Forum Haiti : Des Idées et des Débats sur l'Avenir d'Haiti

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 Dokte FANFAN ap fe nou ri

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Joel
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MessageSujet: Dokte FANFAN ap fe nou ri   Mar 6 Fév 2018 - 17:38

http://haitiliberte.com/les-ebats-dun-senateur-en-zing-de-contrariete

Se yon bagay mwen pa janm konprann le m ap tande ANDRIS RICHE ki ap pale.Ou tande misye ba w yon FRAZ an KREYOL,misye poze epi li ba w 3 FRAZ an FRANSE.
Ki sa misye vle pwouve le l ap fe sa?
Dr FANFAN ap ba misye kek ti ZING



Les ébats d’un sénateur en zing de contrariété

Par Fanfan la Tulipe -

January 31, 2018

L'insaisissable sénateur Riché faisant le point avec des membres de la presse. Mal en point dans ses idées laloz, il arrive rarement à faire passer un point. Un démagogue. Point barre.

J‘avais prêté peu d’attention à l’existence même du sénateur Andris Riché, depuis cet échange très vif qu’il avait eu avec Jean Monard concernant sa position relative au départ de Martelly le 7 février 2017. Jamais, le mec n’avait été aussi “superbe” dans ses minables et piteuses voltiges de trapéziste démagogue  au point où Monard agacé par les acrobaties du voltigeur avait parlé de position laloz. Pendant près d’une demi-heure d’échange, Monard n’avait jamais pu déterminer la position exacte du lalozeur, tant il était insaisissable, glissant, kalaloutant. Le mardi 23 janvier dernier, pour mon malheur, j’allais retrouver Riché qui allait se livrer à un de ces spectacles tempêtants, piaffants, lalozants dont il a seul  le secret.

C’était à l’émission Di m m a di w animée par Marvel Dandin, sur les ondes de Radio Kiskeya. Les deux invités du jour étaient Eustache Auguste César et Journald Ornel, deux jeunes ingénieurs de Dame Marie, venus exposer, au nom de leur organisation “Repons”, les problèmes confrontés par la communauté dame-marienne, particulièrement ceux liés à l’environnement, aux infrastructures et au littoral menacé par les avancées de la mer.

“Repons” (ce n’est pas un sigle) est une organisation de jeunes intellectuels, professionnels comprenant des ingénieurs, des agronomes, des comptables, des travailleurs sociaux. Leur raison d’être? Observer, rapporter les manquements, la gestion peu satisfaisante ainsi que les déficiences des autorités locales, leurs élus, et les inciter à prendre leur responsabilité et à apporter les corrections et solutions nécessaires. Leurs interventions concernent les problèmes vécus dans leur patelin, Dame Marie; les mêmes observés à l’échelle du reste du pays en ce qui a trait à la démission de l’État par rapport aux priorités de la nation.

César et Ornel ont commencé par exposer le problème du littoral de Dame-Marie. Ils ont expliqué que la mer gagne de plus en plus sur le rivage. Ainsi, au cours de ces trente à quarante  dernières années, les avancées de l’eau ont été telles qu’il ne reste plus grand chose de plusieurs maisonnettes, masures et arbres le long de la côte. Un problème qui s’est aggravé avec le cyclone Matthew. Même, ils ont averti que, à la longue, si la mer devait empiéter sur le centre-ville et atteindre un étang voisin, ce sera une catastrophe humanitaire où quelque 60 000 dame-mariens et leurs propriétés se trouveront sous les eaux. Les autorités vont et viennent, elles sont au courant de la situation, elles voient, mais c’est le cadet de leurs soucis.

Des tronçons de route sont réduits à des chemins, des “tracés”, d’autres sont impraticables, ce qui présente un problème très sérieux de transport des produits vivriers: ignames, patates, bananes plantains, lam veritab, etc. Marvel glisse: “Je pensais que la Caravane  avait atteint Dame-Marie. César de répondre: “Nous en avons entendu parler, mais cette Caravane, c’est de la bonne blague; elle n’arrivera pas”. Quid des autorités locales ou régionales? “C’est la passivité même”, avance Ornel qui enchaîne: “Une route commencée depuis sous Madame Pierre-Louis est restée inachevée jusqu’à présent”. C’est tout dire.

Au fil de la conversation, on apprend que la route allant de Jérémie aux Irois date de l’époque de l’arrière grand-père de César. La route de Jérémie à Dame Marie est “impraticable, se tèt chaje.” La rivière de la zone n’a jamais été curée depuis belle lurette. Des propositions ont été faites au maire dans ce sens, sans lendemain. Kirolo Loiseau, le député de Dame-Marie, longe le littoral chaque jour pour rentrer chez lui. Il est bien au fait des dangers de la mer qui avance année après année. “En êtes-vous satisfait?”, demande Marvel. “À la vérité, il a encore beaucoup d’efforts à faire”, répond César.  C’est un “agent de développement” peu enclin à saisir le taureau par les cornes.

Concernant le réseau électrique du lieu gravement endommagé par le cyclone Matthew, il n’a pas encore été restauré. De l’argent a été débloqué à cet effet dont 2.5 millions de gourdes en principe utilisés pour commencer les travaux de réparation. Les invités de l’émission reprochent au député Loiseau d’avoir confié la besogne à une compagnie dont la lenteur à “atterrir” irrite les attentes. La conversation passe rapidement sur le sénateur “gwo vwa” Sorel Jacinthe et sur Guy Philippe pour qui les deux ingénieurs avaient voté. De fil en aiguille et d’aiguille en kout zegui, Marvel, sans malice, fait allusion à l’ancien sénateur-pasteur Andris Riché.

Est-ce que les deux invités gardent de bons souvenirs du sénateur? “Il a fait beaucoup de choses, mais il y a aussi à son actif des choses que je n’aime pas, répond Eustache César. Ainsi, il y a un pont qui devait relier La Haie à la petite Rivière. En saison pluvieuse, c’est une catastrophe. Lors d’une fête patronale, à La Haie, Martelly s’était adressé à Riché pour lui demander: “Vi n di pèp la kote lajan pon sa a pase”. Et Marvel d’enchaîner: “Qu’a-t-il répondu?” “ Li pat di anyen. Et il s’est esquivé”, a dit César.

En période de crue, la rivière emporte bêtes et humains. Rien n’a encore été fait jusqu’à présent; c’est ce que César reproche à Riché: «Si l’argent pour le pont est encore là, que le sénateur Riché le fasse trouver, ou du moins si c’est une compagnie qui le détient, que le sénateur force cette compagnie à rendre gorge, auquel cas je viendrai à ce micro et m’excuserai auprès du sénateur. Le fait qu’il n’ait encore rien fait, c’est ce qui me dérange. Je crois que c’est à cause de cela que la population l’a sanctionné [aux dernières élections].” On notera que l’invité n’a nullement fait d’accusation tendancieuse à l’endroit du sénateur sanctionné.                                                                                                           La conversation a continué sur la production agricole de Dame-Marie “méprisée” [par l’État], la combativité du peuple haïtien malgré la démission des pouvoirs, la “Caravane” qui devrait enfin montrer le nez à la Grand’ Anse,  les perspectives d’établir des plages, la protection du littoral qui fout le camp sous le regard impassible des autorités concernées, les gravissimes problèmes de distribution d’eau rendus pires par une compagnie censée les améliorer. Alors que Marvel s’apprêtait à recevoir, comme à l’accoutumée,  les interventions et commentaires des auditeurs, s’amène bruyamment dans les studios de Radio Kiskeya, san zatann, sans invitation, l’insaisissable sénateur  Andris Riché.

L’accueil fait par Marvel en dit long sur ce que va être la présence de l’illustrissime intrus à l’émission: “Senatè a pa toujou gen bon pawòl anba bouch li, non”, et d’enchaîner: «Ou sou san w jodi a?”  On ne lui demande pas le pourquoi de sa visite, mais il s’empresse de préciser: “Ce n’est pas pour ça que je suis venu; ce que je voulais dire…” Dès qu’un politicien haïtien s’annonce, s’introduit en français, surtout dans un environnement où des intervenants s’expriment seulement en créole, ou mèt konnen se sou blòf li ye.

En daki, le sénateur reproche aux “deux intellectuels” de n’avoir pas mentionné “les investissements” (sic) qu’il a faits à Dame-Marie “dans tous les domaines” (resic). Marvel interrompt le monsieur et lui fait remarquer que ses invités ont parlé avec respect de lui et mentionné ses côtés positifs. Qu’à cela ne tienne, Riché s’empresse de se réclamer d’être l’auteur “des études” relatives à la construction d’un pont qui devait coûter 74 millions de gourdes. Martelly n’avait pas cet argent dans le budget, mais le bon papa est “passé par un quelconque subterfuge” (sic) pour débloquer 24 millions de gourdes, ce qui  devait faciliter l’érection du pont. Mais le cyclone s’est mis de la partie et a tout détruit.

Il n’y a pas que le mauvais temps à être contre les “études” du sénateur. En effet, “ malheureusement, il y a des agitateurs politiques (sic), ki di que kòm si m ta di w la a, qu’il y aurait eu un argent ki te versé anba a pour ça, ce qui est faux. Mais c’est du passé pour moi”. Vous aurez noté la tortuosité du propos. Marvel interloqué et insatisfait reprend l’impertinence de Martelly à savoir où est passé l’argent du pont. C’est alors qu’ont commencé les piaffades, ruades et rouspétades du sénateur “sanctionné”.

Riché a osé prétendre que “Martelly ne saurait s’arroger le droit de le faire”, entendez, de lui demander où est passé l’argent du pont. Alors, Marvel, face à l’audace du zig à nier la question que lui avait posée Martelly, n’a pas pu s’empêcher de se lâcher et de lâcher: “ Enben, m mele wi la a”. Même, le sénateur sanctionné a avancé, sans rire, que “Martelly est un homme qui a un minimum de respect pour le pasteur Riché” (sic). Laissez-moi me pincer. Riché a-t-il la tête enfouie dans le sable?                          Les invectives obscènes et les injures visant la mère d’une cinquantaine de députés, en particulier celle d’Arnel Bélizaire, en présence du Premier ministre Garry Conille durant la séance de ratification de l’énoncé de sa politique générale, ce vendredi d’octobre 2011? Riché ne s’en souvient pas? Le pasteur oublie-t-il aussi  les grossières obscénités de Martelly à l’adrese de cette miragoânaise qui, lors d’un meeting électoral, avait, à bon droit, osé interpeller ce chien d’homme, ce politichien surnommé Sweet Micky. Vous avez dit ”respect”, sénateur? Quelle ironie et quelle dérision!

Face à l’insistance du sénateur à tempêter, à s’égosiller, à fulminer, à lalozer, Marvel lui rappelle que la construction du pont, la question de Martelly ne faisaient pas l’objet de l’émission et qu’il ne tenait pas à avoir une confrontation [certainement inutile] entre ses invités et Riché. Qu’à cela ne tienne. L’animal a continué à s’embourber dans son intervention mal venue, insistant que c’était lui qui avait reproché à Martelly de ne pas avoir veillé à terminer la construction d’une école à La Haie. Quel rapport ?

Poursuivant avec ses ruades, le sénateur a avancé, que c’était lui qui avait enjoint à  Martelly de donner satisfaction aux dame-mariens en ordonnant l’achèvement d’un pont que lui-même [Martelly] avait commencé depuis longtemps. «Publiquement?” a demandé Marvel. «Oui, publiquement. Si Martelly est à l’écoute, il peut confirmer». Mais, que vaut le témoignage d’un voyou, fieffé menteur par surcroît? Le mec sait bien que l’animal  Martelly est toujours occupé à fouetter ses chats obscènes, et qu’il n’appellerait jamais Radio Kiskeya qu’il assimile, dédaigneusement et sans raison, à «Ti Lili».

Riché continue avec ses rouspétades:  “Martelly a appelé le ministre Rousseau des PTC pour lui dire: “Qu’est-ce qu’il y a? […] Rousseau, m pa konnen ki akwobasi li fè (sic), il a appelé ECOMA” qui a pris les choses en main. Et puis le cyclone est arrivé. Au départ de Martelly, le pasteur prétend qu’il a été voir Privert, lui a fait une sorte de leçon de morale pour le porter à finir le pont: “Il m’a promis d’envoyer quelqu’un là-bas, ce qui n’a jamais été fait”. Est-ce vrai? Était-ce un coup de griffe à Privert?

Toujours obsédé par l’accrochage avec Martelly à La Haie, le pasteur revient à la charge: “Si quelqu’un te dit que Martelly kanpe sou tribune, m kwè se dènye bagay Martelly k ap fè, li pa t ap janm kanpe an public pou l poze m yon kesyon kon sa. Ce sont des jeunes de  Dame-Marie qui l’ont entendu, mais m ta renmen konnen nan bouch kiyès et à quel moment. Il y avait quand même des milliers de gens qui étaient là, il doit y avoir un ‘son’…” Sans doute, il voulait dire un enregistrement que semble posséder César puisqu’il a insinué de le faire entendre sur les réseaux sociaux. Riché, vous êtes dans les zen.                                                                                                                                                                       César intervient, appuyé par Marvel k ap fè bas: “C’est moi qui ai cité le nom du sénateur, je viens de dire que j’ai beaucoup d’estime pour lui, se senatè mwen, m vote l chak fwa li senatè, nous avons parlé de toutes vos réalisations dans la commune […] Martelly est venu en hélicoptère à La Haie où il a été rejoint par le sénateur. Il a donné l’accolade au sénateur Riché. Li di l vin pale ak popilasyon an, di popilasyon kote kòb pon an pase.” C’est clair, n’est-ce pas?

“Je ne sais si Martelly l’a dit avec une intention maligne, mais il l’a dit en public. Il l’a dit, tout le monde l’a entendu”, a poursuivi César. Si je ne dis pas vrai, un auditeur à l’écoute qui voudrait appeler pour infirmer mon témoignage peut le faire, je présenterai alors mes excuses au sénateur. Devant l’insistance de César, Riché a encore fait appel à Martelly: “Je sais que Martelly a horreur de cette station de radio, mais je le mets au défi, en tant qu’ancien président de la république, pou l t a rele la a pou l di l manti sa mousye sot di a”. C’est dire que Riché a du mal à se débarrasser  d’un mal causé par Martelly.

César a alors repris, appuyé par Marvel: “M pa di kòb la nan men w, si kòb la se nan men yon konpayi ke l ye, que le sénateur force cette compagnie à achever le travail”. Alors a commencé une sorte de corps à corps verbal entre César et Riché, ce dernier ne cessant de hauser le ton jusqu’à insinuer une “méchanceté” de la part de César. S’adressant à ce dernier, Riché a eu l’inélégance de dire: “Li di Martelly pase men sou zepòl mwen, quelle horreur! Vous n’étiez pas là, vous ne pouvez pas dire des choses que vous ne savez pas. Talè, w a di li te manyen tete m”. Quelle inélégance! Quelle ressemblance morale à Martelly!

Poursuivant dans l’absurde, le fèwè et le ridicule, Riché s’est laissé aller à dire: ” S’il (César) dit qu’il est de Dame-Marie, li ka di w comment est ma maison. C’est la seule maison sur cette planète (sic) qui reçoit 100 moun pa jou andedan kay mwen […] Moun Dame-Marie konnen lakay mwen 40 a 50 asyèt manje ap sòti chak jou […] des centaines d’enfants m ap peye ekolaj pou yo… Men m pat vini pou sa”. Quelle indigence d’esprit! Quelle platitude de comportement! Quelle petitesse d’arriviste, quelle insignifiance de parvenu!

Pourquoi était-il donc venu? Pour dire que Donald Trump est “un con”, que Jovenel l’inculpé n’a pas à répondre du tac au tac au connard, que lui-même Riché [et tous les autres Haïtiens, sous-entendu] n’a qu’à “ramasser son caractère”, s’il lui en reste encore bien sûr, maintenant qu’il est conseiller de Jovenel après avoir été un “bel” équilibriste pendant les cinq ans de Martelly. Et Marvel n’a pas pu s’empêcher, avec raison, de demander au sénateur bienfaiteur, benefactor de la patria: “Se jistifye w ap jistifye silans prezidan an? La a, se konseye a k ap pale…” Et le lalozeur a tout de suite répondu par une de ces acrobaties démagogiques dont il a le secret: “les relations dans ce monde se font de façon bilatérale (sic) et multilatérale” (resic). J’y perds mon latin…

Le corps à corps verbal a repris sur la question de la distribution de l’eau à Dame-Marie, le sénateur s’entêtant à dire qu’il n’y a pas un problème d’eau mais que “l’eau est là” (sic). Là, ki bò? En fait, le  sénateur veut en venir à sa petite personne: “et puis, yon lòt bagay pou w ta di, vous devriez dire par exemple que le sénateur Riché a commencé à construire yon bagay nan La Haie, rezèvwa La Source la… Men pwoblèm la mesye, fòk nou aprann apresye, c’est comme ça qu’on peut construire”. Oui, n’empêche que ledit réservoir n’a pas encore apporté l’eau au robinet des Dame-Mariens. Finalement, le lalozeur s’est rendu compte qu’il avait “pris l’émission en otage”, et il a pris la poudre d’escampette.

Tout compte fait le mec n’était pas venu exhorter les Haïtiens à ne pas répondre du tac au tac au con Trump, mais bien pour se laver de l’offense que lui avait faite Martelly: vin di moun yo kote lajan pon an pase. Pourquoi ne l’avoir pas fait au moment même de l’affront? Quel sentiment de culpabilité doit encore habiter le sénateur?  Que sait-il et qu’il ne dit pas? Martelly qui connaît bien le monde de petits flatteurs sans importance gravitant autour de lui, et qui n’a aucun savoir-faire, avait peut-être   voulu délibérément embarrasser le sénateur. Et c’est sans doute la raison pour laquelle Riché, le pasteur en principe au-dessus de tout soupçon, est venu à Radio Kiskeya se défendre avec tant de véhémence, tant de piaffance, tant de rouspétance, tant de fulminance, tant de  tempêtance, tant d’arrogance, tant de suffisance, et, aussi, tant d’insuffisance.

29 janvier 2018


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MessageSujet: Re: Dokte FANFAN ap fe nou ri   Ven 9 Fév 2018 - 7:17

M ap redi l.
Pami KRONIKE,JOUNALIS AYISYEN ,gen Dr FANFAN e gen lot yo:

http://haitiliberte.com/au-pays-des-boeufs-sans-cornes



Au pays des bœufs sans cornes

Par Fanfan la Tulipe -

February 7, 2018

Quelle joie! Quelle victoire! Un blan franse accueille Jovenel à l'Élysée.


Si “L’Afrique est mal partie”, comme l’avait écrit l’ingénieur agronome René Dumont en 1962, je peux vous assurer que notre pays, Haïti, depuis le 7 février 2017, est bien parti avec le président Jovenel Moïse, malgré le carcan d’une inculpation dont il n’arrive pas encore à se débarrasser. Surtout ne me tombez pas dessus pour me dire que je suis dans l’erreur, sinon je vais me fâcher. On ne peut pas faire fi de la réalité, du palpable, de l’atteignable, du saisissable, du tangible, du visible, et même parfois de… l’invisible. Et si vous suivez mon œil, l’œil de Jovenel et ces qualificatifs en “able” et en “ible”, vous vous convaincrez volontiers que d’ici 2034, Haïti sera un pays émergent.

Il faut être de mauvaise foi pour ne pas se rendre compte que “l’émergence” s’annonce déjà, se décline à l’impératif de changements nationaux incontournables: que la Caravane soit! Au passé simple de l’entêtement, et à la surprise d’une opposition gaga, la Caravane fut. À l’indicatif présent de la suite dans les idées de l’inculpé, la Caravane avance résolument.

Au subjonctif présent d’une réalité qui s’impose, c’est une évidence, que vous le vouliez ou non. À l’infinitif de l’honnêteté, on dit déjà rouler comme la Caravane. Au futur de toutes les convictions, la Caravane roulera jusqu’à destination. Au subjonctif  imparfait de quelques envieux, c’est une unanimité qui commence à se dessiner, que vous fussiez rose Micky, vert banane, ou d’une quelconque couleur opposante, récalcitrante.

Mais contrairement à Martelly qui était plutôt obtus, l’inculpé Jovenel a un sens aigu des choses, pour ne pas dire de l’Histoire. Il refuse de compter seulement sur sa Caravane, car si jamais un essieu devait foutre le camp, il devra se réfugier dans le subjonctif plus-que-parfait d’un il eut fallu que j’eusse su. Alors, prestement il vole vers des terres hexagonales. Ce n’est pas que son cordon ombilical y soit enterré. Il y a seulement qu’il n’a pas complètement cassé les chaînes mentales qui le tiennent accroché au char colonial français.

Et le voici à Paris. Quelle joie! Quelle victoire! Un blan franse l’accueille à l’Élysée. Quelle réussite! Du Premier des Noirs au Premier des Blancs, c’est tout un chemin parcouru pour en arriver à rencontrer le garçonnet de Brigitte Trogneux, je veux dire le président Macron. Le p’tit mec, il tête encore sa nourrice. L’inculpé Jovenel est heureux comme un prince, comme un roi, comme un pape. J’allais dire comme une grenouille dans la mare, mais je m’abstiens, parce que j’ai beaucoup de respect pour un président même s’il est inculpé. Disons plutôt: heureux comme Ulysse, d’autant qu’il a fait un beau voyage au pays des merveilles, la France, devrais-je dire. Il sucerait même une des mamelles vieillissantes et tombantes de Brigitte, s’il pouvait.

Non, s’écrie Macron: ma nourrice vous ne sucerez point, espèce de frekan que vous êtes! Je m’en vais vous faire quelques promesses. Votre prédécesseur, celui-là qui a l’habitude de rouler ses maigres fesses roses à l’air de ses pulsions de vagabond, il n’a rien foutu en matière d’éducation. On me dit que l’argent de votre diaspora est allé dans les douteuses œuvres de charité, d’humanité, de générosité, de sensibilité, de magnanimité, voire même de piété de son épouse. Il vous faudra faire mieux toutefois. Alors, le plan d’action établi en 2015 par le ministère de l’éducation haïtien de l’époque  sera intégralement exécuté avec 50 millions d’euros annoncés.

Franchement, Macron est plutôt pingre: 50 grenn milyon… En effet, réparti sur les quatre années qui  restent encore à Jovenel à passer au pouvoir, cet argent sera juste suffisant pour récompenser, pour une bonne part, les cochons qui grognent déjà dans la mangeoire ministérielle. Alors que restera-t-il pour l’éducation des enfants de ces pauvres nègres dont les aïeux sont en Afrique? Mais Macron s’en fiche éperdument de l’éducation et de l’avenir de ces négrillons au ventre rond et luisant de malnutrition.

À l’incurie, Macron mêle l’hypocrisie. Oyez plutôt: il salue tout le (bon) travail qui est conduit par le président inculpé Jovenel Moïse pour la lutte contre la corruption (sic), le renforcement de l’Etat de droit, et il lui dit tout le soutien de la France dans ce contexte (resic). Il se félicite que dans les prochains jours, un accord de siège avec expertise française puisse être finalisé qui permettra au néo-colon de venir enseigner au néo-colonisé comment surfacturer des kits scolaires sans se faire pincer et sans connaître l’humiliation de se faire limoger par un président lui-même inculpé, “le chef même de la corruption, un champion de la corruption”, selon le journaliste Fanel Delva.


Le pape François, fils cadet du Père éternel, en compagnie de Jovenel et de son épouse Martine Moïse.

On comprend le pourquoi dudit accord de siège quand on entend Macron souhaiter que des entreprises françaises viennent davantage investir en Haïti. Il va les y pousser par des initiatives ponctuelles et des accompagnements. Même, sur un ton d’une incroyable audacieuseté, il croit que toutes les réformes conduites par l’inculpé Jovenel sur l’Etat de droit (sic), le cadre d’investissement et la modernisation de l’économie (resic) permettront de faire du travail utile et efficace. Accord de siège, oui, puisqu’il faut garantir l’indépendance des pillageurs, leur concéder des privilèges, ainsi des immunités pour les saccageurs d’économie, ou un statut  d’extraterritorialité pour les dévoreurs, les chapardeurs, les ravageurs, les extorqueurs, les dévaliseurs, les gros voleurs internationaux.

En plus des 50 maigres millions, Jovenel béficie d’un degi. En effet, en ce qui a trait  aux  changements climatiques, c’est sous forme d’un “fonds vert” qu’on lui offre un projet d’adaptation et de gestion des bassins versants pour un petit 30 millions de dollars. Et Macron d’ajouter pompeusement qu’Haïti pourrait devenir à ce titre “l’un des premiers – si ce n’est le premier – à obtenir un projet d’adaptation dans le cadre de ce fonds vert”.  Même “petits et chiches”, ces 30 millions pourront toujours servir à acheter le silence de quelques opposants. Un président, en effet, peut avoir besoin de mille “conseillers”…suivez ma plume.

Satisfait d’avoir engrangé quelques millions pour les petits vicieux de la mangeoire présidentielle-ministérielle, l’inculpé prend son bâton de pèlerin-mendiant et met le cap sur l’Italie,  Il va rencontrer le président italien, Sergio Matarella. Il est question de formation, plop-plop, d’une commission mixte qui aura à travailler sur le développement des secteurs de l’énergie, de l’agriculture et du tourisme. Et pour caresser l’animal dans le sens du poil, les Italiens offrent leur expertise pour la construction de turbines hydroélectriques dans la construction du barrage Artibonite 4C, un truc qui tombe à pic dans le cadre de l’entreprise-bluff de la Caravane..

Profitons-en pour rappeler que Le Premier ministre Evans Paul avait paraphé, en février 2015, à la Primature, un contrat sur la construction de ce fameux “barrage 4C” de l’Artibonite avec une firme  chinoise, au coût de quelque 240 millions de dollars. Son achèvement était supposé prendre fin entre 18 et 36 mois. Une autre fois, on nous jetait encore de la poudre aux yeux: «Ce projet aura un impact positif sur l’économie du pays et provoquera ainsi la création de 7 500 emplois dans le secteur agricole. Il permettra aussi une augmentation du revenu des citoyens de plus de 10 millions de dollars», affirmait Paul. Ou tande bèf… Trois ans plus tard, le citoyen de l’Artibonite ne sait pas du tout à quel point on en est avec ces travaux turbino-hydro-électriques. Des bœufs sans cornes, vous avez dû comprendre.

Qu’à cela ne tienne. Le malin, le coquin, le futé, le rusé, le madré, le roué, le vieux oué Jovenel parvient à arracher aux Italiens  la promesse d’un support dans la production d’engrais et d’énergie électrique à partir des déchets organiques. Une aubaine, vous vous en doutiez peut-être. Ces déchets peuvent, en effet, produire du méthane et des engrais pour l’agriculture biologique. Les mairies de la région métropolitaine et les types du Service métropolitain de collecte de résidus solides (SMCRS) se frottent déjà les mains: les Italiens  vont aider à produire des engrais, le contribuable haïtien aura une taxe à payer en plus d’acheter le produit à prix fort. Au diable les paysans! Au ciel l’argent que les mecs vont pouvoir empocher!

On dit que Jovenel est un homme pieux en dépit d’une inculpation qu’il traîne comme un fardeau. Aussi, prie-t-il chaque matin au moment de l’angelus. Sa piété serait clopine si, clopant, il ne faisait un tour au Vatican, la “cité éternelle”, celle dont les “portes de l’Enfer ne prévaudront point contre elle”. Il est heureux à l’idée de dépenser l’argent du peuple pour un autre voyage en Europe. À son dernier voyage, en décembre, en France, il avait satisfait le côté matériel, côté terre-à-terre de sa mission de chef d’État. Il avait été sans doute comblé d’attention et de millions par un digne représentant de la “fille aînée de l’Église” (catholique, il va sans dire). Mais il lui manquait la dimension spirituelle de l’Europe. Aussi, vers la fin de janvier, ne pouvant résister à cet appel vers la lumière vaticane, il fait un nouveau voyage.

À Rome,  il va être accueilli par le fils cadet du Père éternel qui fera fi des accrocs à la moralité de cet hôte indigne du Nazaréen, et dont une note de sa présidence apprend que le  représentant du Bondieu sur la Terre et le fils du paysan se sont entretenus de la “lutte contre la pauvreté, la corruption” (sic), des “moyens à adopter pour réconcilier la Nation haïtienne avec elle-même” (resic) et que  “la rencontre entre le Président de la République et le Pape François, est la preuve du renforcement des liens d’amitié existant entre Haïti et le Vatican”. Rien que ça!

Au terme de ces deux voyages en Europe, l’inculpé a marqué des points pour Haïti: l’éducation (enfin) pour les fils du pays; l’électricité 24 sur 24, une marotte chère à l’inculpé; l’assainissement des rues de Port-au-Prince et de ses environs grâce à un projet italo-haïtien de collection des déchets pour en faire des engrais, un avantage pour la paysannerie, pour l’agriculture, pour lapè nan vant, lapè nan tèt. Des hommes d’affaires français et italiens profitant de cette atmosphère de paix du ventre et de paix des esprits viendront en Haïti par petite piles et gros paquets pour investir. Ah, le maître mot! Investissement! 10 000 emplois? 30 000 emplois? Qui sait? Seul Jovenel sait quel bonheur attend ce petit peuple las de vivre dans la misère.

Jovenel veut même faire plus. Il sait que le secteur agro-alimentaire, au Brésil, a eu une fulgurante expansion dans les années 2000, grâce, en partie, à la politique des “champions nationaux” menée par le gouvernement Lula. Le groupe brésilien JBS est aujourd’hui le premier exportateur mondial de viande bovine. Entre 1997 et 2016, le pays a triplé sa production de volailles, passant de 4,5 à 13,5 millions de tonnes, selon le Centro de Estudos Avançados em Economia Aplicada, et en est devenu le premier exportateur mondial, avec 40% du marché. La production de viande bovine a aussi plus que doublé, à 7,3 millions de tonnes contre 3,3.

C’est normal que la population haïtienne bénéficie d’une ration carnée plus que convenable, s’est dit l’inculpé. Aussi, au mois de mars, l’homme compte se rendre au Brésil. C’est une information entre vous et moi. Et si je vous en fais par, c’est parce que mes radars n’ont pas arrêté de m’informer. Jovenel est d’autant plus pressé d’y aller que son homologue brésilien, Michel Temer, est aussi un inculpé. Entre copains et coquins, on peut sûrement s’entendre. Jovenel est d’autant plus pressé de partir qu’il compte traîner avec lui une nuée de gros fainéants et de petites fainéantes trop heureux de bénéficier de nouveaux et juteux per diem.

Je ne sais si je dois continuer à être indiscret, mais j’éprouve une sorte de fièvre d’indiscrétion.    Invitus, malgré moi, je deviens un indiscrétionnaire. Mes radars qui n’ont jamais donné dans la discrétion tournent dans toutes les directions. Voilà qu’ils pointent vers … le Vietnam. Oui, le président  inculpé va se rendre au Vietnam. C’est entre vous et moi: ce sera au mois d’avril. Il compte aller “renforcer les liens d’amitié et de coopération entre les deux pays”, selon la formule consacrée.

Surtout, il va tenter l’impossible pour dégager des  promesses de coopération avec la nation sœur pour une fourniture de riz à bon marché, d’autant qu’il lui serre le cœur de voir des centaines de milliers de compatriotes privés d’au moins un repas chaud par jour, alors que lui il petit-déjeune à l’espagnol, déjeune à la française et dîne à l’haïtienne, ventre déboutonné, avec force penpatat pour dessert. Pourtant, malgré des habitudes déboutonnantes, le mec est maigre comme un clou.

La Caravane avançant comme une tortue, l’inculpé se rend compte qu’une augmentation de la production rizicole artibonitienne n’est pas pour demain. Or, son cœur de bon papa ne tient pas à laisser des compatriotes mourir de faim. Autant donc solliciter le président Trân Dai Quang et le Premier ministre Nguyên Xuân Phúc pour un échange commercial fraternel. Autant aussi emmener avec lui une autre cargaison de fainéants repus et fainéantes repuses (pardonnez mon coup de griffe à la grammaire) pour les habituels per diem.

Là, je me rends compte que je déborde d’indiscrétion puisque je m’en viens vous faire part d’un autre voyage du président inculpé. En rêve, il a appris que le Portugal regorge de poissons et de fruits de mer dont la chair raffinée est délicieuse. C’est comme si la saveur incomparable du poisson du Portugal était une sorte de savoureux cadeau offert par Neptune et Poséidon. Aussi, Jovenel n’a pas pu se retenir: à Lisbonne, tous!                

Il compte rencontrer le président Marcelo Rebelo de Sousa et le Premier ministre António Costa pour négocier une coopération avec le Portugal sur la vente de morue et de sardine à Haïti, à des prix de faveur. Ai-je besoin de vous dire que certains se frottent déjà les mains et se lèchent les babines à la pensée d’aller déguster des pastéis de nata, du fromage da Serra da Estrela et boire du bon vin de Madère? Quelle bande de jouisseurs!

Je vous le disais au tout début de ce texte: notre pays, Haïti, depuis le 7 février 2017, est bien parti avec le président Jovenel Moïse, malgré le poids de son inculpation. Vous voyez que j’avais raison. Grâce à la “magnanimité” du président Macron, la jeunesse haïtienne bénéficiera à gogo de l’éducation. Des hommes d’affaires français vont investir en Haïti; des turbines hydro-électriques italiennes vont nous garantir l’électricité 24 sur 24; à l’horizon verdoient des dizaines de milliers d’emplois; les Haïtiens les moins bien lotis vont pouvoir (enfin) manger de la viande de bœuf et du poulet brésiliens, du poisson portugais et du riz vietnamien. Gad on prezidan! Al on bon prezidan! Al on bon papa!

 Ne vous excitez pas trop, chers lecteurs, pour ces trois exclamatifs. Vous savez, dès que je mange du homard au beurre persillé et aillé, arrosé d’un vin de Chablis à la minéralité envoûtante, je tombe dans les pommes, je sommeille et je rêve. Cette fois-ci, c’est Jovenel que j’ai vu en songe: Jovenel et ses “frottements” avec mouche Blan; Jovenel avec ses promesses, sa Caravane, ses projets, ses “réalisations”, bref, avec ses bœufs, san kòn…  

                                                                                                               

5 février 2018
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MessageSujet: Re: Dokte FANFAN ap fe nou ri   Jeu 29 Mar 2018 - 4:36

http://haitiliberte.com/par-le-trou-de-la-serrure

Par le trou de la serrure

Par Fanfan la Tulipe -

March 7, 2018

Les compères en conciliabule: Jovenel l'inculpé, Lafontant le complice et Régis l'ONUsien se réjouissant de leur parade “nationaliste” face à la poigne de Susan D. Page, la dame aux cuisses-pilon, chef de la MINUJUSTH. Yo tout sou blòf.






Par le trou de la serrure on voit bien ce qui se passe à l’intérieur, mais on peut aussi entendre si on se donne la peine de s’approcher avec discrétion et d’écouter avec attention. Je suis peut-être un peu plus chanceux que d’autres, voire même un peu plus entreprenant, mais j’ai pu réussir l’extraordinaire prouesse de me faufiler à travers l’espace et suivre l’intéressante conversation entre le sieur Jovenel l’inculpé, son Premier ministre et son ambassadeur à l’ONU rappelé de façon aussi inattendue qu’incompréhensible.

–  Président Jovenel, nous sommes dans les cas, je ne sais si vous mesurez l’ampleur de la situation, mais cette impertinente, cette pimbêche de Susan Page, cette chipie, cette manman kodenn, cette mégère de grimelle au visage taktekodenn, elle en a de la culotte et de l’audace. C’est une situation migonmen pour ne pas dire migonmante. Qu’en pensez-vous, chef ?

– Lafontant, mon cher, ces migonmanteries ne m’inquiètent guère, ne m’embarrassent nullement, ne me tracassent pas le moins du monde, voire qu’elles m’effrayeraient. Je suis passé à la bonne école de savoir comment ‘‘couler’’ sous le poids des contrariétés. Micky m’a appris comment ‘‘couler’’ entre les jambes d’une femme. Maigre, ‘‘skinny’’ comme je suis, je lui passerai entre les cuisses, comme une anguille sous une roche, manmzèl a sezi.

– Attention Président ! De la façon dont je vois la Susan rouler ses fesses, j’ai l’impression qu’elle peut être dure à cuire, ou de préférence, vous pourriez vous trouver bloqué entre ses cuisses. C’est Martine, madanm ou, qu’il vous faudrait appeler à l’aide.

– Lafontant, n’est-ce pas que vous rancez.

– Non, je ne rance guère. Quand elle dit saluer «le fait que des juges ont été chargés d’instruire les plaintes concernant le dossier PetroCaribe, déposées par des particuliers devant le tribunal de première instance de Port-au-Prince les 29 janvier et 20 février 2018 respectivement», c’est, de sa part, une feinte de vieille rouée de la politique à demi-mot et de la diplomatie à quart de phrase. Elle sait que vous êtes en train de masquer votre corps pour ensevelir sous un amas d’oubli les conclusions du rapport de la commission sénatoriale spéciale chargée de l’enquête sur l’utilisation des fonds Petro Caribe. Et comme elle a pour mission de se tenir à l’appui de la justice en Haïti, d’une pierre elle a fait deux coups : elle vous a rappelé à l’ordre, et puis elle fait son boulot.

–Lafontant, il y a des coups qui vous coupent en plusieurs morceaux. Vous savez bien que je suis dans le coup Petrocaribe, et bien sûr Micky aussi, twa medam inamovib li yo, sans oublier un de ses ministres, expert en siphonnage de fonds et bas-fonds vénézuéliens qui lui a appris comment téter la vache bolivarienne sans s’inquiéter, pourvu qu’il pût avoir sa part de lait. Un siphonneur, devenu d’ailleurs un de mes conseillers, tellement adroit, astucieux, futé, bakoulou, malin, que tout le monde s’accorde à dire que Micky a eu un excellent professeur et qu’il s’en est sorti blanc comme neige du micmac petrodollaré.

– Président, c’est vrai que tous les chemins mènent à Rome, mais il y en a aussi qui mènent à la roche tarpéienne. Avec ces scorpions de l’ONU téléguidés par Washington, on ne sait jamais quand est-ce qu’ils vont piquer. Or, vous savez bien que ça pique sous les tropiques.  Soyez sur vos gardes. En médecine, on parle de diagnostic différentiel. L’un des diagnostics auxquels s’attendent ces Blancs-là ainsi que leur grimelle chaudée Susan c’est que vous leur trouviez un bouc émissaire, ce qui donnerait l’impression que la MINUJUSTH concourt en effet à faire du bon travail en Haïti.

– Lafontant, yo gen lè voye w pou mwen. On vous a envoyé pour moi.

– Ah, président! N’en croyez pas votre susceptibilité. Vous savez aussi bien que moi que le jeu force à couper. La Susan est en zing de contrariété pour se faire bien voir de ses patrons. Faites-lui cadeau d’un  bouc ou…d’une chèvre qui chevrotera bien son innocence, mais on ne la jugera pas moins. On fera une simagrée de procès qui pourrait finir, au mieux, en queue de poisson, au pire par une condamnation à quelque six mois de prison (dorée). Jouez la comédie, vous savez que nous sommes tous des comédiens.

– L’affaire, Lafontant, c’est que je n’en reviens pas. Je suis encore sous le coup de la consternation, de la stupéfaction. J’en suis révolté, outré, indigné, scandalisé. Depuis mon arrivée au pouvoir, je ne fais que caravaner, du nord au sud, de l’est à l’ouest. Partout on m’acclame, jamais depuis des lustres, un président n’a autant fait pour la production agricole : on n’a qu’à regarder pour voir tous ces bulldozers, ces tracteurs traçant les sillons prêts à recevoir les semences. Bientôt, nous allons faire en sorte que cette population passe de la misère à la pauvreté digne ; la majorité de la population trouvera à manger, au moins un plat chaud par jour. C’est révolutionnaire, et puis madame Susan trouve ça indigne; elle cherche la petite bête de la corruption, c’est à vous étouffer.

–Non, président, ne vous laissez pas étouffer, il n’y aurait pas d’ambulance pour vous transporter à l’hôpital; quasiment tous les centres hospitaliers sont à court d’oxygène depuis je ne sais plus combien de temps. Hier, l’un des ministres a failli casser la pipe lors d’une crise d’asthme suraiguë, on a dû le transporter d’urgence par hélico dans la capitale voisine.

– Pire, cette avadra pintelée nous jette à la face que « selon un rapport récemment publié par Transparency International, Haïti est classée comme le pays le plus corrompu de la région des Caraïbes et à la 23e place des moins bien notés (157) sur 180 pays interrogés sur la perception de la corruption ». Moi qui combats la corruption, même si ce n’est pas à visière levée, moi qui trompette, clarinette, tambourinette, tempête, rouspète, ronchonne, rognonne, écume, fulmine contre la corruption au nom de tout un pays, voilà que des saltimbanques de vye blan mannan, au nom de la transparence ne manifestent aucune nuance dans leurs manigances et tendances à salir une petite nation, pourtant grande quoique en décadence, en culbutance, en dégringolance, en tombance, en périclitance et potentiellement en effondrance.

– Président, que comptons-nous faire ?

– Ce n’est que dans le sang qu’on lave un tel outrage.

– Président, vous souhaiteriez que leur sang abreuve nos sillons, ainsi notre jour de gloire serait enfin arrivé; contre nous, de la tyrannie nous aurions levé l’étendard sanglant de la dignité vengée, mais cette sanguine bouillonance qui vous court dans les veines, ce sang trop vif, trop tumultueux, trop bouillant qui vous rend fou de rage et de douleur pourrait bien vous monter à la tête, faire éclater l’une de vos artères cérébrales moyennes et voilà la nation dans de beaux draps maculés de deuil. Pa fè n sa. Prenez votre sang, gardez votre sang froid. À sang chaud, parole de médecin est toujours bon.

– Alors, laissez que je me ‘refroidisse’…

– Ne devenez pas de marbre non plus, président, parce que Madame la grimelle pintelée vous a tendu un piège. Elle a un point sansub de son armature minujuhste que j’appellerais son ‘‘point policier’’ qui ne tolère ni satiyèt, ni chatouyèt, ni risette, ni mannigèt. En effet, deux séries de bavures homicidaires commises par des unités de la Police nationale haïtienne (PNH) lui ont blessé le bât. Or, pour la mission qui lui a été assignée, c’est un coup bas, au bas ventre de ses responsabilités onusiennes.

Analysez les choses froidement, tèt frèt. Voyez comment retranchée derrière la Mission, madame a regretté que contrairement au dossier PetroCaribe ‘‘aucun juge d’instruction n’ait été chargé d’examiner les allégations de violations des droits humains commises par des unités de la Police nationale haïtienne (PNH) à Lilavois le 12 octobre 2017, au cours desquelles au moins une personne a été tuée, ainsi qu’à Grand-Ravine le 13 novembre 2017, où huit civils auraient été sommairement exécutés, en plus des deux officiers de la PNH tués’’. C’est dire comment le coup lui a fait mal. Parce que la police dont elle a charge c’est son dernier né en qui elle a mis toutes ses complaisances, toute sa maternelle affection. Vous commencez à piger, président ?

– Que je n’eusse pas pigé eût été un manquement grave à mes attributions et devoirs présidentiels, vous pigez PM ?

– Président, apa ou nan piger a tou. Vous pigez, je pige, nous pigeons, ou pa ta di deux pigeons. Mais alors, pigeonnons sérieusement. C’est vrai que nous ne pouvons pas laver l’outrage dans le sang, au moins donnons dans la parade, paradons, théâtrons, faisons du théâtre, bluffons, pétons le public, faisons leur croire que nous sommes indignés au point où nous sommes capables de nous retirer de l’Assemblée générale avec grand fracas, avec panache, classe, élégance, dignité, honneur, respect de la mémoire des pères fondateurs de la patrie.

– N’est-ce pas ce que j’ai demandé à Régis de faire ? C’est d’ailleurs ce qu’il a fait. Il a posé un acte royal, un acte de roi, ce que mon professeur de latin aurait qualifié de regis factum. D’ailleurs, l’effet de parade a tellement ‘‘mordu’’ que la grimelle a été rappelée, elle aussi, pour consultation auprès de son supérieur.

C’est cela le tic au tac diplomatique. Ou tic et puis yo tac. Régis peut le confirmer, pas vrai, ambassadeur ?

– Bien sûr, président, c’est ce que votre professeur de latin aurait qualifié de  tico taco, les deux mots étant l’ablatif de ticum et tacum, respectivement. D’ailleurs, c’est de là qu’est né notre tiktakto.

– Ah, président ! Vous savez que là aussi, c’est une man?uvre théâtrale pareille à la nôtre. Se blòf sou blòf. Dans le domaine de la tiktaktance et de la bloffance, nous sommes passés maîtres pour ne pas dire rois, et pour tenir le compas latin et ne pas être en reste avec vous et le PM, je dirais que nous sommes des reges ticorum tacorum, les rois des tic au tac.

– Trêve de tic, passons à un tac plus sérieux. Dites-moi, Lafontant, entre nous, entre nous deux, enfin, entre nous trois, comment est-ce que vous voyez-vous ces bavures policières qui ont ensnglanté Lilavois et Grand Ravine et sur lesquelles cette peste, cette guenon, cette chipie a cru devoir pérorer? Un vrai poison, cette virago.

– Ah ça, président ! Vous me posez là une question je dirais judiciaire, même policière pour ne pas dire militaire, or je suis médecin, accidentellement paré des habits usagés, fatigués, délavés, élimés, fripés, défripés d’un politicien tètchat. Votre question revêt une allure j’ose dire ticouloute, peut-être que je vous dois une réponse bacouloute.

– PM, vous me faites rire. En plus d’être un discipulus Hippocratis, vous semblez être  aussi un rex bacouloutus.

            – Président, arrêtez de ticoulouter ou de bacoulouter, vous avez affaire à une grosse partie, une regina bacoulouta, une reine bacouloute, une mater mulier, une manman fanm, un orage épluché, yon loraj kale. Elle vous écraserait entre ses lourdes cuisses à magouilles. Pou jan w mèg…

– Alors, PM, autant chercher du secours auprès de l’ambassadeur américain, n’est-ce pas lui le maître de toutes les questions, même cuissales…

4 mars 2018

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MessageSujet: Re: Dokte FANFAN ap fe nou ri   Jeu 5 Avr 2018 - 6:27

Men li!!!!

Apa CLAUDE MOISE ki pwoteste pou NON l yo mete kom MANM KOMISYON BIDON an ,ou pa tande KRIK de lot MANM yo.

Wi KOMISYON BIDON ,se yon PRATIK NEG yo te ap fe ak GRANN VITES apre KOUDETA 2004 lan.

An 2004 te gen yon KOMISYON pour la "RECONCILIATION".Alatet KOMISYON t ap touche 200000 G pa MWA,Vis-ALATET lan 150000 G.
200000 G se te 4000 DOLA an 2004,2005.
DOKTE FANFAN di ke KOMISYON KOMOKYEL AZIZWEL lan ap touche 200000 G tou ,ki se 3100 DOLA jounen Jodi an.
Miltipliye 3100 pa 30.Se plis ke 90000 DOLA pa MWA pou peye MESYEDAM sa yo Selman.
Gouvenman BANNANN lan konnen gen yon KONTESTASYON ki pa rete ak KONTESTASYON ki INEVITAB.
GRANGOU PI RED,VIL yo ap koule anba FATRA ,LEKOL PAKA FONKSYONE ,tankou PAWOL lan di "RIEN NE VA"
Kite Dr FANFAN lan ESTIL ORIJINAL li an ,di nou de KI PREVYEN:

http://haitiliberte.com/la-blague-des-etats-generaux-sectoriels-les-komokyel-azizwel-et-popetwel-samusent




La blague des États généraux sectoriels Les komokyèl, azizwèl et popetwèl s’amusent

Par Fanfan la Tulipe -

April 4, 2018

Les membres du Comité de Pilotage et du Secrétariat technique d’organisation des États généraux Sectoriels de la Nation. Que de pilotes sur un avion au moteur twoukoutoup twoukoutap.

“Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes?”

Racine (Andromaque)

Le temps, les circonstances, les événements m’ont amené à développer une philosophie que je qualifierais de “pessimo-optimo”. Une formulation tout à fait inhabituelle, peu traditionnelle, je dois l’avouer. Pourtant, je suis sûr que si elle avait été émise par un grand save du calibre d’un Spinoza, d’un Jürgen Habermas, d’un Axel Honneth, d’un René Girard ou d’un Alain Badiou, la chose ferait sans doute l’unanimité. Même, elle passerait avec des applaudissements.

Notez que je pourrais aussi bien dire “pessimisme-optimisme”. Mais c’eût été plus conventionnel, plus orthodoxe, plus conformiste, plus guindé, bref, banal. Aussi, j’aime bien mon machin “pessimo-optimo”. Comparé à tous ces “ismes” du genre libertarianisme, positivisme, contractualisme, ethnocentrisme, structuralisme, empirisme, il fait détendu, relax, dépouillé, simple, naturel, sobre, modeste, neuf. Je le trouve doté d’une sorte de plasticité, d’élasticité, de flexibilité, de krepsolité, comme le krepsòl. En effet, en fonction des circonstances on peut être porté à être plus optimo que pessimo ou vice versa. Une philosophie krepsolante à n’en pas douter.

Voyez ces lycéens qui ont survécu à la tuerie du 14 février dernier à Parkland, en Floride. Ils sont à l’origine d’une formidable et puissante manifestation à travers les États-Unis au cours de laquelle ils ont exigé un contrôle plus strict des armes à feu y compris le bannissement des fusils d’assault. Ils espèrent avoir gain de cause aux élections à venir au cours des prochains mois, au cours des prochaines années, grâce à leurs bulletins de vote.


Ann-Valéry, l’«orage épluché», loray kale a, avait été surprise «en flagrant délit» de copier des fichiers des ordinateurs au Palais national appartenant à Sophia Saint-Rémy-Martelly et à Gregory Mayard-Paul.

À écouter ces jeunes, je tends à être pessimiste au départ, parce que, d’une part je connais l’insensibilité, la perfidie, le cynisme des politiciens dont la grande vertu est de savoir rouler les gens dans la farine de leurs intérêts personnels. D’autre part, dans leur grande majorité, ils sont totalement à la merci de la ténébreuse National Rifle Association (NRA), le très puissant lobby des armes à feu aux États-Unis. Quoique pessimiste au départ, je ne peux m’empêcher pourtant de partager l’optimisme, l’engagement, la détermination, l’honnêteté de ces lycéens  qui en plus d’être révoltés par le crime monstrueux perpétré de sang froid sur leurs camarades d’école, sont écœurés par le sans gêne éhonté, l’indécente apathie, la cynique indifférence, l’imperturbable sans vergognerie de leurs  législateurs tétanisés par la puissance d’argent de la NRA.

Au terme de ce détour “pessimo-optimo”, nous voici arrivé au carrefour, kalfou danjere du   Comité de Pilotage et du Secrétariat technique d’organisation des États généraux Sectoriels de la Nation (CPSTOEGS), tout un gros nom pour tuer les petits chiens. Cette initiative apparemment concoctée par Jovenel l’inculpé vient à point nommé pour mettre à l’épreuve ma philosophie “pessimo-optimo”. D’abord, je doute fort que  notre cher  concocteur de sectorialité ait pu, seul, concevoir, penser, conceptualiser, voire enfanter cet énorme attrape-nigaud. Ensuite, je soupçonne, subodore, flaire que cette nigauderie sent le “laboratoire”, l’ambassade cinquante-étoilée, pour ne pas dire une sorte de diabolique et machiavélique “triple entente” franco-canado-états-unienne appuyée dans les coulisses par cette frange croupionne de la bourgeoisie qui  a financé la campagne de l’actuel président inculpé.

Ce soupçon et cette subodoration ne sont pas fortuits. En effet, on serait bien naïf de croire que les coups d’État contre Estimé, Fignolé, Aristide (en 1991) sont le simple fait de militaires haïtiens félons et entreprenants, ou que le choix d’Ertha Trouillot Pascal, première femme présidente, ait eu lieu selon les exigences de la constitution haïtienne. Pas vraiment. Derrière les militaires, derrière les juges de la Cour de cassation et le général Abraham il y avait sans aucun doute l’ombre veillante, malveillante, pas du tout vacillante, guidante, conseillante sinon ordonnante de l’ambassade américaine.

J’ose affirmer que l’idée de ces États généraux sectoriels est le fruit d’une machiavélique manœuvre de diversion et de poudre aux yeux venue au secours d’un gouvernement aux abois. Elle vise à occuper les esprits des naïfs, des sots, des badauds, des nigauds, des lourdauds, des corniauds, des koyo, des andouilles, des niquedouilles, des simplets, des crédulets, des bourriquets, des crétinets, des benêts et autres andouillets. Et comme le pays n’en manque pas de ces dadais et dadaises, alors les machiavelleux se disent: abusons de leur crédulité,  de leurs cerveaux fêlés et réglons nos affaires.

À vous dire vrai, cette machiavellitude est  une image en miroir d’El Rancho. Pour utiliser une terminologie gastronomique, on pourrait même dire que cette combine Elranchotte est  comme un plat fumant de magouilles épicées à la Chibly Langlois. L’appétit est au rendez-vous d’autant que la recette chiblyte a été exécutée par un grand cuisinier, Mgr Kébreau, un fin connaisseur des mets duvaliéro-macoutes, lui qui avait le privilège de pouvoir festoyer à la table des Duvalier.

Le prélat, comme par hasard, a été nommé président du Comité de Pilotage et du Secrétariat technique d’organisation des États généraux Sectoriels de la Nation (CPSTOEGS). Nous voyons déjà un déséquilibre, un fòskote dans l’initiative, puisque à la présidence trône un personnage religieux au passé très controversé et qui risque de l’emporter sur le laïc, un peu comme le veut la règle de grammaire machiste stipulant que le masculin l’emporte sur le féminin. Nous soupçonnons aussi un lourd fòskote je dirais idéologique, d’autant que selon les chwichwichwi qui nous sont parvenus, l’homme ensoutané aurait souhaité un ton, un profil «chrétien» à l’aventure étato-sectorielle. «Fòk se yon bagay kretyen», aurait dit monseigneur Kébreau qui n’est pas crétin et sait fort bien ce qu’il affirme.  

Evans Paul (à droite de Baby Doc), souriant, fraternisant avec Michel Martelly et deux de ses anciens bourreaux : feu l’ex-dictateur Jean-Claude Duvalier et l’ancien président-général Prosper Avril. Remarquer le visage hébété, bèkèkè du nazillon Jean-Claude.

Le président inculpé s’est fait ou s’est laissé entourer par du ”beau monde”, un joli parterre de GNBistes kanni, kabrit tomazo de son enclos politico-social, avec une ou deux exceptions. Tous ou presque tous tiennent bien leur français (le chic du chic intellectuel) et font mieux que gazouiller en anglais. Assurément, même un gazouillage facilite les entrées et sorties à l’ambassade cinquante-étoilée. Plusieurs d’entre eux ont un titre, un diplôme, un CV bien garni. Même, j’ai cru reconnaître parmi eux des écrivains, des politologues, des sociologues, oups! un communicologue (sic), c’est quoi ce truc? Bref, un sérail qui convient au rang social du président inculpé.

Signalons dans cet aéropage du CPSTOEGS quelques belles chelèn: Me Joseph Guerdy Lissade,  éminent numismate; Amary Joseph Noël, communicologue, chercheur, dont le livre Haïti semences d\’avenir et le slogan Faisons un nouveau Bois-Caïman doivent avoir impressionné l’inculpé;  Jean Emmanuel Eloi, sociologue; Eugenia Romain, militante des droits de la femme et des enfants dont l’essai La politique est-elle une jungle? sied à merveille à l’initiative présidentielle ; Mimerose Pierre “Manzè” Beaubrun, anthropologue, écrivaine, chanteuse de Boukman Eksperyans.

Ne voilà-t-il pas que le CPSTOEGS, comme l’Afrique de René Dumont, est mal parti. En effet, dans une lettre ouverte à Monseigneur Louis Kébreau en date du 31 mars, parue dans Le Nouvelliste, Claude Moïse, historien,  auteur, analyste politique s’est ainsi adressé au prélat: «J’exprime mon étonnement de n’avoir pas été consulté avant d’être désigné membre du comité de pilotage» auquel, en passant, il souhaite “pleine réussite dans sa mission”. Peut-être qu’il faut s’attendre à une lettre du même genre de la part de Frère Francklin Armand, Fondateur-Supérieur des Petits Frères et des Peties Soeurs de l’Incarnation. En effet, l’homme nous paraît être comme un cheveu dans la soupe aux magouilles du président inculpé.

L’Afrique des États généraux de Jovenel est d’autant plus mal partie que l’inculpé a fait appel au poste de Conseiller spécial de la «boîte sectorielle» à Evans Paul, le magouilleur par excellence, le caméléon né, le vieux rat de la politique, le rat au dos épluché, le rat dokale, le GNBiste patenté, le «prisonnier de la Toussaint» que Prosper Avril avait torturé, montré à la TNH et qui quelque trente ans plus tard, aux Gonaïves, fraternisait avec ses deux anciens bourreaux le mòfreze Jean-Claude et le sadique Prosper Avril. Evans Paul : quel choix de mauvaise augure ! Quel choix malheureux!

D’autres noms nous donnent quelques frissons: Rony Desroches, l’ancien ministre de l’Éducation des militaires du CNG de Namphy-Regala. Michèle Duvivier Pierre-Louis, ancienne PM de Préval, renversée par le Sénat le 30 octobre 2009. Dans le temps elle collabora au régime Duvalier en occupant le poste de responsable de l’aéroport Toussaint Louverture, ci-devant aéroport François Duvalier; Monseigneur Louis Kébreau qui à la veille de la prestation de serment d’Aristide, mettait en garde contre des “temps difficiles”  et qui avait lancé aux duvaliéristes son sinistre «N’ayez pas peur». Ce même Kébreau avait appelé le président Michel Joseph Martelly à enfiler son pantalon (macoute) de «Sweet Micky» l’obscène, afin de pouvoir diriger le pays.

Comme disait ce loustic, je suis «craint et même peur» de voir au sein du club sectoriel le nom de Guy Michel Vincent, certes politologue et auteur de Typologie des partis politiques, mais il fut un conseiller de Martelly, en compagnie du transfuge lavalas Mario Dupuy; de Guichard Doré, un dur parmi les durs du Parti Haïtien Tèt Kale (PHTK); de Grégory Mayard-Paul, fidèle ami, «testicule gauche» de Sweet Micky; du sinistre Calixte Valentin, assassin gran rak, meurtrier de Octanol Dérissaint, un jeune commerçant de Fond Parisien; de «l’uruguayen» aux longs doigts et longues dents Pierre-Richard Casimir ; sans oublier les Daniel Supplice, Albert Chancy, Pierre-Antoine Louis, Saint Fort Lilè Balthazar, roulibeurs sur le dos du bœuf.

Au sein de ce ramassis de «pilotes» signalons aussi la présence de Raphaël Paul Gustave Magloire, coordonnateur  du Mouvement pour la Réconciliation et la Renaissance Nationale (gwo non k pou touye ti chen) qui fut, de Mars 2004 à Juin 2005, le Conseiller spécial du premier ministre Gérard Latortue, l’homme lige de l’impérialisme, parachuté par Washington. Avant d’être un fonctionnaire du gouvernement de facto de Latortue, il avait travaillé aux États-Unis pendant sept ans pour le compte de la United States Information Agency une agence de propagande des États-Unis qui joua un rôle important dans le maintien de la guerre froide entre l’Ouest et le bloc soviétique. C’est tout dire de l’homme. C’est tout dire aussi où nos «pilotes» ont été formés.

La personne peut-être la plus pittoresque, la plus excentrique, la plus haute en couleur de ce bordel de «pilotes» est sans doute Ann-Valéry Timothée Milfort, la puissante ex-présidente du PHTK et très influente ex-cheffe de cabinet du président Michel Martelly. Elle dut laisser le Palais national en catastrophe, suite à une raclée qui lui avait été administrée par Sweet Micky, aux yeux de qui elle avait commis l’ultime trahison, le plus vil outrage.

En effet, l’«orage épluché» Ann-Valéry, loray kale a, avait été surprise, flagramman délirant, «en flagrant délit» de copier des fichiers des ordinateurs au Palais national appartenant à Sophia Saint-Rémy-Martelly et à Gregory Mayard-Paul. Selon des témoins oculaires, la Milfort aurait encaissé force gifles, kalòt marasa, sabò, coups de poing, et même des coups de pied, de même que des bordées d’obscénités dont Martelly est un distributeur exclusif. C’est ce qu’a rapporté Haïti Express News, dans on édition du 4 Février, 2016).

Ce beau monde va donc piloter (sic) le choix des secteurs qui viendront étoffer les États généraux sectoriels. Parmi eux, pas un seul représentant de syndicats militants, de la paysannerie, des madan sara, ossature du commerce informel; pas un seul représentant du monde des handicapés, des cultes réformés, d’une communauté musulmane croissante, des chauffeurs de taxi, des étudiants d’université. On suppose que Marie Carmelle Mentor représente le secteur vaudou ; Eugenia Romain,  le secteur des droits de la femme et des enfants, et Mimerose Pierre “Manzè” Beaubrun le secteur musical sur fond de culture du pays.

Ils sont à peu près une trentaine de “pilotes”de bombardiers, chasseurs, chasseurs-bombardiers. Selon leur âge, ils sont répartis en pilotes de jour, pour les plus jeunes des magouilleurs, et pilotes de nuit pour les plus madrés, les plus tordus de la bande. On peut parier qu’ils vont faire traîner le pilotage d’autant qu’ils le feront à vue. Plus l’expérience pilotante durera, mieux ce sera pour le bombardier ou le chasseur, si l’on pense que chaque “pilote” devrait gagner 200 000 gdes (environ $3109 US) par mois à éplucher des wès.                                                                                                                                                        

Manifestement, l’esbroufe, le bluff de la “Caravane du changement” n’a pas fonctionné, et les leaders de partis politiques n’ont pas mordu à l’hameçon. Ils sont en zing de contrariété, anxieux de s’asseoir à la table sectorielle pour faire entendre leur voix et savoir où éventuellement ils pourront se caser: une sinécure à Washington, en République dominicaine, au Japon, dans un consulat à Chicago, à New York, Montréal ou Miami. Bien sûr, il y aura des palabres à n’en plus finir. On ne sait si les conciliabules se tiendront à El Rancho ou “La Rancha”, mais la presse en aura pour ses analyses, ses reportages.

Jean Emmanuel Eloi, sociologue, étalera bien ses connaissances en matière d’Etudes en Développement Intégré.  Raphaël Paul Gustave Magloire sera dans son plat pour déblatérer sur la «Réconciliation et la Renaissance Nationale». Frantz Bernard Craan, coordonnateur du Forum économique du secteur privé devrait avoir la formule-miracle pour corriger le déficit au niveau des recettes douanières estimé à plus de 400 millions de dollars ».  Le numismate Joseph Guerdy Lissade serait tellement heureux de voir l’inculpé faire imprimer, pour sa collection, une pièce de monnaie historique à l’effigie de Martelly avec au verso le cri de rassemblement du communicologue Amary Joseph Noël: « Faisons un nouveau Bois-Caïman ». Le typologue (sic)  Guy Michel Vincent serait dans son plat, à conseiller Mgr Kébreau, président ensoutané du CPSTOEGS, à défaut de ne plus conseiller le président Martelly engoncé dans ses accoutrements obscènes.

Après avoir dressé un tel tableau, comment me demander d’être “optimo”? Je ne puis que tendre au “pessimo”. Il faut s’attendre à un El Rancho II pour sauver l’inculpé qui a les deux pieds dans une même graine de soulier. Peut-être que les tireurs de ficelle demanderont au PM Lafontant de s’effacer. Peut-être que l’ambassade multi-étoilée demandera au “conseiller spécial” Evans Paul ou un autre mec du même sérail de se “sacrifier” au nom des “intérêts supérieurs de la nation” pour permettre à Jovenel de souffler, d’autant que Lafontant est une nouille, une poule mouillée, un grand niais, une belle nullité.

Le temps passera; le temps pour les sectoriels de palabrer et de s’emplir les poches; le temps pour les opposants de se tenir cois; le temps pour les gangs de Grand Ravine de liquider un autre journaliste; le temps d’une autre “enquête qui se poursuit”; le temps pour Mme Legagneur de sécher ses larmes; le temps pour les évêques et les pasteurs protestants d’exhorter les fidèles à “prier pour la paix”, le temps pour les komokyèl, azizwèl et popetwèl de continuer à s’amuser; le temps pour l’ambassade américaine de trouver la dernière formule qui apaise la colère des masses; le temps pour le peuple de «mûrir son grison dans le secret de sa nuit corporelle» jusqu’à ce que les matchopwèl rendent compte.

                                    2 Avril 2018
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Sasaye
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MessageSujet: Re: Dokte FANFAN ap fe nou ri   Jeu 5 Avr 2018 - 12:54

Koumanman!
Mwen la gen non pou dekri Fanfan.
Siblime!  Mayifik! Espirityèl, Komik.
Epi li byen enfòme konn sa lap di.
Chapo ba.
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Joel
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MessageSujet: Re: Dokte FANFAN ap fe nou ri   Jeu 5 Avr 2018 - 16:24

Se yon NEG ki gen yon TALAN EKSTRAWODINE.
M ap li MISYE depi ATIK li te konn EKRI lan JOUNAL BEN DUPUY yo.

Misye fe MOUN sonje JUSTIN LHERISSON .JUSTIN LHERISSON malerezman te mouri lan VENTENN lan.

FANFAN dapre limenm li di l,deja lan 80tenn li.
Antouka nou swete MISYE anpil LANNE pwodiktif toujou;pou li kontinye bay PLEZI pou MOUN li l.
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