Ray Joseph et Wyclef Jean dans le collimateur du président
Deux personnalités liées au gouvernement Préval, mais évoluant en dehors de la sphère du pouvoir,font le plus parler d’eux. Raymond Alcide Joseph, ambassadeur d’Haïti près du Département d’État, à Washington, et Wyclef Jean, ambassadeur itinérant d’Haïti ne inspirent des commentaires les plus rocambolesques. Tous les deux, mais surtout le chanteur hip-hop et musicien de réputation internationale, font courir le bruit de leur candidature à la présidence. À moins de deux semaines du temps imparti pour faire les dépôts de candidature, il faut à tout prix tirer le faux du vrai. En effet, les rapports diffusés, tant dans la presse écrite, radiodiffusée que télévisée, font état de la candidature à la présidence de Wyclef Jean, parallèlement à celle de Ray Joseph accréditant la thèse selon laquelle il y aurait deux candidats à la présidence dans une même famille. Les différents journalistes qui ont agité ce dossier ont justifié leur conclusion par l’intensification des apparitions du musicien dans les média et de ses activités humanitaires en Haïti. Toutefois, M. Jean a répondu aux questions des journalistes qui le harcèlent littéralement que toutes les rumeurs qui courent et qu’on colporte sur son éventuelle candidature à la présidence d’Haïti ne sont que « des rumeurs ».
Un article titré « Ni oui ni non pour Wyclef » paru dans le quotidien Le Nouvelliste, et dû à la plume de Frantz Duval, souligne : « Quand nous avons voulu être plus précis sur les intentions de l’activiste humanitaire qui a déjà rassemblé les papiers, qui à l’âge légal, les appuis politiques, financierset la nationalité, Wyclef a éclaté d’un grand rire et a simplement confirmé que des choses vont se passer ». Citant directement le musicien, le journaliste du Nouvelliste apporte ses paroles suivantes : « Anpil bagay pral rive. Les jeunes ne sont pas satisfaits de la marche des choses. Il faut compter sur les jeunes et les paysans qui sont la force du pays ». D’autres bruits faisant le tour de la capitale haïtienne également signalés par Le Nouvelliste font allusion aux démarches menées par Wyclef en vue de rassembler les documents exigés par le CEP de tous les candidats qui veulent s’inscrire entre le 1er et le 7 août pour les présidentielles censées avoir lieu à la fin de l’année.
Nonobstant les très fréquentes extrapolations concernant les intentions et les gestes de l’artiste, celui-ci avait, il y a à peine deux mois, expliqué qu’il s’estime être trop jeune pour assumer la lourde responsabilité de la présidence et que de toute manière il n’a aucun intention de permettre à une fonction de lui donner des cheveux dans l’espace de quelques mois. Il devait poursuivre en expliquant qu’il entendait « mobiliser la jeunesse» tout en scrutant l’horizonen vue de trouver le «bon candidat». Une fois celui-ci trouvé,j’inviterai mes partisans, mes admirateurs et tous ceux quicroient en moi « à se regrouper derrière ce candidat avec moi ».
L’ambassadeur Joseph démissionnaire D’autre part, les rumeurs concernant une éventuelle candidature à la présidence de l’ambassadeur Raymond A. Joseph seraient sur le point de se concrétiser dans les faits. Démissionnaire, le diplomate est sur le point de regagner son pays natal afin, dit-il, de s’inscrire comme « candidat à la présidence de mon pays ». Il dit avoir reçu un appel pour servir son pays à un autre niveau. Il n’existe pas de rivalités familiales L’ambassadeur et l’artiste qui partagent le même héritage familial et dont les parents et grands-parents sont originaire de Lasserre, section rurale de la commune de Croix des Bouquets, d’une famille étroitement liée, ont passé ces dernières semaines à s’amuser aux dépens des journalistes qui, peut-être sans arrière-pensée, cherchaient à animer la zizanie entre les deux cousins. Ne disaient-on pas que les rivalités se sont bel et bien installées au sein de cette famille d’où émergent deux candidats à la présidence ? Interrogé à ce sujet,l’ambassadeur Joseph a expliqué qu’il n’existe pas de rivalités familiales.
« La famille ne peut pas se laisser diviser par la politique », a-t-il faitremarquer. Il devait ajouter :«Nous sommes déjà unis, si la politique peut nous unir davantage, tant mieux ».Préval est-il hostile à l’ambassadeur Josephet à Wyclef ?Les rumeurs de toutes sortes circulentdans les milieux proches de la présidence. Le talon d’Achilles de René Préval réside dans le fait que l’écho de ses conversations retentit loin de l’enceinte de bureau. C’est pourquoi les propos désobligeants qu’il tient à l’égard de Ray Joseph et de Wyclef Jean s’échappent et parviennent à des oreilles indiscrètes. Les deux ambassadeurs n’ont pas été traités avec gentillesse par le président Préval. Par exemple, à la fête patronale de Saut d’Eau, Wyclef, qui bénéficie de la sécuritéassurée par la Police nationale en tant qu’ambassadeur itinérant, a essuyé un acte hostile de la part du chef de l’État.
Quand son convoi arriva à Saut d’Eau où le président et son entourage se trouvaient déjà, il demanda ce que signifiait cette commotion qu’il venait de constater. Quand on lui expliqua qu’il s’agissait de l’artiste qui venait d’arriver, M. Préval a ordonné que l’escorte policière de Wyclef Jean soit retirée. Quant à l’ambassadeur Joseph, il était rentré en Haïti, au début du mois de juillet, afin de faire part personnellement au président Préval de son intention de se porter candidat à la présidence. Bien qu’il se soit fait précéder de la requête d’une audience auprès du chef de l’État plusieurs jours avant son arrivée, la présidence n’a même pas daigné accuser réception de sa requête. À noter que la démarche de l’ambassadeur Joseph avait abouti jusqu’au président, le ministère de tutelle (Affaires étrangères) ayant fait acheminer la note immédiatement à la secrétaire du président au Palais national; et celle-ci ayant eu la précaution de la transmettre au président. Préval s’insurge contre Joseph qu’il accuse de vouloir son job.
On ne sait pas au juste ce qui a porté le chef de l’État à refuser de recevoir le diplomate qui représente son gouvernement auprès de la plus grande puissance de la planète. Quand bien même il aurait eu connaissance à l’avance des motifs de la visite du diplomate, il ne pouvait pas savoir si ce dernier n’était pas porteur d’un message spécial des autorités américaines. Quoi qu’il en soit, des gens de l’entourage du président ont indiqué qu’il s’est insurgé contre l’ambassadeur Joseph en disant qu’il avait décidé de le garder en poste bien qu’il ait été nommé par le gouvernement Alexandre Latortue. Voici qu’aujourd’hui il convoite ma fonction.
Cette réflexion semble confirmer les velléités de René Préval de se perpétuer au pouvoir, au risque même de faire entorse à la Constitution comme il s’est appliqué à le faire tout au long de ses deux mandats. Raymond Joseph et Wyclef Jean dans le collimateur de Préval On apprend, dans les milieux proches du président, que ce dernier invente un plan en vue d’écarter Raymond Joseph et Wyclef Jean de la course pour la présidence, séparément ou collectivement.Il se répète que le chef de l’Exécutif aurait passé des instructions à ses collaborateurs pour qu’une éventuelle candidature à la présidence de ces deux citoyens soit écartée en évoquant
1) la résidence de cinq ans dans le pays avant la date de dépôt de candidature;
2) l’obligation d’avoir une adresse en Haïti;
3) Empêcher qu’ils obtiennent décharge. Cette dernière exigence ne s’adresse pas à Wyclef, mais aurait pu concerner Raymond Joseph si la Constitution n’était pas muette à ce sujet.
D’aucuns prétendent que le président Préval n’est pas aussi fourbe et qu’il serait victime de gens malintentionnés à son égard qui lui prêtent des attitudes et des idées tout à fait contraires à sa pensée.On ne peut pas oublier qu’un long contentieux contre René Préval attend la fin de sa présidence pour être vidé. Voilà une éventualité est susceptible de provoquer le changement
Source Haiti-Observateur