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 Haïti, est-elle prête pour le départ de la MINUSTAH?

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piporiko
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MessageSujet: Haïti, est-elle prête pour le départ de la MINUSTAH?   Haïti, est-elle prête pour le départ de la MINUSTAH? EmptyJeu 8 Oct 2009 - 10:14

Haïti, est-elle prête pour le départ de la MINUSTAH?


A
ceux qui demandent le départ des forces d’occupation ou de tutelle
comme si l’ONU pouvait être un occupant, comme si Haïti était sous
tutelle, soyons réalistes! On se perd dans les conjectures. De quel
départ parle-t-on ? Un départ sans un tableau de bord (roadmap)! De
quelle Haïti parle-t-on ? Peut-être que ce n’est pas celle qui est cet
espace le plus volatile de la Caraïbe, cette poudrière prête à sauter à
la seconde. Il me semble qu’on parle d’une autre Haïti, d’une autre
capitale, d’un autre pêle-mêle de la bidonvilisation, d’un autre
territoire sans que l’Etat ne contrôle ni terre, ni mer, ni air.




Parle-t-on
de cette Haïti qui, depuis le départ de JC Duvalier devint le chantier
de l’instabilité sociopolitique, d’un espace de transition qui n’en
finit pas, de l’inapplicabilité des mesures transitoires de la
Constitution de 1987, d’un pays dont la Constitution parle de Forces
Armées sans caserne et sans généraux, de nombreux CE Provisoires, d’une
décentralisation idéale qui reste comme un vœu pieux, d’un pays où le
populisme a fait tant de rage, hors de tout programme de développement.
Franchement, je veux croire qu’on parle d’une autre Haïti. Il me parait
que certains pensent que les gangs qui ont semé la terreur de 2004 à
2006 étaient une invention historique.




Si
tel est le cas, on ne nous prendra trop au sérieux dans les forums car
l’on risque de rester dans le virtuel sans toutefois atterrir dans le
réel du quotidien de l’haïtien. Il faut laisser Dessalines en paix car
depuis son assassinat l’unité des forces vives de 1803 est partie dans les tristes fumées de la division.




L’Haïti
du 29 février 2004 qui va accoucher la MINUSTAH en juin 2004 est cette
même Haïti qui a eu une force multinationale de 20,000 hommes en
octobre 1994, qui a été elle-même suivie par une série de missions
successives des Nations Unies de 1994 à 2001, dont notamment la MINUHA
jusqu’en mars 1995, la Mission d’appui des Nations Unies en Haïti
(MANUH), la Mission de Transition des Nations Unies en Haïti (MITNUH)
et la Mission de Police civile des Nations Unies en Haïti (MIPONUH).




Tout
cela en moins de dix ans. Supposons que la MINUSTAH part demain, avec
quel visage va-t-on demander de mettre de l’ordre chez nous quand
Port-au-Prince commence à redevenir la « descente aux enfers » quand
les avions atterriront presque vides avec à bord 15 à 20 passagers sur
le tarmac de notre aéroport, quand on menace de lancer des rockets sur
les vols commerciaux, quand le kidnapping se fait à gogo sous les yeux
de nos citoyens en plein midi où les proches et parents marchent avec
un cercueil sous le bras, quand les généraux des gangs commencent à
faire chanter leurs armes, quand un Colin Powell verra passer sous ses
yeux des balles venant de Bel-air, quand le Président Lionel Fernandez
verra sa voiture essuyer des coups de pierres, quand les manifestants
d’avril 2008 ouvriront les barrières du Palais National pour aller
chercher le Président élu à cause du grangou klowox, quand seulement cinq (5) réseaux de gangs suffisent pour presser un bouton de kidnappings des
plus horribles quand ils veulent, selon leur humeur. Voila la réalité
d’Haïti qui tend vers le calme aujourd’hui. Nou dwe manje, manje bliye.




La réalité de la sécurité en Haïti?


Haïti,
un état extrêmement fragile pour les raisons suivantes : 1) Les
frontières ne sont pas sécurisées, 2) la bidonvilisation est mortifère
et peut nourrir des poches de violence pour les célèbres kidnappings,
3) la complicité de la population par rapport aux actes de violences ;
4) la démission de la Société Civile;




La PNH
qui devrait avoir au total 25,000 policiers pour pouvoir soutenir la
population est auxiliaire de la justice, elle n’a pas le rôle d’une
Armée. Elle comporte les unités suivantes : CIMO, SWAT, BIM, UDMO, etc…
Toutes ces unités ne sont pas équipées d’un seul hélicoptère, d’un
bateau pour combattre les trafics suspects en mer, via air, et
sur les frontières qui nous séparent de la Rép. Dominicaine. Elle est
dirigée par Mario Andresol depuis le mois de juillet 2005 qui est
depuis lors déterminé à mettre de l’ordre. Il a épuré la PNH qui aurait
75% de corrompus ou de mauvais éléments selon un ancien responsable du
CSPN, il a dénoncé les juges qui libèrent les kidnappeurs, il a
contribué au démantèlement des gangs, il a pu mettre en place le
vetting sur les policiers, il augmente le nombre progressivement de
l’effectif à un peu plus de 14,000 policiers (2009) alors que la PNH
avait moins de 6,000 policiers (2004). Chaque six mois en
moyenne, l’Académie de Police sort une promotion, avec différents
objectifs, soit anti-kidnapping, anti-drogue, etc.




Les FAD’H


Je peux parier que c’est le plus grand sujet de division parmi les Haïtiens.


La MINUSTAH


Le
début de la MINUSTAH était médiocre. Les onusiens ne comprenaient pas
vraiment la réalité haïtienne. Ils s’entêtaient à mettre en application
le chapitre sept contre les gangs armés. Il a fallu beaucoup de lobby
auprès du Conseil de Sécurité des Nations-Unies par le Gouvernement
Intérimaire pour améliorer cette mission. Aussi ne faut-il pas oublier
que cette mission déployée en Haïti fut une mission de tour de Babel
avec des Pakistanais, des Jordaniens, Soudanais, Sri-Lankais, Chinois,
des gens qui n’avaient pas une seule idée de la culture haïtienne et
qui ne parlaient aucune langue romane. C’est l’une des raisons
principales que les gangs ont profité de cette tour de Babel pour
dissimuler quand ils ont kidnappé des citoyens et ils ont réussi. D’un
début médiocre, cette mission a fait beaucoup de progrès. De Juan
Gabriel Valdez, un fin diplomate, à Edmond Mulet qui est venu au début
du mandat de Préval et aujourd’hui, il s’agit de trois MINUSTAH
différentes : la première qui s’est adaptée vers la réalisation des
élections de 2006, la deuxième est allée chasser les gangs et la
troisième se concentre sur la réforme judiciaire, un projet extrêmement
difficile.




Doit-elle partir maintenant?


La
réponse est NON. Il y a une paranoïa chez le dirigeant Haïtien quand il
est logé au Palais National. Il sait quand et comment il est entré mais
il ne sait pas quand et comment il va prendre le chemin de l’exit. De
l’autre coté, celui qui est en dehors du pouvoir, il est toujours prêt
à remplacer dans n’importe quelle condition le locataire du Palais
National. Entre la paranoïa et la présidentite, ces deux comportements font réfléchir.




Quand va-t-elle partir ?


Elle
va partir quand les Haïtiens savent ce qu’ils veulent. Le sujet qui
demeure une énigme aujourd’hui chez les Haïtiens c’est la question des
FAD’H. Si l’on fait un sondage en plaçant dans une salle douze Haïtiens
avec la question suivante : « Voulez-vous une Armée en Haïti ? ». Je
suis certain que cette discussion se terminera en queue de poisson, il
y aura une cacophonie comme la tour de Babel. Elle va partir quand
l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire sont prêts. Pour l’Exécutif,
ne devrait-elle pas se pencher sur une commission représentant tous les
secteurs de la vie nationale sur : Le Plan d’Exit de la MINUSTAH. Quant au législatif, le Senat, la Chambre des Députés, existe-il un débat sérieux sur Post-MNUSTAH ? Non. Sur le plan judiciaire, n’en parlons même pas. Sur 50 juges en Haïti, qui peut-on compter sur les doigts d’un manchot ?




Aujourd’hui,
la MINUSTAH est la seule qui possède les Chars, les hélicoptères, les
avions, les blindés, les armes lourdes, les moyens capables de se
déplacer sur tout le territoire. Pour la remplacer, il faudrait un
budget capable de permettre à l’Etat Haïtien de répondre à tout cela.
Or notre budget dépend à 70% de la Communauté Internationale. Cette communauté internationale ne veut pas entendre parler des Forces Armées.




Cordialement,
JJJ
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