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 | Sujet: LES Voies DE LA RECONSTRUCTION PAR JEAN GABRIEL FORTUNÉ. Ven 19 Fév 2010 - 11:10 | |
| HAITI, QUE FAIRE ?
LES Voies (x) DE LA RECONSTRUCTION PAR JEAN GABRIEL FORTUNÉ.
• Document I - Diagnostic général et Arbitrage. • Document II- Cadrage général de la situation et Arbitrage. • Document III- Cadrages sectoriels, aménagement du territoire et décentralisation / Arbitrage. • Document IV- Cadrages institutionnels et juridictionnels / Arbitrage. • Document V- Cadrages organisationnels et administratifs / Arbitrage.
Quelques pistes de réflexions et d’idées.
Problématique
Les calamités et les épopées constituent la toile de fond de toute l’histoire de l’humanité. Les individus, les groupes, les communautés, les sociétés, les peuples et les nations ne cessent de combattre depuis l’antiquité jusqu’au temps moderne la peur et l’insécurité. En dépit des percées et des avancées scientifiques et politiques l’esprit de l’homme sur la planète terre est plus que jamais hanté par l’inquiétude et l’incertitude. Les chocs provoqués par la catastrophe naturelle en disent long. Par exemple, le 12 janvier 2010, un horrible tremblement de terre secoua Haïti. Ce fut la consternation nationale avec une lamentation planétaire. Les sociétés telles que nous les connaissons sur cette planète sont très vulnérables, les unes plus que les autres. Entre les épidémies, les guerres, les conquêtes et les catastrophes naturels qui ont jalonné l’histoire de l’humanité, il convient de souligner que ces derniers restent et demeurent les plus destructeurs et sur lesquels les sociétés ont peut d’emprises. Ce phénomène a-social mais inéluctable résiste à l’entendement humain ; ce qui complique davantage des multiples investissements consentis par les sociétés pour construire des capacités aptes à prévenir et guérir. L’existence humaine sur cette terre est menacée. Est-ce la fatalité ? A en croire les scientifiques, se référer à la fatalité pour expliquer les vulnérabilités et les précarités des sociétés humaines révèlent soit de l’ignorance, soit de l’irresponsabilité, soit de l’insouciance. Des documentaires étoffés diffusés à travers le monde ont déjà fixé les responsabilités. Ces études mettent en exergue les rapports de l’homme avec la nature, les rapports de différentes planètes en particulier la terre, la lune et le soleil, les rapports des sociétés entre elles. D’autres études les unes les plus approfondies que les autres interpellent la liberté humaine. La liberté de… Au nom de la liberté, les individus, les groupes, les sociétés, les nations, les Etats ont commis des excès ; ne cessent de commettre des excès. Les idéologies, avatar de la liberté ont poussé jusqu'à l’aberration. Les compétitions entre les Nations ont poussé jusqu’au ridicule alors que le village planétaire est en construction. Le productivisme et l’hindonisme hantent les cœurs et les esprits sans considération de race et de classe jusqu'à l’indécence. La liberté de penser, d’agir et de faire. Que d’atrocités et de calamités ont été inventoriées comme conséquence de la liberté de l’Homme. L’Homo Sapiens….
Plus de sécurité à jamais et toujours un excès de liberté en dépit de la prolifération des normes prudentielles, l’humanité malgré tout fait face à un dilemme de la cohabitation et de l’harmonisation des espèces ou de la domination et de l’exploitation des autres espèces. Dans l’état actuel des connaissances, que peut-on en espérer ? Les hommes n’ont-ils pas pris un parti-pris en définissant la vie ? La vie de qui ? La vie de quoi ? Le parti-pris, c’est qu’on a toujours parlé de la vie de l’homme. On a confondu à tort ou par égocentrisme l’histoire et la vie et l’histoire fait partie de la vie. S’il faut approfondir, il est temps de dire, que la vie n’est pas seulement l’existence de l’homme c’est aussi l’existence de toute les espèces, c’est la vie de toutes les espèces. La vie c’est le mouvement, c’est le changement. Or l’homme par rapport à son histoire résiste au changement et craint le mouvement. Ce qui nous amène à poser la thématique suivante : « La nature et l’Histoire » ou « La nature et la culture ». Les catastrophes naturelles sont des mouvements, de gros mouvements. Elles provoquent certes des changements, de gros changements. Les changements, ce sont à maints égards les conséquences des mouvements. Ils modifient le cours de la vie ou des vies, des vies de différentes espèces. Espèces végétales, espèces animales, espèces humaines en particulier, on parle de changement climatique. Les mouvements et les changements donnent un sens à l’histoire. Car l’histoire est partiale et partielle entre les humains et surtout aveugle par rapport à la nature. Ce que nous appelons histoire, culture, ce sont des états de nature, ce sont des conceptions, des conceptions souvent erronées de la nature, ce sont des productions et des constructions sociales donc subjectives. Ce que nous appelons le temps, ce sont des limitations de vue, ce sont les nostalgies (le passé, le présent et l’avenir). Des compréhensions et des appréhensions qui s’entrechoquent aujourd’hui au niveau de la pensée universelle. Par exemple : 1) « Dieu créa le ciel et la terre » Dans notre compréhension la terre est une planète, Or, on a découvert plusieurs planètes. Dans notre appréhension les autres planètes sont considérées comme des planètes adjacentes. Que dire du Ciel ! 2) Dieu créa l’homme à son image !! Qu’est-ce une image ? Une image, somme toute mais le pouvoir d’une image est très symbolique, limité par voie de conséquence.
D’ou cette question énigmatique : la domination et la domestication à l’excès des autres espèces par l’espèce humaine ne sont-elles pas génératrices de maux insolubles ?
Est-ce un ordre naturel ? Est-ce un ordre culturel ? Nous approchons-nous de la fin de l’histoire ? Dans le cas Haïtien, on serait tenté de dire oui. Mais ineptie. Le temps est plutôt à un questionnement, à un dépassement. L’Haïtien qui a vécu le 12 janvier doit penser à l’intelligibilité des histoires humaines. « Les Hommes font leur Histoire » Les hommes, en effet décrivent et tracent leur histoire c’est à dire leur vécu. Ils interprètent autant que faire se peut, tantôt par la magie, tantôt par la philosophie, tantôt par la science l’existence humaine. Cette existence c’est une sorte de repérage des mouvements et changements. Un repérage partiel qui tient compte des dégâts culturels, encore très subjectifs. Le problème c’est que ces changements, ces mouvements ont toujours emporté et affecté des productions et des constructions sociales : mentalité, habitude, coutume, usage etc.… Et, l’histoire recommence.
12 janvier 2010 n’est pas la fin de l’histoire d’Haïti. C’est peut être le recommencement de l’histoire d’Haïti c’est une autre page d’Histoire. De nouvelles manières de penser, d’agir et d’exister vont émerger. De nouvelles générations vont s’actualiser. De nouvelles histoires individuelles et collectives vont faire l’Histoire. Les mouvements naturels sont inéluctables. Les changements sociaux en sont les corrolaires.L’espèce humaine ne peut que s’adapter. L’adaptation c’est la finalité exacte de l’éducation. Celle-ci doit permettre à l’homme de développer sans cesse des capacités et des compétences aptes à faire face aux mouvements et changement c’est à dire à la vie. Donc, l’éducation est vitale. C’est elle qui assure la pérennité des sociétés humaines. La survie des sociétés dépend du type d’éducation véhiculé. Dans cette optique, on peut saisir d’emblée le problème Haïtien. Il ne s’agit pas de dégâts considérables somme toute en vies humaines. Il ne s’agit pas non plus des pertes matérielles inestimables. Il importe de penser plutôt à des déviations stratégiques de l’éducation en Haïti. Au moment de ce séisme les institutions et les acteurs de la société haïtienne ne pouvaient faire preuve d’aucune capacité et d’aucune compétence. Alors que, ce qui est arrivé devait arriver. Et on le savait. On a beau pleurer, on a beau parler, on a beau culpabiliser. Mais hélas il est trop tard.
QUE FAIRE ?
La République doit se ressaisir. Sacrifices et souffrances sont les prix a payer pour construire, reconstruire, déconstruire. Les progrès politiques, les progrès économiques, les progrès scientifiques ont été obtenus souvent au prix du sang. Le sang est sacré. Même le sang du Christ. Pour sauver l’humanité, au regard de la doctrine chrétienne, le sacrifice du sang du Christ fut offert. Que d’êtres humains ont été utilisés comme des cobayes pour faire avancer la science. Que d’êtres humains ont été bafoués, méprisés, ignorés, exploités, voire tués dans le processus interminable de quête de liberté, de justice et paix. Que d’êtres humains ont été bafoués pour la sécurité et la prospérité. Le salut de l’homme s’obtient donc par le sacrifice. Il n’y a pas d’exception dans l’histoire de l’humanité. Ce n’est pas une règle. C’est une réalité à laquelle on ne peut s’en passer. Il n’y aura pas de miracle pour Haïti. Adieu les rêveurs Adieu les illusionnistes Adieu les populistes. La reconstruction d’Haïti prendra du temps. Elle ne sera possible qu’a très long terme. Elle ne sera possible viable et durable si et seulement si l’on décide à recentrer l’éducation en Haïti. Nous avons précisé plus haut que les malheurs d’Haïti sont les conséquences de déviations stratégiques de l’éducation. Il faut en prendre conscience. De la famille à l’état en passant par les églises et les entreprises il faut une reconversion radicale. Contrairement à ce que l’on pense, l’extinction de populations et de sociétés à travers l’histoire de l’humanité est loin d’être une exception. De la faillite ou chaos, l’extinction n’est pas à écarter pour Haïti comme société particulière. Ce n’est pas de l’alarmisme. C’est du réalisme.
Le moment est donc venu de faire des propositions. Des propositions audacieuses.
Une population pour survivre a besoin d’institution vitale- Comme la famille Comme l’Etat Comme l’école Comme la propriété Comme la liberté Une institution c’est une mobilisation dans le temps et dans l’espace d’un ensemble de ressources et de règles en vue d’atteindre des objectifs ou d’apporter des solutions. Comme la sécurité Comme la prospérité Comme le bien être individuel ou collectif. L’efficacité d’une institution dépend d’une certaine organisation variant selon les cultures, habitudes et coutumes et l’administration détermine les modes d’actions devant aboutir aux solutions.
Population Institution Organisation Administration Action Solution.
La création à un moment donné d’une institution dépend de la loi de nécessité. Les grandes circonstances déterminent le type d’institution. L’institution n’est jamais une finalité, c’est un instrument, un moyen que les individus en société se donnent pour atteindre des objectifs. Comme la reproduction de l’espèce humaine- Comme le bonheur Comme la sécurité publique Comme la paix et la justice.
En général les institutions sont établies par des générations pour d’autres générations. C’est le principe moteur de la perpétuation de l’espèce humaine. On ne vit pas pour soi, Les générations futures dépendent des générations présentes. Ce principe semble échapper aux haïtiens. L’actualisation des problèmes n’est autre que des solutions épargnées, différées éventuellement exploitables. C’est pourquoi l’éducation est une œuvre de longue haleine faite de tensions. L’éducation prépare pour la vie, la vie des espèces et non seulement de l’espèce humaine. L’éducation n’est pas statique. Elle est dynamique. La bonne éducation anticipe même les mouvements et les changements. L’éducation permet a la population de s’adapter a travers les institutions. L’entendement humain c’est a dire le pouvoir de discernement se matérialise au niveau du procès de l’éducation, dont l’instruction est un élément. S’éduquer et s’instruire, deux problématiques complémentaires mais différentes. On s’éduque pour la vie, on s’instruit pour la vue c’est-a-dire le paraître, le superficiel. L’éducation est un sacrifice L’instruction est jouissance Le premier sacrifice consenti par l’individu socialisé, éduqué c’est l’acceptation de ce qu’il ne connaît pas, ce qu’il ne sait pas. On ne connaît pas le futur. Toutefois on le conçoit par l’éducation. L’éducation crée des conceptions de voir, de penser, d’agir, de s’instruire et de faire. Car, c’est un acte délibéré. Tous les êtres humains disposent de ce pouvoir. C’est le leitmotive de la raison. La raison est fille de l’éducation et non pas de l’instruction. L’éducation et la raison combattent l’égoïsme de l’homme au profit des institutions pour la pérennisation de la société et la reproduction de l’espèce humaine. Déficit, faillite, chaos, l’énigme haïtienne est d’abord et avant tout un problème institutionnel. Il n’y a pas de solution individuel au problème de société, ou problème d’ordre sociétal. Il n’y a pas lieu de revenir au fait originel. Il faut surtout reconstituer, puisque tous les matériaux sont disponibles. Il faut reconstituer parmi un très grand nombre de possibilités. C’est là le problème réel. Mais partons de cette proposition « les hommes font leur histoire ».
● Que les acteurs individuels ou collectifs se mobilisent. ● Qu’ils se donnent des moyens_ ● Qu’ils se décident d’agir_ ● Qu’ils s’assignent des fins_ ● Qu’ils adoptent une méthode.
En effet les sociétés humaines ont leur propre structure, leur propre mécanisme de résolution de problème. La société est basée fondamentalement sur ce qu’on appelle « l’échange »
Echange de mots, de paroles C’est la communication C’est la concertation C’est la délibération Cette méthode qui est propre à toute société doit être utilisée, actualisée en vue de permettre aux citoyens, à la population de fonder des institutions que nécessite la situation. A ce stade, rien n’est encore facile. Quelle est la stratégie de participation ? Quelle est la stratégie de légitimation ? Quelle est la stratégie de fondation ?
• le premier pas c’est de convaincre les citoyens en général et les jeunes en particulier à exprimer leurs opinions et à affirmer leurs positions. • La deuxième étape à franchir, c’est d’instaurer dans chaque commune un forum citoyen très démocratique et très représentatif. • La troisième étape, c’est de permettre l’éclosion des groupes organisés au terme du forum citoyen. • La quatrième étape c ‘est de repérer l’émergence de leadership visionnaire. • La cinquième étape c’est de permettre la prise de décision suivie d’action a la suite de processus de concertation locale et nationale. • La sixième étape c’est de trouver la meilleure stratégie à adopter démocratique un projet politique. • La septième étape c’est de trouver la meilleure formule de prise de décision suivie d’exécution.
PROJET POLITIQUE.
• La Reconstruction de l’Etat et de l’Economie.
• Mobilisation d’hommes et de femmes au sein de la population. Jeunes de 15 à 40 ans dans chacune des communes de la République------- L’Intégration Nationale.
• Organisation / cadre institutionnel ARMEE symbolisant la NATION légitimant l’ETAT. ODRE-DISCIPLINE-TRAVAIL
• Dénomination : Armée de Reconstruction d’Haïti ARH, Les Rebatisseurs.
• Composition : Cadres universitaires, Professionnels, Etudiants, Déshérités, Désœuvrés
Entre 300.000 à 400.000.
• MISSION :
a) résoudre les problèmes de l’environnement, Reforestation_ protection des bassins versants_ Correction des lits et berges de rivières. b) Résoudre les problèmes d’infrastructures et d’aménagement du territoire. c) Résoudre les problèmes de rénovation urbaine. d) Résoudre les problèmes de protection civile et de sécurité. e) Sauvegarder l’intégrité du territoire nationale. f) Intervenir en cas de catastrophe. g) Exécuter les taches de la reconstruction et du développement.
EFFETS MULTIPLICATEURS.
Créations des centaines de milliers d’emplois
NOURRIR 400 000 hommes Fermes agricoles et fermes d’élevage_ usines agro-industrielles.
VĒTIR 400 000 hommes Manufactures de vêtements et sous-vêtements.
CHAUSSER Manufactures de chaussures, d’espadrille.
La production nationale est automatiquement relancée. Des dizaines de milliers d’emplois sont créés ne serait-ce que pour maintenir et faire fonctionner cette ARMEE.
C’est une NECESSITE C’est une NECESSITE C’est une NECESSITE
La Reconstruction nationale est possible nous y croyons. Le sacrifice national est la seule voie de salut. Des générations doivent s’offrir non pas en holocauste, mais de façon stoïque pour rebâtir Haïti et préserver l’avenir. Les rebatisseurs. En effet, des taches herculéennes, titanesques attendent les haïtiens. Il leur faut de l’ordre, de la discipline, de la persévérance, de la patience, de la méthode pour surmonter ces difficultés. Pour y arriver d’autres moyens s’avèrent nécessaires. Les ressources financières sont indispensables. D’ou proviendront-elles ? La nation doit s’entendre sur la création d’une banque de Reconstruction. Elle sera alimentée à partir de l’imposition d’une TIMBRE DE RECONSTRUCTION NATIONALE. Ce timbre est obligatoire pour valider et légaliser toute transaction généralement quelconque. Par exemple : Prélèvement d’une (1) gourde sur tous les appels téléphoniques. Prélèvement de 10 US $ sur tous les transferts d’argent de l’étranger. Prélèvement de 10 gourdes sur tous les gallons de carburant. Pour ester en justice il faut se procurer un timbre soit comme demandeur, soit comme défenseur. Pour payer l’électricité il en est de même. Cette banque sera également alimentée à partir des emprunts internationaux.etc….. Quant à la gestion de cette banque la formule de contrat de gestion serait beaucoup plus interessante.etc… Deux autres institutions indépendantes s’avéraient impératives. Il s’agit de : 1) Inspection générale des travaux publics 2) Cour Républicaine d’Audits.
Par ailleurs avant de statuer sur la gouvernance de la nouvelle République le changement de régime politique devra être l’objet d’un consensus politique. Ne serait-il pas plus judicieux et efficaces d’adopter un régime présidentiel classique de type américain tout en s’efforçant d’instaurer un système politique pluraliste mais axés autour de trois grands courants politiques….
Pour y parvenir il faut que l’on organise, nous le répétons, un vaste forum représentatif, constructif_ Il faut s’entendre sur les institutions de transition par exemple une assemblée constituante qui aura pour mission de rédiger une constitution qui sera la fondation juridique et normative du nouvel Etat. Il faut s’entendre sur un pacte politique de transition avant de penser à organiser des élections. Ce temps de transition permettra de jeter les bases infrastructurels et institutionnels comme prés-requis et conditions de stabilité politique. Une vaste campagne d’éducation et d’action civique devrait être au centre de la transition en vue de galvaniser les énergies vers cette grande œuvre de reconstruction nationale.
HAITI, 2019 UN PAYS NEUF.
JEAN GABRIEL FORTUNE Ex- Député du peuple Ex-Sénateur de la République |
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