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 Le kidnapping comme nouvelle forme de déstabilisation

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gwotoro
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MessageSujet: Le kidnapping comme nouvelle forme de déstabilisation   Mer 27 Déc 2006 - 1:10

Le kidnapping comme nouvelle forme de déstabilisation

ANALYSE

PORT-AU-PRINCE, 17 Décembre
- Effet psychologique certain. La vague actuelle de kidnappings a réussi à casser les reins, les épaules, tous les réflexes les plus naturels aux habitants de la capitale haïtienne. Les gens ne sont pas seulement sur le qui-vive, ils n'ont pas seulement peur. Mais c'est tout leur psychisme qui est atteint. Une sorte de zombification. Est-ce un hasard ou serait-ce le but recherché ?

Oui, on peut dire déstabilisation dès que cela signifie mettre les gens la tête en bas, jeter le trouble dans leur esprit et leur comportement.

Déstabilisation de fait. Mais n'est-ce pas toujours la même chose, qu'il y ait un objectif caché ou pas, qu'il y ait une main derrière ou non ! En tout cas, l'effet est atteint. Reçu 5 sur 5.

Aussi au fil des événements, on en vient à se poser des questions plus nuancées, plus osées. Pourquoi enlever plutôt des enfants ? Qui peut avoir techniquement les moyens pour gérer tant de kidnappings à la fois ? Cela ne nécessite-t-il pas une importante organisation impliquant des renseignements précis, une logistique tout à la fois souple et efficace, un système de sécurité sans faille, des équipes rompues aux négociations, administration de l'hébergement et de l'entretien des pensionnaires, à plus forte raison des enfants en bas âge. Et tout cela fonctionnant comme les aiguilles d'une montre. Car la moindre erreur peut être fatale aux criminels ou à leurs victimes.

Est-ce que cela peut se trouver facilement en Haïti ? Une stratégie aussi impeccable puisque les kidnappeurs ne se font pas attraper, sauf dans de rares cas. On a l'habitude de penser que c'est au-dessus de nos moyens et expérience...

Si les haïtiens étaient aussi capables de talent organisationnel, Haïti ne serait pas en cet état. N'est-ce pas.

Donc première interrogation !

Est-ce que les kidnappeurs gagnent réellement au change ? ...

Secundo, pourquoi décider soudain de kidnapper plutôt des enfants ?

Parce que c'est le point faible des parents, pardi. Ces derniers seront plus faciles sur la détente, à desserrer les cordons de leur bourse.

Mais pourquoi ne l'avoir pas pensé plus tôt. Jusqu'à présent, on avait surtout enlevé des hommes ou femmes d'affaires, haïtiens et étrangers, des cadres professionnels, des anciens ministres...

Or il est probable que ceux-ci sont financièrement plus capables de verser la rançon que les parents de ces enfants choisis pour la plupart au hasard.

Aujourd'hui on entend parler de plus en plus de règlement en gourdes quand le plus petit cas se soldait jusqu'ici en plusieurs dizaines ou centaines de milliers de dollars américains.

Est-ce que les kidnappeurs gagnent réellement au change ? On est forcé de se le demander.

C'est la première fois aussi que les cibles sont choisies sur une base systématique. Rien que des écoliers et enfants en bas âge. Alors que le kidnappeur prenait jusqu'ici son pain là où cela faisait mieux son affaire. Son seul critère était la rentabilité.

Il y a donc un parti pris évident de créer d'abord un effet psychologique. De choquer. De frapper un grand coup. De troubler tout l'ensemble de la communauté (ainsi que la diaspora qui ne mettra pas les pieds pour les fêtes de fin d'année). Autrement dit de déstabiliser.

Mais si cela (du moins comme on le présume) ne doit pas rapporter beaucoup plus qu'avant aux kidnappeurs, pourquoi alors se donnent-ils tant de mal ?

Il faut toute une logistique...

Troisième interrogation : à partir du moment où il y a enlèvement de tout un bus scolaire, c'est une autre affaire. On n'est plus au stade du petit voyou (" chimère " ou pas) qui tente un coup en solo, ni du jeune homme voulant faire chanter les parents de son ex-petite amie...

C'est le kidnapping à l'échelle d'une industrie. De la grande organisation, pourvue de toute une logistique (investissements en infrastructures pour l'hébergement et l'entretien des victimes, services de renseignements et de sécurité bien au point, techniques de négociations et de manipulation psychologique, bonne connaissance de la psychologie des enfants etc)...

Et tout cela supposément par des experts puisque les coupables se font rarement attraper. Les auteurs du détournement du bus scolaire (7 enfants dans une Trooper de couleur rouge) courent toujours après le relâchement contre rançon de leurs otages deux jours plus tard.

Mais le même jour on apprenait qu'un autre nombre presque égal d'écoliers avait été enlevé.

Quatrième interrogation : le centre d'opérations s'est déplacé. Comme s'ils n'avaient plus autant accès aux quartiers populaires de la capitale, les kidnappeurs (dont les noms aussi sont nouveaux, dont un " Nan Mitan " opérant dans la zone de Croix-des-Bouquets) doivent déplacer aujourd'hui leurs victimes jusque très loin. Un enfant enlevé à Diquini (Carrefour), banlieue sud de la capitale, est libéré par la police à Saint Marc. Le petit Roobentz Francillon est retrouvé mort par strangulation jusqu'au Cap-Haïtien.

Pas un mot non plus des parents !...


Autre signe particulier : les parents ne se manifestent point. Aucune déclaration à la presse, le no comment est absolu.

Sont-ils terrorisés ?

Possible. Quand on joint autant d'horreur à pareille audace (rappelons que deux victimes ont été exécutées, dont un enfant de 6 ans), la population se retrouve facilement paralysée.

Mais comment contrôler si toutes les informations rapportées par les médias de la capitale sont authentiques. Car il y a toujours à craindre l'effet d'imitation. La psychose se reproduit d'elle-même.

Alors pourquoi des enfants ?

Parce que les auteurs de kidnapping sont les gens les plus méchants de la terre et qu'ils savent que c'est à travers ces petits êtres qu'ils peuvent nous faire le plus de mal.

Mais c'est là un jugement moral qui en principe n'a rien à voir avec une activité aussi cynique.

Ou alors parce qu'il est plus facile d'enlever un enfant sans défense. Pas toujours, le père de la petite qui a été enlevée devant l'école des sœurs du Sacré Cœur s'est battu. Il a reçu plusieurs balles, mais il n'est pas mort.

Non, le kidnapping systématique d'enfants est une autre affaire que celui d'adultes. Il n'apporte que plus d'embêtements et pas forcément plus d'argent.

D'autre part, s'il soulève une plus forte émotion dans le public, dans un second temps il peut également inciter une plus grande collaboration de la population dans la chasse à l'homme contre les criminels.

Alors les kidnappings d'enfant ont-ils un objectif autre ? Un but caché.

Difficile de ne pas le supposer.

Haïti en Marche, 17 Décembre 2006
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