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 Mythe du mur de Berlin et vrai mur de la Honte en Palestine

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piporiko
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MessageSujet: Mythe du mur de Berlin et vrai mur de la Honte en Palestine   Jeu 12 Nov 2009 - 11:31


Tout ce que les communistes vous ont dit du communisme était faux, mais tout ce qu’ils vous ont dit du capitalisme était vrai.»
Proverbe russe

«Ich bin in Berliner», «Je suis un Berlinois»
s’exclamait J.F.Kennedy venu soutenir les Berlinois au plus fort du
blocus: résonne encore dans nos oreilles de naïfs bercés par la doxa
occidentale au point que l’on croyait tout ce qu’on nous disait -le «on»
symbolisant les médias occidentaux. Nous avons comme pour le cinéma
hollywoodien vibré et communié avec ceux que l’on nous présentait comme
faible avec naturellement le «Zorro» redresseur de torts qui fait qu’on applaudissait à la fin des films. Je veux dans cette contribution «déconstruire»
le mythe du mur de Berlin et parler d’un vrai mur, celui de la honte,
celui de la force injuste contre le peuple opprimé de Palestine.

Pourquoi le mur a été construit?

William Blum nous explique pourquoi
le mur a été construit: (...) Pour commencer, rappelons qu’avant que le
mur soit construit, des milliers d’Allemands de l’Est faisaient
quotidiennement la navette entre Berlin Est et Berlin Ouest pour leur
travail, c.-à-d. rentraient chez eux tous les soirs. Ils n’étaient donc
aucunement retenus à l’Est contre leur volonté. Le mur a été construit
principalement pour deux raisons:

1. L’Ouest était en train de
harceler l’Est par une forte campagne de recrutement de professionnels
et d’ouvriers hautement qualifiés, qui avaient été éduqués aux frais du
gouvernement communiste. Cela finit par provoquer à l’Est une sérieuse
crise de la production et de la main-d’oeuvre. À titre indicatif, le
New York Times notait, en 1963: «L’érection du mur a fait perdre à
Berlin Ouest à peu près 60.000 ouvriers très qualifiés, qui se
rendaient chaque jour de leurs domiciles de Berlin Est à leur lieu de
travail de Berlin Ouest
». New York Times, 27 juin 1963, p.12

2. Pendant les années 50, les «guerriers froids»
américains de Berlin Ouest ont déclenché une brutale campagne de
sabotages et de subversion contre l’Allemagne de l’Est, dont le but
était de détraquer sa machine économique et administrative. La CIA et
d’autres services militaires d’espionnage US ont recruté, équipé,
entraîné et financé des activistes, individuellement ou par groupes,
tant à l’Est qu’à l’Ouest, pour exécuter des actions qui, couvrant tout
le spectre des possibilités, allèrent du terrorisme à la délinquance
juvénile: n’importe quoi qui pût rendre la vie difficile aux citoyens
d’Allemagne de l’Est, et affaiblir le soutien qu’ils apportaient à leur
gouvernement, n’importe quoi qui pût donner des cocos une mauvaise
image. (...)(1)
Petit retour en arrière: Egon Krenz dernier
président du Conseil d’État de la République démocratique allemande
(RDA) évoque la chute du mur, le rôle de Gorbatchev, ses relations avec
Kohl, ses propres erreurs, le socialisme.: L’histoire me libérera.(...)
Mon sort personnel importe peu. En revanche, le calvaire vécu par de
nombreux citoyens de la RDA relève de l’inadmissible. Je pense à tous
ceux qui ont perdu leur travail alors qu’ il n’y avait pas de chômage
en RDA. Je pense à tous ceux qui ont été marginalisés. Mais avez-vous
remarqué que les dirigeants de la RFA ont tout mis en oeuvre pour
éviter la prison aux nazis? (..) Au bureau politique du SED, j’étais le
plus jeune. Avec la disparition de la RDA, c’est une bonne partie de ma
vie que j’ai enterrée.

Avec le chancelier Kohl, nous avions
décidé d’ouvrir plusieurs points de passage. La date avait été fixée
par mon gouvernement au 10 novembre 1989. Or, la veille, un membre du
bureau politique, Schabowski, a annoncé publiquement, non pas
l’ouverture de passages, mais la «destruction du mur». J’avais
une grande confiance en Gorbatchev, une grande confiance dans la
perestroïka comme tentative de renouvellement du socialisme. J’ai
rencontré Gorbatchev, le 1er novembre 1989, à Moscou. Quatre heures
d’entretien. Je lui ai dit: «Que comptez-vous faire de votre enfant?» II me regarde étonné et me répond: «Votre enfant? Qu ’entendez-vous par là?» J’ai poursuivi: «Que comptez-vous faire de la RDA?» II m’a dit: «Egon, l’unification n’est pas à l’ordre du jour.» Et il a ajouté: «Tu dois te méfier de Kohl.»
Au même moment, Gorbatchev envoyait plusieurs émissaires à Bonn.
Gorbatchev a joué un double jeu. Il nous a poignardés dans le dos. Egon
Krenz, le «Gorbatchev allemand», disait-on à l’époque. En 1989,
je l’aurais accepté comme un compliment car l’interprétant comme
reconnaissant mon action visant à améliorer, à moderniser, à
démocratiser le socialisme. Pas à l’abattre. Aujourd’hui, si certains
me collaient cette étiquette, j’aurais honte. (...) L’idée socialiste,
les valeurs socialistes vivent et vivront. Je reste persuadé que
l’avenir sera le socialisme ou la barbarie. Le système ancien est
définitivement mort. Je considère que j’ai failli. À d’autres de
construire le socialisme moderne et démocratique. Un nouveau
socialisme.(2)

Une autre version moins édulcorée lui attribue un
rôle trouble. C’est Egon Krenz avec trois autres membres qui poussa
Erich Honecker vers la sortie avec la bénédiction de Gorbatchev. Nous
lisons: (...) Quant à la direction soviétique livrée au courant
liquidateur de Gorbatchev et des traîtres qui l’entourent, elle
encourage et favorise le mouvement. Le chef de l’Etat et du Parti
communiste soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, engagé lui-même dans le même
processus liquidateur, leur a déjà souhaité «bonne chance», rapporte Harry Tisch, un des comploteurs, alors chef de la «Fédération libre des syndicats de RDA»,
parti à Moscou chercher du soutien. Le 17 octobre, la succession de
Honecker est mise à l’ordre du jour de la réunion du bureau politique.
Lors du tour de table, Honecker ne trouve pas de soutien, même chez
ceux en qui il avait confiance. La trahison est complète et définitive.
Egon Krenz est élu à la succession de Honecker le 18 octobre. Il ne
parviendra pas à rester au pouvoir. Comme leur modèle Gorbatchev, les
opportunistes ont ouvert la voie du malheur pour leur peuple. Quelques
semaines après les premiers «McDo» ouvrent à Moscou. Quant à
Erich Honecker, il est mort en mai 1994 il avait été emprisonné par le
régime libéral de RFA. Réfugié à Moscou, il avait été livré par Eltsine.

La
France a essayé d’empêcher la réunification. François Mitterrand a-t-il
raté la réunification allemande? s’interroge PierreHaski. La polémique,
d’abord historique mais pas seulement, a repris depuis la publication,
à Londres, de documents déclassifiés par le Foreign Office, et en
particulier des notes d’entretiens entre le président français et
Margaret Thatcher, alors Premier ministre. Ce soupçon de loupé
diplomatique majeur pèse sur François Mitterrand depuis des années.
Pourtant, pour avoir suivi comme correspondant diplomatique de
Libération à l’époque, toutes les étapes de cette page d’histoire, j’ai
ressenti comme beaucoup d’autres l’immense flottement, le sentiment
d’un homme qui était à contre-courant de l’histoire sans pour autant
commettre de faute irréparable. On n’est pourtant pas passé loin si
l’on en croit les documents britanniques, et en particulier cette
conversation, début décembre, entre Mitterrand et Thatcher, dans
laquelle ils font surenchère de références à la Seconde Guerre
mondiale, et se renforcent mutuellement dans leur soupçon vis-à-vis du
géant allemand qui renaît. Mitterrand redoute de voir Français et
Britanniques se retrouver «dans la situation de leurs prédécesseurs dans les années 30, qui n’avaient pas su réagir»
au désir d’hégémonie allemande. Et Maggie Thatcher sort de son célèbre
sac à main une carte d’Europe découpée dans un journal
d’avant-guerre...(3)

Dans ses mémoires récentes, Kohl a écrit
avoir été très déçu par Mitterrand, qui en aparté se serait révélé très
hostile à la réunification. Ce qui a le plus agacé Kohl, c’est que
Mitterrand lui parle avec insistance de la ligne Oder Neisse, comme si
on était avant guerre. Il en a été vexé dit-il, et n’a pas pardonné. La
réunification a été le grand moment du chancelier Kohl, son heure de
gloire et son titre incontestable pour la postérité. On est donc loin
du main dans la main de la fameuse photo que, visiblement, Kohl a voulu
gommer dans ses mémoires.

La chute du mur: pour le meilleur comme pour le pire

La suite est tristement connue. Ce sera la «réunification officielle»,
en fait une opération de colonisation de l’Est par l’Ouest, où l’ex-RDA
sera livrée au capitalisme sauvage et au chômage. L’exemple de Leipzig,
capitale industrielle de la RDA, qui rivalisait techniquement avec
l’Occident dans les années 60-80, est significatif. «Leipzig ville fantôme» le Courrier International (Paris)

«La municipalité incite les propriétaires à faire démolir leurs immeubles, car ils ne les loueront plus jamais», résume Der Spiegel. «Ensuite,
ils sont invités à faire don des terrains à la ville. Quant à ceux qui
refusent, ils finiront par vendre leur bien, devenu inexploitable, à
très bas prix, estiment les urbanistes
». http://www.pcn-ncp.com/dossier/ddr/ddr2.htm

On
aurait pensé alors, propagande aidant, que la libération était synonyme
de bonheur. Il n’en fut rien. En 1999, USA Today écrivait «Quand le
Mur de Berlin est tombé, les Allemands de l’Est se sont imaginé une vie
de liberté et d’abondance, où les difficultés auraient disparu. Dix ans
plus tard, un remarquable 51% aux élections a fait savoir qu’ils
étaient plus heureux sous le communisme
». USA Today, 11 octobre
1999, p.1. Vingt ans plus tard, le capitalisme a pu envahir le monde,
se propager à toute allure, matérialisé par des McDo, des parcs
d’attractions, des jeans et des chewing-gums. Mais qu’ont-ils
véritablement gagné? Pourquoi ne pas aussi parler d’une absence de
chômage, d’une société sans SDF où chacun pouvait trouver sa place, ce
que regrettent grandement aujourd’hui les populations d’Europe de
l’Est. Sans compter que la pauvreté de la RDA s’explique par le fait
qu’elle a dù supporter seule les dommages de guerre dues par
l’Allemagne à l’URSS, la RFA étant exonérée et bénéficiant au contraire
d’un généreux plan Marshall...Les Allemands de l’Est en sont à
redécouvrir l’Ost-algie d’avant...

Pourquoi ne pas parler du
vrai mur de la honte de plusieurs kilomètres qui défigure la Jordanie,
obligeant chaque matin des milliers de Palestiniens à faire d’énormes
détours pour aller travailler chez les colons israéliens, ou pour
rentrer le soir ne sachant pas s’ils peuvent ou non passer selon le bon
vouloir et les humiliations au quotidien de la part des soldats. Il est
vrai que la Cour Internationale de Justice a déclaré illégal ce mur et
a demandé son démantèlement. Peine perdue. Le mur continue d’être
peaufiné: les Palestiniens seront «comme des cafards dans un bocal» pour reprendre l’expression appropriée d’un général israélien...

Le vrai mur de la honte

Marquant le 20e anniversaire depuis
la chute du mur de Berlin, les Palestiniens ont démoli ce vendredi dans
le village cisjordanien de Ni’lin, un pan de mur [d’Apartheid]
construit par Israël.Lors de la manifestation hebdomadaire contre le
mur, qui traverse le centre du village situé dans la région de Ramallah
et isole les habitants de 60% de leurs terres agricoles, quelque 300
manifestants ont méthodiquement démantelé une section en béton avant
que les forces israéliennes n’ouvrent le feu. Ils ont brûlé des pneus
et abattu une dalle de béton de huit mètres de haut en s’aidant d’un
vérin mécanique pour voiture. «Il y a vingt ans, personne
n’imaginait que la monstruosité d’un Berlin divisé en deux pourrait
jamais être abattue, mais il n’a fallu que deux jours pour le faire
», a déclaré Muhib Hawaja, un des manifestants, au journal israélien Yedioth Aharonot. «Aujourd’hui,
nous avons prouvé que nous aussi pouvions l’imposer, ici et maintenant.
Ce sont nos terres au-delà de ce mur, et nous n’avons pas l’intention
d’accepter son existence. Nous triompherons car la justice est de notre
côté.
»(4)

Pour rappel. Commencé en juin 2002, le Mur de
séparation devrait faire plus de 703 kilomètres de long, soit deux fois
la longueur des frontières de 1967 avec la Cisjordanie et quatre fois
plus long que le Mur de Berlin. Le Mur atteint à certains endroits 8
mètres de hauteur, plus de deux fois celle du Mur de Berlin. A d’autres
endroits, le Mur est constitué d’une barrière métallique électrifiée
entourée de tranchées de patrouilles, des fils barbelés et des
détecteurs de mouvements. (Comme la ligne Morice en Algérie Ndlr). Le
Mur s’enfonce profondément en Cisjordanie, divisant des villes, des
villages et leurs périphéries, séparant les familles. Le Mur empêche
les paysans palestiniens d’accéder à leurs terres; les étudiants de se
rendre à leurs écoles; les malades, les personnes âgées et les femmes
enceintes d’accéder aux soins de santé de base.

Pourtant, l’Avis consultatif de la CIJ édicté le 9 juillet 2004, est on ne peut plus clair: «L’édification
du Mur qu’Israël, puissance occupante, est en train de construire en
territoire palestinien occupé, y compris à l’intérieur et autour de
Jérusalem-Est, et le régime qui lui est associé, sont contraires au
Droit International
» (paragraphe 163),; «Israël est dans
l’obligation de mettre un terme aux violations du Droit International
dont il est l’auteur; il est tenu de cesser immédiatement les travaux
d’édification du mur qu’il est en train de construire dans le
Territoire Palestinien Occupé, y compris à l’intérieur et autour de
Jérusalem-Est, de démanteler immédiatement l’ouvrage situé dans ce
territoire; Israël est dans l’obligation de réparer tous les dommages
causés par la construction du Mur dans le Territoire Palestinien
Occupé, y compris à l’intérieur et autour de Jérusalem-Est.
» «Cette
construction, s’ajoutant aux mesures prises antérieurement, dresse
ainsi un obstacle grave à l’exercice par le peuple palestinien de son
droit à l’autodétermination et viole de ce fait l’obligation incombant
à Israël de respecter ce droit.
» (paragraphe 121) (5). Tout est dit: nous attendons la justice des hommes.

Notes

1.William Blum: Le Mur de Berlin, un mythe de la guerre http://www.legrandsoir.info/Gueriss...
2.Egon Krenz: «L’avenir sera le socialisme ou la barbarie» José Fort L’Humanité 6 11 2009
3.Pierre Haski Quand Mitterrand tentait de ralentir la réunification allemande. Rue89 15/09/2009
4.
20 ans après la chute du mur de Berlin, les Palestiniens abattent un
pan du Mur d’Apartheid. 7 novembre 2009 sur le site info-palestine.net
Ma’an News Agency
5.http://www.oxfamsol.be/fr/Mur-de-separation-en-Palestine-l.html 10.11.2006


Pr Chems Eddine Chitour, Ecole nationale polytechnique, Ecole d´ingénieurs Toulouse

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