Haiïti-Canada-Droits Humains
Un ex-parlementaire contesté, zélé partisan d’Aristide, écroué en Ontario (Canada) après y avoir sollicité l’asile politique
Le passé politique de Jean Candio objet d’investigation
mardi 19 décembre 2006,
Radio Kiskeya
L’ex-député lavalas de St-Louis du Sud/Cavaillon (Sud), Jean Candio, est gardé en détention à Windsor, en Ontario (Canada) où il a sollicité l’asile politique, a appris Radio Kiskeya.
Candio qui avait gagné les Etats-Unis à la chute d’Aristide en 2004, a récemment traversé la frontière entre ce pays et le Canada où il cherche maintenant à s’établir.
Dans le cadre de l’analyser de sa demande d’asile, les Services d’immigration canadiens fouillent son passé politique, et s’intéressent particulièrement aux exactions dont il s’était rendu coupable du temps où il régnait en maître dans sa circonscription. Des rapports d’organismes haïtiens et étrangers de défense des droits humains, dont un d’Amnesty International daté de 2001, sont à ce titre assez éloquents.
Un rapport conjoint de la Plate-Forme des Organisations Haïtiennes de Défense des Droits de l’Homme et de la Coalition Nationale des Réfugiés Haïtiens (NCHR, devenu entre temps Réseau National de Défense des Droits Humains, RNDDH) raconte l’un des exploits réalisés par le député le 25 novembre 2000 dans la localité de Pliché (Sud), la veille de la présidentielle du 26 novembre marquée par un faible taux de participation qui devait toutefois porter Jean Bertrand Aristide pour la seconde fois au pouvoir.
Selon les témoignages recueillis alors par les deux organismes, le 25 novembre 2000, un commando de civils lourdement armés a fait irruption dans la cour de l’église de Pliché. « Parmi les individus armés se trouvaient Jean Candio, député de St-Louis du Sud/Cavaillon ; Martel René, Maire principal de Cavaillon ; Bailly Vincent, deuxième membre ; Reynold Candio, employé de la Téléco de Bonne-Fin, Sanon Toussaint, délégué du Bureau Electoral Communal (BEC) de Cavaillon ».
Les témoins ont également signalé aux deux organismes de défense des droits humains la présence sur les lieux de huit autres individus portant mitraillettes "UZI", fusils 12 et révolvers de calibre 38. Dans la communauté, ces individus se faisaient appeler "chimères Lavalas", souligne le rapport. Une fois dans la cour de l’église, l’un d’entre eux a brandi son "UZI", intimant l’ordre de fermer l’église et pointant son arme sur un groupe de paroissiens qui prenaient part à une réunion sur le tourisme à l’intérieur de l’église. Il leur a été par la suite demandé de sortir de l’église les mains sur la tête, ce à quoi le curé, présent, s’est violemment opposé. Ils ont été alors bousculés et contraints de s’allonger au sol, sous la menace des armes.
L’objectif de l’opération était de contraindre l’église à fermer ses portes, conformément à un arrêté communal interdisant les manifestations et les rassemblements publics, 48 heures avant le scrutin. Le curé semblait ne pas vouloir respecter une telle interdiction vu qu’il avait pris, au su et au vu de tout le monde, toutes les dispositions en vue de la célébration de la fête patronale de Pliché le jour même des élections.
Mais il y avait plus. Les autorités lavalas de Pliché reprochaient également au prêtre d’avoir fait circuler des tracts contre Aristide et d’avoir surtout instruit les animateurs de la Radio Communautaire qu’il dirigeait, "Voix des Paysans du Sud" (VPS) de toujours qualifier de « contestés » les magistrats, députés et sénateurs issus des élections controversées de mai 2000. [jmd/RK