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 Haiti a la recherche de sa classe moyenne

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gwotoro
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MessageSujet: Haiti a la recherche de sa classe moyenne   Jeu 31 Aoû 2006 - 22:36

Bonjour,

Cette semaine, je vous invite a reflechir a l'article d'Haiti en Marche intitule Haïti à la recherche de sa classe moyenne.

Bonne lecture et vos commentaires sont attendus comme toujours.

Je me permettais de reproduire en entier l'article pour ne pas le perdre.

Haïti à la recherche de sa classe moyenne

ANALYSE


MIAMI, 26 Août -
Un important changement est en train de s'accomplir dans la vie politique du pays. C'est la percée du nouveau Parlement. Et aussi son adéquation avec l'atmosphère générale.

Tout doucement c'est une nouvelle courbe que la politique haïtienne est en train de prendre. Pendant les deux décennies qui ont suivi la chute de la dictature Duvalier (février 1986), la parole était à la rue. Des brigades de vigilance, aux petits soldats des sergents Bauchard et Marino Etienne (1988), aux organisations populaires (OP) proches du régime Lavalas de Jean-Bertrand Aristide.

C'est la première fois que l'initiative passe aux mains d'un autre secteur. Passe du béton, comme on dit, à l'hémicycle. De l'informel au formel...

Pourtant ce ne fut pas facile. Au début des années 90, Aristide arriva au pouvoir, les OP Lavalas se confrontaient aux élus parlementaires au nom d'un principe, celui d'une prétendue prééminence de la démocratie dite participative à la démocratie représentative. C'est la révolution dans la révolution !

Le coup d'Etat militaire de 1991 prit ce conflit comme prétexte et tenta de s'appuyer sur le Parlement. Mais l'arbitraire des généraux ne tolérait aucun compromis...

Depuis, la majorité continua d'être utilisée tantôt par le pouvoir (Lavalas) comme sa propre chose, tantôt par l'opposition (OPL), idem.

Un moment charnière...

C'est donc la première fois depuis la promulgation de la Constitution de 1987 que le législatif semble vouloir exercer pleinement, et harmonieusement, sa mission.

Car entre-temps, la rue a perdu de son éclat. Cité Soleil n'est pas seulement un haut lieu de la militance, c'est aussi devenu un fief de kidnappeurs.

Que veut dire un tel changement ?

A notre avis, il a une importance symbolique énorme. Car la question c'est aussi : que représente ce groupe d'hommes et de femmes qu'on appelle le Parlement ? Quel est son statut ? A-t-il une mission ?

Historiquement (surtout depuis la révolution française de 1789), il est un avant-garde. Un moment charnière dans l'évolution future d'une nation.

En 1789, on appela le nouveau-né la bourgeoisie. Aujourd'hui c'est ce qu'on appelle les classes moyennes.

Il ne faut pas (il ne faut plus) avoir peur du mot classe moyenne. L'un des plus grands malheurs dont souffre Haïti aujourd'hui est cette réalité de face-à-face permanent entre les have et les have not, de conflit armé (n'ayons pas peur des mots) entre les plus riches et les plus misérables.

Dès lors, tout est interprété aussi sous ce même angle : les riches sont tous mauvais aux yeux des pauvres, les pétionvillois aux yeux des bidonvillois, et vice versa tous les pauvres sont des " chimères " pour les possédants.

Une profonde mésinterprétation...

Ceci est d'abord la conséquence d'une injustice sociale criante, où pour répéter l'ancien ministre Marc Bazin, 5 pour cent de la population détient plus de 75 pour cent de la fortune nationale ; mais dans les faits cette situation découle aussi d'une profonde mésinterprétation, d'une absence totale de contact même indirect entre les uns et les autres.

Le Parlement en Haïti ne peut pas être une simple courroie de transmission des revendications de la population au pouvoir exécutif. Il a aujourd'hui une mission infiniment plus large.

Etablir un espace de débat des grands problèmes nationaux, et sans aucune exception : la mauvaise répartition des richesses, l'exclusion qui alimente la haine sociale de part et d'autre, etc. Et par-là, travailler à apaiser les tensions. La base pour un réel redémarrage. Pour un développement durable.

Mésinterprétation ! En effet, est-ce en détruisant toutes les infrastructures industrielles dans la zone de Cité Soleil que les habitants de ce bidonville trouveront plus facilement du travail ?

Sont-ce les provocations et les cris de haine déversés sur les radios supposées plus proches de la classe possédante qui nous feront retourner plus vite à la stabilité ?

C'est bien entendu un travail de longue haleine. Loin de la démagogie des campagnes largement subventionnées de dialogue national et de réconciliation bidon.

Et c'est possible aujourd'hui-même. Hic et nunc. Au moment précis que nous vivons. D'abord par l'absence actuellement d'un pouvoir de type populiste, où le pays est tiraillé entre une présidence impériale et un parlement atrabilaire, paranoïaque. Comme nous l'avons souvent connu ces derniers temps.

Mais aussi grâce à un début de prise de conscience chez les élus haïtiens à tous les niveaux que l'absence de tout dialogue est une cause essentielle du déclin.

Y compris la mainmise sur notre souveraineté par de " grands amis. "

Alors que la Constitution de 1987 y pourvoit.

Le populisme est la négation de la classe moyenne...

Mais ce n'est pas tout. Le Parlement a une mission établie, disons-nous. Mais a-t-il un symbolisme ? Que veut dire classe moyenne ?

Duvalier l'a galvaudé. La classe moyenne duvaliériste est une main mise totalitaire sur le pouvoir politique pour arracher sa part du gâteau des mâchoires de l'élite traditionnelle et en tenant violemment en respect la masse des démunis.

Quant au populisme, il implique en soi la négation de la classe moyenne, réduisant le contexte socio-politique à une vision presque christique (cela va de Alexandre Pétion en 1806, à Aristide) d'un partage jugé nécessaire entre les have et les have not. Mais directement, sinon à travers un président " papa bon cœur ".

Cependant le changement que nous percevons aujourd'hui impose aussi une classe moyenne qui s'assume...

Or c'est loin d'être encore le cas.

D'abord, cela suppose une conscience de classe moyenne, qui n'existe pas en Haïti.

Nous en sommes encore à des formes quasi médiévales d'appartenance socio-politique.

Il y a ceux qui ne démordent pas qu'ils appartiennent à l'élite même s'ils n'ont pas un sou vaillant en termes de fortune... Il faudrait parler ici d'aliénation. C'est le complexe de Madame Bovary.

D'un autre côté, il y a ceux auxquels le mot de classe moyenne fait peur à cause de sa connotation politique, qui pis est, à cause du traficage duvaliériste.

Tourner en rond...

Enfin, pour la plupart c'est quelque chose qui ne veut rien dire, parce que la classe moyenne en Haïti n'existe pas. Peut-on se réclamer de ce qui n'existe pas !

Impression renforcée, hélas, par certaines démarches apparemment naturelles tel ce documentaire largement diffusé le mois dernier par l'ambassade américaine pour encourager à un retour à la stabilité et qui met en scène deux seuls secteurs : le big business et les chefs de bande de Cité Soleil.

L'ambassade a essayé de rectifier le tir dans un second documentaire mais qui se confine encore dans le secteur des affaires.

Il faut se garder de continuer à emprisonner le débat dans un cadre aussi conflictuel. On ne fait que tourner en rond.

Le changement souhaité nécessite donc une classe moyenne qui s'assume. Cela veut dire non comme un simple appendice des classes possédantes, autrement dit un groupe en perpétuel transfert de classe, le temps de battre fortune, préférablement via le pouvoir politique et son appropriation de la caisse publique.

C'est la version classique haïtienne, et qui continue à se vérifier malgré tous les bouleversements politiques qui se succèdent. Aucun régime n'y faisant exception. Voire quand tout a lieu en deux ans à peine (sous-entendu les nombreux scandales qui émaillent le bilan du gouvernement intérimaire Boniface-Latortue).

Mais accepter aussi le leadership que cela suppose auprès de l'immense majorité car c'est un processus de bas en haut et non le contraire. La classe moyenne est l'héritière, ainsi que la pointe avancée (l'intelligentsia), des efforts constants de la grande masse pour que ses enfants puissent connaître un meilleur sort.

Il faut des pionniers !...

Partout dans le monde, elle est symbole d'évolution et de progrès. D'où l'intention prêtée aux décideurs américains d'encourager entre Haïti et sa diaspora nord-américaine un partenariat plus dynamique, engagé dans une vision plus large. Mais qui n'a pas encore dépassé le stade des discours et des vœux pieux.

Hélas, en Haïti la classe moyenne, au contraire, a jusqu'ici une toute autre signification. Celle de reniement de ses origines.

Et c'est cet héritage-là qu'il importe de renverser.

A toute entreprise, il faut des pionniers. Peut-être en existe-t-il actuellement au Parlement, en un mot dans la nouvelle équipe arrivée aux commandes grâce à la participation populaire massive aux dernières consultations électorales.

Haïti en Marche, 26 Août 2006


Dernière édition par le Dim 10 Sep 2006 - 22:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Haiti a la recherche de sa classe moyenne   Dim 3 Sep 2006 - 2:26

quand cet analyse est de Marcus Gracia si bonne soit elle elle est piegee???? Et qui peut m'empecher autre que la sangsure de me poser certaines pertinents question a savoir ;

Les milliers de $$$$$$ des rancons ne sont pas assez pour rechercher et retrouver cette classe moyenne ?????

Democratie representative avec l'unique espoir de devenir ministre de l'information ?? Gladys Lauture estt encore vivante ! Elle a dit non ! ce monsieur avait toujours prone une democratie participartive Terme utilise pour appuyer la delinquence , le desordre et la pratique du pere lebrum !

Je regrette d'avoir ose ! Au non de la verite je peux faire autrement !
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