Forum Haiti : Des Idées et des Débats sur l'Avenir d'Haiti

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 Vers un multilinguisme intégral

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Sasaye
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MessageSujet: Vers un multilinguisme intégral   Vers un multilinguisme intégral EmptySam 9 Fév 2013 - 4:14




Vers un multilinguisme intégral (1ère partie)

Par Max Dorismond

mx20005@yahoo.ca



Que vous soyez un Haïtien en voyage au pays natal ou un étranger de passage , une voix interne vous interpelle et vous réclame un quelconque effort pour ce coin de terre malchanceux, pour ce peuple qui s'échine à tirer le diable par la queue à la recherche d'un lendemain différent d'aujourd'hui et d'hier. Pour l'expatrié identifié sous le malicieux vocable de « diaspora », l'insolvabilité de cet état de fait revint comme un leitmotiv hanter sa pensée. Évoluant sous la pression instantanée d'une involontaire comparaison entre la vision de sa terre d'adoption et de sa patrie délaissée, son brûlant désir de culpabiliser les locaux pour cette faillite lui laboure le cerveau. En raison de la culture du judaïsme qui fut partie intégrante de son éducation première, l'accusation automatique de l'autre pour se dédouaner ne souffre pas de scrupules et le pas à franchir pour prononcer le fatal verdict ne s'embarrasse point de trop de réflexions. Toutefois, en sortant de sa torpeur, en se réappropriant ses esprits, il revient sur ses pas pour découvrir de quelle façon pourra-t-il contribuer à cette renaissance au meilleur de sa capacité.

C'est dans ce contexte de la dérive spéculative que m'est venue l'interrogation à savoir, si la langue française, utilisée sur notre territoire, ne serait-t-elle pas l'une des causes fondamentales de notre isolement et par effet collatéral, l'objet de notre développement rétrograde? Si ce constat est réellement à la base de notre rachitisme, nous avons l'obligation d'y voir clair et y remédier. Le plus tôt c'est le mieux.

En effet, tout autour d'Haïti, la prépondérance de l'anglais et de l'espagnol se passent de discussion. A voir sur les télévisions d'outre-mer, certains membres de l'élite nationale : politique, intellectuelle et commerciale, s'exprimer avec une certaine aisance dans les trois langues, français, anglais, espagnol; à écouter, pendant le séisme, des jeunes et même des enfants interviewés par des journalistes d'outre-mer; à constater cette profusion de visages étrangers qui pullulent dans l'île, nous pouvons, sans sondage ou presque, démontrer qu'un intérêt grandissant s'est imposé pour les deux langues étrangères les plus utilisées autour d'Haïti. Donc, à l'heure de la globalisation, le moment est propice pour la nation de faire un choix délibéré en établissant et en encadrant le peuple dans sa marche vers un multilinguisme exclusif en vue de changer l'ordre des choses pour mettre fin à son auto-exclusion. Ce sera, à mon avis, l'un des chemins à emprunter, puisque 75% de cette élite sont déjà sensibilisés à cet état de fait et ne rechigneront point à épauler le gouvernement, si le mot progressiste dans le programme de ce dernier ne serait pas un leurre. Je demeure persuadé, qu'ensemble, ils ont tout intérêt, à faire bénéficier le pays de tous les avantages qu'ils ont pu eux-mêmes tirés de cette acquisition en contribuant à l'érection de ce pont linguistique destiné à marquer l'imaginaire collectif.

Un multilinguisme contrôlé

Nous ne réclamons pas un multilinguisme d'État, correctement enchâssé dans la Constitution, ça va de soi, mais un encadrement logique de toutes les écoles se prêtant à cet apprentissage dès la première année scolaire. Il a été démontré par les meilleurs spécialistes en pédagogie qu'un enfant peut apprendre jusqu'à six langues étrangères, dès son jeune âge. La nation est quasi prête pour tenter le diable. Mes déplacements dans certains bureaux, telle la DIGICEL ou ceux de la MINUSTHA me prouvent que l'engouement pour les langues étrangères se développe à un rythme accéléré. Les employés haïtiens sont à la hauteur et éprouvent une certaine fierté dans l'utilisation des langues étrangères. Un indice qui pourrait faciliter la cohésion sociale.

Cause de nos malheurs

Nous avons contourné la modernité en ratant toutes les révolutions progressistes des siècles écoulés : agricoles, industrielles et informatiques…. en prenant des décisions en décalage avec notre réalité. En face de nous s'étale l'Amérique anglaise, puissante et triomphante, en dessous, l'Amérique espagnole; derrière, une myriade d'îles dont 96% utilisent bon gré, mal gré, la langue de Shakespeare. Telle une aiguille dans le paillasson insulaire, nous vivotons dans un environnement anglo-espagnol avec une langue (le français), presqu'inutile, en raison de la distance entre l'Amérique et la France. Cette dernière est loin, extrêmement loin et son influence dans le bassin américain est nul, obsolète et négatif, au point que Mitt Romney, le malheureux challenger de l'élection de 2012, parlant couramment la langue de Molière, n'a pas osé un simple bonjour à ces commettants francophones lors de sa campagne, sous peine de froisser les fils de l'Oncle Sam. Bien sûr, c'est une langue importante dont nous ne pouvons nous passer. D'ailleurs, c'est un butin de guerre à valeur historique et patrimoniale. Nous ne pouvons nous payer le luxe de l'ignorer, d'en faire table rase. C'est impossible. Mais, reconnaissons-le, dans l'équation des langues d'affaires, elle est un facteur exponentiel à somme nulle et par conséquent, il manque non pas une, mais deux cordes à notre guitare. Nous pourrons aisément nous libérer de sa dépendance passionnelle ou de cet esclavage affectif en jonglant avec les deux langues les plus importantes de l'Amérique du nord et du sud. Soyons honnêtes avec nous-mêmes; après plus de 200 ans d'utilisation, où cet héritage nous a-t-il conduits : tout droit dans un cul-de-sac. Nous avons fait honneur à l'ancien boss, mais à un moment de la durée, il faut nous décider et nous divorcer du réel. Posséder trois langues vivantes, importantes, n'est pas à la portée de tous. Donc, si nous pouvons franchir le Rubicon, ce sera tout à notre honneur; les autres nations ne nous verront plus comme des pestiférés. Au contraire, nous imposerons le respect. L'heure du choix a sonné : secouons-nous!

Le multilinguisme déjà à la porte d'Haïti

Jusqu'à la ceinture capoise et jacmélienne, certains de nos compatriotes de l'arrière-pays se débrouillent passablement bien en espagnole dans leurs échanges avec leurs voisins. Plus de deux millions de nos expatriés maîtrisent passablement l'anglais. Le fruit est mûr, c'est le temps des vendanges. N'hésitons pas, comme nos frères aiment bien le souligner, profitons de la chance qui passe; on ne la reverra pas deux fois. Pour annihiler cette quarantaine et rentrer dans l'ère de la globalisation, saisissons notre ultime et unique chance au vol en métamorphosant Haïti en une nation multilingue, avec l'apprentissage des deux langues prépondérantes : l'anglais, l'espagnole en plus du français déjà utilisé. Le créole aura naturellement et obligatoirement droit de cité pour fortifier le concept identitaire en demeurant la langue d'État, le pivot, la matrice autour de la laquelle se greffera et évoluera les trois autres.

Au départ, je dois signaler la présence non désintéressée de beaucoup d'écoles bilingues en Haïti. Une autre preuve que le progrès n'attend jamais la bénédiction des fonctionnaires pour s'imposer. Les impératifs de la mondialisation, le va et vient des natifs du pays en terre étrangère, l'internet, l'acquisition de l'anglais pour son universalité… etc, sont autant de raisons qui militent en faveur de ses institutions d'avant-garde, de ses esprits progressifs, en concordance avec les besoins sociaux et les impératifs immédiats. Près de 25000 étudiants traversent la frontière à chaque année pour s'instruire dans les universités dominicaines. Beaucoup des nôtres traversent la frontière quotidiennement et vont travailler là-bas. Nos voisins ferment les yeux pour le moment parce qu'ils ont leur propre plan pour nous. Les pères de famille, ne voulant pour rien au monde rater le train de l'évidence, s'arrache les cheveux en quatre pour faciliter le départ de leurs progénitures vers une école étrangère, soit en Amérique, au Canada ou dans les Antilles anglaises. Est-ce une folie passagère ou un contournement du destin. Je choisirai le second, car de nos jours, la possession des trois langues n'est pas à dédaigner. C'est une richesse sans commune mesure, sa mention sur un curriculum vitae vaut son pesant d'or. Tous les industriels intelligents et prévoyants de la terre flairent comme un chien policier ce pactole du trois dans un pour faire face à la haute concurrence, entre l'Europe, l'Amérique, l'Afrique et le reste du monde. L'histoire de Dumas Siméus1 et plusieurs autres de ma connaissance en sont une preuve flagrante. Le multilinguisme annihile automatique la barrière du racisme. L'employé multilingue contribue au progrès de la machine et pour ce on lui déroule le tapis rouge. Il est un ange tombé du ciel.

La sensibilisation et le processus de cheminement

Quoi faire alors pour rehausser le prestige de nos jeunes et leur offrir le monde sur un plateau d'argent? Organisons-nous et encadrons l'initiative en mettant de l'ordre dans la basse-cour et l'accent sur un apprentissage bien orchestré. En y investissant dans une recette à sept ingrédients : l'audace, la jeunesse haïtienne, le courage, le temps, la perspicacité, l'altruisme et l'argent, le succès est déjà dans la poche. Accordons un salaire adéquat aux enseignants qualifiés, embauchés pour cette tâche. Dans mon dernier texte, « Haïti face à son destin », j'avais soutenu cette prétention. Je sais très bien que ce n'est pas si simple, mais rien ne nous empêche d'essayer. Certains grimpent déjà dans les rideaux ou jouent, sans raison apparente, comme d'habitude à théâtraliser le débat en "nationaleux" drapés dans leur dignité, blessés par un faux orgueil au lieu de débroussailler ce projet en son entier et discuter. C'est une proposition avant tout. Et si ces derniers empruntent le chemin inverse en essayant au contraire de distiller la bonne nouvelle dans leur milieu respectif, ce serait déjà un pas de fait pour sortir des cavernes. Ainsi, puissions-nous passer de l'hypothèse à la probabilité et de la probabilité à la certitude de poser enfin le bon jalon......(A suivre)



Max Dorismond

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MessageSujet: Re: Vers un multilinguisme intégral   Vers un multilinguisme intégral EmptySam 9 Fév 2013 - 7:31

Quand nous réaliserons que le FRANÇAIS nous est inutile ;ce sera un grand pas.
Les petits HAITIENS ne grandissent pas ,parlant FRANÇAIS ,c'est une langue que nous apprenons à l'école.
En FRANCE ,il y a des discussions à propos du commencement de l'apprentissage de l'ANGLAIS depuis les classes maternelles.Pourquoi pas en HAITI ,nous qui dépendons de l'ANGLAIS beaucoup plus qu'un FRANÇAIS.

Nos enfants passent beaucoup plus de temps dans l'apprentissage du FRANÇAIS dans sa GRAMMAIRE qu'un jeune FRANÇAIS en FRANCE.

C'est un investissement qui ne porte pas de fruits.Le linguiste HAITIEN PROPHÈTE parle d'un investissement dans les MILLIARDS ,dans le FRANÇAIS ,dans notre système d'éducation.

Entièrement d'accord avec MAX DORISMOND ;le FRANÇAIS nous est inutile .
Le FRANÇAIS nous divise ,mais comme le dit MICHEL DE GRAFF ;c'est voulu!

Et surtout ,la langue FRANÇAISE n'appartient pa à l'héritage colonial ,c'est une langue qui a été adopté après 1804.
Il est temps que nous faisons ce que les FRANÇAIS de FRANCE avaient fait avec le LATIN ,au 17ème SIÈCLE.
Quand le FRANÇAIS était considéré comme LA LANGUE VULGAIRE et le LATIN ,la langue docte!
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MessageSujet: Vers un multilinguisme intégral (2eme Partie)   Vers un multilinguisme intégral EmptyDim 10 Fév 2013 - 22:18





Suite :

Vers un multilinguisme intégral (2eme Partie)
Par Max Dorismond

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L'anglophilie
Actuellement, avec la mondialisation, c'est une course contre la montre. La majorité des pays sous-développés ou en voie de s'en sortir n'hésitent pas à s'octroyer officiellement au moins deux langues où trois. Prenant l'avantage du bilinguisme, le Ghana, pays anglophone entouré de plusieurs nations francophones en Afrique de l'Ouest, est devenu membre observateur de la Francophonie2 et accorde désormais à la langue française une place très importante dans son système éducatif. Ce qui se conçoit bien; il commerce dans la sphère d'influence de la France et cette dernière n'est jamais trop loin, à l'opposition de notre situation.

Pourquoi Haïti, pays francophone, n'avait-elle pas dans le passé tourner vers l'anglais et l'espagnol pour transiger avec ses voisins les plus proches, en l'occurrence, les antillais?
Il existe une réponse à cette interrogation : chercher-la d'abord dans l'égoïsme de nos dirigeants et de nos anciennes élites, obséquieuses et primaires, ensuite dans « La tendance normale de l'État à aller vers l'unilinguisme pour des raisons d'efficacité dans la communication, d'économie et d'unité nationale».
Pour eux, une jeunesse instruite est dangereuse pour le pouvoir et les acquis quasi éternels de la classe possédante.

Le Nigeria, nation de langue officielle anglaise avec 510 autres langues vivantes, a procédé à la même analyse que le Ghana en empruntant le même chemin, conscient du fait que son statut de puissance économique et démographique sous-régionale passe par la maîtrise de la langue française par ses citoyens candidats à une carrière internationale dans une Afrique de l'Ouest majoritairement francophone.
Parallèlement, le Rwanda vient d'adopter avec enthousiasme l'anglais comme troisième langue officielle (en plus du français et du kenyarwanda), en lui donnant même une place prépondérante dans son système éducatif, suite à une brouille diplomatique avec la France.
Le Mozambique - pays lusophone (qui parle portugais) de l'Afrique de l'Est - est devenu membre du Commonwealth3 et a fait de l'anglais l'une de ses langues majeures, justement parce qu'il se trouve au coeur d'une région où domine la langue de Shakespeare.
De même le Gabon, la Côte d'Ivoire, la République Démocratique du Congo et plusieurs autres pays francophones du continent, sans pourtant devenir officiellement bilingues, ont compris que l'anglais est une langue planétaire absolument incontournable.

En somme, on peut affirmer qu'un puissant vent d'anglophilie est actuellement en train de souffler sur tous les pays non anglophones dans le monde, et plus particulièrement en Afrique. En Europe, la Roumanie après la chute de Nicolae Ceaucescu a intégré les trois langues sus mentionnées dans son programme scolaire.

Les avantages du multilinguisme
Le multilinguisme renferme dans ses goussets de multiples avantages insoupçonnés.
En plus de son application au plan touristique, au niveau des entreprises de services, c'est un atout majeur.
La majorité des grosses entreprises, que ce soit en Europe ou en Amérique du nord, dans leur politique de rationalisation ou de restructuration, délocalisent les services non essentiels, telles, la téléphonie, la traduction…… dans les pays du tiers-monde, tels : l'Inde, Taïwan, le Mexique, l'Indonésie pour ne citer que ceux-là.

Par exemple, vous avez égaré votre valise à l'aéroport Kennedy à N.Y. Vous téléphonez pour vous enquérir de l'objet introuvable. La personne qui vous répond soit en français ou en anglais ou en espagnol est basée à peu près à 10 000 kms de votre aéroport, dans l'un des pays sus-cités. Dans une langue châtiée, elle vous permet de retrouver votre bien, le temps de le dire.

Donc, si Haïti étaient multilingue, ces entreprises auraient mille intérêts à utiliser son territoire à quelques brasses de leur côte comme port d'attache. Ce serait pour elles une sacrée économie. Pour Haïti ce serait un départ canon, un avantage à valeur multiple. Encouragées par le succès et la vivacité de l'économie y résultant, les universités auront le vent dans les voiles pour investir dans des programmes techniques et produire de super techniciens en sciences etc.

Ainsi, juste à titre d'exemple, la compagnie de réparation des avions d'Air Canada et d'autres aéronefs américains, Avéos, n'aurait pas délocalisé ses pénates de Montréal au Brésil, mais à 4 heures de chez elle, en Haïti.

Ah! Si les Haïtiens avaient écouté le Roi Henry Christophe, ils seraient tous anglophones aujourd'hui. Si on savait!

Le courage de voir, de dire et de décider

Regardons la réalité en face. Nous sommes plus de dix millions d'individus, une île surpeuplée.
Dépassée par la situation, l'élite politique en a plein les casques. Le temps roule allègrement son train, tandis que l'horloge de la fécondation tourne rondement et les problèmes de la surpopulation demeurent entiers.
Bref, devant le vide, nos concitoyens n'ont guère le choix que de s'expatrier.

Justement, partir, est-elle la solution? Oui! Elle en est une dans les circonstances de démographie galopante. C'est une solution de décongestionnement entre mille. Une sorte d'investissement à long terme. Nous ne sommes plus au temps des barbares chevauchant dans les steppes de l'Europe centrale ou oriental, je ne sais trop, coupant les têtes en terrorisant les voisins, pillant, dévalisant pour assouvir la faim de ses congénères.

Nous ne vivons plus au temps des cavernes où le principe de la sélection naturelle condamnait les plus faibles laissés en pâtures aux chiens et autres animaux sauvages ou comme dessert à d'autres peuplades cannibales. Nous avons outrepassé l'époque où certaines nations poussent leurs fils hors de leurs frontières à guerroyer par convoitise contre leurs voisins ou dans des contrées éloignées sous de fallacieux prétextes.
La Croisade (1092-2091) en est un exemple. D'ailleurs, nos ancêtres furent les deuxièmes victimes de ces politiques de rechange quand l'Europe face à la faim qui les tenaillait avait pris le "Grand Risque" et découvert en 1492 le nouveau monde dont les autochtones et nos aïeux en furent les frais.

Conséquence de la crise démographique – Type de solution
Ne jouons pas à l'autruche, voyons la réalité en face. Ne pouvant procéder à un contrôle massif des naissances par une politique adéquate, faute d'argent et de priorités, la nation est condamnée à l'implosion.
A preuve, le symbolisme puissant de «Kita Nago», (Presser CTRL et cliquer en même temps pour ouvrir ce lien en bleu), en est un signe précurseur. Une jeunesse oisive, aux abois, en mal de dénoncer, en mal d'exposer leur mal-être, se retrouve en équilibre sur la ligne rouge entre exploser pour détruire ou se donner la main pour construire.

L'avenir de la nation dépend du premier profiteur qui appuiera sur le bouton pour les contrôler en petits robots mécanisés, nés pour foutre la pagaille dans le présent merdier. Donc, si nos progénitures doivent prendre le large, qu'ils s'expatrient en bonne et due forme, le multilinguisme leur sera d'un précieux atout. Ils partiront aguerris et confiants. Ce choix, dans ce cadre, sera le bienvenu en rapport à cette solution de fuite en avant.
Un émigrant bilingue ou trilingue sera en mesure de mieux profiter des avantages du pays hôte en décrochant des emplois mieux rémunérés et Haïti, en retour, en sera naturellement le bénéficiaire attitré.

Voyons ce qui arrive actuellement à ma génération unilingue français à l'étranger, en pays anglophone ou hispanophone. De langue et de connaissances françaises avec un accent "bizarroïde", on le regarde comme un zéro, un analphabète non-fonctionnel à qui les ouvrages les plus dégradants sont dévolus. Ne nous cachons pas la tête dans le sable, faisons face à la musique et trouvons les mots pour le dire. Diplômés, instruits et trilingues, nos jeunes iront à l'assaut des entreprises étrangères qui ne demandent pas mieux que de nous dérober nos plus intelligents, nos meilleurs échantillons.

Haïti a besoin de toutes les bonnes expériences de développement du monde moderne. Préparez nos jeunes et laisser les partir en masse. Facilitez-leur la tâche. Trouvez-leur des bourses d'études. Cherchez des commanditaires, trouvons-nous d'autres Fidel Castro près à les accepter et à les former. Investissez dans leur potentialité, c'est la moindre des choses.

Savez-vous que la Suisse avait procédé ainsi à un certain moment de son histoire, à la différence que ses sujets étaient suivis pas-à-pas et étaient obligés de rendre des comptes, car elle avait fourni un peu d'argent de poche à chaque émigrant. Dans 25 0u 35 ans nous pourrons commencer à percevoir les dividendes. Plus loin encore, nous avons la diaspora juive, terme grecque désignant la dispersion d'une communauté. Cette dispersion fut bénéfique pour l'État d'Israël aujourd'hui qui en retire des bénéfices sans commune mesure.

Israël, un minuscule pays avec 7 millions d'habitants est classé numéro 3 après les États-Unis et la Chine.
Au point de vue économique et scientifique il pèse très lourd sur toutes les balances. Rares sont les humains sur terre qui n'ont pas utilisé une technologie inventée en Israël.
Un peuple autrefois honni, dispersé de par le monde, est aujourd'hui, l'un des plus respectés partout sur la terre.
Les émigrants reviennent et apportent leur savoir-faire, leur économie et surtout plusieurs langues en plus de l'Hébreu.

Alors, pour les sceptiques, voilà une autre preuve de l'émigration planifiée. Veuillez cliquer sur le lien ci-joint et visionner cette vidéo pour vous en convaincre.

https://www.youtube.com/watch?v=yd3V3JC35-U&feature=youtube_gdata_player



Un troublant constat
Quand le think-tank, le Groupe de Réflexion et d'Action pour une Haïti Nouvelle, (GRAHN), déclare qu'il a dénombré mille professeurs universitaires dans l'Haïti d'aujourd'hui pour une population de 10 millions, nous comprenons le pourquoi de notre sous-développement. A voir, en l'occurence, la province du Québec, avec 10 000 professeurs universitaires pour 8 millions de population, nous n'avons pas besoin de chercher trop loin le secret de sa performance économique. Province bilingue de surcroît, elle lutte du bec et des ongles pour conserver sa langue principale, le français, tant l'anglais prédomine.

J'ai eu l'occasion de visiter quelques pays de par le monde pour découvrir mes frères assez mal pris dans certains coins les plus reculés de la planète. Or, plus près de nous en Amérique, (Canada –USA), notre communauté est économiquement l'une des plus faibles à tous les points de vue : économique, scholastique, sociale…etc. En un mot, elle est sous-développée. Gardons à l'esprit que le gros contingent (75%) qui s'était expatrié, représentait la masse nécessiteuse sous instruite et démunie. Donc, sans instruction et sans le sou, conquérir l'Amérique demeurait sans contredit une utopie, même si elle constitue la courroie de transmission qui maintenait son pays sous perfusion.

J'ai assisté de visu à l'arrivée en 1975 des boat-people vietnamiens et suivi leur fulgurante évolution en 38 ans au Canada. En baragouinant le français à leur rentrée et en maîtrisant l'anglais à la longue, ils représentent l'une des communautés les plus riches et les plus intelligentes dans leur pays d'adoption.
Aujourd'hui, les jeunes héritiers retournent au pays de leurs géniteurs pour investir les profits réalisés par le paternel décédé.
De la même façon, dans 20, 25 ans, étant plus proches d'Haïti, nos expatriés, après avoir faits le plein d'expériences, de modernité et d'argent retourneront naturellement, et ce, avec confiance au pays natal pour s'investir.

Conclusion
Par cette plaidoirie, je pense que je viens de toucher un point névralgique du bienfait du multilinguisme qui, utilisé à bon escient, pourrait s'avérer utile dans le développement de la nation.
Des idées, tout un chacun en ont. Rien n'est de trop pour le p'tit peuple. Par contre, si les dirigeants actuels ou futurs jugent la notion d'un pays multilingue nécessaire et de bon aloi pour s'extraire des cavernes, qu'ils s'organisent en conséquence dans leur sphère d'influence pour une application intelligente et Haïti en sortira gagnante sur toute la ligne.
Ce sera un nouveau départ.

Max Dorismond

Mx20005@yahoo.ca



Moulin-sur-Mer

Haïti, WI. 9 Janvier 2013.





Note 1 – Dumas Siméus, un industriel haïtien ayant fait fortune aux USA a expliqué dans sa biographie sa rencontre avec un industriel américain. Ingénieur de formation avec une maîtrise en baccalauréat des affaires (MBA), fraîchement diplômé et sans emploi, il fit la rencontre de son futur mentor au cours d'un voyage. Conversant à bâton rompu, le type fut émerveillé par sa connaissance des trois langues. Quelques mois plus tard, ayant une entreprise en difficulté en France, il fit appel à Dumas pour la redresser. Ce dernier a réussi le sauvetage haut-la-main. Face à ce succès, Dumas répéta le manège pour l'industriel en Amérique du sud. Devant ce succès international, le New-York Times coiffa Dumas Siméus, le p'tit gars de l'Artibonite, du titre de «Redresseur des entreprises», le p'tit gars de l'Artibonite qui a fait ses études primaire en ligne brisée. Pour évaluer la valeur de cette nomination, cherchez sur le net et dans les annales de Wall Street, combien de redresseurs d'entreprises existent-ils dans le monde. A part Lee Iacocca qui a sauvé la compagnie Chrysler de la faillite en 1978, vous aurez à chercher longtemps encore avant de trouver une dizaine. Et pourtant, c'était le premier emploi de Dumas en administration, mais, les trois langues en font une différence navrante. Vive le multilinguisme.





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