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 Haiti en Marche - Editorial autour de la mort de Gerard Jean-Juste

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MessageSujet: Haiti en Marche - Editorial autour de la mort de Gerard Jean-Juste   Haiti en Marche  - Editorial autour de la mort de Gerard Jean-Juste EmptyLun 8 Juin 2009 - 22:42

Père Gérard Jean Juste ou l'église comme moteur de mobilisation des masses</B>

[size=12]PORT-AU-PRINCE, 29 Mai - Le Père Gérard Jean Juste est le cas typique de l'inadaptation au pays natal de nos rêves nourris à l'extérieur.

Même ceux qui sont devenus ses pires ennemis politiques (au point aujourd'hui de ne pas saluer sa disparition !) qui ne sont pas moins dans le même cas.

Haïti est un cimetière des plus belles espérances conçues pendant trois décennies d'exil sous la dictature Duvalier (1957-1986) par des générations successives de ses fils et filles disséminés aux quatre coins de la planète.

Mais rêves transformés au bout du compte en un champ de ruines. Quels qu'en aient été les auteurs, de quelque bord où l'on se trouve.

Seulement que si beaucoup ont viré toute la barre à droite, un Père Jean Juste, soumis aux mêmes contraintes et aux mêmes déceptions, en un mot au même désespoir qui vous ronge cruellement le cœur comme le renard celui du jeune Spartiate de nos versions latines, a mis quant à lui le cap encore plus à gauche. Voilà la seule différence.

Mais c'est la même tragédie que nous avons tous vécue, que nous vivons tous, nous sommes tous passés par la même porte étroite.

Enfin, ceux d'entre nous qui ont crû à un moment qu'il était possible de changer les choses en Haïti. " Rebati kay la "...

En février 1986 on rentrait au pays natal le cœur plein d'espoir et avec la ferme volonté de remettre les choses sur le bon chemin. Comme disait une chanson de l'époque : " Rebati kay la. " Au propre comme au figuré. Et que vous reveniez de l'Europe ou des Etats-Unis ou du Canada. Ou de Moscou...

Qui peut se targuer aujourd'hui d'avoir accompli la plus infime partie de cette promesse ? D'avoir fait mieux, disons, que le Père Gérard Jean Juste ? Nous avons tous échoué. Ou si vous voulez plutôt, nous avons tous été vaincu ! Le statu quo s'est révélé le plus fort. Nous avons fait l'histoire mais en marche arrière, dans le mauvais sens.

Par des chemins apparemment différents, mais aussi tortueux pour les uns que pour les autres, il ne nous reste qu'à partager aujourd'hui le même échec. Voilà la vérité.

Voilà au moins un hommage que même ceux qui sont devenus ses pires ennemis, devraient avoir le courage de rendre à celui qui a disparu le mercredi 27 mai à Miami.



Profession : activiste !...

Gérard Jean Juste était venu quant à lui des Etats-Unis.

Profession : activiste !

Un mot pour commencer dont la connotation négative qu'il revêt en Haïti est tout à fait explicable.

Penser au choc qu'une telle appellation pouvait provoquer (et provoque probablement encore aujourd'hui) dans un pays qui sortait de trois décennies de l'une des dictatures les plus obscurantistes qui aient pu exister.

Activiste ! Mot scandale. Provocation.

Par contre, là où " Jerry " Jean Juste a fait ses premières armes, rien que de plus normal. L'activisme est l'un des héritages les plus précieux des fameuses " Sixties " qui ont vu le triomphe des droits civiques avec le Révérend Martin Luther King, du féminisme (" Women's lib ") et de la lutte contre la guerre du Vietnam et contre de multiples autres maux sociaux-politiques-économiques mais dont beaucoup traînent encore jusqu'à aujourd'hui sous Barack Obama.



Le scandale de Cayo Lobos...

Notre première rencontre avec cet homme hors du commun (tout à fait du genre de la célèbre chronique du magazine Sélection du Reader's Digest : " L'être le plus extraordinaire que j'aie rencontré ") remonte au naufrage de Cayo Lobos. C'était l'été chaud 1980. Plusieurs dizaines de migrants illégaux haïtiens (à l'époque on disait pudiquement réfugiés !) vont échouer sur cet îlot perdu de l'archipel des Bahamas.

Ils y passent plusieurs jours sans nourriture et sont réduits à un état squelettique lorsqu'un petit avion de tourisme les aperçoit enfin.

Les Etats-Unis refusent de venir à leur aide pour ne pas avoir à les ramener en territoire américain.

Les Bahamas choisissent la même attitude.

Un jeune prêtre haïtien (qui avait reçu les ordres à Boston, Massachusetts) arrive à soulever une tempête médiatique à Miami. Et bientôt la grande presse des Etats-Unis s'en empare.



Refus d'ouvrir la porte à ces " black refugees "...

La chaîne nationale CBS prend la tête d'une armada accompagnant le Père Jean Juste jusqu'à l'île de Cayo Lobos pour aller secourir les naufragés haïtiens.

Mais le gouvernement américain refuse toujours d'ouvrir la porte à ces " black refugees. "

On prend alors la direction d'Haïti où le débarquement des naufragés, la plupart sur des brancards, provoque une autre tempête cette fois pas seulement médiatique car c'est la presse du monde entier (y compris les plus avides de sensationnel comme Paris Match) qui se précipite à Port-au-Prince où elle n'avait pas mis les pieds depuis les jours les plus sombres de Papa Doc.

Le gouvernement de Baby Doc trembla sous le choc. Aussi prochaine étape ce fut l'exil pour les journalistes qui avaient couvert ces événements sans précédent au warf de Port-au-Prince. Ce fut la rafle du 28 novembre 1980.

Quand à notre tour, nous débarquâmes à Miami, avec un billet aller simple et sortant directement de la prison des Casernes Dessalines, ce fut encore le Père Gérard Jean Juste qui nous attendait pratiquement au pied de la passerelle.

Puis son travail de mobilisation (en anglais " advocacy " ou plaidoyer) auprès de la presse et des institutions fédérales américaines permit de nous faire accepter dans le pays sans difficulté. Et plus important encore, permit de dénoncer au monde entier la dictature infâme et hypocrite de Jean Claude Duvalier parce que en même temps celle-ci cherchait au contraire à améliorer son image pour attirer investissements et les milliards (oui milliards) de l'assistance internationale.



" De si jolies petites plages "...

Personne de l'opposition anti-duvaliériste ne peut se vanter d'avoir contribué davantage que le Père Jean Juste à la chute de ce régime dégueulasse survenant enfin le 7 février 1986.

L'activisme communautaire, politico-communautaire, dans sa dimension la plus achevée.

Cela veut dire prendre la tête d'une bataille juridique sans comparaison aucune, même aux Etats-Unis, pour faire libérer par le gouvernement Reagan (les Républicains ont toujours été impitoyables avec les réfugiés haïtiens) plusieurs milliers de sans papiers haïtiens qui avaient été éparpillés dans plusieurs prisons sur tout le territoire américain. Des cachots froids dans les hauteurs de l'Etat de New York à la chaleur torride de la prison de Fort Allen à Porto Rico (lire le roman-reportage de l'écrivain haïtien Jean-Claude Charles " De si jolies petites plages ").

Cela veut dire aussi après avoir arraché ces milliers de compatriotes des griffes de l'Immigration, se battre ensuite avec les institutions publiques et privées locales et fédérales contre le traitement discriminatoire que l'on veut réserver à ces nouveaux venus d'un autre genre !

Logement, transport, jobs, écolage, santé, église, l'apparition du Sida dont l'origine est attribuée aux Haïtiens sans aucune autre forme de procès. Chacune de ces étapes fut marquée d'une pierre blanche.



Avec pour seule arme la parole...

Ainsi prit naissance le quartier de Litte-Haiti à Miami. La métropole du Sud de la Floride où seulement deux décennies auparavant les gens de race noire n'étaient pas admis dans les restaurants de la ville.

Aussi la commission municipale de Miami-Dade County, dans un message de condoléances à la communauté haïtienne et haïtienne-américaine, de relever que le Père Gérard Jean Juste a porté la lutte pour le respect des droits de ses compatriotes en terre étrangère non seulement plus loin que tous, mais aussi plus loin que les lois et la démocratie elle-même ne l'avaient imaginé.

La seule arme de Gérard Jean Juste : la parole, les médias. Aux Etats-Unis on le considère comme " une bête médiatique " avec laquelle beaucoup d'officiels craignaient de croiser le fer.

Il apostropha le président Ronald Reagan lui-même. Et comment ! " Niggers killer. " Fossoyeur de nègres. Parce que l'administration américaine continuait à refouler de plus belle tous les réfugiés haïtiens arrivant par la mer.

En même temps, Jean Juste menait une autre lutte. Celle pour le renversement de la dictature Duvalier.

Ce qui arriva le 7 février 1986.

Dès lors il considéra que le champ de bataille n'était plus à Miami.



Il faut d'autres Cayo Lobos !...

Comme le Che qui estimait nécessaire d'ouvrir dans le continent d'autres Sierra Maestra (mais sans les mêmes armes que Guevara, quoi qu'en diront ses persécuteurs mais qui n'ont jamais apporté la moindre preuve, que l'on sache), " Jerry " a dû considérer qu'il fallait au peuple haïtien pour réussir d'autres Cayo Lobos, d'autres manifestations contre le camp de Krome où l'immigration américaine enferme les migrants illégaux à Miami.

Ou encore contre le consul général Alexandre Paul, dépêché à Miami par la dictature de Baby Doc pour jeter la zizanie au sein de cette communauté si militante. Mais le " pro-consul " Alexandre Paul trouva à qui parler. Les manifestations devant sa villa dans le quartier huppé de Coral Gables devinrent hebdomadaires. Jean Juste avait su gagner la complicité non seulement de la télévision américaine qui le suivait à chaque pas, mais aussi de la police de Miami. Il suffisait de ne pas dépasser les limites raisonnables assignées. Et jusqu'aux policiers qui murmuraient en cachette : " Duvalier must go ! "

Mais Haïti c'est pas les Etats-Unis ! Autrement dit on ne peut pas utiliser les mêmes méthodes.

Dans notre " singulier petit pays ", on parle de la démocratie mais comme un objectif non seulement lointain mais qu'on vous force aussi à considérer comme impossible à atteindre !

La démocratie reste à l'état de discours. De beaux discours. Point. Ceux qui tentent de transgresser cette règle ne tardent point à se rendre compte des conséquences et des dangers auxquels ils s'exposent.



Moi est un autre !...

Dangers pas seulement physiques. Comme quoi, pour réussir en quoi que ce soit, vous devez vous transformer et vous mettre à hurler aussi avec les loups.

Oui, on change, on doit changer, c'est indispensable, on se prend à devenir un autre, " moi est un autre ", petit à petit on oublie les rêves, les espoirs, promesses et résolutions qui nous habitaient le jour du grand retour au lendemain du 7 février 1986.

La plupart perdent leurs illusions. C'est la grande dérive. Puis on s'adapte et on fait semblant d'être fier de sa nouvelle métamorphose. De sa nouvelle défroque.

Mais avec Gérard Jean Juste c'est différent. Lui a voulu rester fidèle à lui-même. Jusqu'au bout. Du genre que chez nous on traite de " fou. "

L'activisme politique et communautaire.

Ça lui va d'abord comme un gant sous les régimes militaires successifs. Et plus encore sous le régime militaire putschiste (1991-1994) où c'est toute l'ancienne gauche qui se sentait menacée mais que Jean Juste vécut dans la clandestinité, refusant de laisser le pays de peur de ne pouvoir y retourner.

On refit les rangs.

Puis Aristide fut " rechouqué " par Clinton.

Et patatras. Aristide se fourvoya. Une conspiration nationale et internationale l'emporta le 29 février 2004.



Pire que la " leucémie ", la haine fratricide...

Les ennemis de Jean Juste (désormais de tous bords) s'emparèrent de lui par traîtrise et le jetèrent en prison.

C'est là que sa " leucémie " se déclara.

Il est mort le mercredi 27 mai 2009 à Miami. Il avait 62 ans.

Nous l'avons revu trois mois avant sa mort. Il était obligé de porter constamment un masque à oxygène. Il nous reçut dans la toute petite maison au décor très modeste de North Miami où il vivait entouré de quelques membres de sa famille.

La conversation tourna évidemment autour de l'interminable crise haïtienne. Jean Juste était déjà détaché des événements d'Haïti. Quant à la communauté haïtienne à Miami (Floride), il n'avait pas à s'en faire, la relève est assurée.

Sa seule et dernière préoccupation portait sur son œuvre à Petite Place Cazeau (attenante à l'église Sainte Claire au nord de la capitale dont la paroisse lui avait été confiée mais lui fut enlevée par la hiérarchie catholique sous prétexte qu'il pouvait être un candidat sérieux à la succession d'Aristide). Il a créé une fondation pour les enfants déshérités comprenant école et cantine scolaire.

Dans les derniers mois de sa vie, l'ancien responsable de l'emblématique " Haitian Refugee Center " de Miami restait accroché à l'Internet essayant de remettre à profit toutes ses relations au bénéfice de cette maison d'accueil de Petite Place Cazeau qui dans les derniers moments fut donc la seule incarnation de ses rêves nombreux et multiples à la dimension de tout un pays.

Mais c'est pareil pour nous tous, même ceux qui sont devenus ses pires ennemis au fil d'une lutte politique ou politicienne des plus acharnées. Celui-ci en est réduit aujourd'hui à chérir une petite fondation ou ONG, celui-là des mémoires sans beaucoup de chance d'être jamais publiés...



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MessageSujet: Re: Haiti en Marche - Editorial autour de la mort de Gerard Jean-Juste   Haiti en Marche  - Editorial autour de la mort de Gerard Jean-Juste EmptyLun 8 Juin 2009 - 22:43

Comme " les Rhinocéros "...

Lutte fratricide, suicidaire. Masochiste. Pour finir comme dans la fable de La Fontaine par " mettre les plaideurs d'accord en croquant l'un et l'autre. "

Tous les rêves dynamités (coups d'état militaires successifs, y compris par troupes étrangères interposées), tous les espoirs piétinés. Un peu comme dans " les Rhinocéros " de Ionesco. Aveugles et sourds. Incommunicado !

Cependant il n'y a pas que la démocratie haïtienne encore trop inachevée, qui reste encore et toujours un vain mot, pays de la liberté sans jamais les libertés, mais il y a aussi et surtout la misère...

Et il n'y a pas que la misère mais plus encore ses effets collatéraux qui constituent l'obstacle majeur au développement tout court et au développement d'une véritable démocratie.

Haïti ce n'est pas les Etats-Unis !

Quand Jean Juste partait du " Haitian Refugee Center ", au cœur du nouveau quartier de Litte Haiti, à la tête d'une kyrielle de mères de famille pour se rendre devant la Commission de la Ville de Miami en vue d'exiger que le quartier haïtien reçoive sa part du gâteau municipal, il avait un mot pour rire : " chak refije, 10 ti refije " (chaque réfugié doit mettre au monde dix petits réfugiés parce que l'Etat américain ne refuse rien pour les enfants)...

Mais Haïti, pays de la pauvreté absolue, enfer des hommes, jungle sans partage. En Haïti, il n'y a pas de caisse publique comme aux Etats-Unis. A Miami, Jean Juste exigeait pour sa communauté un " fair share ", un partage équitable...



On ne vit pas en Haïti impunément !...

En Haïti, il n'y a rien à partager. Ce qui existe, ce sont les plus forts qui s'en emparent.

Alors ou l'on se replie sur soi-même, sur sa petite personne (" cultivons notre jardin ") et abandonne petit à petit le terrain. Comme le font la plupart...

Ou l'on se change aussi soi-même en un loup parmi les loups. Comme beaucoup le sont devenus.

Ou au contraire l'on devient une sorte de jusqu'au-boutiste (malgré soi). Essayant vainement de se convaincre que la fin de la misère des masses est au bout du pouvoir politique !

La suite, on ne la connaît que trop.

En tout cas, une chose est certaine : on ne vit pas en Haïti impunément !

Voilà une vérité que même ceux devenus les pires ennemis de Gérard Jean Juste (et qui ne trouvent pas un mot aujourd'hui pour honorer sa mémoire) devraient au moins pouvoir accepter. Ce serait d'abord tout à leur honneur !

Car cette disparition symbolise un instant leur échec à eux aussi. Notre échec à tous.

La seule chose qu'il peut y avoir de consolant dans la mort, c'est que " Jerry " est quant à lui délivré enfin de toutes les calomnies. De tous les faux témoignages. De toutes les bassesses.

Marcus, 29 Mai 2009
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MessageSujet: Re: Haiti en Marche - Editorial autour de la mort de Gerard Jean-Juste   Haiti en Marche  - Editorial autour de la mort de Gerard Jean-Juste EmptyMar 9 Juin 2009 - 9:27

"En tout cas, une chose est certaine : on ne vit pas en Haïti impunément ! "

A bon entendeur salut.Yon jou pou jibye yon jou pou chasè.Tankou yon bouro te di :"bat chen an tann met li."Ki frap par le P perira par le meme P. disait un filozof ayisyen.Yon jou swa li te wè koulè san l tou.
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