Libre opinion - Haïti, six mois après
Mario Renaud - Directeur général du CECI (Centre d'étude et de coopération internationale) 10 juillet 2010 Amérique Latine
Avec un certain cynisme, les critiques sur le travail des ONG et le leadership du gouvernement haïtien se font plus dures et plus pressantes, sans concession pour le travail extraordinaire accompli jusqu'à présent. Pourtant, Haïti a surtout besoin de solidarité et de coopération.
Le bilan du tremblement de terre de janvier 2010 en Haïti est connu: plus de 200 000 morts, 1,5 million de sans-abri, une population déjà pauvre frappée par le séisme proportionnellement le plus dévastateur de l'histoire de l'humanité à l'échelle d'un pays. Actuellement, 20 millions de tonnes métriques de débris du tremblement de terre jonchent les rues de Port-au-Prince. Au rythme de 300 camions par jour dans les trois prochains mois, il en coûtera 120 millions pour dégager seulement 10 % de ces débris qui constituent un obstacle majeur à l'aménagement des abris temporaires, aux travaux de restauration des quartiers et à tout le processus de reconstruction. Il faut aussi prendre en considération les problèmes fonciers: les droits de propriété des terrains disponibles pour la reconstruction sont souvent incertains et les documents, introuvables.
L'ampleur de ce séisme est gigantesque pour un petit pays comme Haïti qui a peu de moyens, sinon ceux que la communauté internationale consent à lui accorder. Il est évident qu'Haïti a besoin d'un soutien international important et ininterrompu pour se relever. Le formidable élan de solidarité internationale qui s'est manifesté au lendemain du 12 janvier 2010 doit maintenant s'inscrire dans la durée et dans une stratégie structurante de l'économie et de la société en général, une stratégie qui doit faire des Haïtiens les principaux acteurs de leur propre développement.
Lire la suite :
http://www.ledevoir.com/international/amerique-latine/292348/libre-opinion-haiti-six-mois-apres
_________________
Solidarité et Unité pour sauver Haiti