Forum Haiti : Des Idées et des Débats sur l'Avenir d'Haiti

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 Un texte d'actualité de Maitre Raphael Lucas de l'Université de Bordeaux 3

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MessageSujet: Un texte d'actualité de Maitre Raphael Lucas de l'Université de Bordeaux 3   Ven 30 Juil 2010 - 21:30



Port-au-prince ville de l’Apocalypse

par Rafael Lucas, Maitre de Conferences, Universite de Bordeaux 3

Capitale d’un pays dont l’Histoire est particulièrement marquée par la violence, Port-au-Prince, aujourd’hui gangrenéepar une bidonvilisation rampante, a peu à peu acquis dans l’imaginaire littéraire haïtien, à partir de 1968, le statut d’une ville apocalyptique, assaillie par tous les maux sociaux, politiques et naturels. Au cours de son histoire la ville a d’abord été le théâtre d’un pouvoir militarisé, de l’Indépendance (1804) à l’Occupation Américaine (1915-1934), avant de devenir le bastion de deux dictatures totalitaires de présidents civils à tendance populiste (le régime des Duvalier, 1957-1986, et celui de Jean-Bertrand Aristide (1986-2004). Aux conséquences catastrophiques des deux dernières dictatures populistes « sous développantes » l’on ajoutera l’instabilité politique (due à de nombreux coups d’Etat militaires) ainsi q’un véritable chaos institutionnel.

La mytho genèse glorieuse d’une République née d’une victoire sans précédent sur le système esclavagiste en 1804 a sombré au fil du temps dans une tragédie où convergent la misère des quartiers populaires, le pullulement des affaires maffieuses et la corruption politique, trois plaies endémiques aggravées par la fréquence angoissante de cyclones aux effets calamiteux. De nombreux romanciers ont eu recours à l’image biblique de l’Apocalypse comme métaphore organisatrice, afin de mieux rendre compte d’une invasion de désordres menant la cité vers un tohu-bohu généralisé. Dans la fiction haïtienne la capitale apparaît la plupart du temps comme une mise en abyme du pays, dont elle concentre les échecs séculaires. Quant à l’impression de fin du monde qui se dégage souvent de la mise en scène littéraire, à partir de la fin des années 1960, il ne s’agit pas toujours d’une eschatologie associant la disparition convulsive à l’avènement d’un monde meilleur. Au contraire, dans le cas de Port-au-Prince la métaphore apocalyptique fonctionne comme le superlatif d’un chaos concluant un processus complexe dont il importe d’examiner les composantes.

Le passé décomposé ou le pari perdu de l’Histoire

Les expressions « pari perdu de l’Histoire » et « passé décomposé » figurant dans Brèche ardente (2005)[1][1] de Frankétienne se réfèrent à un constat d’échec historique, dont les composantes se seraient intensifiées jusqu’à atteindre un paroxysme semblable à la « catastrophe » caractéristique de la tragédie grecque classique. Il s’agit du cheminement de rétrogradation qui va des héros de l’Indépendance d’Haïti aux dictateurs ubuesques qui ont marqué la période comprise entre 1957 et 2004. La tragédie grecque classique n’est-elle pas issue de la décomposition du mythe.

L’épopée fondatrice de la guerre de l’Indépendance (1791-1804) contre les troupes napoléoniennes s’est construite autour de quatre grandes figures : Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines, Henri Christophe et Alexandre Pétion. L’Etat qui vient de naître en 1804 de l’effondrement du système colonial à Saint-Domingue s’est trouvé quasi immédiatement à la confluence de deux courants de conflits : d’une part l’hostilité de l’environnement esclavagiste qui continue encore dans les Amériques, d’autre part les guerres civiles incessantes dues à la militarisation du pouvoir en Haïti. La récurrence des affrontements armés est également provoquée par la persistance de structures agraires coloniales latifundiaires qui ont donné lieu à de nombreuses révoltes paysannes. L’activité militaire s’est également exercée contre la République Dominicaine qui a pris son indépendance vis-à-vis d’Haïti en 1844. A partir de la décennie 1870 de nombreux incidents concernant des ressortissants étrangers sont exploités par les puissances étrangères qui imposent aux gouvernements haïtiens de lourdes amendes, sous la menace des canonnières. Le nombre de 25 chefs d’Etat militaires de 1804 à 1915 traduit indubitablement la mainmise de l’armée sur le pouvoir. Une telle tutelle (maintenue aux prix d’un engrenage terrible de soulèvements et de répression) s’expliquait par l’idée courante au XIX° siècle dans l’armée haïtienne qu’il fallait un pouvoir fort pour résister à l’hostilité extérieure et éviter les désordres néfastes à l’unité nationale. Il en a résulté un défilé chaotique de généraux, dont l’intolérance et la gabegie administrative aboutiront à la débâcle de la souveraineté nationale lors de l’Occupation Américaine (1915-1934). Ainsi l’exploit historique et militaire de l’Indépendance s’enlisait dans un processus de décadence qui se concluait par le recolonisation de la « première république noire ».

Port-au-Prince était le lieu d’aboutissement de toutes les caracolades de généraux chamarrés, des canonnières humiliantes et de toutes les aventures politiciennes. Après un court intermède, de 1934 à l’arrivée de François Duvalier au pouvoir en 1957, la capitale allait être le siège de deux dictatures de civils totalitaires et obscurantistes. Les deux dernières périodes dictatoriales (séparées par un bref retour des militaires au pouvoir) ont eu recours à des milices civiles (les tontons macoutes des Duvalier et les chimères de J. B. Aristide) afin de dissuader par la terreur toute forme de contestation. C’est par la métaphore du carnaval macabre que Frankétienne évoque dans Miraculeuse (2003) l’entreprise d’intimidation par la violence sadique exercée par les forces spécialisées dans la répression :

« Longuement douloureuse et cragouilleuse la saison des experts massacreurs, reconnus hors concours, diplômés haut degré, en boucherie brigandeuse, charcuterie cannibale, chirurgie vlinguebindingue, zoboperie zinglindeuse, tueries expéditives et mise en scène grotesque pour parade officielle des macaques décorés dans un long défilé plus lugubre que festif, avec macabrerie de macchabées pourris, fleurs de chair en décomposition et bouffées de vapeurs suffocantes jaillissant d’une montagne de viscères en bouillie. »[2][2]

Dans Rue des pas perdus (1998)[3][3] de Lyonel Trouillot, l’auteur décrit dans un style flamboyant, aux accents apocalyptiques, le passage de l’obscurantisme sanglant de Duvalier, « le grand dictateur Décédé Vivant Eternellement » à l’ère du « Prophète » à la démagogie démente. L’élection du prêtre Jean-Bertrand Aristide avait eu lieu dans un contexte de frustrations sociales et de carences démocratiques. Le discours électoral de respect de la personne humaine et de réformes sociales urgentes avait enflammé l’horizon d’attente de centaines de milliers d’hommes marginalisés par une tradition oligarchique du pouvoir en Haïti. Le statut sacerdotal du « curé des bidonvilles » et ses nombreux emprunts à la Théologie de la Libération avaient entretenu un messianisme politique reposant sur un esprit de réhabilitation et de progrès. Cependant, contrairement à l’espoir suscité c’est bel et bien un nouveau totalitarisme obscurantiste qui s’installait, accentuant les marques de dégradation généralisée et aggravant l’insécurité par la multiplication délibérée de bandes armées bénéficiant de l’impunité. Alors que la disparition de nombreuses dictatures en Amérique Latine à partir de la décennie 1980 avait donné lieu à une restauration de la démocratie, on assistait en Haïti à l’intensification d’une politique prédatrice, de la part du régime « lavalassien ».[4][4]

Ce nouvel échec historique concernant la capacité de régulatrice de l’Etat a entretenu chez certains romanciers l’idée d’une terre où même la présence divine s’est retirée, condamnant la « Perle des Antilles » à une déréliction absolue. L’idée du retrait de Dieu figure déjà dans Le Nègre crucifié (1974) de Gérard Etienne :

« Si Dieu n’était pas absent, je suis sûr qu’il me donnerait des forces pour massacrer les zombis du Président. Il me donnerait le même pouvoir pour tuer tous les rois nègres qui dansent, invoquant les dieux vodouisants. Ce serait mon geste de protestation contre un monde de tortures, de larmes, de crimes, d’injustices, contre la sécheresse d’Haïti, malgré cette pluie qui ravage bêtes à manger et maisons à habiter. »[5][5]

La récapitulation des échecs historiques menant vers le fascisme obscurantiste de François Duvalier apparaît, entre autres, dans Mère Solitude (1983) d’Emile Ollivier, Le Songe d’une photo d’enfance (1993) de Louis-Philippe Dalembert, ainsi que dans Miraculeuse (2003) et Brèche ardente (2005) de Frankétienne. La persistance des ratages suscite les idées de dissolution et de déveine récurrente chez Frankétienne qui va jusqu’au soupçon génétique exprimé dans Miraculeuse :

« Au bout du compte, après maintes réflexions dans le contexte de l’aggravation de la crise, je suis porté à croire qu’en cours de mutations néfastes, durant deux siècles de chimères, notre histoire collective, à surtaxes d’absurdités et de malheurs tragiques, s’est plutôt surchargée d’un surplus chromosomique inquiétant, susceptible de provoquer une métamorphose accélérée et monstrueuse. Notre patrimoine biologique et génétique s’est dangereusement encombré d’une cargaison supplémentaire de chromosomes et e virus, aptes à reproduire, dans un processus de prolifération vertigineuse, la division pernicieuse, la haine insidieuse, la transe maso maladive, la jalousie morbideuse, les ambitions convulsives, l’égoïsme épileptique […] la fascination des ténèbres et des gouffres, la rage anéantissante, les spasmes du mensonge et de la trahison, les pulsions d’hypocrisie, la violence infectieuse, la paranoïa, la schizophrénie, l’hystérie du pouvoir imaginaire et l’instinct d’anéantissement collectif. »[6][6]

Le retrait de la puissance divine se lit comme un constat d’échec quasiment métaphysique. En d’autres termes, la répétition d’un Babel permanent aurait fini par lasser même Dieu dont la miséricorde est infinie. Il s’agit donc d’une terre où la malédiction peut se répandre à l’infini et où les forces maléfiques peuvent proliférer, à l’image de sa capitale, microcosme d’un enfer politique et social, Babylone grouillante et crasseuse. Dans le récit apocalyptique de Saint Jean les forces du mal quadrillent la terre pour semer une destruction destinée à éradiquer les pécheurs impénitents.



Port-au-Prince, Port-aux-Crimes, Port-aux-Crasses

C’est dans la capitale haïtienne que se concentrent les terribles lieux de souffrance que sont les casernes militaires où l’on torture les prisonniers, ainsi que les nombreuses forces spéciales. Reprenant l’expression « Port-aux-crimes » lancée par le roi Christophe après l’assassinat du « père de la nation » Jean-Jacques Dessalines le 17 octobre 1806, Jacques Stephen Alexis fait évoluer son protagoniste Hilarion dans la nuit port-au-princienne de Compère Général Soleil (1955), dans une ambiance où l’angoisse voisine encore avec un sortilège envoûtant :

« Le petit vent qui tousse comme un jeune poitrinaire sur le macadam de la route pousse Hilarion vers la grande ville. Port-aux-crimes est couché là, aux pieds du morne, couverte e de chrysocales brillantes et éclaireuses comme une fille endormie, les gigues écartées sur le morne dont les arbres emmêlés font des touffes de poil. »[7][7]

Avec le duvaliérisme, la nuit est devenue le domaine de la terrible milice civile des tontons macoutes connue pour ses pratiques sadiques et arbitraires. L’usage de la torture systématisée par le régime de François Duvalier a pour but de briser l’individu, jusqu’à l’amener à un effondrement psychique irréversible, le transformer en épave humaine balbutiante et claudicante. C’est à l’ombre des casernes, Casernes Dessalines et Fort Dimanche, que les tortionnaires s’acharnent contre la condition humaine. Port-au-Prince, devient le locus horridus hanté par d’innombrables et imprévisibles forces de répression. Le Nègre crucifié (1974) de Gérard Etienne retrace le calvaire d’un prisonnier politique torturé dans une prison. Le héros se dédouble et converse avec son double. La ville hallucinée est peuplée de créatures sinistres, de soldats sadiques, de personnages zombis, de sorciers carnavalesques et de toute une population miséreuse. Nous suivons les méandres du monologue du personnage du Nègre crucifié :

« Mon personnage fait le tour de Port-au-Prince qu’il ne cesse de maudire et dont chaque pierre, chaque case, rappelle des préjugés de couleur, la honte, la bêtise, cette ville qui se veut citadelle de la Culture de la France et qui dort dans la crasse et la bassesse. Il se sent quelque peu désorienté, ne sait où aller directement. La terre qu’il foule n’est pas de la terre, mais une pile de chairs d’hommes pourries. A force d’avoir été pétries pendant le massacre, elles sont comme une pâte qu’on avale jusqu’à l’étouffement.

La pluie tombe toujours. S’accompagne de tempêtes qui font ouvrir les portes et les fenêtres des Port-au-Princiens même quand on les ferme pour ne pas voir rouler dans les rues des choses qu’on ne voudrait pas ramasser, venues du haut de la ville : assiettes, gobelets, cuisses de cheval, têtes de bourrique emportées par les eaux. »[8][8]

Dans Le Cri des oiseaux fous (1985) de Dany Laferrière, un chapitre s’intitule « Eloge de la torture ». Des personnages discutent des avantages des différentes sortes de torture.

L’hyperactivité et la férocité de la répression contrastent avec l’inaction administrative face à l’urbanisme de survie que représente la bidonvilisation de la capitale. Des milliers de ruraux s’entassent dans des « non-lieux » insalubres. Les relents excrémentiels et les remugles de la fange se mêlent aux émanations de cadavres pour former une puanteur ambiante qui est celle de la mort, comme le montre ce passage de Cathédrale du mois d’août de Pierre Clitandre :

« Le lendemain sous un soleil de zombi jaloux, ces derniers découvrirent des cadavres d’hommes et de femmes et de chiens obstruant la bouche d’égout et flottant sur une eau sale. Personne ne les reconnut ou les pleura. Il y en avait qui portaient des souliers démesurément longs et d’autres qui n’avaient de seins qu’une sorte de mamelle déchiquetée.

[…] Les habitants attendirent deux jours sans qu’on vînt enlever les cadavres qui commençaient à pourrir et dont la putréfaction laissait jusqu’à dix pâtés de bicoques une si abominable odeur qu’on dénombra à nouveau sur beaucoup de toits soixante corps de pigeons moribonds, quinze poules dans les cours, dix truies dans leur boue et cinq nouveau-nés dans leurs langes, tous fauchés par une sorte de mort raide, victimes d’avoir humé l’haleine de la mort. »[9][9]

Ces cadavres qui imprègnent l’atmosphère d’exhalaisons méphitiques font flotter dans l’air du Pays sans chapeau[10][10] de Dany Laferrièrele souffle de la mort. Port-au-Prince, qui est dénommée Port-aux-Crasses (capitale de Salbounda) dans Le Songe d’une photo d’enfance (1993) de Louis-Philippe Dalembert, devient une ville dépôtoir dans Rappjazz de Frankétienne, publié en 1999, l’année du deux cent cinquantième anniversaire de la fondation de la ville :

« Un spectacle déprimant à charge de désespoir et d’immondices nauséabondes sur fond de turbulences politiques, d’insécurité zinglindeuse, de dissolution galopante et de crise généralisée. Déceptions de toutes sortes. Délabrement physique et moral. Amertume. Faillite intellectuelle. Indigence mentale. Sécheresse spirituelle. Médiocrité arrogante. Dégringolade et chute libre dans un gouffre infernal. Ville poubelle d’épouvante. Ville dépotoir immense. »[11][11]

Au sein de ce désordre cosmique esthétisé par la littérature haïtienne, c’est bien sur le corps social que s’impriment les stigmates de la misère nutritive et des maladies mortelles. La misère de la déréliction envahit tout l’espace de la capitale dans Rappjazz. Telle une hydre, elle présente plusieurs visages hideux, dévorants et cyniques :

« La misère massacreuse. La misère ravageuse. La misère meurtrière. La misère guet-apens. La misère prêt-à-porter. La misère crémaillère. La misère engrenage. La misère automatique. La misère portative. La misère entretenue. La misère pine, rapine, dérapine, catchoupine. La misère déraillée / débraillée / indécente / abominable / impitoyable / insupportable / insoutenable. »[12][12]

Autour de Port-au-Prince, les bidonvilles multiplient comme des cellules cancéreuses leur architecture de la précarité dans le tissu urbain hypertrophié. L’habitat de la détresse et de la désolation prend l’aspect d’un grouillement microbien de quartiers pauvres dont la litanie miséreuse de « cités », « cours », « mornes » et « villages » s’égrène dans RappJazz . C’est une surabondance de plaies et de balafres défigurant la métropole chaotique :

« Cicatrices et balafres au visage de ma ville sinistrée/dévastée, le corps déconstombré, les entrailles mutilées.

Cité Liberté. Cité maringouin. Cité La Saline. Cité Cacarelle. Cité Colimaçon. Cité Miséricorde. Cité Carton. Cité Fer-Blanc. Cité Rempart des Brigandss. Cité la Pénitence. Cité la Providence. Cité La Délivrance. Cité démachoirée. Cité déchalborée. Cité des Enragés. Cité des Grandes Chimères. Cité des Orphelins. Fort Mercredi. Fort Dimanche. Fort National. Cour des désagréments. Cour des contrariétés. Cour des tribulations. Morne Brise-Fer. Morne Dos-Bosco. Morne Calvaire. Village Madichon. Village criminel sans-manman. Village sept coups de poignard. Place des désolations. Place des calamités. Place des fatalités. »[13][13]



Dans les baraquements innommables s’entasse dans des conditions infrahumaines une population de « déracinés » dans un univers sinistre et mortifère, où la vermine prolifère comme les insectes des calamités bibliques. Tel est le tableau que présente Cathédrale du mois d’août de Pierre Clitandre :

« La crève. La peste. La fièvre bleue. Le grand cortège où les troubles contagieux se comptaient par millions. Il s’en allait par le chemin des bicoques, pourrissait les planches, contaminait l’eau fraîche de la fontaine, se promenait dans les ravins d’immondices, allait se revigorer dans les fosses d’aisances, coulait par les rigoles avant de s’envoler dans l’atmosphère avec une mythologie d’un milliard neuf cent quatre-vingt-quinze mille mouches et de trois milliards six cent mille maringouins »[14][14

La peste et la mort dessinent une géographie du désastre apocalyptique. Le héros du Nègre crucifié de Gérard Etienne annonce clairement :

« De toute façon je veux brûler la ville de Port-au-Prince. »[15][15]

La ville, telle une cité de l’abomination, une cité maudite, à l’instar de Sodome et Gomorrhe de l’Ancien Testament, est un lieu d’où il faut fuir avant l’Apocalypse finale. Tel est le choix qui s’impose au personnage du Cri des oiseaux fous de Dany Laferrière et à celui de Dernier appel de Jean-Marie Bourjolly (2004)[16][16] Dans ces deux romans, l’aéroport, qui apparaît à la fin de l’histoire, est la métaphore de la porte du salut, une métaphore hypostasiée du chaos, car il s’agit de s’échapper de la terre mortifère, dont la police maléfique poursuit les citoyens jusqu’à l’intérieur des avions en partance, comme dans ce passage de Dernier appel :

« L’échelle fut amenée. Une douzaine d’hommes pénétrèrent dans la cabine par l’avant ; ils portaient des verres fumés qui rendaient leur physionomie encore plus sinistre ; ils avançaient à la file indienne, machine gun à la main, scrutant alternativement les visages des passagers de droite et ceux des passagers de gauche. Personne n’osait bouger ni, encore moins, prononcer une parole. Même les bébés semblaient avoir arrêté leurs cris. »[17][17]

Dans Le Cri des oiseaux fous, il faut quitter la ville dangereuse et imprévisible où, en plus de la violence omniprésente, les signes sont devenus illisibles, les discours fallacieux et les apparences trompeuses :

« Ma dernière image de Port-au-Prince, avant d’arriver à l’aéroport, est à l’essence de cette ville capitale du faux-semblant et de l’apparence trompeuse : un pseudo tonton macoute, qui est peut-être un vrai, faisant la cour à une pseudo collégienne, qui est en fait une vraie prostituée. »[18][18]


Structures apocalyptiques

L’accumulation et la concentration de désordres et de désastres correspondent aux marques caractéristiques du récit apocalyptique. Dans le texte canonique de Saint Jean l’Evangéliste, L’apocalypse repose sur une vision prémonitoire à dimension cosmique et eschatologique. Des forces destructrices s’abattent sur la terre, devenue un lieu d’abomination dont seuls les justes seront sauvés. Les trompettes des anges et l’action des cavaliers créent une ambiance lugubre caractérisée par l’omniprésence de l’amertume, du sang et de la désolation. Les éléments naturels entrent dans un tourbillon meurtrier, tandis que le dragon et la Bête surgissent dans un univers en transe. Comme dans Les chants de Maldoror (1869) de Lautréamont, les animaux malfaisants foisonnent dans les textes littéraires. Les éléments naturels et les astres sont déréglés, comme l’illustrent les images de soleil noir et de lune sanglante (Apocalypse de Saint Jean, VI, 12).

L’apocalypse exprime fondamentalement une situation de crise dont l’aggravation ininterrompue s’inscrit dans la totalité de l’espace et dans la durée. Elle marque le point culminant et irréversible d’un processus de décadence. L’un des premiers récits du genre, celui du prophète Daniel a été élaboré dans le contexte de la révolte des Macchabée contre l’entreprise d’hellénisation du monde juif par Antiochus Epiphane (167 av. J. C.).

En tant que dévoilement ou révélation, conformément au sens étymologique du mot en grec, l’Apocalypse met en lumière le scandale d’aberrations collectives qu’il convient d’éradiquer au prix de déchaînements cosmiques et d’affrontements titanesques. De ce dernier combat général contre les forces du mal émergera un monde nouveau, celui de la Jérusalem nouvelle. Dans la fiction haïtienne de la période 1968-2005, la métaphore apocalyptique sert à imprimer dans la conscience nationale la gravité de la débâcle politique du pays.

L’un des éléments spécifiques empruntés à l’écriture apocalyptique est l’invasion d’une animalerie malfaisante, sous la triple forme de prolifération nocive, de bêtes monstrueuses ou d’animaux composites.

Dans Ultravocal (1972) de Frankétienne on voit émerger de la mer la Bête « avec soixante-dix cornes et sept têtes avec une gueule de tigrelion ». On assiste d’ailleurs à une prolifération d’animaux inquiétants et dévastateurs dans Ultravocal. La prolifération de la vermine, comme dans l’exemple des sauterelles des plaies d’Egypte, acquiert dans Brèche ardente (2005) de Frankétienne les dimensions d’une fantasmagorie de l’horreur multipliée à l’infini :


« Alors s’emboursa, dans un mélange de rage et d’allégresse, la parade interminable d’une myriaderie de bêtes vicieuses, insectes grimpeusement nuisibles à pattes gluantes, piqûres morbideuses, parasites agressifs, gongolots et bigailles, caranclous et palanquines, maclindoux visqueux et poux microscopiques, puces et morpions géants […]. »[19][19]

Ici l’invention de mots(s’embourlosa, grimpeusement ,morbideuses) et le mélange d’animaux réels (poux, morpions, puces) et imaginaires (maclindoux) participent d’une esthétique du chaos caractéristique de l’écriture de Frankétienne.

Dans Rappjazz du même auteur la prolifération de vermine fait place à une pieuvre monstrueuse aux tentacules interminables, qui est également l’allégorie puissante et repoussante de la misère :

« La pieuvre immonde étend ses tentacules à travers le vertige des sentiers, des corridors et des ruelles. Elle grimpe en goguette jusqu’à la cime des collines, jusqu’au faîte des montagnes. Elle serpente allègrement. Par endroits, elle s’arrête, s’installe, s’élargit dans sa hideur visqueuse. Puis, brusquement elle repart, se rétrécit, s’entortille, se recroqueville, se délasse, s’assoupit, se réveille, se relève, s’étire, se détire, se gonfle la poitrine haletante, la gueule pantelante d’où dégouline une épaisse salissure poisseuse. Finalement elle s’élance et projette en avant ses longs bras gluants pour escalader les hauts piliers du ciel et assauter le paradis. »[20][20]


Qu’il s’agisse de la prolifération de bêtes malfaisantes ou du vagabondage terrifiant d’un animal monstrueux, l’activité animale consiste à investir l’espace d’êtres destructeurs, comme si l’on assistait à une sorte de genèse à l’envers, dans laquelle le processus de création multiple de la vie serait remplacé par un processus méthodique de destruction.

Dans Cathédrale du mois d’août (1974) Pierre Clitandre reprenait, dans une sorte d’intertextualité avec le texte biblique de la création, le schéma de la période de sept jours pour décrire les ravages d’un déluge dévastateur survenant après une période de sécheresse catastrophique :

« Au terme de trois années, deux mois, trois semaines et quatre jours de sécheresse, il avait plu sur la terre durant sept nuits et sept matins consécutifs.

Le premier jour, il y eut des nuages sombres jamais vus dans le ciel durant le long temps de la sécheresse. […]

Le deuxième jour, il pleuvait avec fracas et la grêle heurtait les tôles dans un grelot interminable. […]

Le troisième jour, il n’i eut à nouveau personne dehors. […]

Le quatrième jour, ils sortirent à nouveau avec les pioches, les pelles et les piques. Ils furent avalés par le monstre. […]

Le cinquième jour, les éclairs fendirent le ciel dans des clartés fantastiques. […]

Le sixième jour, une pierre d’orage tomba. Elle emporta dans sa chute quatre bicoques. […]

Le septième jour, l’eau se reposa. » [21][21


La conscience d’une crise permanente se traduisant par l’usage fonctionnel de la terreur et par une dégradation hallucinante de l’environnement caractérise le souffle apocalyptique de nombreuses pages de la fiction haïtienne, tel qu’on le voit dans le prologue inaugural de Rue des Pas perdus de Lyonel Trouillot :

« Notre histoire est un justaucorps, un étouffoir, un grand feu qui brûle, un calypso d’apocalypse menant campagne touristique, mesdames, messieurs, venez-y voir : ce n’est pas un pays ici mais fabrique d’échouages épiques, un lieu-dit, un herbage, précipice pour les danseurs de corde, colin-maillard d’aveugles nés avec la folie des grandeurs, salaise rance, jarre sous terre, poudre de terre à rabattre le caquet des montagnes en bonnes mesures comestibles pour gueules en croix d’enfants malades accroupis dans l’attente de folles épiphanies, se tenant mal, noyés pareils,englués dans leur mare au diable. Alors toutes nos histoires commencent par de grands coups de vent pour donner le change au néant, faire peau d‘île d‘âne sur la carte. »[22][22]

Le discours de la catastrophe évoquée dans le prologue est également proféré dans ce livre à structure polyphonique par l’un des narrateurs, qui n’est autre qu’une tenancière de bordel :

« Les gens, monsieur, vous feront part de songes prémonitoires, de croisements d’arbres généalogiques, d’alluvions, de messes noires, de voyages astraux, de travaux de la main droite, de travaux de la main gauche annonçant la nuit entonnoir de l’extermination. Vous en trouverez pour vous dire qu’une croix rouge déchirait les nuages, que tous les gouffres, tous les enfers, toutes les marées d’apocalypse avaient surgi des catacombes de l’univers. »[23][23]


Outre la folie destructrice ou autodestructrice devenue structurelle, car inscrite désormais dans le patrimoine génétique (Frankétienne), l’agitation désordonnée gagne désormais les éléments eux-mêmes. L’illisibilité des signes a atteint les astres, les précipitations et le climat, de telle sorte qu’il finit par neiger à Port-au-Prince, dans ce passage du Songe d’une photo d’enfance de Louis-Philippe Dalembert :

« De gros flocons de neige tombèrent drus du ciel et recouvrirent tout de leur glaciale blancheur. Les rares passants, des colosses de plus de deux mètres, des forces de la nature, qui s’aventurèrent dans les rues, avaient de la neige jusqu’aux genoux. Ce fut mille fois pire que tous les cyclones dévastateurs qu’on connaissait dans la région où malheur et bonheur, tristesse et allégresse vont habituellement bras dessus bras dessous, comme deux frères ennemis. Des rafales de vent glacial arrachèrent les toits des maisons et les projetèrent avec force contre tout ce qui bougeait. Les gens crurent à la fin du monde, cette grande apocalypse prédite par la chrétienté, qui parle d’un nombre incalculable d’étoiles enflammées que le bon Dieu, fatigué par la cruauté des hommes, nous déversera sur la tête, un jour qu’aucun vermisseau humain ne pourra prévoir. »[24][24].

En rupture avec les célébrations de la terre haïtienne, telles qu’on les trouve encore dans l’œuvre de Jacques Stephen Alexis, les écrivains qui, à partir de 1968, ont choisi des approches apocalyptiques décrivent une nature emportée dans un dérèglement généralisé où les pluies destructrices et les ouragans hystériques maltraitent une terre déjà largement éprouvée par la férocité et l’incompétence des dictatures. Cette apocalypse se déploie cependant dans un espace social qui est celui des classes les plus pauvres. La précarité de leur habitat d’urgence dans les bidonvilles de la désolation les rend encore plus vulnérables aux violences conjuguées des pouvoirs dictatoriaux et des éléments naturels en folie. Cependant derrière cette forme superlative de la dénonciation qu’est l’écriture apocalyptique, on sent palpiter le cœur d’une espérance obstinée chez la plupart des auteurs. Le très apocalyptique roman Cathédrale du mois d’août de Pierre Clitandre s’achève sur une vision émerveillée :

« Un millier de colombes passa dans le ciel. Et pour la première fois, depuis les temps héroïques des chasseurs de maringouinss, les déracinés virent tomber, sur cette terre d’odorants marécages et d’innombrables cahutes, l’inoubliable et fantastique pluie de roses. Ils comprirent enfin l’importance des dates historiques imprimées en chiffres écarlates sur le calendrier des jours. »[25][25]


Sans doute ces « chiffres écarlates » relèvent-ils d’un messianisme marxisant. On trouve encore dans Rappjazz de Frankétienne, dans la partie intitulée symboliquement 2049, une projection dans l’avenir marquée par le souhait de l’exorcisme. Il faut exorciser les démons tenaces de l’échec collectif, maintenir les convulsions dans le cadre de crises de croissance et continuer à croire dans le rêve prométhéen :


« 2049. En cette année-la, Port-au-Prince comptera trois siècles d’existence.

Moi de toute évidence je serai déjà parti loin de cet univers visible et tangible. Vers le lieu suprême des vérités éternelles.

Puissent les grains de poussières, les cailloux, les racines des arbres, les feuilles, les fleurs, les fruits, les gouttelettes d’eau, la rosée, la pluie, les nuages, les éclairs, les orages, l’arc-en-ciel, le soleil, la lune […] m’apporter à voix intenses et vives, à chuchotement d’âmes frétillantes […] les bonnes et lumineuses nouvelles de ma ville ressuscitée /régénérée / revivifiée.

Je rêve de ma ville nettoyée / réveillée / exorcisée. Je piaffe de colère et d’impatience. Mais je garde encore le souffle et la foi.

Les grandes mutilations et les métamorphoses traversent souvent des phases ténébreuses, chaotiques et douloureuses.

Il m’arrive paradoxalement de croire dans la lumière tragique des désastres et la pathétique magie des catastrophes. »[26][26]

Rafael Lucas, maître de conférences, Université de Bordeaux 3.



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MessageSujet: Re: Un texte d'actualité de Maitre Raphael Lucas de l'Université de Bordeaux 3   Sam 31 Juil 2010 - 8:47

A BAS LA FRANCE CRIMINELLE!
DICTATURE POPULISTE D'ARISTIDE 1986-2004?
EST CE QUE CE TYPE SAIT DE QUOI IL PARLE?
BOYCOTTEZ LA FRANCE RACISTE;QU'ELLE NE METTE PLUS LEUR NEZ DANS NOS AFFAIRES!
IL Y A UNE NOUVELLE GÉNÉRATION D'HAITIENS QUI NE REGARDENT PLUS LA FRANCE AVEC CETTE RÉVÉRENCE MAL PLACÉE
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MessageSujet: Re: Un texte d'actualité de Maitre Raphael Lucas de l'Université de Bordeaux 3   Sam 31 Juil 2010 - 9:28

Les deux dernières périodes dictatoriales (séparées par un bref retour des militaires au pouvoir) ont eu recours à des milices civiles (les tontons macoutes des Duvalier et les chimères de J. B. Aristide) afin de dissuader par la terreur toute forme de contestation. C’est par la métaphore du carnaval macabre que Frankétienne évoque dans Miraculeuse (2003) l’entreprise d’intimidation par la violence sadique exercée par les forces spécialisées dans la répression :

« Longuement douloureuse et cragouilleuse la saison des experts massacreurs, reconnus hors concours, diplômés haut degré, en boucherie brigandeuse, charcuterie cannibale, chirurgie vlinguebindingue, zoboperie zinglindeuse, tueries expéditives et mise en scène grotesque pour parade officielle des macaques décorés dans un long défilé plus lugubre que festif, avec macabrerie de macchabées pourris, fleurs de chair en décomposition et bouffées de vapeurs suffocantes jaillissant d’une montagne de viscères en bouillie. »[2][




Le statut sacerdotal du « curé des bidonvilles » et ses nombreux emprunts à la Théologie de la Libération avaient entretenu un messianisme politique reposant sur un esprit de réhabilitation et de progrès. Cependant, contrairement à l’espoir suscité c’est bel et bien un nouveau totalitarisme obscurantiste qui s’installait, accentuant les marques de dégradation généralisée et aggravant l’insécurité par la multiplication délibérée de bandes armées bénéficiant de l’impunité. Alors que la disparition de nombreuses dictatures en Amérique Latine à partir de la décennie 1980 avait donné lieu à une restauration de la démocratie, on assistait en Haïti à l’intensification d’une politique prédatrice, de la part du régime « lavalassien ».[4][4]



JOJO IL FAUT DES ARGUMENTS, ET NON DES INVECTIVES.
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MessageSujet: Re: Un texte d'actualité de Maitre Raphael Lucas de l'Université de Bordeaux 3   Sam 31 Juil 2010 - 10:25

Il faut des arguments?
Ce type peut dire ce qu'il veut;il peut vomir ses propos racistes au pays de LE PEN.

Moi j'ai aussi le droit de dire que la FRANCE est un pays raciste,criminel qui a causé la mort de dizaines de milliers de personnes pendant ses 50 dernières années que ce soit au NIGÉRIA,au BURUNDI,au TOGO et mème en HAITI.

Cet énergumène a le droit de dire ce qu'il veut;tout comme moi!
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MessageSujet: Re: Un texte d'actualité de Maitre Raphael Lucas de l'Université de Bordeaux 3   Sam 31 Juil 2010 - 13:07

Le prof avance des arguments serieux, il cite des reflexions profondes de nos écrivains les plus érudits. Vous avez certes le droit de dire nimporte quoi ,mais de grâce veuillez donner la réplique à son point de vue.
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MessageSujet: Re: Un texte d'actualité de Maitre Raphael Lucas de l'Université de Bordeaux 3   Dim 1 Aoû 2010 - 8:49

Joel.. Pourquoi cette haine pour le Pen… Le premier à avoir fait élire un arabe sur sa liste dès 1956…. D'après ton discours sur la nécessite de créolisation de la société haïtienne, tu devrais être considéré comme un extrémiste si l'on croit à la logique de diabolisation qui s'applique à le Pen.
Tu veux une Haïti haïtienne, une Haïti creole…..Quelle différence avec le Pen… Il dit la France aux français….. Il n'a jamais dit qu'un noir ne pouvait pas être français, il a simplement dit qu'être français cela s'hérite ou se mérite… where is the big deal? Etre haitien cela s'hérite et peut se mériter….

Le Pen est un nationaliste comme tu l'es… et pourtant ce ne fait pas de toi un nazi, un raciste et un antisémite.



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MessageSujet: Re: Un texte d'actualité de Maitre Raphael Lucas de l'Université de Bordeaux 3   Dim 1 Aoû 2010 - 9:10

Allons donc KARL avec cette affaire que LE PEN avait un arabe dans sa liste électorale.
Cet arabe probablement était plus anti-arabe que LE PEN lui-mème.Il y aussi ce phénomène ici aux ETATS UNIS.Nous avons dans la COUR SUPRÈME un noir,aussi anti-noir qu'un membre du KLUX-KLUX-KLAN.Son nom est CLARENCE THOMAS.

Je ne dirais pas ce que je souhaiterais qu'il lui arrive parce que je pourrais recevoir une visite du""SECRET SERVICE"" mais vous pourriez deviner.
KARL;
Je le répète,si ce BORDELAIS s'érige le droit de dire ce qu'il disait d'HAITI;moi aussi j'ai le droit de dire ce que je veux de la FRANCE.
PAS ÇA?
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MessageSujet: Re: Un texte d'actualité de Maitre Raphael Lucas de l'Université de Bordeaux 3   Dim 1 Aoû 2010 - 12:08

Citation :
Je le répète,si ce BORDELAIS s'érige le droit de dire ce qu'il disait d'HAITI;moi aussi j'ai le droit de dire ce que je veux de la FRANCE.
PAS ÇA?


Si moun kontinye sou menm lojik wou an, yo ka di tou ke sa rann wou menm ak Bordelais egalego. Mwen pa kwè ke se sa ke w vle...

Pandan ke mwen konprann pozisyon w, men mwen panse ke se pou w ta pran yon lòt apròch fas a sitiyasyon sa a.

Zafè rele tèt wou "anti franse" ka menm mete w nan yon eta ki ankò pi mal ke moun w ap pale yo.
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MessageSujet: Re: Un texte d'actualité de Maitre Raphael Lucas de l'Université de Bordeaux 3   Dim 1 Aoû 2010 - 19:33

L'auteur n'a rien à se reprocher,il a fait un constat à travers les écrits des intellectuels haitiens.Ce qui est curieux de constater la majorité des personnes qui dénigrent les dictatures, sont le enfants ou les protégés de cette dictature.Ce sont encore ces personnes qui recoivent ,ont recu ou recevront de la France des décorations.Notre mal est le manque de sentiment d'appartenance.Il y a des sujets qui doivent etre traités simplement sous l'angle historique pas sous la forme littéraire.Cette dernière permet de mettre trop en évidence les sentiments ,les émotions personnelles.Pour éviter ces types d'analyse,on doit se montrer beaucoup plus responsable quand on évoque notre pays.Certains écrivains pensent beaucoup plus à leur renommée qu'au dénigrement de leur terre natale en publiant un livre.
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MessageSujet: Re: Un texte d'actualité de Maitre Raphael Lucas de l'Université de Bordeaux 3   Dim 1 Aoû 2010 - 21:19

Withny a écrit:
L'auteur n'a rien à se reprocher,il a fait un constat à travers les écrits des intellectuels haitiens.Ce qui est curieux de constater la majorité des personnes qui dénigrent les dictatures, sont le enfants ou les protégés de cette dictature.Ce sont encore ces personnes qui recoivent ,ont recu ou recevront de la France des décorations.Notre mal est le manque de sentiment d'appartenance.Il y a des sujets qui doivent etre traités simplement sous l'angle historique pas sous la forme littéraire.Cette dernière permet de mettre trop en évidence les sentiments ,les émotions personnelles.Pour éviter ces types d'analyse,on doit se montrer beaucoup plus responsable quand on évoque notre pays.Certains écrivains pensent beaucoup plus à leur renommée qu'au dénigrement de leur terre natale en publiant un livre.


Je ne vois pas le mal que les enfants des dictactures dénigrent ou mème démolissent ces dictatures. C'est tout à leurs honneurs. Ce pays a besoin ces hommes de conscience et d'honneur pour mieux repartir sur des bases plus saines. Ces hommes méritent de la patrie pour tous les bénéfices tirés pour leurs connaissances.

Toute critique pour freiner la descente aux enfers de ce pays est positive.C'est tout le contraire en s'attaquant aux élements négatifs, qui ne sont pas du tout le pays. Il faut mettre à découvert tous qui veulent continuer dans les sentiers de l'injustice et de la honte. Il faut en parler, passer le message surtout pour les sans voix.

Finalement il faut être conséquent avec soi-même. Ce n'est pas une question de dénigrement de l'haitien qui veut le bon et le beau pour son pays. Il sagit de barrer la route surtout à ceux qui veulent se faire oublier pour se refaire une virginité
.
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Un texte d'actualité de Maitre Raphael Lucas de l'Université de Bordeaux 3
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