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 Haiti-Canada : Au-delà des frontières

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Marc H
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MessageSujet: Haiti-Canada : Au-delà des frontières    Dim 7 Oct 2018 - 0:26

Colloque scientifique réalisé par l'association des étudiants haitiens de l'université de Montréal (AEHUM)

Étaient présents ; Nesmy Manigat ( ancien ministre de l'éducation ), Frantz Liautaud (Ambassadeur d'Haiti au Canada), Frantz Voltaire du CIDHICA, Frederic Boiron et plusieurs autres invités .
Les thèmes abordés:
Economie, diversité et developpement durable
2- Démocratie, ide internationale et coopération haitino-canadienne
3- La représentation de la femme afro-descendante dans l'art contemporain: Œuvres et résistance
4-Contribution des chercheurs haitiens à l'avancement de la recherche scientifique au Canada
5- Dynamique de production de savoirs et de connaissances en Haiti et sur Haiti
6- Immigration , droits humains et diversité au Canada
etc.

Nous avons eu un moment privilégié avec l'ancien ministre de l’éducation Nesmy Manigat après le colloque . Cette rencontre a validé notre perception sur l'homme qui a su opérer quelques changements dans le système éducatif haïtien. Bravo Nesmy !
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Joel
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MessageSujet: Re: Haiti-Canada : Au-delà des frontières    Dim 7 Oct 2018 - 19:00

MARC,

Je suis curieux,n'etait ce pas sous l'administration MANIGAT  que le programme PSUGO battait son plein?

Comme on dit ici "just saying"

Le Psugo, une des plus grandes arnaques

de l’histoire de l’éducation en Haïti

ParCharles Tardieu, Ph.D

Port-au-Prince, 30 juin 2016



L’auteur– Ancien ministre de l’éducation nationale, docteur en éducation comparée etinternationale de l’Université de Montréal,Charles Tardieu a également étudiéaux universités Concordia et McGill. De retour en Haïti, il a travaillé comme spécialiste et analyste de systèmeséducatifs et en formation professionnelleen encadrement et dveloppement des collectivitésterritoriales.Entre 1992 et 1996, il a dirigé le projet d’élaboration du Plannational d’éducation ayant abouti en 1996 aux États généraux de l’éducation préparatoires au Plan national d’éducation et deformation (PNEF). Il a enseignFacultédes sciences humaines de l’Universitd’État d’Haïti, Facultédes sciences juridiques de J l’Universit publique de l’Artibonite auxGonaveset l’UniversitQuisqueya oil a mis en place et structurla Facultdes sciences de l’éducation. Il enseigne actuellement ISTEAH (Institut des sciences, des technologies et des étudesavancées d’Haïti)il encadre des étudiantsde maitrise et de doctorat. Depuis 1983, il est éditeur de manuels scolaires pour l’École fondamentale aux Éditions Zémès.

Le PSUGO etl’obligation de scolarisation universelle

Catastrophe programméeet violation des droits

de la nation et de sesenfants

Première partie

Scolarisation universelle dans le contexte haïtien

Un regard sévère sur le PSUGO : pourquoi ?

Expérience tèt kale du PSUGO

Financement de l’éducation et PSUGO

PSUGO et gouvernance du secteur éducatif

Qualité de l’éducation et PSUGO

Conclusions partie I : que faire du PSUGO?

Les leçons à tirer :conclusions

Notes

Première partie

Scolarisation universelle dans le contexte haïtien

Leconcept de « scolarisation universelle » exprime dans les sociétésmodernes une volonté politique d’éduquer et de desservir tous les enfants enâge d’aller à l’école avec une attention particulière pour les populationstraditionnellement tenues hors des circuits scolaires. C’est en 1990 que 155nations réunies à Jomtien en Thaïlande proclament les objectifs d’Éducationpour tous (EPT)à l’échelle planétaire.

Dans la foulée de ce mouvement, Haïti entreprend, immédiatement aprèsJomtien, d’élaborer son propre Plan national d’Éducation qui culmine, enjanvier 1996 après une consultation nationale, avec les États généraux de l’éducation.C’est dans ce contexte de la mouvance démocratique et égalitaire deconstruction des bases du développement humain en quête d’une société plusjuste, que pour la première fois dans l’histoire de l’éducation haïtienne desgouvernements décident d’œuvrer à la scolarisation universelle.

En fait, le concept de scolarisation universelle développé à partir deJomtien est synonyme de progrès et porteur de culture en général, de culturescientifique, et de développement économique et social pour l’ensemble despopulations. De plus, depuis 1987, la scolarisation universelle est devenue enHaïti une exigence constitutionnelle, outil de modernité et de démocratie.Cette nouvelle exigence constitutionnelle fixe un nouveau cadrage de« l’École républicaine » qui, comme le proposent Barrère etMartucelli,doit œuvrer à l’unité de la nation et se placer « au service de lapromotion des talents disséminés dans tout le corps social ». Cettenouvelle éducation républicaine forge « des individus disposant d’unesprit critique » et, à partir des années quatre-vingt, elle doit répondreà « une exigence de rentabilité des diplômes en termes d’insertionprofessionnelle et, plus récemment, un rôle pilote dans le maintien del’autorité. »

S’inscrivant dans cette perspective nationale et internationale del’Éducation pour tous, les gouvernements d’Aristide (1994-1996 et 2001-2004)puis de Préval (1996-2001 et 2006-2011) approuvent la création au sein duministère de l’Éducation[iii]de structures spéciales qui s’adressent chacun à des aspects différents etcomplémentaires de la problématique de la scolarisation universelle. C’estainsi que naissent les premiers projets de scolarisation universelle PIENASECO(Programme d’Implantation d’Écoles dans les SectionsCommunales), PSU (Programme de scolarisation universelle), PAE (Programmeaccéléré d’Éducation) et PRONEI (Programme National d’ÉducationIntégrée). Ils restenttoutefois limités à quelques départements, soit le Centre, le Sud et laGrand’Anse, auxquels seront ajoutés plus tard le Nord-Ouest, le Sud et l’Ouest.Ces projets, malgré leur ampleur, se réalisent sans un plan et une volontéd’Éducation pour tous intégrés à l’intérieur d’une vision nationale englobanttous les ordres et niveaux d’enseignement et d’apprentissage du préscolaire àl’université, en passant par l’enseignement technique et professionnel etl’éradication de l’analphabétisme.

Depuis les années 1980, le système d’éducation a connu de nombreusestentatives de réformes en profondeur conçues et mises en place par des citoyenspartageant, entre eux, une vision d’avant garde. Ils proposaient une offreéducative plus démocratique, de meilleure qualité et un aménagementlinguistique plus approprié à la réalité socio-culturelle haïtienne. On peutciter : la réforme Bernard dans les années 1980, le Plan national d’Éducation(1996), le Plan national d’Éducation et de formation (1998), la stratégienationale d’Éducation pour tous (SNA/EPT: 2008), le Symposium pour uneéducation de qualité (2014), le Pacte national pour uneéducation de qualité, (Octobre 2015). Elles échouent toutes par une combinaison defacteurs dont on peut identifier les principaux : la force du statu quo portéepar les classes dirigeantes; l’absence d’une force de support socioéconomiquenationale, ces efforts étant pour la plupart supportés par des fonds externeset dirigés par des experts étrangers; l’absence de motivation et demobilisation interne pour les appuyer.

Les citoyens qui ont proposé ces tentatives de réformes radicales n’ontmalheureusement pas été en mesure de vaincre la puissance du statu quo etd’imposer les mécanismes de suivi et de poursuite des innovations au delà desgouvernements qui avaient concédé tant bien que mal l’espace pour réaliser cesexpériences.

On ne retrouve donc pas ce choix de société unanimement partagé par lesdécideurs, les politiciens, la société civile en général et les populations quiseul peut garantir la pérennité de ces projets et leur financement à partir defonds nationaux, avec un support international, et non le contraire. Ainsi,fragilisés dès le départ, ils seront progressivement détournés de leursobjectifs de scolarisation universelle avant d’être éliminés par lesgouvernements qui succèdent à ceux d’Aristide puis de Préval.

Cependant, la société haïtienne, dans sa globalité, n’a pas encoreressenti le besoin d’élever ses ressortissants à la dimension de cette citoyenneténationale moderne à la fois unique et plurielle qui exigerait un systèmed’éducation pour tous. Les classes possédantes et dirigeantes, tout aucontraire, s’estiment satisfaites de l’état de fonctionnement du systèmeéducatif colonialqui maintient la plus grande partie des populations dans un état de dépendanceéconomique, sociale, culturelle et politique tout en offrant au petit groupedes privilégiés constitué par leurs progénitures une formation presque dignedes économies avancées de l’Occident. La société haïtienne reproduit ainsi lemodèle d’éducation coloniale à deux grandes vitesses qui sert les intérêtsd’une économie de rente en place depuis la colonie de Saint Domingue.

Un système éducatif qui élèverait la majorité des Haïtiens à une meilleurecompréhension de leur situation générale et leur transmettrait les outilspratiques, intellectuels et idéologiques pour s’en sortir œuvrerait àl’encontre de ce système d’économie de rente qui domine l’espacesocioéconomique haïtien[vii].Est-ce pourquoi les classes dominantes combattent subtilement tout effortd’alphabétisation et de scolarisation des masses, tandis que celles-ci en fontune de leurs principales revendications. Cette économie de rente ne nécessiteaucune force de travail qualifiée. Et les classes dirigeantes savent, depuisl’époque coloniale et la rencontre des grandes civilisations, que l’Éducationélève les hommes à la liberté. Ainsi donc, elles feront tout en leur pouvoirpour que les masses haïtiennes aient un accès le plus limité possible àl’éducation et à la formation technique et professionnelle, et cettephilosophie de la domination par « l’ignorance » dure encore, jusqu’ànos jours. Ceci explique le rejet, par les classes possédantes et dirigeantes,de toutes formes d’éducation et de formation proposées à travers les nombreuxprojets comme les réformes Dartigue, Bernard, le PNE (Plan nationald’Éducation), le PNEF (Plan National d’Éducation et de Formation), l’EPT(Éducation Pour Tous), etc. et toutes les tentatives autour des établissementsde formation professionnelle[viii]J.B. Damier, l’École Élie Dubois et l’INFP.

Un regard sévère sur le PSUGO : pourquoi ?

La demande d’éducation et de formation de qualité n’a cessé d’augmenterde manière exponentielle après le départ de la dictature en 1986.Malheureusement, malgré les prescrits de la nouvelle constitution de 1987, lesdirigeants haïtiens qui se sont succédé au pouvoir de 1986 à aujourd’hui(exception à concéder aux intermèdes Aristide et Préval)ont préféré conserver le statu quo et ne pas augmenter l’offre publiqued’éducation. Il s’agit là d’un choix délibéré des classes politiques etpossédantes. Trente ans après le départ de la dictature, l’accès à l’éducationde qualité perçu par les populations comme la meilleure voie, si non l’unique,vers un mieux être social et économique reste un objectif inaccessible. Latolérance exercée face à la privatisation de tous les niveaux et ordresd’éducation et de formation correspond à un choix de société fondé sur cetteforme d’apartheid éducatif où dominent des taux restreints de scolarisation etla médiocrité de la majorité des établissements d’enseignement. Une manièred’enseigner et de justifier symboliquement la médiocrité et la culture del’échec aux populations.

Aussi, lorsqu’en Haïti, un candidat à la présidence propose de donner unaccès universel gratuit à l’école, il obtient immédiatement l’adhésion d’unnombre important d’électeurs. Lorsque président, il prétend mettre saproposition de campagne à exécution, les familles applaudissent. C’est ce quis’est passé avec le candidat Sweet Micky, devenu le Président Michel JosephMartelly.

Lorsque le Président Martelly lance, à grand renfort de publicité, lePSUGO (Programme de scolarisation universelle, gratuite et obligatoire) etqu’il mobilise des ressources financières innovantes colossales pour lesupporter, des institutions comme l’UNESCOsont prêtes à y croire et les populations démunies y voient la planche de saluttant attendue. La promesse d’accès gratuit porte de nombreux parents àdélaisser les écoles privées payantes que leurs enfants fréquentaient pour lesinscrire dans ces classes du PSUGO. Pour résumer, des attentes considérablesjaillissent de partout suite à ces promesses du politicien en campagne et plusencore du candidat devenu Président !

Les propagandistes du régime Martelly affirment : « En incorporantun stock de savoir aux enfants issus des familles économiquement et socialementdéfavorisées, le programme de scolarisation universelle du Président Martellyva impacter positivement divers secteurs d’activité. » Ils affirment quece projet constitue « un véritable appui à la promotion sociale desenfants d’origine modeste » et prévoient des « effets desocialisation, de transmission et de création de savoirs pluriels institués etde cultures ». Enfin, ils prédisent des « effets économiques etsociaux » importants sur les communautés de base. [xii]

Cinq ans plus tard, la débâcle est totale et immense :

1) on constate que le PSUGO est gangréné de multiples scandalesadministratifs et financiers qui sapent complètement sa crédibilité; [xiii]

2) il est impossible de savoir le nombre réel d’écoles et/ou d’écoliersayant bénéficié du Psugo parce que toutes les statistiques sont falsifiées à labase avec complicité des responsables; [xiv]

3) les programmes et contenus de formations véhiculés par le PSUGO nerépondent aucunement aux profils des écoliers qui y sont inscrits et il estévident que leur bien être éducatif et psychologique ne fait pas partie despréoccupations des dirigeants.

L’échec monumental de cette expérience porte un coup de massue aux rêvesde centaines de milliers de familles qui avaient choisi de faire confiance àleur président. Plus que pour les autres dérives de son mandat et les promessesnon tenues, le Président Martelly et ses collaborateurs doivent porter la responsabilitépleine et entière pour ce fiasco que constitue le PSUGO face aux aspirationslégitimes des familles haïtiennes et pour le coût social, économique etinstitutionnel que la société devra payer suite à la faillite totale de ceprojet.

Exigence politique, la scolarisation universelle, instrument dedéveloppement économique, social et culturel ne pourrait être cette coquillepédagogique creuse utilisée à des fins de propagande politique afin de masquercette arnaque magistrale organisée par les « bandits légaux », quecertains qualifient de « crime économique »[xvi]dont le seul objectif est de s’enrichir le plus vite possible aux dépens de laRépublique et de ses citoyens.


Expérience tètkale du PSUGO

L’expérience du « Programme de scolarisation universelle gratuiteet obligatoire » (PSUGO) initiée et gérée par les gouvernements « Tètkale » (avec la complicité de ses Premiers ministres Conille, Lamothe etPaul) se résume à une des plus grandes arnaques de l’histoire de l’éducation enHaïti, à une violation des plus iniques des droits fondamentaux des écoliers,de leurs parents, des Haïtiens de la diaspora et de l’intérieur et à uneentreprise de déstructuration profonde du système éducatif. Nous allonscomprendre pourquoi et comment à travers les trois points de repère suivants : financement, gouvernance, qualité;renforçant ainsi les multiples prises de position publique d’institutionsnationales comme des syndicats, des groupes de la société civile, des pèresconscrits du Sénat, de la CSC/CA pour réprouver la dilapidation de cesressources rares qui devaient servir au renforcement du système éducatif et àl’amélioration de la qualité des services offerts.

Financement de l’éducation et PSUGO

La mise en œuvre, à l’échelle planétaire, des Objectifs de l’éducationpour tous (EPT) à la fin des années 1990 puis, à partir de 2000 des Objectifsdu millénaire pour le développement (OMD) élaborés par la communauté desnations, a vite mis à nu les limites des ressources traditionnelles disponiblespour des programmes de cette envergure. On a donc notamment mis en place descellules internationales de réflexion sur le financement de l’éducation commele « Groupe de travail sur les financements innovants »[xvii]afin de trouver les ressources nouvelles, dites innovantes, que l’on pourraitmobiliser à ces fins. En Haïti aussi[xviii],le gouvernement, la société civile, le monde de l’éducation réfléchissent etcherchent comment trouver les ressources financières additionnellesindispensables pour faire face aux immenses besoins d’un nouveau systèmeéducatif[xix].Aussi, Michel Martelly et son équipe ne sont pas les premiers à rechercher lesmoyens pour financer l’éducation haïtienne. Il n’est pas non plus le premier àinscrire la scolarisation universelle parmi les objectifs du gouvernement, ni àmettre en place un tel programme.

De nombreuses stratégies ont été proposées, dont ces « taxes »sur les nationaux en migration. Toutefois, toutes les propositions de« mécanismes financiers innovants pour l’éducation » énoncéess’inscrivent dans la poursuite de quatre objectifs complémentaires :mobilisation des ressources importantes et stables; accroissement de lavisibilité de l’éducation dans le programme de développement international;amélioration de l’efficacité et de l’efficience de l’aide; et stimulation del’innovation dans le secteur de l’éducation. » Il va sans dire, aussi, que tous cesmécanismes s’inscrivent dans le plus strict respect des lois et des normesgénéralement admises de gestion de fonds publics. On ne retrouve aucune de cesbalises de bonne gouvernance dans le PSUGO qui est de préférence dominé par desscandales financiers et du non paiement de leurs salaires aux enseignants.

Lorsque le Président d’Haïti lance en 2011 le projet FNÉ (Fonds nationalpour l’éducation) avec un mécanisme de financement national et innovant, malgréles accrocs observés dès le départ comme l’illégalité des opérations, il trouvele support d’institutions comme l’UNESCO et un très grand nombre de famillesapplaudissent. À ce moment, personne ne pouvait imaginer que ce gouvernement,dirigé par Laurent Lamothe puis Evens Paul, dont les membres dirigeantss’identifiaient à des « bandits légaux », allait faire main basse surles fonds du FNÉ sans aucune retenue comme on le découvrira tout au long descinq années du règne du Président Martelly !

Dans un rapport sur le FNÉ, la Cour supérieure des comptes et ducontentieux administratif (CSC/CA) a statué que celui-ci a été illégalement misen place, puisqu’aucune loi n’a autorisé le prélèvement de ces taxes[xxi].Elle a statué que ce fonds est géré illégalement, puisqu’il ne passe pas par leTrésor public. De plus, il est illégalement utilisé, ne faisant partie d’aucuneloi budgétaire. Et enfin, une enquête[xxii]du Sénat de la république a trouvé que plus de 40% des fonds ont été utiliséspour les achats de mobiliers au profit du CONATEL (Conseil National des Télécommunications, l’instance derèglementation des télécommunications en Haïti[xxiii].

De nombreux autres rapports[xxiv]dressés par des institutions comme le MENFP (Ministère de l’Éducation Nationaleet de la Formation Professionnelle), l’UCREF (UnitéCentrale de Renseignements financiers) et l’ULCC (Unité de Lutte contre la Corruption)[xxv]ont mis a nu les pratiques d’escroquerie d’une telle ampleur qu’elles doiventavoir bénéficié de complicités au plus haut niveau du gouvernement pour leurmise en place. En effet, des sénateurs, des députés et d’autres hautsdignitaires du gouvernement disposent de leurs lots d’écoles ‹ dans desvalises ›. En effet, beaucoup des listes soumises par les responsablesd’écoles PSUGO sont falsifiées : le nombre d’enfants inscrits sur ceslistes est de loin supérieur à celui des écoliers qui fréquentent véritablementles salles de classe; mais les responsables reçoivent quand même leurssubventions calculées sur le nombre porté sur ces listes‹ gonflées ›.

Pour tenter de masquer l’ampleur des délits, le ministère de l’Éducationet certaines structures gouvernementales de lutte contre la corruption [xxvi]annoncent des enquêtes, et émettent des avis affirmant que les cas de fraude nesont que des accidents isolés qui seront sanctionnés. En effet, on identifiequelques « petits délinquants » qui peuvent plus facilement êtrediscrédités aux yeux du grand public. Ils sont vilipendés et poursuivis enjustice avec fracas tandis que les « personnalités » étatiques dehaut niveau organisateurs et bénéficiaires de ces crimes économiques etfinanciers autour du PSUGO, ne sont jamais inquiétées.


Les mécanismes innovants de financement national du système éducatifhaïtien représentent tout de même une source d’espoir incontestable dans uncontexte marqué par des besoins de plus en plus pressants face à une trèsgrande dépendance vis à vis de l’aide externe tandis que celle-ci tend àdiminuer. En effet, les deux taxes prélevées sur les transferts d’argent del’étranger et les appels téléphoniques internationaux ont rapporté une moyenneannuelle de 102 millions $ US durant les cinq ans du règne Martelly(2011-2016)[xxvii].Il était prévu de lever aussi des taxes sur les jeux de hasard et sur lescasinos, sur les objets de luxe (tabac, parfums), sur l’importation de produitsalimentaires, sur les véhicules à moteur et sur les constructions, etc. Est-ceque celles-ci ont été mises en application ? On n’en sait rien pour lemoment, le gouvernement ayant opté pour une gouvernance dans un maximumd’opacité. Mais il est important de le savoir afin de fixer l’ampleur de l’opération de criminalitééconomique menée sous le prétexte de la scolarisation universelle et pourmieux évaluer les ressources que la nation peut
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MessageSujet: Re: Haiti-Canada : Au-delà des frontières    Dim 7 Oct 2018 - 22:14

En tout cas , l'ancien ministre Nesmy Manigat a un bilan et des réalisations concrètes .
1-Abolition de deux baccalauréat ainsi que l'examen sur trois jours pour le certificat d'étude primaire ; L’État a fait une économie de 8 millions millions de dollars
2- fermeture de 800 écoles borlettes ou zombie
3- Uniforme commune pour tous les eleves du secteur public
4- Loi sur l’école de la formation professionnelle
5- Reconnaissance de la langue créole et proposition d,enseigner le français comme une langue seconde
6- Il pouvait faire davantage si les parlementaires ne mettaient des bâtons dans ses roues.
7- J'ai oublié le permis d'enseigner obligatoire .
8-Etc,

Nommez-moi un seul ministre qui a fait tout cela en 3 ans .
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