Forum Haiti : Des Idées et des Débats sur l'Avenir d'Haiti

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 Il y a soixante-dix ans, 1937 : 70 ans après, un devoir de m

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MessageSujet: Il y a soixante-dix ans, 1937 : 70 ans après, un devoir de m   Ven 5 Oct 2007 - 12:01

Il y a soixante-dix ans, 1937 : 70 ans après, un devoir de mémoire



Du 2 au 8 octobre 1937, puis sporadiquement durant les semaines qui suivront jusqu’au mois de décembre, dans diverses localités de la frontière haïtianodominicaine, des milliers d’ Haïtiens et de Dominicains assimilés aux Haïtiens à cause de leur couleur, ont été froidement assassinés par la dictature Trujilliste. L’État haïtien dirigé par Sténio Vincent, pour toute réaction, adopta profil bas et se contenta de dérisoires réparations pour les victimes issues en majorité des couches défavorisées.
Soixante-dix ans après ces événements douloureux, les relations entre les deux peuples ont évolué en devenant plus intenses et plus complexes. Néanmoins, de nos jours encore, des migrants haïtiens sont victimes de criantes discriminations en République Dominicaine.
Des déportations massives ont lieu périodiquement, souvent au mépris des accords signés par les deux Parties. De nombreux migrants haïtiens et leurs descendants vivent souvent dans une situation de non-droit: sans papiers pour les uns et sans patrie pour les autres. Et leur apport à la croissance dominicaine n’est pas apprécié à sa juste valeur, pour diverses raisons, dont, entre autres, le poids des préjugés anti-Haïtiens.
L’intérêt des deux peuples qui se partagent l’île est que soient créées les conditions pour l’émergence de nouvelles relations fondées sur une éthique de solidarité et articulées á une logique de bon voisinage, de respect mutuel, de coopération et de bénéfices réciproques
Pour y parvenir, il faudra bien apurer les comptes de la mémoire collective, et faire reculer les préjugés, qui de part et d’autre, hypothèquent et rendent difficile l’amitié entre les deux nations.
Il s’agira d’examiner les évènements de 1937 à la lumière de questions essentielles qui se posent, hier comme aujourd’hui, aux deux États et aux deux sociétés : entre autres, la question migratoire, l’organisation des échanges commerciaux, la sécurité frontalière, la protection de l’environnement commun, la nature des rapports entre les deux élites et la dynamique des relations entre les deux États.
Dans cette perspective, nous, « Comité Mémoire 1937 » invitons les personnalités et institutions haïtiennes et dominicaines qui partagent ces préoccupations à nous rejoindre pour organiser, en commémoration de ce douloureux anniversaire « l’Année Perejil » qui débute le 2 octobre 2007.
Un programme préliminaire a été élaboré, qui prévoit des activités sur le court, moyen et long terme: rites du souvenir à Ouanaminthe et à Port-au-Prince, témoignages, conférence-débat, causeries, colloque, ateliers dans les écoles, concours, collecte de documents inédits, activités artistiques, et dans le futur, aménagement de « lieux de mémoire».
Pour le « Comité Mémoire 1937»
Alexandre Guy
Bajeux Jean-Claude
Castor Suzy
Charlier Doucet Rachelle
Hector Michel
Lespinasse Colette
Manigat Sabine
Margron Lyne
Mathelier Richard
Mathon Dominique
Petit-Frère Roger
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vendredi 5 octobre 2007


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MessageSujet: Re: Il y a soixante-dix ans, 1937 : 70 ans après, un devoir de m   Ven 5 Oct 2007 - 12:02

1937-2007 : soixante-dix ans après le massacre « perejil »
Par Sabine Manigat
sabine.manigat@lematinhaiti.com
Ils ne sont pas tous morts, mais tous étaient visés. Dans la nuit du 2 au 3 octobre 1937 a débuté, en l’absence de conflit déclaré, l’un des plus grands massacres perpétrés par un gouvernement de la région contre une population étrangère. Durant des mois, l’armée dominicaine a poursuivi, assassiné, refoulé brutalement, dans le meilleur des cas, des milliers d’Haïtiens qui vivaient le long de la frontière ou en d’autres points du territoire de la république voisine.
L’horreur silencieuse, les méthodes, l’usage prépondérant, voire exclusif, de l’arme blanche, le folklore même de la chose (la vie ou la mort accrochée à la prononciation d’un mot: « perejil ») paraissent sortir tout droit d’un film d’horreur dont on a peine à imaginer la matérialité aujourd’hui. Les raisons ? On a parlé d’allégations d’invasion pacifique le long de la frontière. À noter que cette question de frontières mal définies ou objet historique de contestations n’est pas originale.
Dans bien de pays nés de délimitations postcoloniales, ce genre de différends a donné lieu à des disputes, voire à des conflits ouverts comme pour le Chili avec la Bolivie ou El Salvador avec le Honduras. On a aussi parlé d’hystérie anti-haïtienne, d’où la sélection des victimes selon la couleur de la peau et l’accent ; et « perejil » est demeuré comme le symbole de cette stigmatisation. Ici encore, le dictateur dominicain n’a guère innové ; tout au plus a-t-il devancé de quelques années celui qui allait devenir le champion du monde de la chose, le nazisme allemand.
On a encore évoqué une solution criminelle à la pression migratoire des travailleurs du sucre, les braceros. Mais il est aujourd’hui avéré, depuis les travaux d’historiens tant haïtiens que dominicains, que les braceros, résidant dans les bateys, furent précisément la seule catégorie d’Haïtiens à être épargnée par le massacre.
Car, à bien y réfléchir, au-delà du sentiment anti-haïtien diffus, mais répandu, tous n’étaient pas visés. La population frontalière était de loin la plus exposée de par sa visibilité, mais aussi parce que sa présence en République dominicaine n’était pas fonctionnelle à l’économie dominicaine au même titre que celle des coupeurs de canne, il s’en faut. Le capital a parfois ses raisons que le racisme ne connaît pas et les intérêts du sucre n’avaient pas à sacrifier à la démence d’un tyran.
Le bilan : 12 000 ? 20 000 victimes ? De toute façon, aucun débat de chiffre ne saurait minimiser l’horreur et le prix fort payé pour ce délire identitaire d’un dictateur aux prises avec une histoire aussi inéluctable que la géographie qui la porte. Et pour ce qui est de la réaction de l’État haïtien, le gouvernement de l’époque se contenta d’adopter un profil bas et négocia des « dédommagements » dont une partie servit à réinsérer quelques-uns des rescapés rapatriés. À la fin des années 1980, il existait encore à Colonie, une bourgade proche de la frontière nord-est, quelques-uns de ces rescapés arrivés enfants avec (ou sans) leurs parents après 1937.
Décidément, on ne gagne rien à supprimer l’autre. Mieux, on ne le supprime jamais vraiment. Les résultats de la shoah sont là pour le démontrer, de même que ceux de l’obsession de certaines élites latino-américaines. Alors ? Alors, il faut vivre avec l’autre. Mais pas n’importe comment. Pas comme une simple fatalité, car des choix historiques ont, de part et d’autre, produit ce présent de coexistence nécessaire. Pas en ressassant la haine ou le complexe de persécution, car, hier comme aujourd’hui, la recherche de la justice et du respect de l’autre doit être une boussole pour établir clairement les responsabilités et exiger, chaque fois que cela s’avère nécessaire, les explications, excuses et réparations exigibles.
Pour nous autres Haïtiens, le devoir de mémoire est incontournable. Les circonstances difficiles, qui définissent actuellement les relations entre nous et nos voisins, rendent ce devoir encore bien plus nécessaire. Mais, par-là même, il nous faut répondre aussi à l’exigence du dépassement. L’intelligence bien comprise, les intérêts combien divers des deux peuples, la nouvelle donne internationale qui commande des solidarités et des regroupements régionaux, tout concourt à convaincre les deux peuples qu’ils ont tout à gagner dans la mesure, le respect de l’autre et l’observance des règles internationalement établies de relations entre les Etats et les peuples.
Mais, aujourd’hui, nous nous souvenons. Pote mak sonje.
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MessageSujet: Re: Il y a soixante-dix ans, 1937 : 70 ans après, un devoir de m   Ven 5 Oct 2007 - 12:04

le massacre des Haïtiens / Entretien avec Guy Alexandre, ancien ambassadeur d'Haïti en République dominicaine


Le comité mémoire est constitué en relation avec la commémoration du soixante-dixième anniversaire du massacre des Haïtiens en République dominicaine. Le Matin s’est entretenu avec l’ambassadeur Guy Alexandre, un de ses membres, sur le sens, l’orientation de la mission et sur les attentes du comité.

Le Matin : Pourquoi un comité mémoire 70 ans après ?

Guy Alexandre : Oui, bien sûr, la formation de notre Comité Mémoire 1937 revêt une certaine importance. Et pas seulement, du point de vue de la mémoire à constituer ou à sauvegarder. Certes, il y a une dimension du mandat que s’est donné le comité qui renvoie à proprement parler à un travail sur la mémoire , ce qu’en une formulation avec laquelle je ne suis pas très à l’aise on appelle depuis quelque temps le « devoir de mémoire ». Le fait est que , de ce point de vue , ce que nous proposons est de contribuer par l’ensemble des initiatives que le comité envisage de promouvoir et de mettre en œuvre à constituer et à expliciter sur ces douloureux évènements de la « matanza» du massacre de milliers d’Haïtiens et de Noirs dominicains en ces jours et semaines d’octobre 1937une mémoire des tenants et aboutissants des faits et de leurs conséquences , cela , comme je le disais dans une correspondance à un membre du comité, à la fois par solidarité morale avec les victimes et leurs descendants à travers le temps , et pour nous armer et armer nos deux sociétés pour prévenir la répétition-reproduction de la ‘’barbarie’’, y compris sous des formes ‘’ soft’, en tout cas renouvelées .
Sous ce rapport, pour nous, la ‘’commémoration ‘’ de 1937 a aussi à voir, a même d’abord à voir avec nos tâches citoyennes du présent le plus actuel et avec la prise en mains de la préparation de l’avenir le plus proche. De quoi s’agit-il , en effet ?certainement pas de proposer à notre public, et notamment aux jeunes , des éléments pour nourrir et alimenter je ne sais quelle forme de rancœur .Un de nous a, voulant précisément exprimer notre refus du ressentiment , utilisé il ya deux jours en public la formulation du nécessaire ‘’pardon’’. Nous nous sommes, par la suite entendus sur le fait qu‘en toute rigueur il ne s’agissait pas de cela , pas même de pardon. Au sens strict, la réflexion sur les évènements de 1937 nous conduira à mettre au point tout un ensemble de matériaux d’informations et de connaissances qui enseigneront au grand public citoyen que Haïtiens et Dominicains, nous devons, oui, HAÏR et DÉTESTER proprement , pour hier , pour aujourd’hui, et pour demain, la logique idéologico-politique qui a engendré la POLITIQUE du massacre. Parce que cela devra aussi être dévoilé : La « matanza » n’a pas été le produit de la « folie » d’un dictateur mégalomane, mais l’expression d’un projet politique. Celui c’est en tout cas le point de vue d’un ami historien dominicain, Roberto Cassa d'un des tenants d’un système de pouvoir dictatorial alors en cours d’implantation, de manifester sans masque ni détour le contrôle total établi sur le territoire et la population qui y vit.

LM : Vous avez une ample connaissance des relations entre les deux pays, les deux États et les deux peuples …

GA : Mais le principal est sans doute revenons yla relation de tout cela avec notre présent, et notre avenir proche .La réflexion, le bilan critique de ce massacre de 1937 nous met en face de véritables constantes dans l’histoire des relations entre nos deux États .et sociétés. Je suis accoutumé à dire qu’il existe un ‘’fil ‘’ d’une histoire de la solidarité entre Dominicains et Haïtiens dans leur lutte commune contre les diverses formes d’oppression , notamment liées aux formes de la domination externe sur nos deux pays. Et il faudra bien qu’un jour historiens et scientifiques du social dominicains et haïtiens s’attellent à mettre en lumière toute cette geste commune qui va du soutien des Haïtiens à la lutte des Dominicains pour la reconquête de leur indépendance contre l’Espagne dans les années 1860-65 à l’appui des démocrates dominicains aux Haïtiens partisans du gouvernement constitutionnel dans la lutte contre le coup d’’Etat militaire encre 1991 et 1997, en passant par la participation d’exilés antiduvaliéristes haïtiens à la résistance patriotique des constitutionnalistes dominicains face aux troupes d’intervention américaines en RD en 1965 , ou encore les réseaux de soutien de cadres dominicains aux révolutionnaires haïtiens des années 60 et 70. Sous ce rapport, la période de la « matanza » aura été également un moment de cette solidarité entre voisins les trajectoires individuelles de deux personnalités connues en notre pays -l’une dominicaine , Jose Francisco Pena Gomez, l’autre haïtienne, Dr. Jeanne Philippe – sont des illustrations de ce fait, l’une et l’autre ayant dû d’avoir la vie sauve à l’intervention agissante de familles dominicaines qui refusaient la « barbarie » à l’œuvre .

LM : Il y a donc des constantes dans ces relations

GA : Il reste qu’au regard de nos préoccupations les plus actuelles 1937 nous donne aussi des indications sur un certain nombre d’autres aspects des relations entre les deux pays, et notamment entre les deux États. Je crois voir à l’œuvre, dès ce moment –là, des éléments de fonctionnement des rapports bilatéraux ou de gestion des termes particuliers de ces rapports qui, sur soixante dix ans, se présentent comme des constantes J’en évoquerai ici trois :
1La place, ou le « sort », des braceros (des ouvriers du secteur sucrier)dans les pratiques de répression des appareils de l’État dominicain. En 1937, selon les historiens dominicains les plus sérieux, les travailleurs migrants de l’industrie sucrière ne sont pas touchés par le massacre. Dans la période la plus immédiatement contemporaine, les braceros ne sont pas concernés –ou guère – par les opérations de « rapatriements » , par les vagues massives de déportations en tout cas .
2Le problème des Dominicains noirs. Divers témoignages existent – le cas emblématique étant celui de Pena Gomez cité plus haut – qui établissent qu’un nombre indéterminé de Dominicains noirs ont été victimes de la « matanza ». Peut-être pourrons nous bientôt rendre publique une correspondance de notre ami, l’ancien ambassadeur dominicain en Haïti , Alberto Despradel, qui apporte là –dessus un éclairage saisissant. Toujours est-il que , dans la période la plus immédiatement contemporaine, dans le cadre des opérations massives de rapatriements -les « redadas»-les autorités dominicaines envoient en Haïti, de façon régulière, une quantité x de ressortissants dominicains de phénotype noir. Vous vous en souvenez peut-être, Le Matin avait alors donné écho au fait , je crois sur les plus de 2400 rapatriés par la frontière de Dajabon-Ouanaminthe pendant le week-end des 13-15 mai 2005, les Jésuites de Solidarité Frontalière avaient dénombré près de quatre-vingt Noirs dominicains en 2-3 jours.
3Enfin, la posture historique des responsables de l’État haïtien vis-à –vis de l’État dominicain en période de tension entre les deux pays .On verra ici que le gouvernement haïtien, sous le mandat du président Vincent , définira face au massacre une position qui consistera en « Krab Ko li ». Au demeurant le président, dans sa lettre au chancelier Léger publiée dans la revue de la Société haïtienne d’Histoire en 1998, dit explicitement sa peur due à sa conscience de l’inégalité du rapport des forces militaires. Mais, il faudra remettre en lumière la déclaration conjointe Balaguer-Carrié , dans les huit-dix jours suivant la vague d’assassinats , évoquant des « incidents » qui étaient survenus dans la zone nord de la frontière « que les ennemis des deux peuples s’évertuaient à monter en épingle ». Balaguer est à ce moment là Chancelier par intérim de la RD et Evremeont Carrié qui deviendra par la suite ministre des Affaires étrangères d’Haïti, est notre ministre plénipotentiaire à Ciudad Trujillo. En temps d’aujourd’hui, qui a jamais entendu une instance d’État de notre pays questionner à propos de Hatillo Palma et tout ce qui s’en est suivi ?
Décidément octobre 1937 nous garde en une actualité bien proche, à beaucoup d’égards. Anpil leson, pa vre ?
vendredi 5 octobre 2007


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MessageSujet: Re: Il y a soixante-dix ans, 1937 : 70 ans après, un devoir de m   Ven 5 Oct 2007 - 12:06

Colonel Jules André avec des rescapés du massacre.

Tiré de la Revue de la société haïtienne d’histoire et de Géographie , No 205, octobre-décembre 2000

Le lundi 28 septembre 1937, je m’étais absenté de ma demeure de grand matin, quand à mon retour vers 9 heures a.m. d’une butte dominant ma maison, j’ai vu pénétrer dans ma cour des militaires dominicains, pilotés par un civil dominicain appelé Antonio Pedro Ramon, habitant la section El Pino de la même commune de Savanette.
Pensant à une arrestation, je les ai laissés partir et ne suis rentré que vers midi. O horreur, je suis tombé sur le plus désolant des spectacles, que pour la première fois ait connu la région. Environ à 200 mètres de la maison, j’ai trouvé jonchés sur le sol, des cadavres dont, seulement pour les membres de ma famille, j’ai compté 18 victimes à savoir:
mon épouse, née E1zina Elma âgée de 40 ans, mon beau-père Ella Pierre-Louis âgé de 80 ans, ma belle-mère Rosina Chéry âgée de 80 ans mes filles Pauline 18 ans et Ciné1ia 14 ans, mon fils Berthil, jeune gosse de 4 ans, mon neveu Telphor Alcimé 35 ans avec 6 enfants, mes cousines Bellemonde Agénor et Bonne Agénor âgées de 40 ans ma belle-fille Casélia Pierre avec 2 enfants.
De ma famille il n’y reste que mon fils Beméus échappé du massacre parcequ’il avait pris la fuite, et moi-même qui, par hasard, me trouvais absent.. Mon fils Beméus se trouve dans un tel état d’abattement qu’il risque de perdre la raison, car il a assisté impuissant à cette tuerie sans pouvoir porter secours aux siens. C’est ce qui l’affole.
Nous avons comme chef de section à El Fundo un nommé Lola Paulina. Ces forfaits perpétrés chez moi se sont étendus chez d’autres voisins et le nombre des victimes se chiffre à plus de 60, tant enfants, femmes et hommes. Comme biens, exception faite de mon modeste mobilier, linges et argent qui ont été pillés par les militaires dominicains, ma fuite livre encore au pillage, mon bétail composé de: 12 taureaux, 13 vaches et plus de 50 gazelles et petits taureaux.
20.2 pouliches pleines, 6 bourriques, 1 mulet
30.15 porcs à l’engrais, 30 truies avec suite
40.un troupeau de cabris de plus de 100 unités 50.un poulailler de plus de 100 poules sélectionnées et plus de 150 poules indigènes.
3 maisonnettes avec dépendances, 60 bottes de pois, près de 300 marmites de 5lbs, 30 boîtes de riz et près de 150 marmites de 5 lbs.
Une grande plantation de riz, pour laquelle j’ai ensemencé 300 marmites de riz.
Un champ planté de vivres de toutes sortes.
Maintenant je suis à la disposition des autorités de mon pays auxquelles je demande protection.
(*) La propriété de Cimé Jean, qui se trouvait à J’origine dans la commlme de Savanette, avait été incorporée au territoire dominicain après les accords frontaliers de 1935 qui avaient consacré la cession d’une partie de cette commune à la République Dominicaine.
vendredi 5 octobre 2007
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MessageSujet: Re: Il y a soixante-dix ans, 1937 : 70 ans après, un devoir de m   Ven 5 Oct 2007 - 12:07

Les causes du massacre
Par Bernardo Vega, historien dominicain

Dans Trujillo et Haïti, volume 1 (1930-1937) Bernardo Vega consacre une large place au massacre de 1937. Voici quelques extraits portant sur certaines causes de l’événement

Plusieurs causes ont entraîné le massacre des Haïtiens d’octobre 1937. Les phénomènes sociaux aussi complexes que celui-ci ont bien plus d’une origine néanmoins, parmi les divers facteurs qui l’ont provoqué, nous pensons que l’un des principaux fut l’aspiration séculaire des Dominicains à blanchir leur race.
Nous avons déjà vu que l’idée de promouvoir l’immigration des Blancs fut le commun dénominateur des principaux penseurs dominicains de la deuxième moitié du XIXe siècle et des trente premières années du XXe. Nous avons montré qu’en 1925, au moment du départ des Marines américains qui, pendant l’occupation, avaient encouragé l’importation de coupeurs de canne étrangers, le Parti nationaliste lutta pour interdire l’immigration des coupeurs de canne haïtiens. La plupart des intellectuels nationalistes des années 20 soutinrent aux élections présidentielles de 1924 le candidat Francisco J. Peynado. Après l’échec de ce dernier, ils devinrent les ennemis politiques du président Horacio Vâsquez, qui n’avait d’ailleurs que très peu d’intellectuels de son côté. Beaucoup de ces intellectuels nationalistes appuyèrent le renversement du gouvernement de Vâsquez en février 1930, ou ne s’y opposèrent pas, et se rangèrent du côté de Trujillo.
(….)
Trujillo se nourrit des idées de ces intellectuels pour encourager l’immigration de Blancs, pour essayer d’expulser les Noirs et pour définir la frontière et la dominicaniser.
Cependant, comme nous l’avons déjà vu, pendant les sept premières années de son gouvernement, Trujillo ne permit pas que l’on attaquât, dans la presse ou à la radio, le gouvernement et le peuple haïtiens. (…) La politique officielle du dictateur, de 1930 à 1937, fut d’encourager un discours politique plein de continuelles louanges au peuple et au gouvernement haïtien. La propagande officielle ne disait que du bien du peuple haïtien, tout en faisant allusion aux malentendus du passé. Par conséquent on ne peut attribuer le massacre à une augmentation de l’anti-haïtianisme, exprimé de façon ouverte ou voilée dans la propagande ou la politique officielle, chez les Dominicains.
Mais bien que la politique officielle, au niveau du discours politique, n’encourageât pas l’anti-haïtianisme, les actions du gouvernement, en revanche, prouvaient qu’il cherchait à blanchir le pays.
Trujillo, en 1931, continua le programme d’implantation de colonies frontalières commencé par Horacio Vasquez. Il ne prêta pas non plus attention aux plaintes du Ministre plénipotentiaire haïtien à propos de mauvais traitements dont étaient l’objet les coupeurs de canne originaires d’Haïti. (…) Au début de l’année 1936, Trujillo prit une décision qui, s’il eût pu résister aux pressions et la mettre en pratique, aurait provoqué le retour dans leur patrie de tous les Haïtiens el les Cocolos résidant en République dominicaine, liés ou non à l’industrie sucrière. En effet, la loi d’immigration de 1932, si elle eût été appliquée, eût obligé à dominicaniser la coupe de la canne à sucre. Cependant Trujillo fléchit face aux pressions de la Légation américaine et des propriétaires d’usines à sucre. Lors des discussions avec les Américains sur les raisons de cette loi, les propos racistes du ministre des Relations extérieures Max Henriquez Ureña sont notoires. Il dit sans hésiter que le sang noir portait préjudice aux traditions et à la culture hispanique des Dominicains.
Le départ des coupeurs de canne haïtiens et des Cocolos aurait fait augmenter les salaires dans l’industrie sucrière, pour attirer ainsi les coupeurs de canne dominicains, comme à Cuba dans les années trente, au moment de l’expulsion des coupeurs de canne haïtiens. Mais les quelques milliers d’Haïtiens que Trujillo déporta en 1932 n’étaient pas coupeurs de canne dans les usines à sucre. Cependant ce fut la première mesure efficace pour réduire la présence haïtienne en République dominicaine. En 1933, le dictateur s’opposa, pour la première fois dans l’histoire des relations dominicano-haïtiennes,à l’établissement d’un accord entre les deux gouvernements pour réglementer le trafic des coupeurs de canne. Il préféra que l’on continuât l’ancienne pratique d’accords entre les propriétaires des usines à sucre et le gouvernement haïtien. Néanmoins il établit une loi sur la «dominicanisation de l’industrie sucrière» qui obligeait les usines à sucre à utiliser au moins 70% de main d’œuvre dominicaine. Trujillo, par cette mesure, imitait les Cubains qui, à la même époque, firent passer une loi similaire. Mais à la différence des Cubains, qui firent appliquer leur loi et déportèrent les Haïtiens, Trujillo céda aux pressions des usines à sucre et de la Légation américaine: il donna à chaque usine à sucre une autorisation annuelle la dispensant de respecter la règle des 70% de main d’œuvre dominicaine. Cette dispense devint par la suite une pratique. En 1933, comme en 1932, il prit des mesures pour expulser les coupeurs de canne à sucre étrangers du pays, mais, à cause des mêmes pressions, il ne les appliqua pas.
(…)
En 1934, Trujillo établit une loi destinée à encourager l’immigration de paysans blancs dans la zone frontalière, mais sans grand résultat. Le recensement de 1935 montre une augmentation de la proportion des Noirs et une réduction de la proportion des Blancs dans la population dominicaine. Ce recensement prouvait que le blanchissement racial ne réussissait pas, au contraire. Une des raisons était qu’il n’y avait pas d’immigration blanche et qu’en même temps il existait une importation, légale et illégale, d’Haïtiens et de Cocolos. Malgré cela, Trujillo, sous la pression des usines à sucre et même des colons sucriers, continuait à concéder des dérogations à l’obligation des 70% de main d’œuvre dominicaine.
(…)
Cette préoccupation à propos du noircissement de la population est évidente, aussi, en 1936, car Trujillo essaya de faire venir en République dominicaine des immigrants portoricains et juifs, mais sans succès. Les usines à sucre et la légation américaine n’arrêtaient pas leurs pressions et le dictateur continuait à rendre encore plus souple la loi de dominicanisation de la coupe de la canne à sucre en maintenant la pratique de concéder des dispenses.
Les premiers neuf mois de 1937 correspondent à la période où l’on fit les efforts la plus importants pour promouvoir l’immigration blanche et l’expulsion pacifique des Haïtiens. L’échec de cette dernière influa grandement sur la décision du massacre, en octobre de la même année.
(…)
La pénétration légale et illégale d’Haïtiens s’accélérait, car, tandis que l’on dispensait encore les usines à sucre d’employer un minimum de 70% de coupeurs de canne dominicains, un nombre croissant d’Haïtiens passait la frontière, à cause du retour des coupeurs de canne haïtiens qui avaient été expulsés de Cuba et de la situation économique dominicaine relativement meilleure que celle d’Haïti.
Ce fut début 1937 que Trujillo découvrit le trafic de quelques officiers de son armée qui, au lieu d’empêcher la pénétration illégale d'Haïtiens à travers la frontière, vendaient des coupeurs de canne aux usines à sucre.
Les rapports sur les vols et la contrebande frontalière augmentèrent aussi. Trujillo réagit en prenant deux mesures: il réduisit le nombre des coupeurs de canne que pouvaient importer les usines à sucre en diminuant les dispenses relatives à la loi des 70%, et de passer une nouvelle loi qui impliquait l’obligation de déporter la plupart des haïtiens coupeurs de canne ou non, qui résidaient dans le pays. C’était la loi d’Enregistrement des étrangers de juillet 1937. Tout étranger qui ne pouvait pas obtenir dans son consu1at, de certificat de naissance et de citoyenneté serait déporté ou envoyé travailler dans une colonie agricole.
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MessageSujet: Re: Il y a soixante-dix ans, 1937 : 70 ans après, un devoir de m   Ven 5 Oct 2007 - 12:08

qui la responsabilité ?
Par Damien François

C’est en octobre 1937 que plusieurs milliers de femmes, d’hommes et d’enfants haïtiens ont été sauvagement massacrés à la frontière dominicaine sur l’ordre du dictateur Trujillo.
Ces malheureuses victimes étaient parties à la recherche du pain quotidien chez le voisin. Le gouvernement de Sténio Vincent se contenta d’une maigre réparation et l’affaire a été vite étouffée. Quatre ans plus tard en 1941, Trujillo eut l’opportunité de favoriser la montée de Elie Lescot au pouvoir.
Aujourd’hui, 70 après un tel drame, les élites politiques, économiques et intellectuelles doivent s’interroger sur leurs rôles et leurs responsabilités face à un peuple en détresse qui continue de fuir le pays dans des conditions difficiles
pour trouver un mieux-être ailleurs. On ne saura jamais la
quantité d’Haïtiens ,jeunes pour la plupart, partis sur de frêles embarcations vers les rives de Floride et qui ne sont jamais arrivés à destination.
Malgré l’horreur des bateyes et les expulsions massives organisées régulièrement depuis 1991 par les autorités dominicaines, nos paysans tenaillés par la misère et la faim continuent encore de passer à l’Est.
Cette fuite d’Haïti, fuite de jeunes paysans et de jeunes cadres, véritable hémorragie pour le pays prend plusieurs significations.
D’abord, ces émigrants fuient un pays qui ne leur donne aucune perspective de travail pour gagner leur vie décemment.
Or, le pays,petit il est vrai,27.750 kilomètres carrés, déboisé à l’extrême,possède , malgré tout des atouts non négligeables.
L’agriculture se fait encore dans des conditions très précaires.
Avec un encadrement sérieux de l’Etat, encadrement en petites écoles de techniques agricoles, écoles de cultures maraîchères ( légumes), de cultures fruitières, de cultures céréalières,écoles d’apiculture (abeilles) écoles d’éleva ge,écoles de pêche, encadrement en machines agricoles, encadrement commercial et financier, Haïti pourrait être en mesure de nourrir sa population et d’exporter des surplus.
Les ressources minières éparpillées dans tout le pays ne sont pas exploitées. Depuis 1974, des géologues allemands ont révélé l’existence dans le Nord du pays d’une importante mine de cuivre allié à l’or ,à l’argent ,au zinc et au molybdène.
Les travaux ultérieurs du BRGM français (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) moisissent dans les Archives du Bureau des Mines.
Quant au potentiel touristique, il est presque vierge. Les atouts d’Haïti sont considérables : plages d’une beauté paradisiaque comme à Labadie (Cap), Chouchou-Bay (Borgne), la côte des Arcadins, Pointe-Sable (Port Salut), Raymond-les-Bains
(Jacmel), des îles ,véritables écrins dans la mer, des paysages nvoûtants comme la côte Baînet-Jacmel avec surtout la région de Brésilienne ,la côte Corail-Pestel, des grottes splendides comme Counoubois à Camp-Perrin ou Séjourné à Baudin sur la piste conduisant de St Etienne à Baînet les forts et
les innombrables sites coloniaux…Mais pour rentabiliser ces atouts, il faut la sécurité, de bonnes routes et ponts, de l’électricité et une gouvernance sérieuse capable de mettre tout en œuvre pour attirer et stimuler des investissenments nationaux et étrangers. En second lieu, nous devons prendre conscience que
le massacre se poursuit de nos jours , en Haïti chez nous et ailleurs.
Arrêtons donc, comme nous l’avait conseillé l’historienne Catherine Eve di Chiara dans Dossier Haiti, « arrêtons donc de donner au monde la preuve de notre endurance illimitée à la misère ». Les élites doivent prendre leurs responasbilités. Après deux cents ans de politique néfaste, le moment est venu d’orienter notre pays sur la voie d’un véritable développement où toutes nos ressources humaines de
l’intérieur et de la diaspora, nos ressources matérielles seront employées rationnellement pour construire une économie viable, compétitive, capable de tenir une place honorable dans la mondialisation actuelle. Nos voisins, les Dominicains ont fait de sérieux efforts pour sortir leur pays du sous-développement.Un petit exemple : un seul hôtel à Samana offre une quantité de chambres équivalente à la capacité hôtelière de toute la République d’Haïti.
Haïtiens et Dominicains ont aujourd’hui la lourde responsabilité de transformer cete île en Perle des Antilles qu’elle a été autrefois de façon à ne pas répéter l’horreur
d’octobre 1937. Nous devons construire un édifice politique, économique et social basé sur la paix sociale, l’union, le sens de la responsabilité, le respect des droits humains et la recherche du bonheur pour tous. Haïtiens et Dominicains peuvent offrir au monde l’exemple de deux peuples unis dans la bataille pour un développement durable et solidaire.
vendredi 5 octobre 2007
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MessageSujet: Re: Il y a soixante-dix ans, 1937 : 70 ans après, un devoir de m   Ven 5 Oct 2007 - 12:18

C'est bien de rappeler ce massacre de nos paysans ,mais il faut exiger du gouvernement qu'il s'occupe en tout premier lieu des besoins de la paysannerie haitienne pour que jamais nos agriculteurs ne soient victimes des prejugés de ces nègres aliénés qui haissent la couleur de leur peau.

oui nous voulons vivre en harmonie et en paix avec nos voisins,mais faut-il que ce desir soit reciproque des deux cotes de la frontière.Chaque gouvernement a une responsabilite dans la perpetuité de cet esclavage qui avilisse les deux peuples.l'elite haitienne ,je ne parle pas seulement de l'elilite des avoirs mais aussi bien du savoir qui gouverne le pays depuis 60 ans et qui meprise nos frères et soeurs de l'arrière pays.Comment expliquer cette attitude du docteur anthropologue qui consentit de marchander nos paysans aux negriers dominicains?S'il faut blamer les negriers dominicains pour leur sauvagerie et barbarie ,la faute revient aussi a cette elite repugnante.Pourquoi un homme de l'acabit de Stenio Vincent accepta cette pitance pour l'assassinat des haitiens?Les dominicains nous respecteront le jour ou nous cesserons de mepriser nos paysans.le jour ou nos frères et soeurs n'auront plus le besoin de se rendre en dominicanie pour trouver leur pain quotidien.
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MessageSujet: Re: Il y a soixante-dix ans, 1937 : 70 ans après, un devoir de m   

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