Kakakok,
Une question: Loin de moi l'idée de comparer le cas haïtien à celui de l'Afrique du du Sud, mais que serait aujourd'hui ce pays si Mandela agissait comme ses bourreaux ?
Bernard Gousse est un Avocat ; il connait sur le bout des doigts les procédures judiciaires, les normes constitutionnelles relatives au respect des droits individuels, droits des personnes présumées coupables ou mêmes des condamnés. Il se devait de les respecter.
Où est l'avancement, le progrès, spécialement en matière de justice, la satisfaction personnelle, dans le fait de reproduire la même chose que l'on reprochait aux lavalassiens ? Quelle satisfaction pouvait-il tirer, juriste de son état, dans la violation des lois de son pays, dans la violation des droits de l'homme ?
Je comprend mal que Bernard Gousse ait pu user de toutes sortes de stratégies, les plus malsaines, en organisant un procès bâclé, pour évincer les conclusions du procès du massacre de Raboteau, le procès le plus argumenté dans l'histoire judiciaire haïtien, l'un des plus importants procès des droits de l'Homme dans les Amériques, selon Brian Cocannon, afin d'aboutir à la libération de louis Jodel Chamblain pendant qu'il maintient sans preuves en prisons ses ennemis politiques.
"La logistique du procès a été menée par le Bureau spécialisé pour le procès du massacre de Raboteau, un organisme créé par le Président René Préval et dirigé par Florence Elie. Les témoignages des familles et des individus présents au moment du massacre ont été à la base d'une manifestation publique. 34 témoins, y compris les voisins des victimes et des responsables locaux, ont témoigné. Les éléments de preuve médico-légale ont également été présentés par une équipe internationale d'anthropologues qui ont mis à jour et analysé les corps de trois personnes tuées dans le massacre. L'équipe d'experts a été dirigée par le Docteur Karen Burns, de l'Université de Géorgie et le Docteur Michèle Harvey de l'Université de Toronto. Mimi Doretti de l'équipe argentine d'anthropologie médico-légale a mené des analyses, mais n'a pas été en mesure de témoigner au procès. Leurs commentaires sur la preuve portaient sur des lésions osseuses, les pièces de vêtements et de cordes nouées autour du cou de squelettes. La preuve par ADN correspondait effectivement avec les organismes identifiés dans les rapports des victimes" (Brian Concannon, International Criminal Law - V Justice for Haiti: The Raboteau Trial, 35 Int'l Law. 641-648 (2001))
source : Wikipedia.
Donc, il est inconcevable de décerner aujourd'hui une médaille à Gousse pour avoir bien persécuté les lavalassiens, procédé à des arrestations nocturnes, à des intervention policières musclées (régulièrement) se terminant souvent dans le sang dans les quartiers populaires, tout ceci en violation des normes en vigueur.
Je crois qu'un tel comportement ne fera honneur à aucun homme de loi, aucun juriste.