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 Le débat sur la question du protectorat

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piporiko
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MessageSujet: Le débat sur la question du protectorat   Sam 25 Avr 2009 - 16:04

Certains analystes doutent que Haiti puisse surmonter le chaos et résoudre ses crises. Ils esti
[size=21]Le débat sur la question du protectorat
selon un article de Carol J Williams, Los Angeles Times, 25 décembre 2004
ment qu'une solution durable est nécessaire. [/size]
Le débat se développe pour savoir s'il faut placer le pays des Haïtiens sous contrôle international
Dans une note préparée pour les commandants militaires américains à propos des défis sécuritaires en Amérique Latine, Gabriel Marcella de l'US Army War College, avertit que Haïti va vers une implosion et suggère qu'un protectorat international pourrait être le seul moyen de contenir le désastre.
"La violence en Haïti est la conséquence d'un Etat prédateur, d'une culture politique inexistante, d'un effondrement économique et d'une destruction écologique", écrivait Marcella dans sa note de novembre." Des mesures à long terme sont nécessaires, jusqu'à envisager un protectorat pour Haïti sous une coalition régionale conduite par le Brésil, si possible, qui voudrait soutenir une initiative de restauration de 10 ans".
Des intellectuels haïtiens enthousiastes
L'idée du protectorat équivalent à une occupation étrangère a soulevé plus d'enthousiasme parmi des intellectuels haïtiens qu'on aurait pu l'espérer dans l'année même du bicentenaire de l'indépendance de ce pays.
"Les gens sont fatigués et exaspérés. Si vous faites un sondage, 65 à 70 % de la population soutiendrait le protectorat", déclare Claude Beauboeuf. "Des frontières non gardées, une police corrompue et dépassée et des gangs armés impatients de collaborer avec les marchands d'armes et de drogues, pourraient faire de ce pays un terrain fertile pour les terroristes", selon Beaubeuf.
"Haiti n'est pas une menace stratégique pour les Etats-Unis maintenant", poursuit Beaubeuf, "mais nous ne devons pas sous-estimer son potentiel à le devenir."
Des politiciens et historiens ont affirmé que l'une des rares périodes de stabilité en Haïti est celle de l'occupation américaine, 1915-1934, considérée aujourd'hui par bien des gens en Haïti comme un acte de bienfaisance plutôt que d'impérialisme.
"Il y a un fort courant nationaliste dans ce pays à cause de notre histoire, mais au fond les gens sont plus intéressés à de meilleures conditions de vie qu'au concept abstrait de souveraineté", affirme Michel Georges, un exportateur de fruit du Cap Haïtien qui participe à un débat sur internet, avec des universitaires comme Marcella et des éditorialistes de South Florida, sur Haïti.
"La souveraineté n'est pas quelque chose d'absolu. Elle est quelque chose auquel vous devez travailler pour être plus indépendant chaque jour", explique Jean-Claude Bajeux, un activiste des droits humains, selon lequel Haïti est déjà occupée et administrée par des forces étrangères.
Peu d'enthousiasme parmi les étrangers
D'après Daniel Erikson analyste à l'Inter-American Dialogue, un cercle de réflexion basé à Washington, il est douteux que les pays de la mission de l'ONU soient enthousiastes pour ce job. Avec Les Etats-Unis déjà à cours de moyens en Irak, la charge d'Haïti devrait reposer sur les épaules des pays Latino-américains. Mais, "les pays latino-américains dans leur ensemble sont assez mal à l'aise avec cette histoire d'occupation."
Malgré ces réserves, Erikson plaide pour le protecrorat, ne voyant aucune autre planche de salut qu'un engagement plus fort de l'ONU et des puissances occidentales pour réparer les institutions et les infrastructures détruites du pays.
Au sujet du milliard promis à Haïti, il apparait que les donateurs sont réticents à desserrer les cordons de la bourse, parce qu'il est devenu évident que "la communauté internationale sent qu'il n'y a personne en Haïti à qui confier le magot pour l'utiliser de façon responsable à la solution des problèmes douloureux du pays", a confié Erikson.
Adama Guindo, chef du PNUD en Haïti, continue de faire confiance au gouvernement intérimaire dirigé par un ancien officiel de l'ONU, Gérard Latortue, pour réaliser des élections en 2005 et mettre en place un gouvernement légitime qui s'occupera des tâches à long terme de la reconstruction.
Mais personne ne voit comment de bonnes élections peuvent être organisées quand des bandes armées imposent leurs lois sur une grande partie du territoire.
Commentaires sur les avis relatifs au protectorat
Le diagnostic de Mr Marcella semble irréfutable. En réalité ce qu'il présente comme les causes des crises haïtiennes sont les conséquences d'une seule cause, à savoir " la pérennité d'un archaïque système d'injustice qui interdit à la grande masse des Haïtiens de jouir des droits fondamentaux de la personne et des droits constitutionnels de citoyens d'une république que Haïti est censée être".
L'Etat prédateur, dont parle l'analyste américain, n'est pas une abstraction fatale. Il incarne les intérêts de groupes oligarchiques qui profitent de cet apartheid. C'est ce système d'injustice qui alimente la violence endémique et multiforme de la société haïtienne.
Donc, si le protectorat vient conforter ce système, en appuyant ces oligarchies irresponsables, il échouera, car il aura manqué sa cible. Si, au contraire, la communauté internationale choisissait de se tenir du côté de la justice, pour la jouissance des droits fondamentaux, pour l'exercice des droits constitutionnels, pour tous, sans apartheid, elle recevrait un fort soutien populaire.
Aucune tâche, aucun défi, n'est au-dessus des capacités d'un peuple mobilisé, dont les droits de tous et de chacun sont protégés par les mêmes lois et mêmes institutions. Ni la construction de l'Etat de droit, ni la relève de l'économie, ni la restauration de la biodiversité.
Les propos des commentateurs haïtiens sur cette affaire m'apparaissent plutôt légers. Beauboeuf, Michel Georges et Bajeux opposent la souveraineté aux meilleures conditions de vie. Je ne vois aucune incompatibilité entre la dignité et la prospérité. Au contraire. Les Etats-Unis, pays le plus prospère au monde, est bien le plus "patriote".
Et contrairement à ce que raconte Beauboeuf, sur le prétendu potentiel terroriste, c'est ce pays qui attire le plus les terroristes. Comme je le dis plus haut, si les protecteurs ne se tenaient pas du côté de la justice, au lieu de bénéficier de 65 à 70 % d'opinions favorables, comme le promet Beauboeuf, leur entreprise ne réussirait pas. Ils seront obligés de patauger dans le sang des pauvres. Si au contraire, ils acceptaient de lutter contre l'injustice, tout serait plus facile, pour eux et pour Haïti.
Pierre Rodrigue Saint-Paul
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MessageSujet: Re: Le débat sur la question du protectorat   Sam 25 Avr 2009 - 16:06

C'est quoi le Protectorat?

Comment peut-on appeler le modèle d'occupation actuel de notre territoire?

Merci.
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Le débat sur la question du protectorat
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