Insertion demandéeLettre ouverte à Son Excellence M. René Préval
Président de la République d'Haïti

Monsieur le Président,
Au nom de la République dont vous êtes le garant constitutionnel,
Au nom du Drapeau Bleu et Rouge légué par les pères de la Patrie, sous la bannière de laquelle les Citoyens que nous sommes ont droit à la vie, à la santé, au bien-être de nos familles et à la sécurité de nos biens matériels sous la protection des lois et des institutions de notre pays.
Je viens, pour satisfaire aux requêtes pressantes de plusieurs citoyens honorables de mon quartier, solliciter votre protection dans une affaire sordide qui porte préjudice à notre pays, notre communauté, nos enfants et nos petits-enfants. Cause qui ne nous paraît pas pouvoir être résolue sans l'appui de votre haute autorité.
Nos voisins les plus proches, Gérard ALLEN et Geneviève Pothel ALLEN, au mépris des principes moraux, de l'éthique, et des règles écologiques se sont associés à la COMCEL pour héberger une antenne relais de communication dans la cour et jardin de leur résidence, à 2m du mur mitoyen séparant nos deux maisons.
Cette antenne relais, d'une hauteur d'environ 15m et porteuse de récepteurs à micro-ondes courtes, reconnue nocive et cancérigène, et dont les faisceaux sont dirigés vers ma résidence, est placée à 3m de rayon de l'aire de jeux de mes petits-enfants et à quelque 5m de leur chambre.
Mon père, le Dr Daniel Beaulieu, radiologue, interne de l'institut Marie Curie (France), ayant travaillé toute sa vie dans les rayons X, était convaincu de la nocivité des ondes éléctro-magnétiques. Il a d'ailleurs payé cher les conséquences par la dégénérescence précoce de la Macula de l'oeil. Il est mort aveugle.
Notre mère, est récemment décédée d'un glioblastome (forme rarissime, et très agressive de cancer du cerveau) qui l'a emportée en cinq (5) mois dans des souffrances dont je tairai l'ampleur par respect pour sa mémoire.
Les dix (10) familles de notre paisible impasse résidentielle qui ont signé le 25 octobre dernier, la pétition adressée aux instances étatiques concernées (le CONATEL) par notre protection n'ont eu droit à aucune réponse.
Nous dénonçons ici la COMCEL qui, profitant d'un vide juridique et en violation des lois naturelles de la protection de l'environnement, corrompt immoralement des pauvres familles en les invitant contre quelques poussières de dollars, à héberger des antennes dans leur sein.
Nos quartiers populaires en sont déjà bondés et les résidents inconscients du danger de ces antennes relais porteuses de cancer et d'autres maladies dégénératives s'attaquant jusqu'au foetus, se tuent à petit feu sans en mesurer les conséquences graves de leur complaisance. Ces implantations nombreuses soumettent en permanence la population à l'influence de champs éléctro-magnétiques qui atteignent souvent plusieurs centaines de micro-watts par Km2.
Le pédiatre de mes enfants a déjà remarqué des cas fréquents d'hémorragie nasale chez des petits patients des quartiers défavorisés vivant à proximité de ces antennes. Il observe avec attention ce phénomène avant de le rapporter aux autorités sanitaires. J'ai effectué des recherches approfondies sur la nocivité de ces antennes auprès des chercheurs de la CNRS dont voici un extrait :
« Une antenne relais émet et transmet des ondes à très haute fréquence, dites micro-ondes, qui, au-delà d'une certaine puissance, se transforme en chaleur. Cette résonance magnétique génère des tumeurs cancéreuses, leucémie, cancer du sein, des testicules, du cerveau et la dégénérescence tissulaire de la rétine, de la cornée et de l'iris. Cette irradiation pulsée, même très faible, affecte les taux de la mélatonine, une hormone ayant un puissant effet de protection contre certains types de cancer. »
Même quand on veut nous faire croire, en Haïti, que la nocivité de ces rayonnements est nulle, en l'absence patente de réflexions scientifiques, dans notre milieu, la précaution minimale exigerait l'établissement de normes fixant le périmètre de sécurité autour des stations à cent mètres (100m) d'une zone d'habitation ou à deux cents mètres (200m) des écoles, hôpitaux, ou maison de retraite.
Monsieur le Président,
Sans m'opposer au progrès de la communication, dont je suis d'ailleurs une militante professionnelle, j'estime que l'Etat devrait légiférer de toute urgence sur cette pratique malsaine de la COMCEL qui gagne en proportion sur toute l'étendue du territoire.
En France, plusieurs communes : Cannes, Grasse, Villeneuve, St-Raphaël, Mougins, etc. ont promulgué des arrêtés réglementant l'installation des antennes relais et France-Télécom a été condamnée le 27 mars dernier, à démonter une antenne dans la commune de Morbihan en raison de l'atteinte « pour trouble anormal du voisinage ».
L'appât du gain facile ne peut autoriser ces multinationales à fonctionner comme en pays conquis et condamner les Haïtiens à une mort lente au mépris des normes écologiques et sanitaires. Dans les pays organisés, les associations de défense des consommateurs revendiquent : l'obligation d 'un permis pour toute pose d'antenne, l'information préalable des riverains et le respect d'un périmètre de sécurité autour des antennes relais (100m à 300m).
Le Sénat de la République Française au cours de débats parlementaires sur la protection de la population résidant à proximité des stations radioélectriques de téléphonie mobile a fait insérer dans le chapitre 3 du code de la santé publique française,
« L'art. 1333-15. - Il est interdit d 'installer une station de radio de fréquence de Téléphonie mobile sur le toit ou à moins de 100m d'une zone d'habitation ou d'un bâtiment sensible lorsque son faisceau est dirigé dans la direction de ces mêmes bâtiments. »
En vous priant de croire, que je me serais bien abstenue de vous interpeller s'il ne me paraissait indispensable d'alerter votre haute attention sur cette affaire particulièrement délicate et attentatoire à l'intérêt général. Je demeure disponible, à toute convocation ou appel pour clarifier ma position et celle de mes voisins et vous prie d'agréer, Monsieur le Président de la République, l'expression de mes sentiments patriotiques.
Françoise Beaulieu THYBULLE
Master of Librairy and Information Sciences (M.L.I.S)