Forum Haiti : Des Idées et des Débats sur l'Avenir d'Haiti

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  Popilasyon an fòme opozisyon pa l.

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Sasaye
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MessageSujet: Popilasyon an fòme opozisyon pa l.    Sam 25 Aoû 2018 - 4:58

Pèp lan ap pran konsyans pou li mande chanjman lan sosyete an.
Dosye Petwokarib lan sou beton an e gouvènman pral oblije pran pwosè saa oserye.
Sinon yon lòt 6-7-8 Jiyè pral fèt. Sa kapab pi grav ankò.
Tande kòmantè! Yo di yo pa bezwen politize e politisyen mèt kanpe lwen.

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Sasaye
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MessageSujet: Re: Popilasyon an fòme opozisyon pa l.    Sam 25 Aoû 2018 - 6:09

Men yon lòt videyo ki montre detèminasyon jenès lan. Mouvman saa kapab ale lwen....
Bravo pou jounalis lan ki fè yon bon repòtaj.


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Marc H
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MessageSujet: Re: Popilasyon an fòme opozisyon pa l.    Sam 25 Aoû 2018 - 10:12

Ki pap bay anyen . Paske nou pa genyen lide avec du leadership .
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Joel
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MessageSujet: Re: Popilasyon an fòme opozisyon pa l.    Dim 26 Aoû 2018 - 9:06

MAK;
Pa pale de "leadership";POPILASYON an devan yon SITIYASYON ki pa kapab kontinye.
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MessageSujet: Re: Popilasyon an fòme opozisyon pa l.    Dim 26 Aoû 2018 - 14:00

Joel a écrit:
MAK;
Pa pale de "leadership";POPILASYON an devan yon SITIYASYON ki pa kapab kontinye.

Pou retire popilasyon a nan petrin sa , fok gen lideship mon ami .
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Joel
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MessageSujet: Re: Popilasyon an fòme opozisyon pa l.    Dim 26 Aoû 2018 - 16:16

Le w ap eksplike m ,ki jan LIDESHIP lan ap manifeste l e kouman ,w a pale de LIDESHIP.

Mwen kwe ou konnen ki jan POPILASYON an te REYAJI le gen swa dizan LIDE te patisipe lan SIT IN pou ap mande kote LAJAN PETWOKARIBE an pase.

PEP lan kouri deye LIDE MALMOULEN,tankou ERIC JEAN BAPTISTE,PIERRE ESPERANCE ak lot ;yo di ke depi yon MOUN te konn kanpe bo MISYE TET KALE yo ,pou yo santi SANT KO yo ,yo pa ladan l.

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Marc H
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MessageSujet: Re: Popilasyon an fòme opozisyon pa l.    Dim 26 Aoû 2018 - 20:59

Joel
Sa pa vle di anyen . Wou panse pep sa ka fe yon bagay vre . Poutan chak fwa li gagne yon bagay li pedi l , fot de lideship.
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MessageSujet: Re: Popilasyon an fòme opozisyon pa l.    Dim 26 Aoû 2018 - 21:03

Joel

Je dois vous dire que 2022 se fera sans le peuple , sans lavalas . MEN reyalite a mon ami Joel . Je sais que vous ne voulez pas l'accepter mais c'es bien la realité .

Bagay pep kouri deye Pierre Esperance ak Neg bolet la , se rans .

D'ailleurs moun ki finanse kanpay Petro Karibe a pa vle politisyen ladedan. Menm lavalas yo ta fout deyo selon la demande du donneur d'ordre .
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MessageSujet: Re: Popilasyon an fòme opozisyon pa l.    Lun 27 Aoû 2018 - 8:01

MAK;
M ap repete l ;mwen di w sa deja ,ELEKSYON 2016 lan te fet san LAVALAS.

Tankou STALIN te di l apre 1945 le ETAZINI ak LANGLETE t ap mande MISYE pou l oganize ELEKSYON lan TERITWA EWOP DE LES ke INYON SOVYETIK te jis okipe.

STALIN di ke "MOUN KI VOTE YO PA ENPOTAN ,SE MOUN KI AP KONTE VOT YO KI ENPOTAN".

Sa vle di ,ke an 2022 w ap pale an ,si yo ta kite de NEG tankou LEOPOLD BERLANGER OGANIZE ELEKSYON yo ,ke FANMI LAVALAS te prezan ou pa ,se senkant KOB ak degouden.

Sa ki primodyal se pa kite NEG sa yo OGANIZE ELEKSYON.Si se yo ki FE l PEYI an ap kontinye CHIRE PAK an PAK
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MessageSujet: Re: Popilasyon an fòme opozisyon pa l.    Lun 27 Aoû 2018 - 8:52

http://rfi.fr/ameriques/20180824-initiative-anticorruption-petrocaribechallenge-toile-rue




L’initiative anticorruption #PetroCaribeChallenge: de la Toile à la rue?

Par Stefanie Schüler Publié le 24-08-2018  •  Modifié le 24-08-2018 à 10:46

media
A Port-au-Prince (image d'illustration).

RFI/Assétou Samaké


Depuis quelques jours, un mouvement prend de l’ampleur sur les réseaux sociaux en Haïti. Sous les hashtags #PetroCaribeChallenge et #KotKobPetwoKaribea les internautes haïtiens demandent des comptes à leur classe politique. Ils veulent savoir où sont passés les fonds issus du programme PetroCaribe. Mis en place en 2006 par l’ancien président vénézuélien Hugo Chavez, ce programme permet à plusieurs pays d’Amérique latine et des Caraïbes d’acheter du pétrole vénézuélien à des prix avantageux et de rembourser ces achats sur 25 ans à un taux d’intérêt de 1%. En Haïti, les fonds ainsi générés sur dix ans s’élèvent à 3,8 milliards de dollars. Une somme censée financer des projets économiques et sociaux en Haïti. Mais les résultats ne sont pas au rendez-vous. Des rapports parlementaires, pointant du doigt la responsabilité d’une quinzaine d’anciens ministres et de plusieurs entreprises haïtiennes et dominicaines dans la dilapidation de l’argent, sont jusqu’à présent restés lettre morte. Ce vendredi 24 août, #PetroCaribeChallenge veut gagner les rues haïtiennes. Plusieurs manifestations contre la corruption sont annoncées à travers le pays. Comment en quelques jours seulement un simple « tweet » s’est-il transformé en un phénomène citoyen ? Stefanie Schüler a posé la question au cinéaste haïtien Gilbert Mirambeau qui a lancé, le 14 août 2018, le « hashtag » #KotKobPetwoKaribea.



Gilbert Mirambeau, comment vous est venue l’idée de lancer le #PetroCaribeChallenge ?

J’étais dans mon lit. Je n’arrivais pas à dormir. Une question me triturait l’esprit : où sont passés ces fonds (du programme PetroCaribe, ndlr) ? Et donc l’idée m’est venue de demander au Parlement et aux politiciens : où est l’argent ? J’ai pris un morceau de carton que j’avais à la maison, un petit feutre et j’ai écrit en créole « Kot Kob Petwo Karibe a » ce qui veut dire « Où est l’argent du PetroCaribe ». Ensuite je me suis pris en photo tenant ce bout de carton. Sur la photo j’ai les yeux bandés. C’est un clin d’œil à Thémis qui (dans la mythologie grecque, ndlr) est la déesse de la Justice, de la Loi et de l’Equité. Et ses yeux bandés représentent l’impartialité de la justice. Je voulais envoyer un message demandant à la justice (d’Haïti, ndlr) qu’elle tranche de manière impartiale sur cette affaire (des fonds dilapidés du programme PetroCaribe). Si on ne fait que continuer ainsi, alors on aura encore des corrompus à l’issue des prochaines élections. Donc je voulais envoyer un clin d’œil, surtout à l’adresse de la jeunesse, pour qu’elle se dise : on ne veut pas continuer comme ça. Ça fait trop longtemps, 20 ans, 30 ans, 50 ans qu’il n’y a que des corrompus. Donc c’était ça l’idée.

Début juillet, des émeutes ont éclaté en Haïti, notamment à Port-au-Prince, après l’annonce par le gouvernement d’une hausse importante des prix des carburants. Face aux violences, les autorités sont revenues sur leur décision, le Premier ministre et son gouvernement ont dû démissionner. Après ces événements beaucoup d’encre a coulé. Les analystes s’interrogeaient sur la portée de ces incidents, résultat, selon eux, d’une colère sourde au sein de la population dont l’immense majorité vit toujours sous le seuil de pauvreté. Pensez-vous que le succès du #PetroCaribeChallenge s’inscrit dans la continuité des événements de juillet ?

Oui, tout à fait. C’est un effet domino. Parce que la majeure partie du pays se trouve en situation de crise. Depuis les 6, 7 et 8 juillet, tout le monde se questionne sur ce qui se passe dans le pays. Les gens s’interrogent sur la composition du nouveau gouvernement (un nouveau premier ministre a bien été désigné, le 5 août, par le président Jovenel Moïse, mais ni la composition de son gouvernement ni sa déclaration de politique générale n’ont encore été ratifiés par les deux chambres du Parlement haïtien, ndlr), sur le prix des produits de première nécessité, de l’essence. Et du coup ma photo accompagnée d’une simple question a rencontré un certain succès sur Twitter avec l’aide (du rappeur haïtien) K-Lib et d’autres artistes (qui ont partagé la publication). Désormais, tout le monde en parle. Et tout le monde pose cette question à nos dirigeants : qu’est-ce qu’il se passe, les gars ? Nous vous payons pour faire votre travail, c’est votre responsabilité. Mais vous êtes en train de voler de l’argent sur lequel, en plus, nous devons payer des taxes. Qu’est-ce qui se passe ?

Jusqu’à présent les Haïtiens semblaient prendre la corruption comme une sorte de fatalité. Qu’est-ce qui a changé pour que ce ne soit désormais plus le cas ?

Je ne pense pas que la population a été passive. Si vous regardez le passé, il y a toujours eu des crises durant lesquelles les gens ont pris la rue. C’est un phénomène presque régulier, chaque cinq ou dix ans. Les événements du 6 et 7 juillet sont encore une autre crise, déclenchée cette fois par l’augmentation des prix de l’essence et la dépréciation de la gourde (la monnaie haïtienne, ndlr.). Donc là, les gens n’en peuvent plus. C’est pour cela qu’ils ont pris les rues.

J’’invite les gens à être pacifiques tout en demandant justice. Mais je les invite aussi à aller plus loin. A demander des comptes à leurs délégués, leurs magistrats (maires, ndlr.), leurs ministres, à l’ensemble des membres du gouvernement. Pour que les choses changent. Car il faut que les choses changent !

Par qui voulez-vous être entendu ? Par la classe politique ou par la justice ?

Moi je veux d’abord que les citoyens disent : on en a assez ! Ensuite, j’espère que la justice va trancher sur ce qui se passe pour qu’on ait une lumière dans l’obscurité de la corruption, sur ces 3,8 milliards censés faire avancer le développement du pays ces dix dernières années. Et à partir de là, que la classe politique prenne ses responsabilités. Parce qu’il faut qu’on ait une classe politique forte. Mais elle est corrompue.

Pensez-vous que le mouvement #PetroCaribeChallenge puisse prendre une telle ampleur qu’il fera bouger les lignes ?

Je l’espère vivement. Parce que c’était mon objectif. J’ai voulu secouer les gens en leur disant : demandez des comptes ! Il faut que ça change ! La photo est devenue virale. Même le « hashtag » est en train de faire un « trending » sur Twitter. Après le mouvement que l’on constate désormais sur les réseaux sociaux - c’est presque comme une révolution numérique - je pense que je vais aller dans la rue. Je vais aller manifester. Je vais dire qu’il faut que ça change. Et j’espère que la population le fera aussi mais de manière pacifique. Car il ne s’agit pas du tout de répéter ce qui s’est passé le 6 et le 7 juillet. Ma démarche est une démarche citoyenne. Il n’y a de politique. Je ne suis associé à aucun mouvement. Je suis juste un citoyen qui a pris un jour une photo. Juste ça.

Néanmoins vous estimez qu’il faut transférer dans les rues ce mouvement anticorruption qui existe déjà sur la toile ?

Oui, j’espère que ça arrivera à un moment donné. Regardez ce qui se passe ailleurs. Ça se fait en Amérique du Sud, ça se fait chez nos voisins en République dominicaine où il y a eu plus d’un million de personnes dans la rue avec leurs pancartes pour manifester contre la corruption. Nous sommes la jeunesse. Et nous sommes une jeunesse forte. C’est notre pays et personne ne le changera à notre place. Donc il faut que nous nous battions pour notre pays, Haïti.

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Marc H
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MessageSujet: Re: Popilasyon an fòme opozisyon pa l.    Lun 27 Aoû 2018 - 18:52

Jan bagay yo brale la , fok lavalas ta pwodwi yon jeune Aristide poul reveni au pouvwa an Ayiti. Anpil moun ke se nan secteu prive ak yon pati nan popilation a kanpe an kwa kont yon retou lavalas.
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Joel
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MessageSujet: Re: Popilasyon an fòme opozisyon pa l.    Mar 28 Aoû 2018 - 7:53

Marc H a écrit:
Jan bagay yo brale la , fok lavalas ta pwodwi yon jeune Aristide poul reveni au pouvwa an Ayiti. Anpil moun ke se nan secteu prive  ak yon pati nan popilation a kanpe an kwa kont yon retou lavalas.

Si gen NEG pa ta kont yon RETOU ARISTID ou byen LAVALAS ,se selman si yo ta FOU.Apre KOUDETA 2004 lan ,ki KOZE de MILYE de MOUN MOURI ,si w te ENPLIKE lan KOUDETA a ,ou pa ta kont ARISTID ak LAVALAS tounen tou.

Jis kounye an ,mwen pa kwe sa rantre lan TET an ,gen anpil MOUN lan SEKTE PRIVE w ap pale an,ki VLE peyi an rete JAN l ye an.

MAK;
SEKTE PRIVE sa a w ap pale de li an ki pa ta vle ARISTID ak LAVALAS tounen ,se yon SEKTE PRIVE ki kont ENTERE MAJORITE POPILASYON an.
SEKTE PRIVE sa a ,fe PEYI an plis TO ke BYEN.

Antouka ,kite m PATAJE ak ou ,yon ATIK mwen jwenn sou SIT MATINIKEN an "MONTRAY KREYOL"

http://montraykreyol.org/article/la-classe-moyenne-haitienne-plongee-dans-un-silence-suicidaire

LA CLASSE MOYENNE HAÏTIENNE PLONGÉE DANS UN SILENCE SUICIDAIRE

Cliford Jasmin



LA CLASSE MOYENNE HAÏTIENNE PLONGÉE DANS UN SILENCE SUICIDAIRE



Ayiti / Péyi kréyolopal



Lundi, 27 Août, 2018 - 12:59

Il convient, avant de développer ma pensée, d'expliciter, dans la mesure du possible, ce que j'entends par "classe moyenne haïtienne". Partant des définitions classiques, la classe moyenne correspondrait à la couche de la population qui, par son niveau de vie, est située entre les classes possédantes et celles des plus pauvres. Autrement dit, cette tranche de la population qui n'est ni riche, ni pauvre. Dans une classification marxienne, on dirait que c’est celle qui n'appartient ni à la bourgeoisie, ni au prolétariat.

Je me permets ici de spécifier quelques faits sociaux locaux, dans l'unique but d'éclairer le lecteur sur ce que je range, dans le cas précis d'Haïti, derrière ce vocable tellement hétéroclite.

J'y englobe les familles qui disposent d'un revenu leur permettant de vivre dans un logement plus ou moins décent, de s'acheter une voiture plus ou moins en bon état, d'ouvrir un compte en banque, de payer une école privée qui tient plus ou moins la route à leurs enfants, celles qui peuvent aussi prétendre à un visa américain, parvenir à se payer un voyage de temps à autre, notamment en Amérique du Nord et qui sont en mesure d'offrir la sécurité de la nationalité à leurs progénitures en accouchant en terre étrangère, notamment aux USA ou au Canada ; participant ainsi à leur propre désagrégation. Phénomène que je tenterai d’expliciter plus loin dans le texte.

Il s'agit, certes, d'un ensemble hétérogène allant du cadre-moyen de nos institutions bancaires, en passant par le ou la professeur(e) d’université, jusqu'au petit commerçant relativement aisé que Karl Marx qualifierait de petit bourgeois, possédant un certain capital mais insuffisant pour mettre sa famille totalement à l'abri.

Cette tranche de la population, à laquelle l'on pourrait, dans une certaine mesure, greffer nos compatriotes de la diaspora, doit avoisiner les 3 millions d’individus, si l’on considère, par exemple, les statistiques de l’Unicef, soit 20% d’Haïtiens sur une population d’environ 12 millions qui échappent à la pauvreté et possède 63% de l’économie du pays (www.unicef.org).

Une classe moyenne dont les membres gardent le silence et ne se positionnent pas sur le sort du pays.

Ils ne font pas de vague, et quand ils l'ouvrent, c'est dans leurs salons pour discourir sur la situation, entre amis autour d'un verre.

Lorsque, dans un élan patriotique, ils osent s'exprimer dans l'espace public, c'est sur des plateformes réservées aux gens de leurs rangs, pour un impact qui laisse perplexe.

Bien évidemment, ils ne votent pas non plus, sans doute qu'ils ne croient plus en la vertu des urnes pour toute sorte de bonnes raisons : élections truquées, ingérence internationale, médiocrité de l'offre politique, candidats qui ne valent pas le déplacement.

Ils ont des motifs tout aussi solides pour ne pas gagner le béton – ce n’est pas leurs « trucs », d'ailleurs, en gens de bien qu'ils sont, qu'iraient-ils chercher dans ces rues insalubres et puantes. Ils n'y circulent plus qu'à bord de leurs véhicules et pour sceller leur rejet de l’espace public, ils ne s'y sentent plus du tout en sécurité.

Décidément la rue n'est pas pour eux. S'y retrouver est devenu tellement dégradant et ça se comprend, ça grouille de "pèp", de motards improvisés qui l’occupent dangereusement, les mendiants y pullulent et les mauvaises odeurs indisposent.

"Sa yo pèdi kote konsa" ?

Ils ont développé une sorte d'aversion pour leur environnement, ils en sont carrément allergiques et les facteurs déclencheurs, comme on l'a vu, sont multiples. Alors, quand ils s'y trouvent, c'est contraints et forcés par les impératifs de la vie, et de préférence, dans l'espace rassurant de leurs voitures qui semble marquer la frontière entre l'extérieur et eux, un peu comme pour échapper à cet entourage repoussant, comme s'ils voulaient se convaincre qu'ils n'en font pas partie et en convaincre les autres par la même occasion.

Ils vont, en ayant recours à des artifices, tisser autour d'eux une toile d'illusions et de parades:

ils vivent entourés de crasse, mais s'enferment chez eux, dans leur voiture, dans leur bureaux climatisés comme dans une bulle ;

le rationnement d'électricité est leur quotidien, mais leurs "inverters" et groupes électrogènes les sauvent de l'obscurité moyenâgeuse ;

pas d'eau courante mais un réservoir ; ils compensent comme ils peuvent ;

Ils n'ont pratiquement plus de vie sociale, mais ils ont un écran plat et le câble ;

leurs enfants n'ont pas d'espaces de loisirs, pratiquement plus de lieux de socialisation en dehors de la cour de récréation mais ils ont une tablette et/ou un Smartphone ;

ils ont droit à des routes outrageusement chaotiques et boueuses mais ils roulent en 4x4, vitres fumées et se construisent une tour d'ivoire dans un océan de misère quand ils le peuvent. Ils sont passés maîtres dans l'art du camouflage ;

le système éducatif est défaillant mais ils se saignent pour envoyer leurs enfants dans une de ces quelques « écoles potables » du pays ou carrément à l'étranger ;

l'insécurité flirtant avec l'instabilité politique, les guette, mais ils font monter des murailles dignes d’un château fort autour de leurs demeures et s’abritent derrière leurs visas qui constituent leurs exutoires, leurs portes de sortie, leurs bouées de sauvetage au cas où ça chauffe, et pour lesquels ils sont prêts à vendre leur âme.

A force de palliatifs et de cosmétiques, ils ont fini par soulager leurs douleurs et masquer tant bien que mal leurs peines, mais en réalité, la plaie est béante et les cicatrices ostentatoires.

Ils vivent dans l'illusion grotesque qu'ils sont épargnés des tares de la société, qu'ils sont, somme toute, des privilégiés, mais ils oublient que si privilégiés ils sont, ils ne le sont pas au paradis.

Mais, Dieu merci, ils mangent encore à leur faim, peuvent encore porter des vêtements neufs, posséder une voiture, une télé, parfois même leur propre maison, voyager. Ils se complaisent dans cette situation de prisonniers assignés à résidence.

Après tout pourquoi se plaindraient-ils? De quoi se plaindraient-ils?

Ils préfèrent s'accommoder, se couvrir d’illusions, celle d'un « ailleurs-ici » bricolé de toute pièce, celle d'un "ailleurs-là-bas" auquel ils s'accrochent et enfin celle du « j’attends mon tour » qui les poussent à accepter l’inacceptable.

L’ « ailleur-ici »

Dans le cas de l’ « ailleurs-ici », le tour de passe-passe est souvent grossier et de mauvais goût, fait d’ambivalences.

Ils cherchent par tous les moyens à créer un ailleurs, dans ce climat hostile et malsain : ils possèdent une voiture mais pas de route, ils ont des toilettes modernes mais, prennent des douches d’un temps révolu, habitent une belle maison mais sans accès, et pour couronner le tout, il vaudrait mieux qu'ils aient une santé d'enfer, le système de soin est si désuet.

L’ « ailleurs-là-bas »

Quant à l’« ailleurs là-bas », il a souvent son prix, au sens propre comme au sens figuré. Il leur coûte cher sur tous les plans : il affecte et fragilise la famille tant financièrement qu'affectivement.

Cela va de l'endettement pour pouvoir s'envoler vers d'autres cieux, jusqu'à la dislocation programmée de la cellule familiale; tout ça pour un statut souvent précaire avec son lot d'humiliations. Ils en arrivent, malgré tout, à ne plus interroger les dégâts, pourtant lourds de conséquences, de ce rêve d'ailleurs.

Bien au contraire, ils s'y sont faits et le vivent comme une solution; alors, qu'en fait, à bien y réfléchir, il est tout au plus une solution illusoire dès lors qu’on en mesure la contrepartie.

Le « J’attends mon tour »

Ils se cachent derrière des faux-semblants les uns plus nocifs que les autres et le pire de tous, c'est bien le « j'attends-mon-tour » qui les anesthésie et les corrompt jusqu’à la bêtise.

Cette dernière « posture » est devenue leur loterie nationale.

En résumé, ils misent sur leur propre ascension ou celle d'un proche dans les lieux du pouvoir pour les sauver des eaux. Quand l'opportunité se présentera, si jamais elle se présente, ils s'empresseront d'en tirer toute sorte d'avantages personnels au détriment de l'intérêt collectif, au détriment d'un développement global.

Alors, comme des frustré(e)s de la vie, ils s'en donneront à cœur joie, se livrant à toute sorte de délires matériels : voitures luxueuses, maisons somptueuses, habits de marque, assurance internationale, et j'en passe, tout ceci dans un environnement complètement inapproprié, voire aux antipodes, où les infrastructures de base manqueront toujours aussi cruellement : toujours pas de route, toujours pas de centre de santé digne de ce nom, toujours pénurie d'écoles et d'universités de qualité…

Le navire coule, mais aucune réaction de leur part, même pas de survie, parce que pris aux pièges de « l'ailleurs-ici », de « l'ailleurs-là-bas » et du « j’attends-mon-tour » qui les bernent.

Le séisme du 12 janvier 2010 les a surpris dans leur léthargie sociale, leur rappelant qu’on est tous dans le même bateau, que l'on soit dans la soute à charbon ou en première classe, nous pâtirons tous de son naufrage, mais la mémoire leur fait défaut, ils campent sur leurs illusions et continuent d’adopter les mêmes comportements irrationnels dans l'urbanisme, les équipements et la prévention.

« Bondye bon gen bon do » !

Les 6, 7 juillet derniers ne sont pas une machination, ils ont bel et bien eu lieu. Cependant, les analyses et interprétations vont bon train, tendant à n'y voir que la partie émergée de l'iceberg, à savoir un mouvement de contestation fabriqué de A à Z par certains acteurs influents de la place.

Alors, à quoi bon en tirer une quelconque leçon!

Malgré l'aggravation de la situation économique et le creusement de la cassure sociale qui en découlent, les mêmes continuent leurs tractations habituelles pour bien négocier leurs parts du gâteau. Les mêmes cherchent à placer leurs poulains à des postes stratégiques et "bancables".

Entre les parlementaires, le secteur privé des affaires et la présidence, les négociations se déroulent à couteaux tirés. L'objectif ultime étant de tirer le drap vers soi, ils finiront, comme à l'accoutumée, par le mettre en lambeaux, en en emportant chacun un morceau au détriment de la cohésion nationale, laissant l'immense majorité sans couverture, totalement exposée.

La classe moyenne en prendra aussi pour son grade, son pouvoir d'achat en sortira considérablement affecté. Sa paupérisation est bien réelle.

Elle ne dit pourtant mot, elle ne proteste pas, ne conteste pas, elle qui a fait des études, voyage suffisamment pour avoir des éléments de comparaison pouvant affiner son jugement, elle qui devrait être aux premières loges des dénonciateurs de ces malversations et de la mauvaise gouvernance qui hypothèquent sa vie, l'avenir de ses enfants, elle qui devrait être dans les rues pour réclamer de meilleures conditions de vie, elle reste, contre toute attente, coite, indifférente.

Sans doute sous l'effet euphorisant de ses fantasmes, elle ne réalise pas qu'elle est en train d'assister, sans broncher, à sa propre perte.

Au lieu de chercher à peser dans la balance économico-politique, et d'assumer son statut de trait d'union qui veille à l'équilibre social, au lieu de cela, elle laisse la voie libre aux forces conservatrices qui se réjouissent de sa passivité et aux ONGs / organisations internationales qui décident à sa place des tâches et des politiques sociales, qu'il lui revenait d’assumer, dans un dialogue avec le secteur privé.

Sa passivité complice finit par la faire passer aux yeux de ceux qui n'ont rien, les laissés pour compte de la nation, pour une classe vendue aux élites économiques et politiques du pays ainsi qu’à l’international.

Elle laisse se développer une société foncièrement injuste où la paix sociale n'est pas concevable, une société au bord de l'explosion; car ce n'est qu'une question de temps pour que les plus démunis, se sentant acculés dans leur extrême précarité, ne constatant aucun changement dans le comportement irresponsable et égocentrique des élites et face au silence consentant et cynique de la classe intermédiaire, sortent de leurs gonds et cassent la baraque dans une violence inouïe, aussi extrême que leur misère.

Tout le monde y perdra et très certainement, la classe moyenne sera touchée de plein fouet, n'étant pas, à l’inverse de la classe possédante, assez riche pour se reconstruire dans l'urgence de l'instant, une bonne vie ailleurs. Elle n’aura d’autres choix que de subir la démolition physique et sociale sur place ou prendre, si elle en a le temps, la poudre d'escampette pour aller trimer à l’étranger.

On n'est pas là dans un film de science-fiction mais bien dans une prévision analytique et rationnelle, néanmoins évitable,

à condition que la classe moyenne se décide à se défaire, enfin, de ses chimères, à se rendre à l’évidence que le « Chak koukouj klere pou je l » ne fonctionne pas et qu’il devient urgent de sortir de sa torpeur pour se faire entendre sur des sujets cruciaux tels que la dilapidation des deniers publics, le clientélisme systématique dans la fonction publique ;

à condition qu'elle s'insurge contre les faits aggravés de corruption qui gangrènent la société haïtienne, contre l'impunité et l'absence de justice, contre les passe-droits de toute sorte qui appauvrissent davantage les recettes de l'Etat et nous privent, au profit d'intérêts particuliers, d'écoles, d'universités, d'hôpitaux de qualité, de routes, d'électricité ;

à condition qu'elle assume sa fonction régulatrice, son rôle de médiation entre les élites et les plus démunis afin de remettre en marche l'ascenseur social;

alors seulement, il lui sera permis d'envisager, avec réalisme, des lendemains meilleurs dans son pays, des lendemains où il sera possible de se faire soigner ici, où il sera possible de garantir à ses progénitures de bonnes études ici, un avenir ici, en rompant ce cercle infernal d'un ailleurs à tout prix et en stoppant cette fuite en avant qui les conduit à être des éternel(le)s condamné(e)s à l'exil.

Cliford Jasmin

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MessageSujet: Re: Popilasyon an fòme opozisyon pa l.    Mer 29 Aoû 2018 - 12:11

Jasmen fè yon analiz kòrèk. 
Se tout reyalite a.
Men poukisa se analis etranje ki fè de rapò konsa? 
Kote entelektyèl ayisien yo?

Se yon siy ayisien pa chita reflechi sou sitiyasyon peyi an e yo pap chèche solisyon pou pwoblèm sosyoekonomik peyi an.
Toutotan se etranje tout plim tout plimaj ki ap panse pou nou. Nou rete dèye kamyonèt lan.
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MessageSujet: Re: Popilasyon an fòme opozisyon pa l.    Mer 29 Aoû 2018 - 12:24

MAK,
Sonje se yon mouvman popilè ki te dechouke Janklod.
Pat gen lidè politik lan mouvman saa, se sak fè meriken kouri antre lan pawòl la e mete Nanfy ak lòt zagribay yo opouvwa anvan pèp lan ta l anvayi palè an.

Pat gen okenn lidè politik lan periòd diktati an.

Avèk eksperyans saa, bagay pral lan yon lòt direksyon.
6/7/8 Jiyè se reyaksyon spontane yon plèb grangou, bouke e ozabwa.

Mouvman Petwokaribe a se reyaksyon yon jenès ki edike, ki ap panse e ki vle chanje sistèm nan pou yo pa bezwen ale Chili.
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MessageSujet: Re: Popilasyon an fòme opozisyon pa l.    Mer 29 Aoû 2018 - 14:50

Sasaye a écrit:
Jasmen fè yon analiz kòrèk. 
Se tout reyalite a.
Men poukisa se analis etranje ki fè de rapò konsa? 
Kote entelektyèl ayisien yo?

Se yon siy ayisien pa chita reflechi sou sitiyasyon peyi an e yo pap chèche solisyon pou pwoblèm sosyoekonomik peyi an.
Toutotan se etranje tout plim tout plimaj ki ap panse pou nou. Nou rete dèye kamyonèt lan.

Se byen posib ke MISYE se yon AYISYEN ki pibliye yon ATIK sou yon SIT MATINIKEN.

MONTRAY KREYOL konn repwodwi ATIK ke AYISYEN ekri.
Ti moso FRAZ ke misye ekri yo ,se an bon KREYOL AYISYEN!
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MessageSujet: Re: Popilasyon an fòme opozisyon pa l.    

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Popilasyon an fòme opozisyon pa l.
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