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 Tout ce que vous pensiez savoir de la chute de L'Union Sovietique

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MessageSujet: Tout ce que vous pensiez savoir de la chute de L'Union Sovietique   Mer 6 Juil 2011 - 13:27

Tout ce que vous pensiez savoir de la chute de l'Union soviétique est fauxEt en quoi c’est important aujourd’hui alors que nous connaissons une nouvelle ère de révolutions.- Affiche de propagande soviétique contre l'Otan. La phrase qui l'accompagne: «Les peuples ne veulent pas que les désastres de la guerre se répètent» est attribuée à Staline. CC Wikimedia -L'AUTEUR
Foreign Policy Les articles signés Foreign Policy ont d'abord été publiés en anglais sur Foreign Policy, magazine en ligne américain de Slate Group, spécialisé dans les affaires étrangères et l'économie.
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L'URSS en arrière-plan CHAQUE RÉVOLUTION est une surprise. Il reste que la dernière révolution russe est à classer parmi les surprises les plus grosses. À l’ouest, dans les années qui ont directement précédé 1991, aucun expert, universitaire, officiel, ou politique ou presque n’avait entrevu l’écroulement imminent de l’Union soviétique et, accompagnant la chute de la dictature du parti unique, celle de l’économie étatisée et du contrôle par le Kremlin de ses empires, à l’intérieur et dans les pays d’Europe de l’Est. À une exception près, aucun dissident soviétique non plus, d’ailleurs, et à en juger par leurs mémoires, ni les futurs révolutionnaires eux-mêmes.

Lorsque Mikhail Gorbatchev accède au poste de secrétaire général du Parti communiste en mars 1985, aucun de ses contemporains n’anticipe la crise révolutionnaire. En dépit de désaccords sur l’étendue et la profondeur des problèmes du système soviétique, personne ne les envisageait comme une menace vitale, en tout cas pas à brève échéance.

Comment expliquer un manque de vue à long terme si étrangement généralisé? L’échec des experts occidentaux à prévoir l’effondrement de l’Union Soviétique peut être attribué en partie à une sorte de révisionnisme historique — qu’on pourrait baptiser d’anti-anticommunisme — qui tendait à exagérer la stabilité et la légitimité du régime soviétique.

Mais d’autres, qu’on peut difficilement soupçonner de sympathie pour le communisme, ont été tout aussi pris de court par sa mort. L’un des architectes de la stratégie des Etats-Unis au cours de la guerre froide, George Keenan, a ainsi écrit qu’à considérer l’intégralité de «l’histoire des relations internationales dans l’ère moderne», il lui était «difficile de citer un événement plus étrange, plus surprenant, et de prime abord plus inexplicable que la soudaine et totale désintégration et la disparition… De la grande puissance connue successivement sous le nom d’Empire Russe, puis d’Union Soviétique».



Gorbatchev et Reagan lors de la signature du Traité INF à la Maison Blanche, en décembre 1987. REUTERS/Dennis Paquin
Richard Pipes, un des plus grands historiens américains de la Russie, et conseiller du président Ronald Reagan, qualifia la révolution «d’inattendue». Enfin, le magazine conservateur National Interest publiait en 1993 dans un numéro spécial une série d’essais sur la chute de l’Union Soviétique sous le titre : «La curieuse mort du communisme soviétique».

Eut-elle été plus facile à comprendre, qu’on aurait pu ranger cette erreur de jugement collective dans un dossier mental destiné aux curiosités et autres caprices des sciences sociales, avant de l’oublier. Aujourd’hui encore, pourtant, vingt ans après, l’hypothèse selon laquelle l’Union Soviétique allait subsister dans son état actuel ou, au pire, amorcer un jour un long déclin semble une conclusion toujours aussi rationnelle.

Maladies chroniques pas fatales
De fait, l'Union soviétique de 1985 possédait encore l’essentiel des ressources naturelles et humaines qu’elle détenait dix ans auparavant. De toute évidence, le niveau de vie y était bien plus bas que dans la majorité de l’Europe de l’Est, sans parler de l’Europe de l’Ouest. Les pénuries, le rationnement alimentaire, les longues queues dans les magasins et la pauvreté extrême y étaient endémiques. Mais l’Union Soviétique avait connu de bien plus grandes calamités et les avait affrontées sans sacrifier un iota de la mainmise de l’état sur la société et l’économie et encore moins l’abandonner.

Les indicateurs clé de performance économique d’avant 1985 ne suggéraient pas plus l’imminence du désastre. De 1981 à 1985, la croissance du PIB du pays, bien qu’en baisse par rapport aux années soixante et 70, s’établissait en moyenne à 1,9 % par an. Cette configuration, nonchalante mais loin d’être catastrophique, s’est prolongée jusqu’en 1989. Les déficits budgétaires, qui depuis la révolution française sont considérés comme principaux présages d’une crise révolutionnaire à venir, étaient équivalents à 2 % du PIB en 1985. Bien qu’en augmentation rapide, le déficit s’est maintenu jusqu’à 1989 inclus en deçà de 9 % — un chiffre que bien des économistes trouveraient très raisonnable.

La chute vertigineuse des cours du pétrole, de 66 dollars le baril en 1980 à 20 dollars en 1986 (en valeur 2000) a sans doute porté un coup sérieux aux finances de l’Union Soviétique. Mais, revalorisé pour tenir compte de l’inflation, le pétrole était plus cher sur les marchés mondiaux en 1985 qu’en 1972, et un tiers moins cher seulement que sur toutes les années 70. Parallèlement, les revenus en Union soviétique ont augmenté de 2 % en 1985 et les salaires, corrigés de l’inflation ont continué d’augmenter sur les cinq années suivantes, jusqu’en 1990, à un rythme moyen supérieur de 7 %.

La stagnation, il est vrai, était évidente, et préoccupante. Mais comme l’a montré le professeur Peter Rutland de l’Université de Wesleyan: «après tout, les maladies chroniques ne sont pas nécessairement fatales au patient». Le grand spécialiste des causes économiques de la révolution, Anders Åslund lui-même, note que de 1985 à 1987, la situation n’était «absolument pas alarmante».

Du point de vue du régime, la situation politique est encore moins problématique. Après 20 ans de persécutions implacables contre toute opposition politique, les principaux dissidents sont tous ou presque en prison, en exil (comme Andrei Sakharov depuis 1980), contraints à l’émigration, ou morts en prison ou dans un camp.

Aucun autre signe de crise prérévolutionnaire non plus, et notamment de la cause traditionnelle de l’écroulement des états — la pression extérieure. Au contraire, la décennie précédente est à juste titre considérée comme ayant permis «la réalisation de tous les principaux objectifs militaires et diplomatiques des Soviétiques», comme l’écrit l’historien et diplomate américain Stephen Sestanovich. Bien sûr, l’Afghanistan s’installe de plus en plus dans ce qui ressemble à une guerre longue, mais pour une armée soviétique forte de cinq millions d’hommes, les pertes sont négligeables.

La guerre en Afghanistan n'a pas coûté si cher
Effectivement, en dépit du rôle capital que l’immense coût financier du maintien de l’empire allait jouer dans les débats postérieurs à 1987, le coût de la guerre en Afghanistan par lui-même est loin d’être astronomique: estimé entre quatre et cinq milliards de dollars en 1985, il ne représente qu’une part insignifiante du PIB soviétique.

Pas plus que l’Amérique n’en fut le catalyseur. La «Doctrine Reagan» de résistance et, si possible, de renversement des avancées de l’Union soviétique dans le Tiers-monde a effectivement mis une pression considérable sur le périmètre de l’empire, dans des endroits tels que l’Afghanistan, l’Angola, le Nicaragua et l’Éthiopie. Néanmoins, les difficultés des Soviétiques, là encore, furent loin d’être fatales.

L’Initiative de Défense Stratégique proposée par Reagan, qui annonçait une course aux armements potentiellement très coûteuse, fut sans doute un facteur crucial — mais loin cependant d’être annonciatrice d’une défaite militaire, le Kremlin sachant pertinemment que le déploiement effectif dans l’espace de systèmes de défenses n’interviendrait pas avant des décennies.



Retrait des troupes soviétiques d'Afghanistan, en 1988. Photo de Mikhail Evstafiev CC Attribution-Share Alike 2.5 Generic
De la même façon, quand bien même le soulèvement pacifique contre le régime communiste des travailleurs polonais en 1980 a pu constituer pour les leaders soviétiques un développement des plus préoccupants, car soulignant la fragilité de l’empire européen, en 1985 Solidarité paraissait à bout de forces. L’Union soviétique semblait s’être résolue à entreprendre tous les douze ans une «pacification» dans le sang en Europe de l’Est ­ — la Hongrie en 1956, la Tchécoslovaquie en 1968, la Pologne en 1980 — sans trop se préoccuper de l’opinion mondiale.

Nous avions donc, en d’autres mots, une Union soviétique au faîte de sa puissance et de son influence dans le monde, que ce soit à ces propres yeux qu’à ceux du reste du monde. «On a tendance à oublier», devait écrire par la suite l'historien Adam Ulam, «qu’en 1985, aucun gouvernement d’un grand pays ne paraissait aussi fermement installé au pouvoir, ses politiques aussi clairement tracées, qu’en URSS».

Il y avait bien sûr de nombreuses raisons structurelles — économiques, politiques, sociales — qui expliquent pourquoi l’Union soviétique s’est écroulée. Mais elles n’expliquent pas tout à fait comment cela s’est produit lorsque cela s’est produit. À savoir, comment entre 1985 et 1989, en l’absence d’aggravation marquée des conditions économiques, politiques, démographiques et autres conditions structurelles, l’état et son système économique sont-ils soudainement apparus si scandaleux, illégitimes et intolérables aux yeux de suffisamment d’hommes et de femmes pour être condamnés à disparaître ?

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Message: * Vous devez vous connecter pour poster un commentaire. 6 réactionsPas une surprise pour tout le monde.Soumis par migloo, le mercredi 6 juillet 2011 à 9h19Je croyais que la chute de l'empire soviétique était le résultat prévu d'une superbe conspiration orchestrée par les services de Reagan et Thatcher sur une idée simple et efficace de John Browne (conseiller de Thatcher): ruiner l'empire par une manipulation des cours de matières premières.

Source: http://www.lemetropolecafe.com/Authorlinkdocs/1672.htm
Quoi de neuf ?Soumis par Abiram, le mercredi 6 juillet 2011 à 10h17Je ne vois pas bien en quoi cet article innove par rapport à ce que l'on savait déjà.

En outre, il manque le facteur Tchernobyl et les 18 milliards de roubles (dixit Gorby himself) qu'a coûté le cloisonnement d'urgence du réacteur.
Un modèle politique pour le siècleSoumis par renaudp73, le mercredi 6 juillet 2011 à 10h24Cette soif de morale et de liberté, mais surtout de justice, on retrouve ça dans les révolutions arabes, également à un moment où tout le monde pensait que ces régimes tenant par la terreur étaient éternels.
Et pour les mêmes raisons (corruption mensonges, injustices et terreur), ils s'écroulent.

Accessoirement et de manière moins étouffante, c'est probablement le sentiment qui mettra notre Conducteur à la porte dans quelques mois, avant d'en arriver au point de ces dictatures.
Le pouvoir des idées ou la puissance du Sens (suite)Soumis par Roger Nifle, le mercredi 6 juillet 2011 à 11h10http://www.slate.fr/story/6121/le-pouvoir-des-idées-par-jean-marie-colombani
relire mon commentaire de l'époque.

Après la publication du livre "Le Sens du bien commun" (Temps Présent) on peut mieux comprendre cette "puissance du Sens" que l'on croyait perdue. Ce n'est que le Sens qui l'est lorsque la morale humaine est jugée sans conséquence pour la vie collective et que s'y substitue une morale laïque (dixit Jean Marie Le Guen). Compte tenu de la présomption d'innocence celle-ci ne joue qu'en cas de condamnation judiciaire, et encore... Liberté et dignité un couple inséparable, spirituellement. Qu'en est-il de l'égalitarisme étatiste? Qu'en est-il du "libéralisme moral" ? Questions d'actualité n'est ce pas?
sans oublier...Soumis par insseuv, le mercredi 6 juillet 2011 à 12h16que Gorbatchev avait précisé dans "la bataille de Tchernobyl" que le budget engagé pour "réparer" la boulette de Tchernobyl avait fini de plomber l'URSS...
Mais...Soumis par Paul Durke, le mercredi 6 juillet 2011 à 14h10"Les réformes libérales des années 90 et le niveau élevé des cours du pétrole aujourd’hui ont engendré une prospérité sans précédent dans l’histoire pour des millions de Russes"

Des milliers de Russes peut être, des millions on en doute :
- chute de l'espérance de vie 1980/2010
- chute des indices de santé des populations 1980/2010
- scolarité et éducation érratique
- chômage endémique
- toujours autant de corruption

Sans compter les gens qui meurt de faim en Russie, les infrastructures en ruines du pays, la dévitalisation complète de la société etc...

La "Russie libérale" qu'a laissé Eltsine est en un sens pire que la "dictature rouge" qu'a voulu réformer Gorbatchev. Il aurait été aussi intéressant de faire l'analogie entre les révolution sur la récupération totale par une minorité des aspirations de la majorité. Ce fut le cas pour la révolution française et la plupart des révolutions qui ont suivit. La révolution réussie serait-elle impossible?
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