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 CONFESSION DE BEAUVOIR JEAN EX-CHEF GANG DE MASTER B A MONTRÉAL-NORD

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MessageSujet: CONFESSION DE BEAUVOIR JEAN EX-CHEF GANG DE MASTER B A MONTRÉAL-NORD   Lun 25 Juil 2011 - 20:29


Confessions d'un chef de gang

25/07/2011 11:59:00 [/b]


L’ex-chef des redoutables Master B devenu travailleur de rue dans Montréal-Nord, Beauvoir Jean, a lancé un livre dernièrement qui, espère-t-il, fera réfléchir les jeunes qui seraient tentés de s’enrôler dans les gangs.

Assis dans les marches d’escalier de l’ancienne école primaire de la rue Salk à Montréal-Nord, qui abrite le Café jeunesse où il est travailleur de rue depuis 2007, Beauvoir Jean, un médaillon représentant le drapeau haïtien au cou, ne cache pas la fierté qui le tenaille.

Tous ses 46 ans sont dans ces 200 pages intitulées Le récit du vétéran, de sa naissance dans l’Artibonite en Haïti à ses premiers coups de poing, en passant par le rôle joué par les Noirs dans la guerre des motards et sa fameuse querelle avec Philistin Paul pour laquelle ce dernier a été condamné à huit ans de prison en juin.

Si Beauvoir Jean ne livre vraisemblablement pas tout ce qu’il sait dans ce livre écrit par le professeur en criminologie de l’Université McGill Pierre Tremblay, l’ex-chef de gang décrit en détail les moeurs des Haïtiens de Montréal, la vie dans son quartier, les luttes sanglantes entre gangs de Noirs et leurs activités, notamment le pimping




Fondateur du premier gang de rue haïtien de Montréal, Beauvoir Jean

vient de lancer un livre, Le récit du vétéran. (proxénétisme) et les freeze (braquage chez des trafiquants).



L’auteur égraine à la dizaine les surnoms de compagnons d’armes, ennemis, et autres criminels, dont plusieurs ont été déportés ou sont maintenant six pieds sous terre.

Beauvoir Jean a fondé les Master B en 1984, puis la Compagnie B en 1988. Il a enchaîné les peines de prison pour différents délits et dit s’être retiré des gangs en 1992.

Il est ce que l’on appelle dans le milieu un vétéran, c’est-à- dire un ex-membre de gang de rue qui a choisi de se retirer sans cependant renier son passé.

Il a fini de purger sa dernière peine de prison en décembre 2006 et est peu après devenu travailleur de rue pour le Café jeunesse de Montréal-Nord.

Le récit du vétéran est en vente à 25 $ à la Fourchette de l’espoir de Montréal-Nord et dans les librairies, dont Archambault.

Quelques extraits du Récit du vétéran

Les gangs de rue n’existaient pas encore à Montréal. J’étais arrivé dans la cour de la polyvalente Henri-Bourassa avec ma bicyclette.

Il y avait trois Blancs qui se battaient avec un petit Noir dans la cour d’école. Je me suis avancé et j’ai pris la place du petit. Harold Tanguay, qu’on appelait Black Jack, se trouvait parmi les élèves qui assistaient à la scène.

J’ai fait danser mes jambes et les gars s’allongeaient l’un après l’autre sur l’asphalte: première séance publique de kickboxing à l’école Henri-Bourassa! Les applaudissements et les cris saluent ma petite prestation.

Black Jack lève les bras au ciel et s’écrie d’une voix forte devant la quarantaine d’élèves rassemblés: Toi, je t’appelle Master, Master B (on m’appelait Bi).

Notre monde s’est inventé dans les années 80. Ce n’est peut-être pas le meilleur des mondes mais c’était le nôtre, avec ses étendards, ses règles particulières et ses morts.

De nouvelles gangs se forment tous les quatre ans. On commence à faire partie d’un gang à la fin de l’adolescence, lorsqu’on commence à décrocher du secondaire et l’on s’en défait lorsque l’on a dix-neuf ou vingt ans.

La gang de rue ne remplace pas la famille, elle remplace le cégep pour ceux qui n’y vont pas.

L’âge critique est dix-huit ans, l’anniversaire des tentations et des dangers: à vous les clubs, les bars, le droit de louer un appartement à votre guise et celui de goûter à la médecine des tribunaux criminels.

Quelques-uns seront déportés ou encagés durant un an, deux ans ou davantage. Il reste que vos années de gang de rue vous procurent une formation, une réputation, une sorte de diplôme et lorsqu’on vous croisera à trente-trois ans, les gens qui connaissent la rue diront: Tiens, voilà un vétéran des Brooklyn Action.

S’ils sont assez vieux, ils se souviendront peut-être que vous étiez un vétéran des Boulanger.

On pense souvent qu’il est difficile de faire la différence entre ceux qui décident de faire partie d’un gang de rue et ceux qui se contentent de s’y associer.

Les membres sont toujours peu nombreux. Personne ne se bouscule au portail. Et pour cause, les membres doivent accepter de venger leurs morts.

Tous ceux qui ont affronté le danger en équipe, qu’il s’agisse de mineurs, de policiers, de soldats, d’insurgés ou de délinquants, vont honorer, lorsqu’ils le peuvent, la mémoire de leurs compagnons.

Je sais, je sais, vous vous offusquez que nous puissions nous considérer comme des frères d’armes, des soldats et des vétérans. Dans la nuit du danger pourtant, tous les combattants ont la même odeur et la même couleur de peau ; ils partagent la même patrie, la même frénésie, la même mélancolie et plus tard, la même discrétion.

Déjà divisés, la guerre des motards nous a divisés encore davantage. Les vétérans des Master B, comme Panama et Rochefort, avaient rejoint les Syndicate alors que des vétérans des B s’étaient rangés du côté de l’Alliance.

Malcolm prétendait qu’en devenant mercenaires pour les Jamaïcains ou les motards, on aurait de quoi donner à manger à nos Noirs ; moi je disais qu’en devenant mercenaires, on leur donnait des Noirs à manger.

Malcolm a quitté Montréal pour Port-au-Prince les menottes aux poings. Au même moment, c’était la fête à Sainte-Adèle ; Picasso obtenait ses patches de Rockers pour services rendus.

La fête dura quatre ans pour lui, mais, dans son placard, les cadavres s’entassaient. Les policiers le chopèrent en 2001 et je ne m’attends pas, à moins qu’il ne soit chanceux, à le revoir en liberté avant dix ans.

Quoi qu'il en soit, en cette belle soirée du début juin 2010, je m’interpose entre Tibios et Crazy et lui crie : Pourquoi tu viens t’en mêler ! Tu vois bien que je suis en train d’arrêter la chicane ! Il n’est pas habitué à ce qu’on le rabroue et m’envoie un coup de poing carré au menton. Oh là, là !

Je réplique avec un coup de tête sur le bas de son front. Il recule, sort un petit pistolet chromé de calibre 22 et me met en joue. Bouge pas sinon je vais te tirer dessus ! Je ris. J’aime bien parler à mes adversaires et les asticoter.

Cela les distrait. Tu m’as frappé mon chum ! Tu veux donc te battre. Je m’avance. Il tire une balle en l’air, qui siffle dans mes oreilles pour montrer qu’il est sérieux. Je continue à jacasser.

Quoi ? Tu veux me tirer dessus Crazy ? Mais tu sais bien que je vais prendre ton arme et te tirer dessus avec, mon ostie !

Moi aussi Crazy, je vais sortir mon arme ! Je dégaine mon cellulaire tout en pitonnant le 911. Résultat : il tire une deuxième fois, mais le pistolet s’enraye.

Et puis une troisième fois, sans plus de succès. Il panique et revient dans son char en courant. Juste avant de s’assoir dans son véhicule, il remet son arme dans son pantalon et, manque de chance, c’est à ce moment-là que son foutu pistolet choisit de se décharger.

Entrevue avec Beauvoir Jean

Q Pourquoi avoir écrit ce livre?

R Pour ne pas que l’histoire meure. C’est aussi un outil de travail auprès des jeunes. Avec ce livre, ils vont comprendre ce que c’est que d’être dans un gang de rue, les obstacles, la prison, les victimes, les parents des victimes.

Q Mais en même temps, dans certains passages, vous trouvez tout de même des côtés positifs aux gangs de rue?

R Oui, car elles nous ont permis de mettre fin au racisme dont les Haïtiens étaient victimes dans Montréal-Nord. Les activités criminelles ont aussi permis à certains Haïtiens déjà criminalisés qui avaient faim, de pouvoir manger.

Q Mais ne craignez-vous pas que votre livre incite finalement certains jeunes à se tourner vers les gangs?

R Lors de l’écriture, je craignais que certains jeunes de la rue se disent wow, j’aimerais ça être comme lui. Mais s’ils lisent le livre comme il faut, jusqu’au bout, ils vont comprendre que ce n’est pas le chemin qu’ils doivent prendre.

Q Comment se sont passés vos débuts comme travailleur de rue en 2007?

R Quand Café jeunesse m’a embauché, on a eu beaucoup de difficultés. Les autres organismes n’aimaient pas le fait que j’avais un passé de chef de gang. Les gens se demandaient si j’avais réellement changé, si je ne cherchais pas plutôt à recruter des jeunes. Mais aujourd’hui, c’est du passé. La communauté voit ce que je fais et elle est très contente des résultats.

Q Certains disent que vous avez perdu le respect de plusieurs jeunes Haïtiens parce que vous vous êtes retiré et que vous avez porté plainte contre un autre membre de gang. D’ailleurs, vous parlez beaucoup de cette affaire dans votre livre et vous semblez vouloir vous justifier?

R Ce qui est arrivé avec cette personne est un accident. Il voulait peut-être prouver des choses. Il s’est peut-être dit que s’il s’en prenait à un vétéran, il pourrait monter en grade. S’il y a des jeunes qui ne m’aiment pas, je ne le sais pas. Dans mon quartier, tout le monde m’adore et est fier de ce que je fais comme travail.

Q Quelle est la différence entre les gangs de rues d’aujourd’hui et les premières, celles de la fin des années 80?

R À mon époque, on avait un but : aider notre peuple, lutter contre le racisme. Aujourd’hui, les jeunes haïtiens s’entretuent. Avant, on se battait à poings nus. Aujourd’hui, les gangs ont des armes et des tueurs qui ne pardonnent pas.

Q Vous donnez beaucoup de noms dans votre livre. Vous ne craignez pas les représailles?

R Je donne des surnoms de gens de la rue qui se connaissent déjà. Certains m’ont eux-mêmes donné un chapitre. Mais il n’y a pas de délation (snitch) dans mon livre. C’est mon histoire. J’ai fait attention de ne pas trop en écrire sur les membres encore actifs, car je ne veux pas que la police se serve de mon livre contre qui que ce soit.

Q L’expert en gangs de rue de la police de Montréal, le sergent-détective Jean-Claude Gauthier, a dit en cour récemment que vous étiez toujours lié aux gangs de rue. Qu’en pensez-vous?

R J’ai essuyé mes mains et j’ai pris le droit chemin. Je parle à tout le monde, je parle à des jeunes qui font partie des gangs de rue, mais je fais mon travail et je n’ai plus rien à voir avec les gangs de rue.

Q Craignez-vous que votre fils de 21 ans, qui a été condamné à 18 mois de prison, suive vos traces?

R Quand on est père de famille et que l’on passe par un mauvais chemin, on ne veut pas que nos enfants fassent comme nous. Il va sortir bientôt et j’ai demandé à l’un de mes collègues de l’encadrer pour éviter qu’il se retrouve dans cette position.

Q Quel est l’avenir des gangs de rue à Montréal?

R Il n’y en a pas. J’espère qu’un jour, ils vont comprendre que c’est assez, il y a eu assez de victimes, de prison, de parents qui pleurent et d’enfants qui sont seuls.

Q Que dites-vous aux jeunes qui pourraient être tentés de joindre un gang de rue?

R Tu es mieux d’aller à l’école et de travailler, car si tu entres dans un gang, c’est l’enfer qui t’attend. C’est beaucoup plus facile d’y entrer que d’en sortir. J’ai réussi à m’en sortir, car j’ai eu beaucoup de chances et des gens m’ont aidé. Sinon, je ne serais plus ici...

Source: Canoe

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MessageSujet: Re: CONFESSION DE BEAUVOIR JEAN EX-CHEF GANG DE MASTER B A MONTRÉAL-NORD   Lun 25 Juil 2011 - 22:29

La recherche d'un soutien de réhabilitation à la fin de carrière de la délinquance d'un criminel, fait que son Moi délinquant ne se contente pas d'alibis astucieux pour mettre sa conscience en repos. Il recherche plus activement les moyens de jouir sans remords des gratifications délinquantes en préchant. Voici quelques-uns des stratagèmes utilisés dans ce but.

Jean-Ulrick Pavilus, Criminologue-Analyste(Université de Montréal)
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MessageSujet: Re: CONFESSION DE BEAUVOIR JEAN EX-CHEF GANG DE MASTER B A MONTRÉAL-NORD   Lun 25 Juil 2011 - 23:08

Avec ce gouvernement conservateur au pouvoir la deportation sera un outil facile a utiliser contre les delinquants ... a bin entendeur, salut.
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MessageSujet: Re: CONFESSION DE BEAUVOIR JEAN EX-CHEF GANG DE MASTER B A MONTRÉAL-NORD   Lun 25 Juil 2011 - 23:58

T-NEG a écrit:
Avec ce gouvernement conservateur au pouvoir la deportation sera un outil facile a utiliser contre les delinquants ... a bin entendeur, salut.

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Mon ami T-NEG,

Pour le moment au Canada, ce n'est qu'une politique de prevention dissuasive contre la criminalité chez les immigrants, tout comme la nouvelle politique en vue de suspendre les privillèges de la citoyenneté . Je ne crois pas qu'à long terme que la deportation sera un outil usuel au Canada, contre les délinquants d'origine étrangère.

Patriotiquement vôtre
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MessageSujet: Re: CONFESSION DE BEAUVOIR JEAN EX-CHEF GANG DE MASTER B A MONTRÉAL-NORD   Dim 31 Juil 2011 - 14:40

haitimere a écrit:
T-NEG a écrit:
Avec ce gouvernement conservateur au pouvoir la deportation sera un outil facile a utiliser contre les delinquants ... a bin entendeur, salut.

---------------------------------------------------------------------------------------------------
Mon ami T-NEG,

Pour le moment au Canada, ce n'est qu'une politique de prevention dissuasive contre la criminalité chez les immigrants, tout comme la nouvelle politique en vue de suspendre les privillèges de la citoyenneté . Je ne crois pas qu'à long terme que la deportation sera un outil usuel au Canada, contre les délinquants d'origine étrangère.

Patriotiquement vôtre
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Ils y penseront à deux fois, ont pensent même vouloir augmenter le temps d'attente pour la citoyenneté et une sorte de Green Card, un visa de 10 ans, pour les étrangers afin de pouvoir contrôler un peu la venue des immigrants.
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MessageSujet: Re: CONFESSION DE BEAUVOIR JEAN EX-CHEF GANG DE MASTER B A MONTRÉAL-NORD   Dim 31 Juil 2011 - 19:05


Patriote et Ami T-NEG,

Laisseriez vous coucher votre famille avec la porte ouverte?
Ce que vous ferez! serait-il si different de ce que le Canada cherche à faire de ne pas laisser entrer chez lui n'importe qui?

haitimere
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MessageSujet: Re: CONFESSION DE BEAUVOIR JEAN EX-CHEF GANG DE MASTER B A MONTRÉAL-NORD   

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