Un parc exclusivement dédié à six leaders haïtiens à Montréal. Du jamais vu en Occident
Par Donald Jean - Correspondant InfoHaiti.net (Montreal, Canada)
(Canada-Haïti/Politique-Claude Boucher)

Les Haïtiens vont se doter de leur propre parc d’attraction un demi-siècle après leur arrivée au Québec. Et Montréal deviendra ainsi la première ville occidentale à abriter les statues de six des plus grands leaders ayant donné naissance à Haïti, la première république noire du monde. Les travaux ont déjà démarré, selon ce qu’a constaté, sur place, un journaliste de l’agence de presse «InfoHaiti». Des ouvriers travaillant pour le compte de la firme québécoise «Objectif Paysage» s’affairent en vue d’achever l’ouvrage le 18 mai 2007.
Le 18 mai étant un jour chargé de symboles pour les Haïtiens. Dans le calendrier national, il demeure un jour férié où l’on commémore la fête du bicolore haïtien (bleu et rouge) et la fête de l’université.
Des choix non partisans
Les Haïtiens se chamaillent ordinairement autour du leader ayant le plus mérité de
la patrie. Toutefois, les organisateurs ont eu l’ingéniosité de régler ce problème en choisissant une brochette qui puisse apparemment plaire à tout le monde.
On y retrouve, par exemple, Toussaint Louverture, dénommé «le précurseur de
l’indépendance» haïtienne, l’empereur Jean-Jacques Dessalines, le premier chef
d’État d’Haïti. Le guerrier qui a su matérialiser le projet inachevé de Toussaint
Louverture.
Le général Alexandre Pétion est également de la partie. Celui-ci compte pas mal
d’admirateurs. Il régnait dans l’Ouest et dans le Sud du pays après l’assassinat
du «père de la patrie», Jean-Jacques Dessalines.
Cependant, le choix du général Pétion pourrait déplaire à un certain nombre d’Haïtiens si le nom de Henry Christophe n’avait pas été retenu. Car, en régnant dans l’Ouest et le Sud, le général-président Pétion avait ainsi bloqué l’expansion de la royauté dans le nouveau pays.
La royauté a été instaurée dans le Nord par le général Henry Christophe, dénommé «le roi bâtisseur» pour avoir construit d’immenses châteaux, des forts et des palais, dont «Sans Souci», «la Citadelle Laferrière». Il est aussi surnommé «le civilisateur» pour avoir légué un héritage qui fait la fierté des «gens du Nord».
À côté de ces 4 hommes figurent les statues des deux rares femmes ayant marqué la
naissance de cet État de la Caraïbe. Il s’agit tout d’abord de Catherine Flon, la femme devenue célèbre pour avoir cousu le premier drapeau haïtien.
Ensuite, le lieutenant Sanite Bélair, une jeune femme qui a vaillamment lutté aux côtés de son mari Charles Bélair, promu général. Ce dernier s’était soulevé contre l’expédition du général français Leclerc
Bon accueil dans la communauté
Une première activité se déroulant les 18 et 19 novembre derniers a permis aux
organisateurs de mesurer le feed-back de leur initiative auprès de la communauté
haïtienne.
Là où ces derniers espéraient voir environ 250 personnes répondre à leur invitation
sur les lieux où seront érigées les statues, ils étaient plus de 700 personnes à faire le déplacement en une journée, a révélé à l’agence de presse «InfoHaiti», Magalie Laville, responsable des communications dudit projet.
Mme Laville dit avoir pu chiffrer avec précision ce nombre inattendu de visiteurs en prenant le soin de distribuer des tickets à chacun des visiteurs qui se présentaient sur les lieux le samedi18 novembre dernier.
Une journée qui n’a pas été choisie au hasard non plus, puisque le 18 novembre rappelle l’anniversaire (le 203e) de la «Bataille de Vertières». Une étape cruciale dans la victoire de l’armée indigène sur les troupes françaises de Napoléon Bonaparte. Bataille qui a abouti à la naissance à l’État d’Haïti le 1er janvier 1804.
Pourquoi le public est-il sollicité?
En entrevue à «InfoHaiti» un autre collaborateur à ce projet, Carmin Dufour, informe que l’érection de ces statues dans la grande cour de la «Perle retrouvée» rentre dans le cadre de la campagne de financement 2006/2007.
Car, cette église, vidée de ses fidèles, a été achetée il y a 4 ans, comme la tendance le veut ces derniers temps au Québec, pour la somme de 700 000 dollars CAN. Un montant de 425 000 a jusque-là été décaissé par «la Perle retrouvée».
Avec cette «Place de l’unité», on sollicite la participation du public afin que les 275 000 dollars restants puissent être acquittés. Les gens sont donc invités à acheter des plaques de bronze qui seront gravées à leurs noms. Ces plaques vont par la suite être placées sous les socles des statues en question.
Le prix des plaques varie en fonction du personnage choisi. Le coût change également si un admirateur veut que son nom figure sur la façade (avant ou arrière) de la statue, a toutefois précisé M. Dufour.
Pour plus d'infos, visitez le site: www.placedelunite.com