Hugo Chavez menace d’expulser l’ambassadeur américain
Le président vénézuélien Hugo Chavez a averti jeudi l’ambassadeur des États-Unis au Venezuela qu’il pourrait être expulsé pour avoir exigé que les sociétés et investisseurs américains reçoivent un prix équitable pour leurs actions en cas de nationalisation de la principale compagnie téléphonique du pays.
« Vous pourriez être déclaré persona non grata et avoir à quitter le pays »
« Si vous continuez à vous mêler des affaires du Venezuela, premièrement vous violez les Conventions de Genève, vous vous impliquez dans des violations graves, et vous pourriez être déclaré persona non grata et avoir à quitter le pays », a déclaré Hugo Chavez en réponse aux propos de l’ambassadeur américain William Brownfield.
Plus tôt dans la journée, celui-ci avait déclaré que la nationalisation de CA Nacional de Telefonos (CANTV, la principale société du téléphone vénézuélienne) devait se faire « dans la transparence et de manière légale ». Il avait estimé que le gouvernement de Hugo Chavez devait garantir « une compensation juste et rapide aux personnes concernées ou aux propriétaires ». « Ce sont là les premières obligations d’un gouvernement lorsqu’il a décidé de nationaliser une industrie », avait-il affirmé.
Engagé dans la création d’une « république socialiste », Hugo Chavez a annoncé qu’il souhaitait la nationalisation immédiate de CANTV et qu’il n’entendait pas racheter les actions au prix du marché.
Non renouvellement de la licence d’une chaîne d’opposition : RSF proteste
« Reporters sans Frontières » a adressé jeudi un courrier au président vénézuélien Hugo Chavez pour critiquer sa décision de ne pas renouveler la licence d’une chaîne de télévision favorable à l’opposition sans soumettre la question à un référendum comme il l’avait envisagé.
Selon l’association de défense de la liberté de la presse, la décision de Hugo Chavez annoncée en décembre de ne pas renouveler la licence de Radio Caracas Télévision (RCTV) à sa date d’expiration le 28 mai va à l’encontre du « pluralisme éditorial ».
« Et l’État a tous les droits » répond Chavez
Lors d’un discours devant ses partisans, Hugo Chavez a affirmé que sa décision était irrévocable. « L’État a tous les droits, l’autorité, pour prendre cette décision », a-t-il déclaré. « Ils sautent partout, ils crient au scandale, affirment qu’ils vont aller devant les tribunaux internationaux. Qu’ils aillent où ils veulent, la licence prendra fin en mai ». [AP]
lundi 29 janvier 2007