Me Samuel Madistin : une enquête sur la corrruption dans l'entourage du président
L'ancien sénateur Samuel Madistin a declaré sur Caraïbes F.M qu'une enquête sur la corrruption dans l'entourage du président Préval doit être envisagée.
Me Samuel Madistin, l'ancien directeur général du conseil électoral provisoire, Jacques Bernard et le juriste et professeur d'Université, Me Fritzo Canton étaient les invités ce samedi matin sur Caraïbes F.M dans le cadre de l'émission "Ranmase". Le massacre du 11 Septembre 1988 perpétré dans l'église St Jean Bosco à Port-au-Prince dont c'était cette semaine l'anniversaire a suscité des commentaires angoissés des panélistes. Me Ma-distin juge scandaleux que les dirigeants lavalas actuels et passés aient utilisé ce dramatique événement pour réaliser leur capital politique. "Au lieu de donner justice aux malheureuses victimes de ce tragique événement, les autorités ont préféré collaborer avec les bourreaux d'hier et aujourd'hui, ils se retrouvent dans tous les espaces du pouvoir", a accusé l'ancien sénateur Madistin.L'ancien directeur général du conseil électoral provisoire, M. Jacques Bernard qui intervenait sur les élections pour le renouvellement du tiers du sénat a fait savoir que le renouvellement du tiers du "grand corps" est techniquement possible dans les trois mois qui séparent la fin du mandat des 10 sénateurs (les 3e des 10 départements). Jacques Bernard déplore le fait que rien de sérieux n'a été fait au niveau du tribunal électoral pour préparer cette échéance.
Me Madistin croit lui-même que l'exécutif est en train de tout faire pour arriver au vide institutionnel que le parlement veut justement éviter. "Préval n'est pas intéressé par ces élections ; dans cinq mois, je reviendrai sur ce plateau et le peuple dira que j'avais raison", anticipe le juriste qui rappelle que lors de la dernière présidence de René Préval, il avait déjà provoqué une situation similaire en n'organisant pas les élections dans les délais raisonnables ».
Sur la corruption, Fritzo Canton et Samuel Madistin déclarent ne pas prendre le chef de l'Etat au sérieux car, la commission de passation des marchés publics continue à fonctionner avec le même favoritisme qui avait caractérisé le règne des dirigeants passés. "La petite clique de privilégiés qui avait financé la campagne du président Préval commence à récupérer les dividendes de leurs investissements", déclare Samuel Madistin qui croit qu'une enquête doit être ouverte sur le financement occulte des partis politiques et des campagnes électorales.
Les deux juristes ont aussi condamné l'attitude du juge d'instruction des Côteaux dans le Sud qui a fait un véritable tapage médiatique sur une question de cocaïne alors qu'il n'avait aucune preuve sur les faits avancés. "C'est un véritable scandale pour ce juge qui a déclaré qu'il a transmis son rapport d'enquête au ministère de la justice alors qu'il est une vraie autorité qui n'a de compte à rendre à personne", s'est emporté Me Madistin.