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 Faut-il, à tout prix, privilégier la politique sur l’économique en Haïti?

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piporiko
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MessageSujet: Faut-il, à tout prix, privilégier la politique sur l’économique en Haïti?   Sam 15 Aoû 2009 - 11:31

Faut-il, à tout prix, privilégier la politique sur l’économique en Haïti?



(N.B.
Cet article publié au journal Le Matin aux éditions du 11 et 12 février
2008, a fait l’objet d’un vif débat au Centre d’Etudes de la Vie
Politique de Lyon le 9 mai 2008 tant que les hypothèses soutenues dans
l’article sont fortes, me rapporte-on. J’ai décidé de la mettre en ligne pour que les Haïtiens puissent se l’approprier)




Par Guichard DORE



Depuis
quelques mois certains responsables d’organisations socioprofessionnell
es publient des textes sur Internet appelant les Haïtiens de la
diaspora à diversifier leurs transferts de fonds et à investir dans les
banques de développement en vue de dégager des fonds substantiels pour
financer le développement du pays. Ces propositions, qui se démarquent
du discours dominant réclamant tout de l’Etat, sont considérées par
certains esprits éclairés de notre intelligentsia comme suicidaires.
Pour ces intellectuels, toute action de développement ne peut provenir
que de l’Etat. Ils oublient qu’avec une capacité de prélèvement d’impôt
avoisinant les 700 millions de dollars pour une population de 8
millions d’habitants et confiant l’essentiel de ses prérogatives
régaliennes à la communauté internationale, l’Etat haïtien est un Etat en faillite. S’il
était une entreprise, il ferait le dépôt de bilan. Avec une capacité
d’absorption extrêmement limitée, l’Etat haïtien a-t-il les moyens de
s’attaquer à tous les problèmes du pays et leur apporter des réponses à
la hauteur des enjeux s’il ne développe pas des stratégies salutaires
en vue d’impliquer la diaspora (une richesse évaluée à $ 200 milliards
et un tissu de compétences aux frontières de la technologie et de la
science) dans la mise en œuvre du changement tant souhaité? La diaspora
est un atout et une opportunité qu’il faut astucieusement exploiter.
C’est pourquoi, nous pensons que les propositions sollicitant les
Haïtiens de l’extérieur à investir dans le pays sont bienvenues.




Capitaliser et encourager les idées nouvelles

Il
est certain que le mieux à faire en ce moment ce n’est pas de combattre
les idées nouvelles mais les débattre en extrayant de ces idées des
points positifs tout en corrigeant les aspects les moins plausibles. La
tendance à tout rejeter, à s’opposer pour exister est
intellectuellement injuste et contre-productive surtout quand on veut
impulser une dynamique de changement. Dans l’économie de la
connaissance, l’oeuvre intellectuelle est avant tout un travail
collaboratif. Il est aberrant de vouloir, à tout prix, avoir raison
comme si l’on détient le monopole de la rationalité et de
l’intelligence.




Ceux
qui, fuyant la macrostructure en déliquescence et faisant prévaloir
l’initiative individuelle et citoyenne, sont réalistes parce que, dans
bien des cas, l’individu est le moteur du changement. Le progrès ne se
décrète pas, il est acquis par le travail. Il y a nécessité de stimuler
les initiatives individuelles, créer des entreprises, encourager les
citoyens haïtiens de l’intérieur et de la diaspora à investir dans le
pays et à divorcer d’avec la mentalité étatiste négative réclamant tout
de l’Etat tout en refusant de payer les impôts et d’accomplir ses
devoirs. Nous croyons dans un Etat régulateur qui garantit les droits
individuels et contractuels non pas à un Etat qui confisque les
initiatives citoyennes.




Cette
énergie formidable que certains citoyens font preuve pour bloquer ou
pour rejeter, sans considération, tout ce qu’on leur propose s’ils
l’avaient mise au service de la construction du pays au cours de ces 20
dernières années, Haïti aurait fait un grand pas vers le progrès.
Depuis 20 ans, le pays passe son temps à décourager les porteurs de
projet, à privilégier l’accessoire sur l’essentiel, à prioriser la
politique politicienne sur le développement économique et à avantager
la niaiserie sur la raison. Conséquence de tout cela, nous avons un
pays qui plonge durablement dans une crise fonctionnelle à dimension
multiple. Le moment est venu pour que les Haïtiens prennent le pays au
sérieux, fassent de bons choix et arrêtent de démoraliser les porteurs
des projets innovants en faisant prévaloir des recettes du passé. La reproduction systématique des solutions du passé condamne le progrès ! C’est laréalisation
des projets futuristes et la prise du risque qui assurent l’avenir
d’une nation et non pas la contemplation du passé. Sans risque, il n’y
a pas de progrès. Un pays sérieux et soucieux de son progrès économique
doit inventer l’avenir pour ne pas le subir et maîtriser tous les
aspects de l’ingénierie du changement! Les réformes structurelles tout
comme les directives nouvelles dérangent certains individus mais c’est
le prix à payer pour permettre à un pays de passer d’une situation
inconfortable à une situation confortable.




Les
propositions appelant la diaspora à investir dans le pays paraissent
simples mais réalisables. Des investissements de la diaspora supportés
par un Etat stratège possédant des structures déconcentrées solides
qui, elles-mêmes, sont pilotées par des managers responsables sont un
bon mécanisme pour faciliter l’injection de l’argent frais dans
l’économie nationale. Haïti, pour se construire, ne peut exclure
l’apport de ses fils d’outre-mer. Dans cet effort national pour le
progrès, certains peuvent apporter des idées géniales, des savoirs
expérientiels, des savoirs élaborés et des savoirs normatifs, d’autres
leurs talents, leurs capitaux, leurs entreprises et leurs industries.
Rien de positif n’est à exclure pour sauver un peuple qui est dans
souffrance et une jeunesse qui est aux abois.




Savoir imiter ce qui est bon

Certes
comparaison n’est raison, il n’est pas un péché mortel d’imiter les
bonnes pratiques, celles qui ont fait leurs preuves. Tous les pays
émergents collectent des informations, imitent et copient. Tous les
pays sérieux ont des spécialistes en intelligence économique
pour collecter à leurs profits des informations liées à l’économie. La
Chine, avec un système politique atypique, nous montre qu’un peuple
qui, ayant une identité et savant imiter ce qui est bon en occident,
peut connaître le progrès. Au cours de ces dernières décennies, les
chinois s’étaient mis à l’école russe pour son système politique, à
l’école anglo-saxonne pour son pragmatisme, à l’école allemande pour
son réalisme, à l’école française pour son génie et à l’école juive
pour ses stratégies de conquête et d’accumulation des richesses. Les
chinois sucent un peu partout pour faire leur miel. Il n’y a pas un
jour sans un article de la presse économique sur ce géant asiatique.
Premier financier des déficits du gouvernement américain, atelier du
monde et grand financier du marché mondial avec ses fonds souverains,
la Chine nous donne un exemple de modestie qui doit nous porter à
reconsidérer nos compréhensions et nos relations avec beaucoup de
choses.




Suivre le courant de l’histoire

Certains
penseurs mettent l’accent sur la politique et les changements au sein
de l’appareil de l’Etat sans indiquer méthodologiquement les moyens d’y
parvenir. Nous constatons que ce point de vue est partagé par beaucoup
de citoyens et de responsables des structures organisées. Sans
sous-estimer le rôle de l’appareil politique dans le changement social,
nous pensons que l’appareil politique fait parti de la superstructure
et non pas de l’infrastructure. En clair, la démocratie (organes
plurifonctionnels, culture politique non violente, élections disputées,
lois respectées et appliquées etc.) est conditionnée par le
développement socioéconomique. C’est l’infrastructure qui supporte la
superstructure et non l’inverse. Les faits historiques nous portent à
affirmer qu’il y a une corrélation entre la démocratie politique
(libérale) et le développement socioéconomique. Le développement
socioéconomique, mise à part quelques exceptions, est antérieur au
développement démocratique dans les pays occidentaux (l’Angleterre, la
France) et dans les pays émergents (Brésil, la Chine). Et dans bien des
cas, l’autoritarisme politique apparaît dans l’histoire des sociétés
comme la maladie primitive du développement économique (Corée du sud,
Singapour, la Chine). Dans les sociétés riches et émergentes, le
développement économique a précédé le développement politique. Le
parlementarisme qui a débuté et s’est maintenu en Angleterre et n’est
apparu que tardivement en France parce que le Royaume-Uni avait une
base industrielle plus solide que la France. Le régime parlementaire ne
pouvait se maintenir en Europe centrale parce que la structure
économique était arriérée. En clair, le parlementarisme fonctionnel est
l’expression politique d’une économie moderne
.
La démocratie pour être durable a besoin d’un socle matériel
(développement socioéconomique) . Dans les sociétés avancées, la
démocratie réelle n’existe pas, mais il y a des polyarchies (différents
centres d’intérêts et de pouvoirs). C’est la coopération entre les
différents centres de pouvoirs qui assure le fonctionnement de
l’appareil politique.




A
côté du système légaliste américain, il y a le modèle égalitariste
français. A l’intérieur de ces deux modèles de démocratie, l’intérêt
bien compris des polyarchies permettent le fonctionnement de l’appareil
politique et évitent la reproduction des crises inutiles qui peuvent
mettre en péril l’existence de l’Etat. Les crises cycliques en Haïti
peuvent s’expliquer par l’absence des centres d’intérêt dans le pays.
La démocratie réelle et fonctionnelle est un lieu de coexistence des
centres d’intérêts ou de pouvoirs.




La
crise politique est devenue une caractéristique de la société haïtienne
au point que, pour certains Haïtiens, s’il n’y a pas de crise il n’y a
pas matière à discuter
.
Une simple analyse des écrits politiques haïtiens permet de confirmer
cette hypothèse. Il faut qu’on reconnaisse que l’appareil politique
pour qu’il puisse être performant doit s’appuyer sur l’appareil
productif. C’est Leslie Delatour qui disait, en 1999, que s’il y avait
eu des entreprises et des activités économiques importantes en Haïti,
le pays n’aurait pas eu l’embargo dévastateur de 1991. Récemment l’un
des ministres éclairés du gouvernement de Jacques-Edouard Alexis,
déclare : « si l’on faisait des choses importantes et créait des
emplois dans le pays on aurait une image positive dans la presse
internationale ». Le développement économique est un meilleur gage pour
prévenir les crises politiques futiles et garantir les progrès
politiques. Le
courant de pensée qui tend à faire croire qu’il faut le développement
politique pour qu’il y ait progrès socioéconomique en Haïti est
ahistorique et n’a aucun fondement sociologique.
En observant
l’évolution des sociétés, il semble qu’il y a une relation entre la
richesse et la démocratie politique, entre la dictature et la pauvreté.
La richesse apparaît comme la condition nécessaire pour passer d’une
société conflictuelle à une société consensuelle durable. En Haïti, le
développement socioéconomique du pays doit être le combat de la
nouvelle génération !! Le développement socioéconomique restructure le
rapport de l’individu et les groupes sociaux au processus politique. Il
garantit la sécurité matérielle, le droit à l’éducation, réduit les
inégalités sociales, augmente les conditions d’accès à la justice
sociale, diminue les conflits, crée un climat propice à la tolérance et
à démocratie.






L’Etat
haïtien n’a ni les moyens financiers nécessaires, ni les ressources
humaines adéquates pour s’attaquer à tous les problèmes auxquels se
trouve confronter actuellement le pays. En agitant, depuis des années,
le spectre étatiste en vue de solutionner tous les maux de la société,
on ne fait qu’induire le peuple en erreur. La chose la plus importante
à faire aujourd’hui c’est libérer les initiatives individuelles,
permettre à l’Etat de remplir ses fonctions régaliennes et bâtir un Etat stratège qui, garant de l’impartialité et de l’intérêt général,
accompagne et canalise les énergies des citoyens. Il n’a pas vocation à
les remplacer mais à les accompagner. Le citoyen ne peut pas tout
demander à l’Etat.




Haïti
a des problèmes sérieux à résoudre. Moins de 1% de la population
fréquente l’enseignement supérieur alors que la moyenne régionale est
de 29%. La moitié de la population a moins de 20 ans. Le pays a besoin
des investissements privés importants et d’un système d’éducation et de
formation performant pouvant accompagner son processus de développement
économique. Le tout-politique est nuisible.




Reconnaître la limite de l’aide internationale

L’aide
internationale a ses limites. Parmi les PMA, Haïti est l’un des pays
qui reçoivent le niveau d’aide le plus élevé par tête d’habitant. Si
l’apport financier et technique externes parait nécessaire à l’heure
actuelle, l’on doit néanmoins reconnaître que l’on ne peut pas
indéfiniment appeler la communauté internationale à nos secours. L’aide
multilatérale et bilatérale est toujours liée. Le taux de retour de
l’aide oscille entre 75 à 85%. Dans les pays de faible capacité
d’absorption comme Haïti, le taux de retour se situe au dessus de 80%.
Le développement de notre pays ne peut pas se reposer sur l’aide
internationale ou sur la bonne foi de certaines organisations
caritatives ou philanthropiques. Il faut révolutionner les pratiques et
les façons de penser dans le pays.




La
clé de tout, chacun est responsable de sa vie et de ses actes parce
qu’individu, bien conscient de ses droits et devoirs, est un véritable
acteur du changement et de l’action historique. On doit arrêter à
chercher l’accusé idéal ou le bouc émissaire. La stratégie de bouc émissaire pendant vingt ans nous a donné le chaos comme résultat.
Il y a nécessité d’encourager les initiatives privées et citoyennes
pour pouvoir créer des emplois dans le pays. Le temps est venu pour
fonder un Etat stratège qui peut exercer tous les attributs de sa
souveraineté, accompagner le progrès socioéconomique pour pouvoir
assurer le développement politique. Si la nouvelle génération veut, elle peut.Avec un tel acte, Haïti fera un grand pas vers le progrès.
Alors responsabilisons- nous
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MessageSujet: Re: Faut-il, à tout prix, privilégier la politique sur l’économique en Haïti?   Sam 15 Aoû 2009 - 12:28

Mwen pa konprann tèz nèg sa a.

Misye konfine pwoblèm peyi an ,lan peryòd 20 dènye ane yo?
E misye di tou se pou priyorize ekonomik sou politik.
Wi , men tou kouman sa te ye anvan sa ?
Kouman fè sou Divalye yo e anvan ,dyaspora a menm pye li pa t vle mete ann Ayiti?
Yon peryòd kote youn te pè lòt ale wè pou yo ta vin pale de envèstisman ann Ayiti.
Misye pran egzanp de peyi azyatik yo e menm misye pran egzanp de peyi kou La chine.

Se peyi oksidantal yo ki imite La chine .La Chine te envante anpil bagay ,ki rann posib vi modèn lan ,tankou navigasyon pou bato ,ki rann vwayaj Cristobal Colon yo posib,papye,enprimri,poud a kanon elatriye.
Imite kisa?
San n pa bliye chif nou rele chif arab yo ,tankou 1,2,3,.....9 e sitou konsèp 0 an (zero) ki youn lan konsèp ki pi enpòtan lan istwa la syans.
Eseye fè adisyon ak miltiplikasyon ak chif Women yo ,tankou I,II,III IV,...X,D,M elatriye.
Se sa Ewòp t ap ize jis lan 13zyèm syèk; la chine ak Lend t ap ize "chif arab" yo mil an oparavan e ke Lewòp jwenn pa entemedyè arab yo ;lè yo nonm ki te rele DE PISO ,ekri "Libra Abaci" (The book of numbers) lan 13zyèm syèk .Misye te jis kopye sa Arab yo,mizilman yo e epi azyatik yo t ap ize dè syèk e dè syèk anvan
Epitou misye di La chine imite "le génie français ".Adye, ki sa ki "génie français" an?.
Wi misye gen rezon lan yon sans twòp moun konprann se lan Leta sèlman yo ka genyen la vi yo.
Men tou se pou gen moun lan tèt Leta ,ki pou fè respekte règ jwèt lan.
Jan peyi an ye jounen jodi an ,nou pa bezwen lan di kilès ki pou gen priyorite ,ekonomik ou politik ,se pou tou lè de mache ansanm
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MessageSujet: Re: Faut-il, à tout prix, privilégier la politique sur l’économique en Haïti?   Sam 15 Aoû 2009 - 12:55

On pourrait reposer la meme question sur ce forum:

Faut-il, à tout prix, privilégier les débats politiues sur l'économique?
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MessageSujet: Re: Faut-il, à tout prix, privilégier la politique sur l’économique en Haïti?   

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