´Etat Condoleezza Rice aurait elle-même appelé le président Préval pour lui dire en quelque sorte « Posez, posez ! Ne mécontentez pas les Chinois. »

Mais si Haïti et la Chine peuvent en cette occasion démontrer un accord aussi parfait, pourquoi ne pas l´étendre à d´autres domaines ? Pourquoi s´arrêter en si bon chemin?

Que veut Haïti ? Que veut la Chine ? Et que veut Taiwan ?

Ce dernier veut continuer à rester la seule Chine en Haïti, comme depuis toujours, comme au temps de la Guerre froide.

Que veut Haïti ?

Le développement. Des emplois et un mieux-être pour sa population.

D´autre part, précise le président Préval, aucune immixtion dans le conflit entre les deux Chine.

Cependant on pourrait considérer comme en ayant été une, la proposition par le gouvernement haïtien de réadmettre Taiwan aux Nations Unies.

Mais passons. Regardons plutôt de l´avant.

A vol d´oiseau de la Floride...

Que veut Pékin ?

Le président chinois vient de faire le tour de l´Afrique, distribuant dons et contrats. La Chine n´a aucune ambition impérialiste, insiste son président. Elle est intéressée par contre aux matières premières pour alimenter sa machine industrielle, la plus vorace que l´on puisse imaginer.

Haïti n´a pas de ressources naturelles à proprement parler. Mais elle a une position privilégiée vue de Pékin : sa totale proximité avec le marché américain qui demeure le principal marché pour les Chinois.

Et qui fonctionne dans les deux sens. L´économie américaine se passerait difficilement aujourd´hui des produits industriels made in China. On ne sait d´ailleurs pas si l´appel de Condoleezza Rice concernait seulement la présence internationale en Haïti ou s´il ne s´agissait pas aussi de rassurer un partenaire économique (la Chine) devenu indispensable.

Haïti comme un centre de finition pour certains articles d´assemblage ou simplement un ultime point de stockage situé à vol d´oiseau de la Floride, voici qui devrait à coup sûr intéresser les Chinois.

Un drame presque cornélien...

Alors pourquoi ne pas élargir le deal trouvé lors du vote de la résolution ?

Eh bien, les Chinois ne veulent pas être demandeurs. C´est à prendre ou à laisser. Pékin ne veut entrer dans aucun chantage. Auquel cas c´est lui qui perdrait parce que se considérant le plus fort.

En effet, tous les pays de par le monde, en Amérique latine, dans la Caraïbe comme en Afrique, tombent les uns après les autres dans l´escarcelle chinoise.

Haïti est l´un des rares à y résister. Par loyauté envers un pays qui ne lui a jamais marchandé son aide, et depuis près d´un demi-siècle : Taiwan.

C´est un drame presque cornélien.

Mais nous Haïtiens ne sommes plus seuls au monde comme on a pu le croire pendant longtemps.

Sous licence chinoise...

La Chine aussi a compris (d´autant que nous ne sommes probablement pas les seuls ex-protégés de Taiwan à nous être retrouvé dans cette situation). Pékin ne demande pas de monopole (du moins pas immédiatement, laissons faire le temps), mais il ne saurait tolérer d´avoir un traitement officiel qui soit au-dessous de celui réservé à un pays qu´il considère comme une « province » de son territoire.

Or Taiwan n´a d´ambition autre que d´être accepté à la place de sa rivale et rien d´autre.

Conclusion : tant que le statu quo demeure, aucun président haïtien ne saurait vraiment affirmer que sa position est totalement neutre dans le conflit des deux Chine.

Et Minustah ou pas, Haïti risque de voir désormais la question se reposer à elle à tout bout de champ. C´est que la Chine investit dans tous les pays qui nous entourent. Il est possible un jour que pour importer un bouton de guêtre, nous entendions que c´est fabriqué sous licence chinoise et que nous ne pouvons l´avoir sans l´accord de Pékin.

Haïti en Marche, 3 Mars 2007
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Haiti en Marche: Haiti entre la Chine et Taiwan   Sam 6 Aoû 2011 - 23:14

J'aimerais relancer le débat sur les deux Chines
Revenir en haut Aller en bas
 
Haiti en Marche: Haiti entre la Chine et Taiwan
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Haiti en Marche: Haiti et neo-liberalisme
» Haiti en Marche: Haiti entre la Chine et Taiwan
» Haiti en marche - Haitiens, partout fuir la misere!
» Haiti en Marche opine sur la derniere semaine...
» Haiti en Marche: Qu'est-ce que les Etats-Unis ont contre nous?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forum Haiti : Des Idées et des Débats sur l'Avenir d'Haiti :: Haiti :: Espace Haïti-
Sauter vers: