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 Nous avons été éduqués pour détruire le projet de 1804

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MessageSujet: Nous avons été éduqués pour détruire le projet de 1804   Sam 17 Mar 2012 - 12:21

Assunto: [Grands Débats] Re: NOUS AVONS ÉTÉ EDUQUÉS POUR DÉTRUIRE LE PROJET DE 1804




Mon cher Roselor,

Il n y a pas que la propagande sur les forums! Ton texte le confirme! Brillant! Clair! Fluide! Le fond est aussi delicieux que la forme.

kenbe fem!

PFA




From: Roselor François <roselorfrancois@hotmail.com>
To: Tout-Haiti Googlegroups <tout-haiti@googlegroups.com>; Haiti-Nation googlegroups.com <haiti-nation@googlegroups.com>; haiti connection <haiticonnexion@yahoogroups.com>; Haitianpolitics Groups <haitianpolitics@yahoogroups.com>; Koze MandeChez <koze-mande-chez@googlegroups.com>; Jores Jores <seroj@hotmail.com>; fanel merville <fmerv6@hotmail.com>
Sent: Friday, March 16, 2012 9:12 AM
Subject: NOUS AVONS ÉTÉ EDUQUÉS POUR DÉTRUIRE LE PROJET DE 1804



« C’est du lavage de cerveau, quand l’éducation est utilisée pour supprimer l’identité, le langage, la culture, et la philosophie de vie d’une personne et les remplacer par quelque chose d’autre. » (Hampton, intellectuel amérindien)
« Quoi d’étonnant si la prison ressemble aux usines, aux écoles, aux casernes, aux hôpitaux, qui tous ressemblent aux prisons ? » (Michel Foulcault)
« You lekol tèt anba nan you peyi tèt anba. » (Yves Déjean)
Entre la seconde moitié du 19e et le début du 20e siècle, au moment où chaque puissance colonial esclavagiste de l’Europe peaufinait ses stratégies pour mieux assurer sa domination sur le reste du monde, l’Évêque Joseph Shanahan, à l’instar d’un « prophète » avait prédit ce qui suit : « Qui tient l’école tient le pays, tient la religion, tient l’avenir ». À cet effet, durant leur « second espace colonial », les Français ont été parmi les premiers à prendre au sérieux les mots de cet Évêque catholique. Ils ont appliqué dans tout leur empire la doctrine de « l’assimilation » via une éducation dispensée dans la langue du soit disant « civilisé »: le français. Dans le néo-colonialisme français baptisée « mission civilisatrice », l’éducation formelle a joué un rôle primordial, central et fondamental, puisqu’avant tout il était question d’une conquête morale. Comme disait Delassus (1958), « Il s’agit pour elle de faire la conquête morale de ses sujets, de les préparer à être de vrais enfants adoptifs. C’est une seconde conquête à accomplir, plus noble et moins nécessaire que la première. Il s’agit pour elle d’affermir sa domination en soumettant les âmes, en les faisant français » C’est dans ce contexte que l’« école coloniale », a été mis en place sous la direction du « ministère des colonies ». Pour bien instaurer et faire fonctionner cette « école coloniale », les autorités de l’hexagone ont bénéficié de l’appui inconditionnel d’une grande armée de missionnaires catholiques. Notons bien que plus de deux tiers (2/3) des missionnaires dans le monde à cette époque étaient des Français (Pruhomme, 1994). Ils étaient éparpillés aux quatre (4) coins du monde. Ces religieux et religieuses assuraient bien l’hégémonie de l’empire dans les nouvelles et anciennes colonies françaises qui regroupaient plus de soixante millions de colonisés et néocolonisés (Deming Lewis, 1962). À ce sujet, Claude Prudhomme (1994), dans sa thèse « Stratégie Missionnaire du Saint-Siège sous Léon XIII (1878-1903) : Centralisation Romaine et Défis Culturels, a indiqué à partir de source primaire le statut et l’importance de ces missionnaires catholiques dans le système néocolonial français. À la page 496, nous lisons ce qui suit : « Le rapport établi par l'ambassade de France pour le président du Conseil plaide ardemment afin que le gouvernement accorde aux congrégations missionnaires un traitement particulier. «Il est facile de concevoir les bénéfices que notre action dans le monde retire du concours de ces milliers de missionnaires des deux sexes qui, de l'avis unanime de nos diplomates, de nos consuls, de nos autorités militaires, de nos agents coloniaux, et - ce qui n'est pas moins caractéristique - de nos concurrents, s'emploient avec une ardeur égale à défendre la cause de la France en même temps que celle de la Religion.» Et plus loin, le rapport a conclu en ces termes: « ... Notre véritable armée, la seule sur laquelle nous puissions compter, c'est donc celle que composent les religieux catholiques ».
À côté de cette armée de missionnaires, il y avait aussi toute une batterie de spécialistes et d’experts qui avaient pris part à la conception de cette école. Linda S. Lehmil de Tulane University (USA) nous a gratifiés en 2007 d’une thèse de 328 pages (À L’ÉCOLE DU FRANÇAIS : POLITIQUES COLONIALES DE LA LANGUE (1830-1944) dans laquelle elle a mis à nu toute la structure oppressive et l’idéologie raciste de l’école coloniale dans les espaces francophones. Selon Lehmil, il faut « interroger les doctrines scientifiques (anthropologiques et biologiques), morales, religieuses, politiques et éducatives sur lesquelles se sont basées les éducateurs et décisionnaires pour décider de la forme à donner à cette éducation aux indigènes et pour montrer comment cette théorisation politique façonnera l’institutionnalisation de la politique scolaire… ».
De son côté, Georges Hardy, l’un des dirigeants de cette école en Afrique, dans son livre « Une conquête morale en A.O.F » publié en 1917, a exposé tout le côté déshumanisant de cette éducation. Par exemple, à la page 350, il a exprimé en ces termes la stratégie qui a été appliquée pour favoriser l'assimilation: « Pour transformer les peuples primitifs de nos colonies, pour les rendre le plus dévoués à notre cause et utiles à nos entreprises, nous n’avons à notre disposition qu’un nombre très limité de moyens, et le moyen le plus sûr, c’est de prendre l’indigène dès l’enfance, d’obtenir de lui qu’il nous fréquente assidûment et qu’il subisse nos habitudes intellectuelles et morales pendant plusieurs années de suites ; en un mot, de lui ouvrir des écoles où son esprit se forme à nos intentions. » Comme on peut le remarquer ici, la stratégie est simple et précise. Elle consiste à s’assurer que le néo-colonisé puisse fréquenter dès son jeune âge des écoles où son esprit se forme à leurs intentions. Dans ces lignes, Hardy a souligné toute l’importance accordée à l’école primaire dans le projet colonial. Et de fait, comme l’a souligné Lehmil (2007), « Les critiques en théorie postcoloniale admettent à l’unanimité le rôle clé joué par l’école primaire, garde-fou de la pérennisation de la colonisation et agent de l’institutionnalisation de la francophonie aux colonies …. Elle est considérée comme le moyen le plus efficace pour asseoir la domination territoriale de la France et pénétrer les âmes conquises. » Les idéologues de l’ « école coloniale » ont probablement misé sur le fait que les premiers apprentissages scolaires ont souvent de lourdes conséquences sur le devenir de l’élève.
Dans son ouvrage Éducation, Ellen White affirme que «Les leçons que l’enfant apprend pendant les sept premières années de sa vie forment son caractère plus sûrement que tout ce qu’il apprendra au cours des années suivantes.» Aujourd’hui, de nombreuses études sur le développement du caractère et du sens moral ont confirmé la justesse de cette affirmation. Selon De Landsheere (1992), « Grâce notamment aux travaux de Freud, on sait combien les expériences vécues dans les premières années de la vie peuvent marquer profondément l’individu. Ceci est vrai tant pour le développement affectif que pour le développement intellectuel… » Pour sa part, l’Américain Robert Havighust, auteur de l’ouvrage «Human Development and Education » très connu dans le monde de l’éducation, a recueilli avec l’aide d’autres chercheurs des informations sur les premières années de l’enfant. Une de leurs principales découvertes montre qu’à l’âge de dix (10) ans, ou même avant, le caractère est largement formé.
Le cerveau d’un enfant est en quelque sorte comme une cassette vierge. Sa façon de voir le monde et les choses, sa perception de lui-même et des autres et sa conception de la réalité sont le résultat de ce qu’on a décidé d’y enregistrer au fur et mesure qu’il grandit. Dans cette optique, Goodlad (2004) affirme que « ce que nous sommes en tant qu’individus est, pour la plupart, le résultat d’un processus continu appelé Éducation. » (Ma traduction) Et dans ce processus, l’école occupe la plus importante partie.
Haïti a été l’un des tout premiers pays à avoir expérimenté le modèle d’école coloniale française. En effet, à partir de la deuxième moitié du 19e siècle des missionnaires catholiques venant d’une des zones les plus racistes et conservatrices de la France (la Bretagne) ont fait main mise sur le système éducatif haïtien. Durant une certaine période de notre histoire, ils ont pu contrôler l’intégralité de notre système éducatif. En 2012, leur impact sur le système reste intact et visible.
Ce modèle d’ « école coloniale » mis en place en Haïti a été conçu dans un but bien précis. Toujours dans son livre, George Hardy a défini clairement l’objectif général de cette école. À la page 19, il a écrit ceci : « Comme exigence générale le nouveau système mis en place devait fournir une classe subalterne qui était censée servir d’intermédiaire entre le colonisateur et les populations indigènes… » L’objectif est donc clair. Cette école est censée créer une « élite subalterne » qui doit servir de pont entre la France et Haïti. D’où ce même système à deux écoles installé chez nous, avec d’un côté, les « écoles élites » urbaines, et d’un autre côté, les écoles rurales et autres institutions scolaires défavorisées.
Aussi, pour bien comprendre l’attitude subalterne des différentes élites haitiennes face aux Blancs, il est indispensable d’analyser l’éducation formelle qu’elles ont reçue en amont. Car, le comportement subalterne a été implanté dans leur psyché durant les premières années de leur formation. Leur conscience a été falsifiée durant leur éducation primaire et secondaire. Toute la base qui sert à la construction de leur personnalité est donc mauvaise. On ne peut rien construire de solide sur une mauvaise base. Nous savons que toute bonne construction doit inévitablement avoir une bonne base. Sans une bonne base ou un bon fondement, tout s’effondra très rapidement. L’éducation de base est appelée éducation fondamentale parce qu’elle est dispensée durant l’étape la plus déterminante dans le cheminement académique d’un individu. C’est cette éducation qui détermine le devenir d’un individu. Un pays qui prend à cœur sa survie ne peut en aucun cas confier le mental de ses enfants à n’importe qui, encore moins à des étrangers, de faux amis.
Gustave Le Bon a défini l’éducation comme « l’art de transformer le conscient en inconscient. » En d’autres termes, c’est « l’art de créer des reflexes » chez l’individu. Une telle définition renforce davantage la valeur et la toute puissance de l’éducation de base. Quand on a été exposé dès son enfance à un curriculum fabriqué à l'aide de mensonges et/ou de demi-vérités sur son identité, son histoire, son environnement, ou sa réalité, on doit forcément développer de mauvais reflexes. Quand le contenu qu’on apprend consciemment est faux et/ou demi vrai, notre inconscient doit inévitablement emmagasiner, puis projeter la fausseté et/ou la demi vérité. La conscience de l’élève haïtien reçoit un contenu antinational, par conséquent, son inconscient doit logiquement produire des reflexes anti-haïtiens.
De plus, que dire des reflexes à caractère raciste, sexiste et classiste développés par le curriculum implicite ou caché. Que dire des dommages causés par les apprentissages implicites résultant de l’interaction avec les Bretons ou autres mauvais modèles des écoles. Je n’aurai pas le temps d’en parler présentement. Ce sera pour une prochaine fois.
En conclusion, je dirai que l’Haïtien qui a eu accès à ce type d’école peut toujours accumuler maîtrise sur maîtrise et/ou doctorat sur doctorat, mais il restera toujours le même, à savoir un « SUBALTERNE » qui servira d’abord les intérêts du « Blanc ». Dans de telles conditions, l’éducation postsecondaire qu’il reçoit (même dans les grandes universités du monde) ne fera que renforcer son l’aliénation culturelle. Ces études ne feront que l’éloigner davantage de la réalité haïtienne. Le salut est possible sauf si l’individu en question arrive à devenir conscient de son mal pour ensuite le soigner.
Notre président et son équipe, le parlement, la classe politique, la société civile, comme nous tous d’ailleurs, sont de purs produits de ce vieux modèle d’école coloniale française. Ils ont été programmés pour servir l’intérêt de l’étranger au détriment de leur propre pays. Leurs reflexes sont normalement anti-Haïtiens. Aujourd’hui, il y a lieu d’admettre que la prédiction de l’Évêque Shanahan s’est pleinement réalisée chez nous. Les résultats sont là sous nos yeux. On n’a qu’à regarder notre réalité quotidienne. Puisqu’ils tiennent notre école, ils tiennent notre religion, notre pays et notre avenir. Ils nous tiennent par le bout du nez comme de petits jouets. Ils nous ont bien eus. Nous avons donc été éduqués pour détruire le projet de 1804.
À un moment où l’on parle de bienfaits du « programme de scolarisation universelle » en cours, je me suis souvent posé ces questions:
Comment peut-on vouloir changer les choses en Haïti quand on envoie des enfants à l’école sans être soi-même conscient qu’on est le produit de cette mauvaise école ?
Et comment peut –on vouloir réformer l’école haïtienne sans être soi-même conscient d’abord de son mal-éducation ?
Est-ce qu’on veut vraiment changer les choses quand on a choisi d’envoyer les enfants dans le même modèle d’école qui a préparé des générations d’hommes et de femmes ayant failli collectivement ?
Est-ce qu’on veut vraiment changer les choses quand on a choisi d’envoyer les enfants dans un modèle d’école qui a préparé des générations d’hommes et de femmes qui n’ont fait que marginaliser et déshumaniser une grande majorité de leurs semblables?
Dans de telles conditions, quel type de changement veut-on avoir? Peut-on obtenir des résultats positifs quand on ignore complètement l’état réel des choses ?
Je ne le pense. Voilà pourquoi, dans de pareilles circonstances, je ne m’attends pas à ce que cette équipe soit différente des autres. Telle qu’elle est actuellement, elle ne peut pas l’être. On ne peut pas donner à Haïti ce qu’on n’a pas. Opérer le moindre changement positif dans ce pays exige obligatoirement une PRÉPARATION SPÉCIALE.
Ce sera notre prochain thème. Dans le prochain texte, je dirai davantage.
À suivre….
Cordialement Roselor François
N.B. Le générique masculin est employé ici dans le seul but d’alléger le texte. Et les références complètes peuvent être fournies sur demande.
__._,_.___
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MessageSujet: Re: Nous avons été éduqués pour détruire le projet de 1804   Sam 17 Mar 2012 - 12:27

J'ai lu ce texte ce matin avec un immense plaisir parce que l'auteur corrobore encore une fois si c'est nécéssaire la declaration de Mylrlande Manigat :Il faut haitianiser l'education en haiti"Beaucoup d'autres intellectuels progressites et conscients ont deja reconnu cette necessité absolue.Je n'oublierai jamais cette declaration du Dr Dejean;"Yon lekol tet an ba nan yon peyi tet anba."men sa ki fèm plis plezi sè ke depi a laj de 6 zan mwen te rekonet imbesilite ki fè ayisyen te siyen konkorda ki te pemet se blan franse ki te vinn edikem an ayiti. Ki jan yon moun ki pa renmenm ka edikem?ki jan pou edike yon ti moun kan se bat wap bat li poul aprann lang w.
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MessageSujet: Re: Nous avons été éduqués pour détruire le projet de 1804   Mar 20 Mar 2012 - 19:27

RICHLOR, C'EST TOI
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MessageSujet: Re: Nous avons été éduqués pour détruire le projet de 1804   Mar 20 Mar 2012 - 19:31

LOL


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MessageSujet: Re: Nous avons été éduqués pour détruire le projet de 1804   Mar 20 Mar 2012 - 19:33

moi pas, je suis louvetu-rtro dessalinitik, c'est une unart
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MessageSujet: Re: Nous avons été éduqués pour détruire le projet de 1804   Mar 20 Mar 2012 - 19:34

lol
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MessageSujet: Re: Nous avons été éduqués pour détruire le projet de 1804   Mar 20 Mar 2012 - 19:35

aix-ex.socio
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MessageSujet: Re: Nous avons été éduqués pour détruire le projet de 1804   Mar 20 Mar 2012 - 19:39

l'algerienne , elle etait belle\,, beaucoup d'ahitiends voudraient la baiser


Dernière édition par Oiax-demokos le Mar 20 Mar 2012 - 19:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Nous avons été éduqués pour détruire le projet de 1804   Mar 20 Mar 2012 - 19:40

-Pas moi
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MessageSujet: Re: Nous avons été éduqués pour détruire le projet de 1804   Mar 20 Mar 2012 - 19:42

T u te souviens
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MessageSujet: Re: Nous avons été éduqués pour détruire le projet de 1804   Mer 21 Mar 2012 - 11:38

C'était l'un des plus grands coups reçus par la jeune RÉPUBLIQUE ,cette affaire de CONCORDAT.
La FRANCE est devenue ce qu'elle est c'était après l'appropriation du système d'éducation des mains du CLERGÉ dans les années 1880s.
Quand le CLERGÉ est en charge de l'EDUCATION ,il n'y a qu'un seul résultat l'ANALPHABÉTISME .
Le CLERGÉ CATHOLIQUE ne croit pas en l'éducation des masses ,il n'y a jamais cru.
C'est l'une des raisons que dans les pays protestants comme l'ANGLETERRE et l'ALLEMAGNE ,il y avait peu d'ANALPHABÉTISME alors que la FRANCE était un pays d'ANALPHABÈTES jusqu'aux années 1880s,1890s.

C'était aussi l'une des raisons que la FRANCE était l'un des derniers pays du NORD de l'EUROPE à s'industrialiser.
Nous HAITIENS ,nous ne croyons pas dans l'EDUCATION ,ce n'est pas entièrement notre faute ;c'est à cause de ces mecs qui étaient allés en FRANCE pour étudier ,alliés aux FRANÇAIS sur le terrain ;ils ont contribué à ce désastre.
Ils croyaient toujours que l'EDUCATION ÉTAIT UN PRIVILÈGE DE L'ELITE!
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MessageSujet: Re: Nous avons été éduqués pour détruire le projet de 1804   Mer 21 Mar 2012 - 13:35

se sak fè w di nou ke Boyer te di ou pa beswen kon li pou travay la tè.e mwen dakor ak w 100% elit saa ki te edike an frans e Saint louis de Gonzague pa kwè nan edikatyon mass vre.e se sak fè genyen tout nalfabet sa yo an ayiti 2 syek apre endepandans e yo pa menm kwè nan yon edikatyon de kalite.Mwen sonje Fanfan Latour te di Saint Louis de gonzague nanpren kote ki bay kankre konsa.Mon chè li pat lwen la verité non.Mwen konnen anpil nan yo wi.Tou tan pa genyen yon refom ki fet an profondè nan edikatyon an ayiti e byen devlopman ekonomik la ap toujou rete yon utopi.Point.Nap toujou enpote tou sa nou beswen san ke nou pa ka eksporte anyen.e sitiyatyon miserere nobis saa ap kontinye jis yon jou ayiti ap vinn yon kote moun pa ka viv ankor san se pa charite yo fè nou.
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MessageSujet: Re: Nous avons été éduqués pour détruire le projet de 1804   Mer 21 Mar 2012 - 19:31

From: ma
Date: Fri, 17 Feb 2012 12:33:23 -0500
Subject: Fwd: Une autre vision sur la dette de l'indépendance
CC: ag


Une autre vision sur la dette de l'indépendance

Par Ja
maj


Si je me réfère à ce vieux proverbe qui dit : Tout bien portant est un malade. Nous sommes bien portants, pourtant nous sommes malades. Oui malades de ne pas savoir qui nous sommes de ne pas connaître notre histoire, malades de ne pas savoir ce que l'on nous cache. Ma mission n'est pas de réécrire l'histoire, mais d'apporter une nouvelle vision autre que celui du vaincu et de renverser l'ordre des choses au bénéfice du plus grand nombre, avec des preuves historiques vérifiables. En avril 1804 Napoléon envoya un émissaire en Haïti pour réclamer un dédommagement, une dette de l'indépendance, Dessalines refusa et déclara : l'empire d'Haïti n'a de dette envers personne et est prêt à se battre jusqu'a son dernier souffle pour faire respecter son autorité et sa souveraineté sur l'ile d'Haïti. Il eut aussi à dire que la parole française est toujours sujette à caution. REF: Lepelletier de Saint Rémy Titre Saint-Domingue: Étude et solution nouvelle de la question haïtienne, Volume 2.

Certaines notes de Lepelletier de Saint Rémy aux archives coloniales de France sont disponibles et très difficilement consultables dont ; les déclarations de l'empereur Dessalines.

La réparation des colons obtenue sous la menace.

De la défaite de 1804, l'état major français en gardait un goût amer et le 3 juillet 1825, une expédition militaire composée de 14 navires de guerre français arriva finalement à Port au Prince.

A son bord le capitaine général Mackau, émissaire du gouvernement français, avait été missionné pour informer Mr Jean-Pierre Boyer alors président d'Haïti, que la France n'était point décidé à reconnaître l'indépendance de son ancienne colonie, tout autant que les anciens propriétaires d'esclaves et autre financiers hexagonaux des razzias négrières et de l'esclavage n'avaient point été indemnisés en espèces sonnantes et trébuchante et il était porteur du message de l'ordonnance de Charles X qui suit:



Ordonnance de Charles X

CHARLES, par la grâce de Dieu, Roi de France et de Navarre, à tous présents et à venir, salut.

Vu les articles 14 et 73 de la Charte ; Voulant pourvoir à ce que réclame l'intérêt du commerce français,
les malheurs des anciens colons de Saint Domingue, et l'état précaire des habitants actuels de cette île ;

Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

Art. 1er
Les ports de la partie française de Saint Domingue seront ouverts au commerce de toutes les nations. Les droits perçus dans ces ports, soit sur les navires, soit sur les marchandises, tant à l'entrée qu'à la sortie, seront égaux et uniformes pour tous les pavillons, excepté le pavillon français, en faveur duquel ces droits seront réduits de moitié.

Art. 2
Les habitants actuels de la partie française de Saint Domingue verseront à la caisse fédérale des dépôts et consignations de France, en cinq termes égaux, d'année en année, le premier échéant au 31 décembre 1825, la somme de cent cinquante millions de francs, destinée à dédommager les anciens colons qui réclameront une indemnité.

Art. 3
Nous concédons, à ces conditions, par la présente ordonnance, aux habitants actuels de la partie française de Saint Domingue, l'indépendance pleine et entière de leur gouvernement. Et sera la présente ordonnance scellée du grand sceau. Donné à Paris, au château des Tuileries, le 17 avril de l'an de grâce 1825, et de notre règne premier.

Signé : Charles.

Par le Roi, le pair de France, ministre secrétaire d'État de la marine et des colonies,

Signé : Comte de Chabrol.

Visa : Le président du Conseil, ministre et secrétaire d'État des finances,

Signé : J. de Villèle.

Vu aux sceaux : Le ministre et secrétaire d'État, garde des sceaux,

Signé : Comte de Peyronnet.



La dette d'indépendance

Le 17 avril 1825, le peuple haïtien fut donc sommé de verser pendant 5 ans la somme de 30 millions de franc-or par an à la France (soit 150 millions de franc-or au total), pour dédommager les anciens colons. Haïti prise au piège, fut obligée d'emprunter la somme du premier versement à des banques françaises qui fixèrent anormalement le montant des d'intérêts de ce premier prêt à 6 millions de francs.

Le 12 février 1838, le traité fut modifié et le solde de la dette d'Haïti envers la France passa à 60 millions payables sur 30 ans. Pour payer sa dette et rester libre, Haïti plomba son économie sous la pression active des milieux financiers français. Dès 1826, le gouvernement haïtien fut forcé de mettre en place un Code rural pour obliger les paysans à redoubler d'efforts pour cultiver les denrées coloniales dont les taxes gérées par la France étaient destinées à payer la dette. La France prit le contrôle de la production du café qui fut orienté vers le port du Havre. Mais les prix du café et de bien d'autres produits en provenance d'Haïti furent baissés sur les marchés--pour étrangler Haïti. La réalité c'est que la France a tout fait pour empêcher le décollage haïtien après 1804 pour interdire les autres colonies de penser à vouloir s'affranchir. REF: A. CORTEN TITRE Misère, religion et politique en Haïti : Diabolisation et mal politique, Paris, Karthala, 2001.

Ce que les historiens ne vous disent pas, ce traité fut modifié unilatéralement par la France sans accord du gouvernement Haïtien de l'époque. Nous sommes aussi responsables de notre propre étranglement en acceptant de continuer à payer un contrat modifié sans notre accord.

Le montant de la dette 150,000,000 francs français –était dix fois supérieur au revenu total d'Haïti et deux fois supérieur au prix d'achat de la Louisiane, payé par les États Unis à la France une année avant l'indépendance d'Haïti pour soixante-quatorze fois plus de terre. On combla les emprunts par d'autres emprunts et peu à peu les gouvernements haïtiens successifs vendirent le pays aux Banquiers français, allemands, puis américains. En 1875, la dette extérieure haïtienne était estimée à plus de 10 000 000 de francs. En 1922, sous l'occupation américaine, la National Bank, filiale de la City Bank, obtient le monopole de l'émission monétaire. Une manière pour les américains de s'assurer une part du gâteau à perpétuité avec ce prêt de presque 23 000 000 de dollars US qui sert à payer les agios des banquiers français et allemands. Réf.: Herbert J. Seligmann Titre La Conquête d'Haïti The Nation 111 (10 juillet 1920). REF: Thèse de maitrise en Science publique. Auteur Wisnaud Derilon Tuteur Michèle Guillaume-Hofnung Professeur de Droit à l'Université de Nantes.

Les premiers commerçants étrangers s'installèrent en Haïti bien avant Boyer. Cependant, suite à l'ordonnance de Charles X, qui reconnait aux bateaux français une diminution de leurs droits de douanes de 50%, le pays va être envahi par toutes les races de profiteurs qui vont y réaliser des fortunes colossales et les réinvestir chez eux. Cet afflux exagéré, va immédiatement anéantir toutes les possibilités de développement d'une industrie proprement haïtienne.

En 1850, les Etats-Unis d'Amérique ont envoyé trois croiseurs pour dépouiller les autorités haïtiennes de 500 000 dollars. En 1872, l'Allemagne intervint avec deux frégates pour racketter l'Etat haïtien de 15 000 deutsche marks en faveur de deux de ses ressortissants. En 1877, l'Angleterre à son tour réclame 682 000 dollars en faveur des concessionnaires Hauder. En 1884, suite de l'affaire Lausanne-Pelletier, le gouvernement français contraint l'Etat haïtien à payer 174 750 dollars. REF: Échanges entre Haïti et le reste du monde Auteur Tony Rebecchi Document 2007 ISBN: 978-1-4092-4553-7.

Ce sont là quelques preuves historiques vérifiables d'un pillage organisé pour que le pays d'Haïti reste à genoux
L'acte de l'indépendance fut à la fois le symbolisme de la foi d'un peuple asservi dans sa dignité et l'affirmation de sa volonté d'être maître de ses destinées. La logique de l'histoire n'a pas suivi son cours sur le plan du progrès humain.

Le premier pays indépendant de l'hémisphère, les États-Unis, est aujourd'hui l'une des puissances économiques du monde libre, tandis que, le deuxième, Haïti, la nôtre, demeure ankylosée dans sa croissance pour être coiffée du titre dégradant de pays : le plus pauvre du continent. D'aucuns croient, et c'est bien la réalité, que la rançon imposée ou ce pillage sans vergogne par l'impérialisme à l'ancienne colonie a grandement hypothéqué le devenir de la nation. Le peuple que nous avons vaincu, est devenu en quelque sorte notre maître, et ce, 21ans après notre indépendance.

Depuis 1825 nous nous faisons rouler et étrangler par eux. 187ans plus tard, nous subissons encore le contrecoup de cette arnaque. Aucune des promesses n'a été tenue. Par ignorance, nous renions notre africanité et notre créolité pour affirmer avec une certaine désinvolture notre francophonité. Je crois que cette attitude dénote un trait de complexe d'infériorité habituellement retracé chez les éternels colonisés.

Dessalines avait-il eu raison de dire : Que la parole française est toujours sujette à caution.

Ce sera à vous de juger.

L'histoire est une arme, il faut l'utiliser pour pouvoir se relever .Connaitre son histoire c'est être capable de la défendre et de se défendre.
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MessageSujet: Re: Nous avons été éduqués pour détruire le projet de 1804   Mer 21 Mar 2012 - 23:24

Pourtant ce sont à ces esclavagistes que l'elite haitienne de l'epoque avait confié l'education de notre jeunesse et l'adoption de leur religion pour guider notre ame.Dès lors n'a -t-on pas le droit aussi de questionner le patriotisme et meme l'intelligence de ces esclaves de maison qui avaient consenti de payer cette rancon.Les francais n'avaient pas pu ranconner henry Christophe et je crois sincerement si le pays etait a l'epoque sous la gouvernance de ce dernier il n'aurait pas consenti de payer cette somme.

Au lieu de nous eduquer ces representants des esclavagistes deguisés en frères, soeurs et moines nous ont plutot abètis en nous imposant leur langue, culture et religion.Nous sommes devenus des zombis alphabetisés est-ce pourquoi nous imitons comme des macaques leurs structures politiques,economiques et administratives sans tenir compte de nos moyens.C'est vrai nous avons été eduqués pour detruire le projet de 1804.Nous sommes tous devenus des eternels colonilisés qui meprisent notre propre culture , religion et langue pour adorer la culture ,la langue et la religion de nos anciens bourreaux.

Le constat le plus honteux de notre echec est la reussite de nos anciens bourreaux de detruire le projet de liberté, egalité et fraternité que nos ancètres avaient tant sacrifié pour nous leguer.
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MessageSujet: Re: Nous avons été éduqués pour détruire le projet de 1804   Jeu 22 Mar 2012 - 11:39

Haïti: L'UEH : absence de vision et d'imagination, selon Hérold Toussaint


Manque de ressources qualifiées, salaire de misère pour les professeurs, indifférence des gouvernements, manque de vision de ses dirigeants, pas de financement pour la recherche...un triste et sombre tableau de l'Université d' Etat d' Haïti (UEH) décrit par le docteur Hérold Toussaint. Il était l'invité spécial, mardi, à l'émission Panel Magik sur Radio Magik 9.



Le docteur Hérold Toussaint

Vision. Volonté. Anticipation. Ce sont, entre autres, des concepts qui échappent aux autorités étatiques et aux responsables de l'université d'Etat d'Haïti (UEH), selon le docteur Hérold Toussaint. Pour lui, l'un des plus grands problèmes qui gangrène l'Université, c'est le traitement accordé aux professeurs. Il n'est pas évident qu'un professeur puisse faire carrière à l'UEH, a-t-il dit. « Je pense que c'est l'un des plus grands handicaps de l'Université. » En dépit du fait qu'il soit un professeur de carrière, détenteur d'un doctorat, publie régulièrement des ouvrages, accompagne les étudiants dans leurs travaux de recherche, tout cela n'empêche pas qu'un professeur fraîchement nommé à l'UEH reçoive le même salaire que lui, s'est-il plaint.

« Un professeur nouvellement nommé, lors même qu'il n'a publié aucun texte, ne détient aucun titre de doctorat, n'assiste pas les étudiants dans leurs recherches, il suffit qu'il soit nommé pour qu'il reçoive le même salaire que moi. C'est presque comme un salaire à vie. Je me sacrifie pour l'université. Cependant, un pays ne peut pas fonctionner dans une logique sacrificielle. Si je n'avais pas cherché ni inventé d'autres moyens pour vivre, je serais ruiné », a-t-il renchéri, mardi, sur les ondes de Radio Magik 9 à l'émission Panel Magik.

Trois mois de salaire à l'université Laval au Canada où il dispense des cours valent plus de 12 mois de travail à l'UEH pour le professeur Hérold Toussaint. Bien sûr, il n'a pas voulu comparer la capacité économique des deux pays. Toutefois, il a attiré l'attention sur l'énorme écart qui existe entre les deux systèmes, une façon de prouver que l'Université haïtienne ne dispose pas suffisamment de ressources qualifiées pour dispenser les cours. « Il y en a qui sont détenteurs d'une maîtrise ou d'un doctorat; lorsqu'on les rencontre à l'étranger, ils travaillent comme réceptionnistes dans des hôtels. Mais ce qu'ils gagnent leur permet de vivre mieux que ce qu'on leur donne en Haïti. »

Hérold Toussaint réclame pour les professeurs des avantages sociaux pouvant les aider à faire face à leurs obligations de tous les jours. Ce problème de salaire implique absolument un problème de manque de ressources qualifiées au sein de l'UEH, a déploré M. Toussaint.

Selon le docteur, ce problème est le résultat d'un manque d'imagination. « Si dans un pays on n'a pas de têtes pensantes - soit à l'université ou au niveau de l'Etat-qui puissent imaginer pour inventer, il n'y a pas d'avenir. C'est un rapport entre l'Etat et les responsables de l'UEH. Il faut qu'il y ait un dialogue entre eux. Je ne parle pas d'un gouvernement en particulier, mais c'est l'Etat qui doit assumer sa responsabilité », a-t-il fait remarquer.


Le sociologue ne veut pas aborder le dossier de l'UEH dans un sens de dénonciation. Toutefois, selon lui, il faut l'aborder dans toute sa complexité. « Quelle est l'option de l'Etat par rapport à l'enseignement supérieur et quelles mesures devraient être prises pour rendre concrète cette option s'il y en a ? » Pour Hérold Toussaint, il faut mettre entre parenthèses le mot université en Haïti.

Après maintes réflexions, Hérold Toussaint arrive à la conclusion qu'il n'y a pas de volonté de la part de l'Etat pour faire bien fonctionner l'UEH. Ceux qui dirigent le pays ne comprennent pas encore ce que c'est l'Université, a-t-il affirmé. « Aucun pays au monde dans ce XXIe siècle ne se développera s'il n'accorde de l'importance à l'enseignement supérieur. Il faut qu'il y ait un corps de savants, de spécialistes dans tous les domaines en Haïti », a-t-il précisé.

Le professeur s'est demandé perplexe si on avait fait appel aux responsables de l'Université pour parler de la reconstruction. Selon lui, si les compétences de l'université ne sont pas impliquées, la reconstruction n'ira nulle part.

Parallèlement, intervenant sur le fonctionnement de l'UEH, le professeur a estimé qu'il faut questionner les gens qui ont traditionnellement dirigé l'université. Ils ont peur, a-t-il dit. « Dans ce pays, nous vivons dans une logique de peur, ce qui implique qu'il n'y a ni communication ni débat. Ceux qui sont à la tête de l'UEH ont peur. Ils n'ont pas le courage d'aborder les vraies questions. Ils ont peur de dialoguer. Or, pour qu'il y ait une réforme au sein de l'UEH, il faut que toutes les entités de l'Université se mettent ensemble pour poser les vrais problèmes. »

L'Université doit avoir son mot à dire dans la crise que vit la société à tous les niveaux. Mais toujours est-il que l'Université doit avoir des moyens pour répondre à ses obligations, a-t-il avancé. « Les professeurs vendent des cours par-ci par-là. Ils n'ont pas le temps de se consacrer à la lecture et à la recherche. Donc, ce ne sont pas de vrais professeurs. Les étudiants payeront les conséquences du fonctionnement anarchique de l'Université. »

Tout en admettant que l'autonomie de l'Université est nécessaire, le professeur Toussaint a estimé que l'Etat doit avoir un certain regard sur ce qui se passe au sein de l'UEH. Encore une fois, il est revenu sur la capacité que l'université devrait avoir pour créer et dynamiser son environnement.

Limonade : il n'y a pas eu d'anticipation

Environ trois mois après l'inauguration de l'université de Limonade par les autorités haïtiennes et dominicaines, cet espace reste pratiquement sans activités. Faute de financement. Selon le professeur Toussaint, on n'a pas su anticiper sur ce qu'allait devenir cette université. « Si deux ans auparavant vous saviez qu'on allait vous construire une université, vous deviez réfléchir sur les questions relatives au financement, aux ressources qualifiées. Il n'y a eu ni anticipation ni préparation... », a-t-il relevé.

L'ouverture de l'université de Limonade se fera dans la médiocrité, selon les prédictions du professeur. D'ailleurs, a-t-il ajouté, c'est un « bâtiment » qu'on a construit dans le Nord. « Il faut expliquer aux gens ce que c'est une université. Il n'y a pas suffisamment de gens dans l'Etat qui comprennent l'importance de l'Université. »

Le professeur Hérold Toussaint jouit d' une bonne réputation à l'UEH pour avoir accompagné bon nombre d'étudiants dans l'élaboration de leur mémoire de sortie ou dans la production d'ouvrages. Plusieurs groupes d'étudiants ont déjà eu la bonne sensation de signer leur premier ouvrage avec son soutien. Pour la prochaine édition de Livres en folie à Port-au-Prince, des étudiants procéderont à la vente signature d'un nouveau livre sur des déclarations de la première ambassadrice américaine en Haïti, Janet S. Sanderson.

Robenson Geffrrad
rgeffrard@lenouvelliste.com

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