MONTRÉAL – Six mois après le terrible séisme qui a dévasté Haïti, des centaines de milliers de personnes sont toujours sans abri.
La situation sur le terrain est dramatique. Dans certains endroits, des refuges temporaires ont remplacé les tentes, mais la construction de maisons permanentes stagne à l’état de projet.
Pour venir en aide aux sinistrés, les gouvernements du Canada et du Québec ont mis sur pied des programmes d'aide sans précédent, mais les résultats se font toujours attendre.
Le programme spécial de parrainage créé pour permettre la réunion de familles canadiennes d'origine haïtienne fait notamment l'objet de vives critiques.
Selon certains intervenants, il n'a pas encore rempli ses promesses, ce que réfute le gouvernement du Québec.
En conférence de presse lundi, la ministre de l’Immigration, Yolande James, a fait le point sur la situation. Flanquée du consul général d'Haïti, Pierre Richard Casimir, elle a indiqué que – contrairement à ce qui avait pu être avancé dans ce dossier – le Québec avait atteint son objectif.
«À ce jour, nous avons accepté 900 personnes grâce à ce programme spécial et, en fonction des demandes actuellement en analyse, nous atteindrons le cap de 3000», a-t-elle précisé.
Mme James a expliqué qu’un grand nombre de demandes avaient été acheminées au lendemain du séisme et qu’il avait fallu les traiter dans des conditions difficiles, ce qui pouvait expliquer certains délais.
«Les bureaux d’immigration du Canada en Haïti étaient à reconstruire, plusieurs documents requis pour l’analyse des demandes étaient manquants, a-t-elle rappelé. Or, malgré cette réalité, environ 1000 Haïtiens sont déjà arrivés au Québec à ce jour».
Bien sûr, le Québec pourrait accueillir encore davantage de sinistrés, mais le nombre de personnes admises ne doit pas excéder la «capacité d’intégration du Québec» et, surtout, «ne pas vider Haïti de ses forces vives», a rappelé Mme James, un «souhait clairement exprimé par le premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive».
Du côté d'Ottawa, le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a assuré que des progrès étaient enregistrés chaque jour.
M. Cannon dit comprendre l’impatience de certains citoyens, mais il a expliqué que la reconstruction prend du temps et qu'elle pourrait durer plus de dix ans. De son côté, la ministre de la Coopération internationale, Bev Oda, a indiqué que le Canada avait déjà déboursé 150 millions $ pour soutenir l’effort humanitaire dans le pays, notamment pour construire des abris et fournir de l'eau potable à la population.
En tout, le gouvernement fédéral a promis 400 millions $ pour soutenir le plan de reconstruction de la perle des Antilles, de l’argent dont le gouvernement haïtien pourra disposer en fonction de ses priorités.
Le séisme du 12 janvier dernier a fait plus de 220 000 morts et encore davantage de blessés. Des villes et des villages entiers ont été rasés et, encore aujourd’hui, certains quartiers sont toujours de véritables champs de ruines.
Des experts évaluent qu’il faudra plus de 20 ans pour nettoyer tous les débris. On estime qu'un Haïtien sur neuf est toujours sans abri et vit dans des camps de fortune. Pour le moment, la priorité est de protéger la population, notamment contre les ouragans qui ont commencé à se déchaîner dans l’océan Atlantique.
http://fr.canoe.ca/infos/quebeccanada/archives/2010/07/20100712-161614.html
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«En me renversant, on n'a abattu à Saint-Domingue que le tronc de l'arbre de la liberté, mais il repoussera car ses racines sont profondes et nombreuses» Toussaint Louverture.