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 Agriculture: La filiere du cafe

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gwotoro
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MessageSujet: Agriculture: La filiere du cafe   Ven 3 Nov 2006 - 22:39

Extraits de l'article Dits et non-dits de Ernst Bennett paru dans le Nouvelliste en date du 3 novembre 2006.

[...]Le président Préval et le café haïtien

Notre article «Requiem pour le café» a eu l'effet escompté : personne ne comprend qu'on ait laissé péricliter le café au point que le pays a atteint le stade de critique : fermeture des exportations pour quantité insuffisante.

Nous devons reconnaître pourtant que le Président Préval a fait de son mieux pour valoriser le café haïtien et qu'il a réussi à le hisser au stade de «Blue Mountain» de la Jamaïque qui se vend dix fois plus cher que le café ordinaire. Malheureusement, les exportateurs, au lieu de profiter de ces prix alléchants pour accroître leurs achats, ont laissé filer le café en République Dominicaine. Il y a quatre ans, j'avais même publié un reportage dans Les Dits signalant que les acheteurs de ce précieux café, exploités par des coopératives, étaient aussi dédaignés par les autres exportateurs.

Quand je pense qu'entre 1984 et 1985, j'achetais autant de café en République Dominicaine qu'en Haïti, j'ai dû mal à comprendre ce désintérêt de mes collègues exportateurs pour une denrée qui, favorisée par les prix astronomiques décrochés grâce aux efforts de Préval, pourrait devenir notre plus grand fournisseur de devises pour les produits agricoles.[...]
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MessageSujet: Re: Agriculture: La filiere du cafe   Ven 3 Nov 2006 - 22:49

Encore un extrait d'un autre article de ce monsieur Bennett paru le 27 octobre 2006

Requiem pour le café


J'en suis tout abasourdi : le désastre irréparable que j'avais prédit avant mon départ d'Haïti en 1986 et à mon retour en 1992 frappe aujourd'hui le pays tout entier : le café, son assiette économique, réduit cette année à une exportation de 24.000 sacs n'intéresse plus les importateurs étrangers. Ils se sont tournés vers d'autres «origines». Aussi, tous les exportateurs ou les quatre qui pratiquaient encore ce commerce ingrat ont décidé d'arrêter toute exportation de cette denrée qui jadis faisait la prospérité d'Haïti.
Jugez-en amis lecteurs : jusqu'à la période 1965 - 70, Haïti exportait encore 800 mille sacs de café sans compter l'approvisionnement du marché local. En 1986, on pouvait encore compter sur 400.000 sacs. Source de devises par excellence, la taxe ad valorem sur le café rapportait aussi des millions de dollars au fisc...Depuis l'année dernière, c'est en sacrifiant la consommation locale qui s'approvisionne à Miami et à d'autres torréfacteurs de Port-au-Prince, qu'on a pu exporter seulement les 24.000 sacs...

Comment en est-on arrivé à cette catastrophe ?

Pour éviter toute concurrence déloyale entre exportateurs, ils avaient fondé la ASDEC, l'Association des exportateurs de Café. Un quota était dévolu à chaque exportateur suivant l'importance de ses exportations durant les trois dernières années. Tout dépassement de quota était pénalisé sous la forme d'une pénalité d'environ 12 dollars par sac à payer, à l'association. Malgré cette pénalité et les fortes valeurs que j'étais contraint de payer, je demeurai jusqu'à mon départ le premier exportateur de café du pays tout entier.

Avant de partir, je suggérai aux membres de ne rien changer à la ASDEC qui, durant des années, avait fait la preuve de son efficacité. Non seulement mes conseils n'ont pas été suivis, mais en plus les plus importants exportateurs, à l'exception de Wiener et Baptiste, fondèrent une autre société qui avait pour mission d'acheter tout le café dans un site unique dont les locaux, glacis et salles de machines étaient situés à l'intérieur de Delmas. Les prix du café s'effondraient à l'extérieur, l'embargo se mettant de la partie, cette nouvelle société commença à perdre de l'argent. Je me rendis alors à Port-au-Prince après la visite de mon usine de torréfaction à Paris par les Novella Zéphyr, et autres exportateurs haïtiens qui virent de leurs yeux une usine moderne et une production abondante de café torréfié écoulée à un prix trois fois plus élevé que le café haïtien expédié en Europe...

Sur ces entrefaites je retournai en Haïti et leur fis les propositions suivantes:

Sans aucun débours

1) Vous devenez propriétaire de 50 % des actions de la Société internationale de torréfaction la (SIT) mais vous prenez à votre charge les dépenses pour le développement de cette Société dont les ventes sont sans limite parce que notre café Volupté avait décroché la médaille d'or du meilleur café de France. Les exportateurs me firent remarquer que le pays ne produisait plus que 200.000 sacs. Qu'à cela ne tienne, répondis-je. Volupté a gagné ce prix sur la base d'un mélange harmonieux de 50 % du meilleur Brésil, 25 % du meilleur Robusta d'Afrique et 25 % de café haïtien. Et là encore, leur dis-je, je mets à votre disposition nos milliers de carreaux de terre de la région du Borgne, car c'est au Borgne que l'on trouve, selon Moreau de St-Mery, le meilleur arabica du monde...

A la réunion de la ASDEC, tous apprécièrent mon dévouement, sauf un producteur de café torréfié qui dirigeait l'ASDEC et qui exigeait que l'usine produise en Haïti. Et comme les autres membres n'ont pas souligné une pareille absurdité, parce que la législation du travail favorise en France la production locale qui créé des emplois, sans compter d'autres ennuis pour l'approvisionnement d'autres origines pour le mélange, après une correspondance avec mon ami Fritz Brandt à qui je prédis la faillite imminente de la ASDEC survenue deux ans après, j'arrêtai tout accord de coopération avec cette société.

Quand je pense qu'aujourd'hui, si on avait suivi mon conseil, on aurait eu des milliers de carreaux de terre plantés en café, une production mensuelle d'environ six cents mille kilos de café qui, avec un profit net de 6 dollars par kilo, nous aurait rapporté 3 millions six cent mille dollars US par mois, je me dis que ce pays n'a vraiment pas de chance.

A un ami qui avait déjà lu un rapport analogue dans les années 98 et qui disait que j'avais tort de choisir des citoyens qui pensent que j'avais «confondu la vision d'une vérité avec la démonstration de cette vérité», je répondis : «Sans la démonstration de cette vérité là, j'aurais mauvaise grâce à relater les raisons qui précipitent l'agonie de la denrée la plus célèbre de mon pays : le café.»
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MessageSujet: Re: Agriculture: La filiere du cafe   Ven 3 Nov 2006 - 23:27

Haiti : Du café exporté vers la Rép. Dominicaine pour 15 millions de dollars, « de manière complètement informelle »

P-au-P, 22 nov. 05 [AlterPresse]
--- Entre 60.000 et 160.000 sacs de 60kgs de café vert haitien, d’une valeur d’environ 15 millions de dollars américains, passent annuellement la frontière vers la RÉpublique Dominicaine, selon l’agronome Gilles Damais de l’Institut de Recherches et d’Application des Méthodes de Développement (IRAM).

Dans le cadre du Laboratoire des Relations Haitiano-Dominicaines (LAREHDO), Damais a effectué des recherches en vue de mieux connaitre les circuits d’exportation du café haitien vers la Republique Dominicaine et réfléchir sur les mesures à prendre pour mieux valoriser ce débouché.

Ces chiffres, completement sous-estimés, font de la République voisine le principal partenaire commercial d’Haiti pour ce qui est du commerce extÉrieur du café, souligne Gilles Damais. Cependant, cette exportation est effectuée « de manière complètement informelle », ajoute-t-il.

Le responsable de l’IRAM indique que durant les années 1980, Haiti importait du café dominicain. « Il était à ce moment-làplus intéessant pour la filière haitiennne d’importer du café dominicain, mais ca n’a duré que deux ans », rappelle-t-il.

Durant les 15 ou 20 dernières années, le café consommé en République Dominicaine est celui d’Haiti. On estime qu’à peu près la moitié de ce café provient du Sud-est (Thiotte, Fond Jean-Noel, Macary), un quart provient de la Grand’Anse avec un circuit commercial très bien établi depuis Beaumont en passant par Jérémie vers Port-au-Prince, ensuite Belladère, avant d’arriver en République voisine.

Selon Gilles Damais, le prix de la livre de café haitien varie selon la région, selon son enclavement et selon la période. Plus la région est enclavée par rapport au marché du café, plus les prix seront bas. Plus la concurrence est élevée comme à Thiotte, ou¹ la livre de café vert passait de 30 gourdes à 40 gourdes en février 2005, plus les prix sont élevés.

En novembre 2004, l’intermédiaire transfrontalier haitien revendait le café de Beaumont À 36 gourdes la livre (avant frais financiers) À son contact dominicain. En avril 2005, il passait À 43 gourdes.
L’intermédiaire transfrontalier réalise une marge nette de 1,2 gourdes sur chaque livre de café achetée à la capitale à des marchands du circuit Jérémie/Port-au-Prince. Cette situation est due à l’enclavement de cette commune du département de la Grand’Anse ou¹ les routes sont dans un État critique.

« Dans la région de Beaumont relativement éloignée de la République Dominicaine, on a des prix qui démarrent en pleine campagne à un niveau relativement bas (20 gourdes), mais qui atteignent en fin de campagne les 40 gourdes la livre », précise Gilles Damais. De son coté, en plus de le consommer, la République Dominicaine réexporte le café haitien semi torréfié à des firmes portoricaines. Pour leur part, ces dernières en revendent une partie sur le marché mondial, sous forme de café vert, selon l’Étude du LAREHDO.

La torréfaction, à l’échelle industrielle, de café de qualité pourrait être envisagée en Haiti, selon l’étude, qui admet, toutefois, que la perte du débouché dominicain aurait certainement des conséquences néfastes À la fois sur les revenus des producteurs haitiens, les surfaces en café et, en dernier lieu, sur l’environnement haitien.

« Le commerce de café avec la République Dominicaine n’est pas un phénomène nouveau, il date déjà d’une trentaine d’années », selon le LAREHDO.

« La production de café en République Dominicaine connait une tendance à la baisse depuis une vingtaine d’années », en raison de la faible rentabilité par rapport à d’autres opportunités de cultures pour l’exportation, des difficultés d’accès à la main d’oeuvre pour la récolte et des catastrophes naturelles qui se sont produites dans la région. [do gp apr 21/11/05 01:00]
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Rodlam Sans Malice
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MessageSujet: Re: Agriculture: La filiere du cafe   Sam 4 Nov 2006 - 14:19

Ces textes très informatifs sur la détérioration de l'exportation du cafè montre ,s'il etait encore nécéssaire ,les causes de la régression de l'economie haitienne.Mais comment a-t-on laissé pericliter ce commerce qui faisait la fortune de beaucopup des grandes familles haitienes:Les Bennett, les Novella,au Nord ,les Baptiste,les Madsen au Sud'est ,les Lavaud dans la grand'Anse.

Je pense que malgré son passé Ernest Bennet devrait etre un conseiller du President Preval.Son retour au pays prouve son grand amour pour son pays.
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