« Combattre l'exclusion pour un apaisement social »
Le Nouvelliste, 6 decembre 2006
« Combattre l'exclusion pour un apaisement social», est le cri lancé par le ministre des Affaires sociales et du Travail, Gérald Germain, face à la dégradation des conditions sociales de la grande majorité du peuple haïtien. « Sur chaque 100 personnes, 80 vivent avec moins de deux dollars par jour », a déploré le ministre Germain à l'émission "Prima Info" de la Primature. Au cours de cette émission d'intérêt public, le ministre a évoqué le taux de chômage extrêmement élevé du pays.
« C'est une situation sociale délétère caractérisée par la violence, les conflits larvés, conséquences de nos actions politiques au cours de ces dernières années qui ont fragilisé la société, marginalisé tout un pan de la société et décapitalisé les différentes couches, a analysé le ministre Gérald Germain. L'essentiel maintenant, c'est de sensibiliser tous les secteurs - peu importe leur appartenance politique et sociale sur la nécessité d'un climat de paix, condition indispensable aux investissements, à la création d'emplois. »
Abordant la problématique des enfants des rues, le ministre des Affaires sociales et du Travail a avancé des chiffres alarmants. « Il y a 500 mille enfants en âge scolaire qui sont dans la rue du fait que les autorités concernées ou leurs parents n'ont pas de moyens pour les envoyer à l'école, a-t-il regretté. Donc, il est nécessaire que le MAST intervienne pour mieux coordonner les actions des différentes organisations travaillant dans ce secteur. »
« Constatant les faibles résultats obtenus depuis plusieurs années par ces institutions, l'Etat doit définir une politique globale visant à protéger les enfants et améliorer leurs conditions de vie », a déclaré le ministre Germain qui répondait aux questions de Pierre-Raymond Dumas, directeur du Bureau de l'unité de communication, de relations publiques et de presse de la Primature.
Il a annoncé que les actions présentes et futures de son ministère portent sur le renforcement des structures déjà existantes (IBESR/ centre d'Accueil de Carrefour) et la création d'un réseau de Centres pouvant accueillir un grand nombre d'enfants des rues. Il existe aujourd'hui dans le pays beaucoup plus d'enfants dans les rues, a déploré le principal responsable des Affaires sociales et du Travail. Ce travail, dit-il, doit se faire en collaboration avec les autres secteurs évoluant dans les domaines de l'éducation et de la santé, entres autres.
La lutte contre la faim
La création d'une chaîne de restaurants communautaires un peu partout dans le pays, constitue l'un des axes prioritaires du plan d'action, a dit le ministre à cette émission diffusée par certaines chaines de télévision et certaines stations de radio de la capitale. Il faut promouvoir la solidarité pour permettre à plus de personnes des quartiers défavorisés d'obtenir un plat chaud chaque jour à un prix modique, a-t-il estimé. « Nous subventionnerons ces restaurants pendant trois mois, le temps qu'ils soient autonomes financièrement. La prochaine étape, c'est la création de magasins communautaires, a-t-il annoncé, tout en soulignant que c'est une initiative louable à encourager.
Promouvoir le mouvement des artistes pour la paix, réformer le système de sécurité sociale pour qu'il soit efficace et accessible aux employés du secteur informel, offrir un meilleur encadrement aux rapatriés, assurer une gestion rationnelle du dossier des déportés, constituent, entre autres, les priorités inscrites dans le plan d'action du ministère des Affaires sociales et du Travail.
Josué Saint-Jean