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 Lèt Antoni Desous voye bay Klèje Katolik Ayisyen an

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MessageSujet: Lèt Antoni Desous voye bay Klèje Katolik Ayisyen an    Dim 5 Nov 2017 - 11:04


Message aux autorités de l’Église catholique d’Haïti

Publié le 2017-11-03 | Le Nouvelliste

National -
Messeigneurs, un mois avant le début du temps de l’avent, je prends la permission, en tant que catholique de tout temps et catholique pratiquant, et en tant que citoyen concerné, de m’adresser à vous afin de partager avec vous mes préoccupations face à la situation politique, économique et sociale qui ne cesse de se dégrader durant ces derniers temps dans notre chère Haïti. Pour les non-chrétiens catholiques, je signale que l’avent est le temps de l’attente pieuse et joyeuse de la commémoration du premier avènement du Fils de Dieu parmi les hommes. C’est donc la fête de la naissance de Jésus qui est fêtée à Noël. Jésus était venu sur la Terre pour expliquer aux hommes ce que Dieu leur dit de faire pour les rendre heureux et vivre mieux. Dieu, par l’intermédiaire de son fils, nous envoie un message de paix et de justice.


Messeigneurs, depuis au moins quelques six années le peuple haïtien, un peuple chrétien dans sa grande majorité, vit une situation qui devrait interpeller les dignes représentants de Jésus en Haïti que vous êtes, pour que vous puissiez, en tant que bons pasteurs, intervenir afin de manifester, sans ambages, votre solidarité aux millions de démunis qui vivent dans un état de misère atroce et d’indignité.

Du point de vue économique, le produit intérieur brut (PIB) est en régression depuis ces six dernières années, passant de 5.5% en 2011 pour atteindre 1.4% en 2016, et 1,1% peut être pour cette année. Avec une telle régression du PIB, l’on ne peut s’attendre à aucune amélioration réelle des conditions de vie de la population haïtienne qui croît en moyenne à 2% par année. D’autre part, la gourde est passée de 40.34 pour un dollar américain en 2011 à 64 gourdes en 2017, ce qui correspond à une dépréciation de 60% de sa valeur. Quant à l’inflation, elle flirte en cette fin d’année avec un taux de 16%. De plus, avec la diminution de la manne de Petro Caribe et la réduction de l’aide au développement des ‘’pays amis’’ d’Haïti, l’État dispose de peu de moyens pour investir dans des programmes de développement qui pourraient aider à l’amélioration des conditions de vie de la population. Pire encore, le gouvernement par sa décision d’augmenter le prix du carburant a considérablement érodé le pouvoir d’achat d’une population dont la majorité vivait déjà sous le seuil de la pauvreté. Quelle affaire !


Du point de vue politique, nous assistons depuis plusieurs mois à une levée de boucliers contre le régime de Jovenel Moïse, en raison de son style de gouvernance et de certains choix qui ne rencontrent pas l’adhésion des principaux secteurs de la vie nationale. La proposition de la loi des finances de l’exercice 2017-2018, critiquée par la majorité des groupes socioéconomiques et son vote par le Parlement, est venue mettre de l’huile sur le feu créant un climat peu propice au fonctionnement normal de l’appareil étatique, donc une incapacité à offrir des services convenables à la population. Cet état de fait est venu affaiblir les rares institutions qui, peu ou prou, fonctionnaient encore dans le pays.


Nous assistons à une collusion du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif qui, de façon délibérée, cherchent à créer un environnement favorable à la pérennisation du régime « Tet kale» aux commandes de l’État haïtien. Dans une liste assez exhaustive de décisions prises dans ce sens, nous pouvons citer :

1) le vote de la loi portant organisation et fonctionnement de l'UCREF, qui accorde à l’exécutif tous les moyens pour avoir le contrôle absolu de cette institution qui devrait jouir d’une complète indépendance pour bien remplir sa mission. De fait l’exécutif a profité de cette nouvelle loi pour remplacer le directeur dont le mandat légal n’était pas encore arrivé à terme. Par cette décision, Jovenel Moïse a voulu se venger du fait que ce dernier avait instruit une affaire financière qui avait conduit à son inculpation et mettre à sa place quelqu’un qui serait tout dévoué à sa cause.


2) le vote de la loi de finances 2017-2018 qui a clairement exprimé la volonté de l’exécutif et du législatif de privilégier l’intérêt de leur administration au détriment de celui de la population ; la pression fiscale s'accentue à tous les niveaux sur les épaules de la classe désavantagée, tandis que l’exécutif et le Parlement s’octroient ‘’la part du lion’’ de ce budget, et que le ministère de la Santé est traité en parent pauvre avec seulement 4,3%, alors qu’il est de notoriété que des citoyens haïtiens vivant dans des zones frontalières vont se faire humilier en République dominicaine quand ils vont chercher des soins de santé sur le territoire voisin.


3) La convocation à l’extraordinaire du Corps législatif par l’exécutif pour procéder au choix de trois membres devant représenter le Parlement au Conseil électoral permanent, une procédure qui est rejetée par une majorité des secteurs de la vie nationale en raison des conséquences de la mise en place, dans cette conjoncture, de cette institution si importante dans la vie démocratique du pays, étant entendu que PHTK profite de la majorité qu’il a au Parlement et de la soumission du pouvoir judiciaire à ses plans pour mettre en place un Conseil qui lui serait tout dévoué.

4) La création d’un corps armé qui s’apparente beaucoup plus à une milice au service du pouvoir en place que pour servir la population et défendre l’intégrité du territoire haïtien. Et nous référant aux souffrances endurées et aux deuils vécus par de nombreuses familles haïtiennes, il est tout à fait inconcevable que le peuple haïtien puisse accepter la remobilisation des forces armées d’Haïti dans de telles conditions.


Du point de vue social, depuis plusieurs mois, l’on assiste à la montée de revendications salariales et de conditions de travail d’ouvriers du secteur privé et de fonctionnaires de l’administration publique. L’indifférence de l’exécutif face à ces revendications a favorisé leur transformation en manifestations régulières quasi permanentes, émaillées assez souvent de scènes de violence, provoquées souvent par les interventions intempestives et maladroites de la PNH.

Une bonne partie de la population commence à exprimer leur ras-le-bol face aux décisions prises par les autorités en place, décisions qui ne concourent pas à améliorer, de manière aussi minime soit-elle, leur condition d’existence.

Le départ en grand nombre de jeunes Haïtiens vers le Chili devrait être pour toute autorité responsable un sujet de grande préoccupation, ces jeunes qui sont contraints d’aller chercher ailleurs et la plupart du temps dans de difficiles conditions ce qu’ils auraient dû trouver en Haïti. Il y a des risques évidents de grands mouvements sociaux si les autorités n’écoutent pas les cris de la population et si elles ne prennent pas de dispositions pour répondre à leurs besoins pressants. Et au vu du comportement de l’exécutif et du législatif, il ne semble pas que ces autorités soient à l’écoute de la population.


Messeigneurs, le pays vit une situation ou le pouvoir exécutif est en train de phagocyter le pouvoir législatif qui devient son instrument pour lui faciliter la tâche en imposant sa loi. L’exécutif domine le judiciaire et instrumentalise la police nationale pour exécuter ses plans de bâillonnement des populations. Les pratiques utilisées par des corps spécialisés de la PNH au cours des manifestations en constituent des preuves irréfutables.

De plus en plus, la presse et les réseaux sociaux rapportent que le pouvoir en place apporte son support à des individus armés pour troubler le bon déroulement des manifestations populaires, le dernier cas en date se réfère à la manifestation du 24 octobre dernier à Pétion-Ville, près de l‘église St-Jean-Bosco. Il y a certaines attitudes et certains propos du chef de l’État, en déficit de légitimité, qui rappellent à la nation un passé que l’on croyait révolu.

Au fait, à bien regarder la situation qui prévaut actuellement au pays, on peut la mettre sous le compte de la gestion maladroite de l’actuel régime, et la population a le sentiment qu’on veut lui faire payer la note. Et de ce fait elle a raison de se rappeler que «chimen bouton se chimen maleng» et de prendre les devants pour éviter le pire.


C’est dans de ce contexte que j’estime qu’il est du devoir des responsables de l’Église catholique de se faire entendre et de prendre position de façon claire et nette en faveur de la population démunie, défavorisée et revendicatrice. Pour l’histoire, je rappelle que c’est dans les années 60, l’époque où sévissaient de nombreuses dictatures en Amérique latine qui utilisaient des méthodes répressives à l’égard des mouvements populaires, que l’Église catholique avait fait de l’’option préférentielle pour les pauvres l’élément de base de son engagement en faveur des pauvres pour leur libération.

Et c’est dans ce même esprit que l’Église d’Haïti vers la fin des années 70 et au début des années 80 se présentait comme une référence dans le domaine de la défense des droits de l’homme. D’ailleurs l’encadrement que l'Église catholique a apporté aux mouvements de protestation de l’époque a été déterminant dans le départ de Duvalier en 1986.

Ces derniers temps, certains secteurs de la nation ont une nouvelle perception de l’Église catholique qui, d’après eux, adopte une attitude passive face à la gestion calamiteuse du gouvernement actuel et aux tentatives grossières du régime «Tet kale» pour vassaliser toutes les institutions du pays et prendre des options d’un État totalitaire. Vous laissez l’impression dans vos récentes rencontres avec les autorités politiques en place que vous êtes plutôt complaisants avec elles et que vous ne portez pas à leurs oreilles les cris et les récriminations du peuple.

C’est donc l’occasion de vous rappeler, messeigneurs, que Haïti demeure un des pays les plus pauvres et les plus inégalitaires d'Amérique latine. Le fossé entre élites prospères et majorités démunies se creuse chaque jour davantage :1% de la population possède 50% du revenu national, tandis que près de 6,3 millions d'Haïtiens ne sont pas en mesure de satisfaire leurs besoins essentiels, et parmi eux, 2,5 millions vivent en dessous du seuil d'extrême pauvreté et ne parviennent même pas à subvenir à leurs besoins alimentaires.

Nous ne pouvons pas, vous ne pouvez pas vous accommoder à cette situation, car face à certaines situations le chrétien ne peut pas rester les bras croisés à regarder, car il y a non seulement des âmes à sauver (classe possédante qui devrait être convertie), mais aussi et surtout la majorité de la population haïtienne à aider à sortir de la misère.

C’est donc aussi le moment idéal, à l’approche de l’avent, pour rappeler que : «Jésus le fils de Dieu est le berger de toute l’humanité, Il est venu pour sauver tous les hommes, les pauvres comme les riches; toutefois durant son passage sur la terre il a manifesté clairement sa préférence pour les démunis, les déshérités, les laissés-pour-compte, les exclus».

C'est donc le moment de mettre sous vos yeux de bons pasteurs ces mots qui ne sont pas de moi, qui sont si forts et si parlants : « Quand le chrétien constate dans son environnement l’injustice, l’inégalité excessive, la dégradation de la qualité de la vie, la misère, la faim, quand ils voit des paysans incapables de vivre de leur terre, des gens qui s’entassent sans travail dans les bidonvilles, des familles disloquées, des victimes de viol, de kidnapping, il ne peut plus rester inactif, les bras croisés à observer. »

Alors ni vous, ni moi ne pouvons croiser les bras et nous taire, car nous savons que l’inégalité créée par la concentration de richesses, favorisée par les autorités étatiques, représente un danger social pour le pays, c’est comme une bombe à retardement qui peut exploser à n’importe quel moment.

Alors vous ne pouvez pas attendre que ce soit le pape François qui vienne lui-même en Haïti, à l’instar d’un de ces prédécesseurs, saint Jean Paul II, pour déclarer solennellement comme lui, après une trentaine d’années : «Il faut que quelque chose change ici».

La commémoration de la naissance de Jésus cette année devrait constituer une nouvelle occasion pour notre Église de reprendre sa place dans le cœur et dans la vie de tous les chrétiens d’Haïti. Je suis conscient que vos charges de pasteurs, compte tenu de la situation quasi chaotique d’Haïti, sont très lourdes à porter, mais il vous faut, avec courage, faire face à vos responsabilités pour que le peuple de Dieu, les chrétiens haïtiens, soient dans la joie pour accueillir le divin enfant. Et pour ce faire il faut invoquer l’Esprit Saint qui est appelé par notre Église « le Père des pauvres » pour vous éclairer et vous fortifier afin de prendre des positions qui pourraient déranger le pouvoir politique mais qui aideraient sûrement les pauvres à sortir de leur état de misère. Car, dans les moments de grande décision, la meilleure arme, dont nous chrétiens nous disposons, est celle que vous savez le mieux utiliser, la prière, et c’est elle qui m’a inspiré pour vous faire ces quelques lignes. Puisse l’Esprit Saint vous éclairer, vous guider et vous donner la force nécessaire de revenir à l’option préférentielle pour les pauvres: car dans la personne des pauvres, il y a une présence spéciale du Fils de Dieu.

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MessageSujet: Re: Lèt Antoni Desous voye bay Klèje Katolik Ayisyen an    Dim 5 Nov 2017 - 13:18

BRAVO pou DESOUS ke pesonn paka rele yon "RADIKAL".

Sitiyasyon an pouri lan yon tel pwen ,paka gen jan pou JOVNEL BANNANN fe okenn amelyorasyon.

Pou l ta fe sa ,se pou l ta siye BRANCH kote l poze an.OKONTRE!!!!!

BIDJE an kote l bay FASIS lan PALMAN an 7 MILYA ,PALE NASYONAL menm se pa PALE .
Epitou ,li prepare pou l bay MAFYA a ASOSYE an,123 MILYON DOLA.

Wi pinga ak tout KONPLIS yo ,tankou LEGLIZ KATOIK,PWOTESTAN ,VODOUYIZAN tou ....WI.

Yon lot bagay tou se PRES GNBis lan ki kontinye ap APIYE TETKALE yo.
Se kapab yo ki gen plis pou yo pedi ,paske LEGLIZ yo konn jan pou yo ADAPTE yo,yo gen de santenn e santenn LANNE y ap fe sa!!!!!!!
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Lèt Antoni Desous voye bay Klèje Katolik Ayisyen an
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