Forum Haiti : Des Idées et des Débats sur l'Avenir d'Haiti
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 Marie Célie Agnant !!!

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MessageSujet: Marie Célie Agnant !!!   Marie Célie Agnant !!! EmptyVen 11 Fév 2011 - 20:15


Marie Célie Agnant : une écrivaine américaine - interview de Jérôme Ceccon







Vendredi, 19 Mars 2004 00:00


Administrateur










C’est à Port-au-Prince qu’est née Marie-Célie Agnant mais elle vit
maintenant au Canada depuis 1970. Elle a déjà publié une dizaine
d’ouvrages allant de la poésie aux romans et aux contes. Sa
participation, en tant que conteuse, à divers ateliers lui permet
d’ailleurs de garder le contact avec les petits et les grands. Son
amour pour le théâtre la conduit également à participer depuis de
nombreuses années aux activités estivales du Bread & Puppet Theater
au Vermont. Mais ce qui la caractérise, c’est l’attention portée au
monde qui l’entoure. Son œuvre est imprégnée de cet attachement à
l’histoire des êtres humains...

Dans La dot de Sara, elle raconte par exemple l’histoire de
Marianna qui, comme de nombreuses femmes haïtiennes, s’acharne au
travail afin que ses enfants accèdent à l’instruction et puissent jouir
d’une vie qu’elle leur souhaite heureuse. Une autre femme sera aussi
l’héroïne de son autre roman Le Livre d’Emma. Une Haïtienne est ici
accusée d’avoir mis fin aux jours de son enfant. C’est Flore,
l’interprète chargée d’aider le médecin à déchiffrer les révélations
d’Emma, qui tente jour après jour de comprendre les raisons qui ont
poussé sa compatriote à cet infanticide. Toujours avec tact et
discrétion, Marie-Célie Agnant tente de comprendre ce monde des femmes
haïtiennes et comment l’histoire de leur pays les a façonnées. Elle
nous guidera ainsi sur ce long chemin de l’esclavage où l’on découvre
l’une des aïeules de son héroïne violentée et emportée de Guinée par des
négriers, alors que sa mère impuissante assistait à la scène. Ce sera
alors le début de l’enfer dans les plantations de canne à sucre.
Marie-Cécile Agnant se meut dans ce monde hostile qui l’entoure,
cherchant et nous invitant à créer une terre d’amitié et de cohésion.
C’est là son engagement. Cette écriture qu’elle qualifie de « grand
bonheur » dans l’entretien qui suit, lui permet également de laisser
libre cours à sa créativité et sensibilité dans Balafres, son recueil de
poésies. Cette même écriture lui permettra de parler aux enfants
qu’elle souhaite atteindre, non pas à travers une littérature
commerciale, mais une littérature qui respecte leur sensibilité et qui
fait également appel à leur solidarité et à leur sens de la justice, une
littérature qui n’est plus celle de son enfance, comme elle le note
dans notre entretien. Son héros, dans Alexis d’Haïti et Alexis, fils de
Raphaël, fuira son pays afin de rejoindre une autre terre où les maisons
cachent le soleil et où les enfants rêvent de retrouver leur père à
jamais disparu. Des distinctions couronneront l’œuvre de Marie-Célie
Agnant. Elle sera finaliste, en 1995, du prix littéraire Desjardins pour
son roman La dot de Sara, tandis que Le Silence comme le sang, la verra
finaliste pour le prix du Gouverneur Général, en 1997, et Le Livre
d’Emma, pour le Prix Ringuet de l’Académie des Lettres du Québec. Mais
passons à l’interview
J. Ceccon : Comment se sont passées les premières tentatives d’écriture ?
M.C. Agnant : L'écriture a toujours été dans ma vie, présente, telle
une compagne, une bouée, un outil, ou encore un art de vivre. Du plus
loin que je me souvienne, j'ai aimé lire et écrire. Lecture, écriture,
deux activités qui proviennent du même mouvement. Mon premier livre à
être édité a été un recueil de poèmes, Balafres. Puis j’ai publié un
roman qui a été assez bien recu Dans les deux cas j'ai eu la chance de
ne pas avoir à chercher un éditeur. Par un concours de circonstances,
ils se sont trouvés sur mon chemin les deux fois et par la suite, pour
les autres ouvrages, cela s’est fait tout seul. En ce qui concerne la
poésie, mes textes se retrouvaient souvent dans différentes revues, dans
des journaux, un éditeur m'a alors proposé de les éditer. J’écris pour
les jeunes également. J’ai écrit six ouvrages qui leur sont destinés.
Là encore, mon premier livre destiné aux jeunes lecteurs à été rédigé à
cause de la demande d’un éditeur qui avait lu La dot de Sara et qui a
apprécié le style, l’écriture. D’une certaine facon, cela m'a facilité
la tâche, j'aurais pu ne jamais faire moi-même le premier pas.
L’essentiel, ce pas a été fait… Et j’avais bien fait de répondre à
cette demande car le monde des jeunes est fascinant. Les rencontres
scolaires m’apportent beaucoup de joie. Il y a souvent une grande
générosité chez eux, elle est inspirante.
En fait, mes proches, mes
camarades d'école, ne s'étonnent pas de me retrouver dans ce domaine.
C'était pour moi comme un chemin obligé. Mes meilleurs souvenirs
d'enfance me viennent des livres. Il m'arrive de pénétrer plein
d'espoir chez un bouquiniste pour essayer de retrouver un titre lu, à
l'âge de 12 ou 14 ans. Lorsque j’y pense, je crois avoir longtemps
hésité à faire mes premiers pas dans le domaine parce que,
traditionnellement, c’est un monde réservé aux hommes, particulièrement
en Haïti. La parole a toujours été la leur chasse-gardée. Une parole
férocement, jalousement et consciemment gardée. Des hommes qui,
souvent, voient avec beaucoup d’appréhension l’arrivée d’une femme en
littérature et se mettent en quatre dès lors pour la faire taire par
tous les moyens. C’est l’attitude générale. Il faut dire que
l'écriture est avant tout un grand bonheur. (Est-ce la raison pour
laquelle, de nos jours encore, on tente par bien des stratégies d’en
éloigner certaines catégories de gens ?) Le livre lui, implique tout le
processus vers la réception de l'œuvre et sa reconnaissance, et ça,
c'est autre chose. Qui contrôle le monde de l’édition ? Qu’est-ce
qu’on offre aux lecteurs ? Quel espace laisse t-on en librairie à
certains auteurs ? Principalement ceux que l’on considère comme faisant
partie de la marge ? Autant de questions qui doivent interpeller les
critiques.
J. Ceccon : Certains affirment qu’il y aurait une identité
antillaise ou caribéenne qui serait plus forte que la langue. Quelle
relation entretenez-vous avec l’américanité dans toutes ses
implications? Est-ce que vous voyez des points communs entre les
écrivains des Amériques? Quelles sont les convergences et les
divergences qu’il peut y avoir?

M.C. Agnant : La question de l'identité est à mon avis difficile à
définir parce que très personnelle. L'identité, d'ailleurs, n'est pas
une chose immuable, elle n’est pas figée, elle évolue constamment et la
langue ne peut être qu'une des composantes de l'identité. D’ailleurs,
on peut bien avoir des identités multiples et bien se porter. Pour
l'imaginaire religieux, un Haïtien, je crois, se sentira plus proche
d'un Cubain qui possède les mêmes références magique et religieuses,
même s'ils ne parlent pas la même langue. La langue, bien sûr, peut
faciliter la communication; pourtant, à certains égards, le fait de
parler français ne rapproche pas pour autant l'Haïtien du Martiniquais.
Culturellement, je me sens, moi, plus proche du Cubain.
Quant à
l'américanité, il semble que ce soit là une nouvelle case à cocher;
presque un slogan, qui se retrouve de nos jours à toutes les sauces et
qui ne sert pas, le plus souvent, à autre chose qu'à débiter un discours
absolument vide. Il nous faudrait avant toute chose, définir le
contenu de cette américanité. S'agit-il d'une appartenance territoriale,
d'une revendication ? D’une manière d’être, de vivre, de consommer, de
penser ?
Prise dans le sens bolivarien, dans la tradition des
écrivains tels que Mario Benedetti, du Cubain Alejo Carpentier ou de
l'Uruguayen Galeano, je la ressens, cette américanité et la revendique.
Si l’on parle de cette manière de vivre, de penser, de consommer, qui
porte certaines gens à se définir comme américains, là je ne le suis pas
du tout.
J.Ceccon : Que représente pour vous le mythe américain ? Existe-t-il ? Vous concerne-t-il ?

M.C.
Agnant : Le terme mythe parle par lui-même : «représentation idéalisée –
image simplifiée, souvent illusoire, que les groupes humains élaborent
ou acceptent au sujet d’un individu ou d’un fait et qui joue un rôle
déterminant dans leur comportement ou leur appréciation».
Cette image
surfaite et idéalisée de l’Amérique du Nord ou des E.U. (parce que
lorsqu’on parle de mythe américain, c’est souvent en référence à ce
pays) m’importe peu. Ce qui m’intéresse c’est plutôt l’autre visage de
ce pays qui s’attribue le nom de tout un continent, ce visage occulté,
les mensonges sur lesquels ce mythe s’est construit et qui fait de ce
pays une sorte de religion, un aimant qui, semble-t-il, devrait
inéluctablement attirer tout un chacun alors qu’il n’y a là rien de plus
inexact. S’il y a un mythe américain, selon moi il est fait parfois en
grande partie d’illusions, de violences occultées, et de démesure. Il
n’y a pas que du négatif, quand même, mais le mythe souvent ne survit
pas à la réalité quotidienne…
J.Ceccon : Le voyage américain que vous acomplissez lors de vos déplacements vous donne quelle image de l’Amérique ?
M.C. Agnant : Ce voyage ne fait que confirmer pour moi ce que
j’entends par démesure. Ce pays, de par ses dimensions, mais surtout
par son culte du gigantisme me fait l’effet d’une énorme bête, une bête
repliée sur elle-même et qui met en place une panoplie de stratégies
pour assouvir ce besoin qu’elle a de toujours avoir plus. «Buy, shop,
bigger, save, bargain», doivent être les premiers mots que prononcent
les enfants là-bas ou peut-être encore: gun, kill. La consommation et
la violence, omniprésentes, étonnent. On a beau tenter d’analyser, on
ne peut le comprendre et à la fin cela cause une sorte de nausée. C’est
un peu comme une espèce de folie qui, comme toute folie comporte une
part de tristesse. Mais c’est sans nul doute au fond de cette tristesse
qu’on retrouve ce qui rend ce pays humain. Parce qu’il peut arriver
que l’on perde de vue que ce sont des êtres humains qui y vivent. Par
certains côtés les États-Unis me font l’effet d’une autre planète. Je
trouve qu’il faut être courageux pour penser, dans ce pays, pour exercer
son jugement. Les pressions au nivellement, à l’uniformisation de la
pensée sont énormes et constantes. Paradoxal, quand on sait que cette
société se targue d’être la plus libre du monde. Et c’est là qu’on
rejoint une fois de plus la part d’humain de ce pays, car il y a
résistance. Des intellectuels tels Edward Saïd, trop tôt parti, hélas,
Noam Chomsky, le très connu cinéaste Michaël Moore, de même qu’un très
grand nombres d’écrivains et de musiciens contemporains nous aident à
avoir confiance dans leur société car ce sont des résistants et,
résister, c’est être en vie. Il y a en même temps un désir de
séduction très fort chez certains Américains qui se sentent souvent mal à
l’aise avec l’image de leur pays. Ça aussi c’est humain et par ce fait
très touchant. Ce voyage américain comme vous le nommez m’est très
bénéfique parce qu’il m’aide également à grandir et à renforcer mon côté
humain.


J.Ceccon : Au moment où vous décidez d’écrire,
quand vous imaginez votre premier lecteur, comment le voyez-vous?
Avez-vous le souci de son jugement ?

M.C. Agnant : Je considère que je suis moi-même mon premier lecteur.
L'écriture, le texte, obéit à ses propres lois. Je lis, relis mes
textes avec un oeil extérieur et je demeure étonnée face à ce regard
tout à fait étranger que je porte sur mes propres livres. Lorsque
j'ouvre l’un de mes ouvrages, je parcours le texte comme s'il avait été
écrit par quelqu'un d'autre. Par ailleurs, j'écris également pour les
enfants et c'est, je crois, le seul moment où je pense véritablement au
lecteur éventuel. Pas à son jugement, je n'ai aucun contrôle là-dessus,
mais plutôt à vérifier la cohérence du texte. Je veille à ne pas les
heurter, et surtout à leur apporter quelque chose d'autre qu'une
littérature commerciale. En fait, j'essaie de penser à ce qui peut
plaire ou ne pas plaire aux enfants d'aujourd'hui qui sont vraiment très
différents de l'enfant, que moi, j'ai été. Pour écrire pour les
enfants il faut les connaître, comprendre leur langage et faire en sorte
que notre propre langage les rejoigne.
J.Ceccon : Quand avez-vous pensé vouloir devenir écrivain ?

M.C.
Agnant : Je ne crois pas que le métier d'écrivain se planifie comme on
planifie le fait de devenir prof, infirmier, architecte ou autre. Il
arrive que l'on soit entraîné, sans trop comprendre comment, vers ce
monde de l'écrit et, littéralement, c’est ce qui m’est arrivé. J ‘ai
toujours eu besoin de lire et d’écrire, besoin de l’écriture comme un
musicien de la musique. Pour beaucoup de gens les livres sont une
passion. Je me sens mal quand il n’y a pas de livres autour de moi. Il
me faut les voir, les toucher. J’en ai besoin comme de l’air que je
respire. Pour en revenir à la question, je suis devenue écrivain sans y
penser j’ai toujours écrit sans penser de manière précise à une
publication puis c’est arrivé.
J.Ceccon : Quelles sont les références (maîtres et modèles) des écrivains de votre génération ?
M.C.Agnant : Vous voulez dire les écrivains actuels ? Je crois que
Nadine Gordimer retient particulièrement mon attention, et ce à
plusieurs points de vue. Il y a chez elle cette sobriété, cette
exigence esthétique, cette rigueur qu'elle cultive avec une rare finesse
et sans tapage. C’est très précieux, c'est très rare, j'en conviens,
de nos jours où les auteurs sont devenus des joujoux au goût du jour,
ou aux mains des éditeurs…
Toni Morisson également, il y a, disons
une subtilité chez elle pour vivre avec ses personnages, sans le laisser
transparaître. L'écrivain uruguayen Eduardo Galeano tout autant, d’une
autre manière certainement, c’est un conteur fabuleux, qui trouve moyen
de ne pas nous désespérer de ce monde meurtri, grâce à l'ironie qui
tisse ses textes, cette ironie qui empêche que l'on perde totalement le
nord, que l'on s'enlise dans l'émotion ou dans la révolte…
J. Ceccon : Ne rêvez-vous pas, d’un retour au pays ? Etes-vous nostalgique ?
M.C. Agnant : Les rêves, la nostalgie sont un peu comme les parfums,
ils s'estompent avec le temps. J'ai quitté mon pays, pour n’y retourner
que 20 ans après. «Vingt ans après», cela me fait penser à Dumas,
D’Artagnan retrouvant les autres, je crois… Je retrouvais le pays, je
le redécouvrais plutôt… Il manquait des «Aramis», il en manquait
beaucoup, car la plupart des amies et amis étaient partis, comme moi,
introuvables… 20 années d’absence, c’est long. Je vis au Québec depuis
34 ans maintenant et je crois qu’avec le temps, la notion de territoire
m'est devenue tout à fait étrangère. Je ne peux rien réclamer à Haïti
mon pays natal, rien réclamer à mon pays d’adoption, non plus. Mon
territoire c'est l'amitié, la lutte pour la dignité humaine pour
laquelle il faut se battre chaque jour. J'ai toujours considéré que je
vivais dans un monde hostile, ici ou ailleurs. Etre en Haïti ou au
Canada ne change absolument rien, ce n’est pas vraiment le lieu de
résidence qui motive notre lutte… Totem tribal ou appartenance
territoriale, il est très difficile dans mon cas d’y voir dans l’un ou
l’autre à quel «stade d’évolution» j’en suis… Lorsqu’on a la chance
d’habiter une ville comme Montréal où l’on croise quotidiennement des
gens qui viennent du monde entier, d’entendre tant de langues diverses,
cela nous modèle autrement. Lorsqu’on a vécu plus de trente ans hors du
pays de sa naissance, sans voir, sans entrevoir véritablement le moment
ou les possibilités d’un retour, on apprend à regarder le monde
autrement, à vivre autrement, à sentir aussi autrement parce qu’on
devient autre, par la force des choses. De plus, les questions
identitaires sont assez souvent liées à des revendications féroces, mais
aussi à l’exclusion. Sans renier quoique ce soit, le reniement est
quelque chose de vain, je dois avouer que se sentir libéré du carcan
identitaire est un très grand soulagement. Lorsque je suis en voyage
et que je pense au retour, c’est à Montréal que je pense. Je pense à
chez moi.
Aujourd’hui, seuls les rapports entre les êtres humains
ont pour moi de l’importance et mon pays c’est cette ville, mes
compatriotes ce sont mes voisins les plus proches qui viennent des
quatre coins du monde, et il y a de fortes chances que pour mon dernier
séjour je me retrouve encore près d’eux, au cimetière de la
Côte-des-Neiges, toujours à Montréal, cette ville, qui, après 34 ans
reconnaît parfois le bruit de mes pas. Parmi ces compatriotes, il y en a
un,qui est anglophone, il a plus de 80 ans. Nous passons de très longs
moments à bavarder sur nos balcons. Sa kippa sur la tête, il se sent
tout heureux lorsque j`ouvre ma porte et qu`il peut me surprendre pour
me conter ses vieilles histoires, toujours les mêmes. «Je ne veux pas
vous retenir» me dit-il toujours, mais la solitude est sa fidèle
compagne et il est tout content de la mettre de côté l’espace d’un
instant.. Mes deux autres compatriotes, ceux de gauche, sont un vieux
couple. Ils ont presque le même âge que mon voisin de droite qui est
Juif. Eux, sont Vietnamiens. Ils ne parlent ni français, ni
anglais…ils n`ont pas eu le temps d’apprendre une autre langue. Depusi
douze ans, on se dit bonjour madame, bonjour monsieur, puis on complète
avec des gestes, des sourires et on échange des fleurs, des boutures.
La vieille dame m’envoie de grandes assiettes de rouleaux vietnamiens et
lorsque je parviens à faire un gâteau digne de ce nom je leur en offre
comme je l’ai vu faire en Haïti, comme on doit le faire au Vietnam…
J.Ceccon : Comment vous voyez-vous dans le contexte de la francophonie ?
M.C. Agnant : La francophonie est avant tout un concept politique.
Il
revêt un sens complètement différent selon le contexte, selon l'usage
ou les desseins de ceux qui la prônent. Elle n'a de sens pour moi que
dans la mesure où, grâce aux efforts d'universitaires, d’enseignants ou
autres organismes, tels l’Alliance française par exemple, mon travail
devient accessible à un plus grand nombre de lecteurs. Il est bon de
souligner par contre qu'une volonté de cloisonnement est quand même
sous-jacente à la notion de francophonie telle qu'on la vit
actuellement. Selon les critiques, rhétoriciens et autres connaisseurs,
qui établissent les échelles, il y aurait d'un côté, la littérature
française et de l'autre, la littérature francophone. En ce qui me
concerne, la langue française, et l'usage que j'en fais; cette langue
représente pour moi un outil. Outil fort apprécié dans la mesure où
c'est celui que je manie le mieux, et qui me donne accès à une parole
qui peut être comprise par un grand nombre de lecteurs.
On peut
choisir sa langue de travail, comme on choisit ses outils. Si j'avais
le courage de m'y mettre, j'irais vivre dans un pays où l'on parle
espagnol. Je préfère de loin cette langue, qui ne m’obligerait pas à
répondre sans cesse à des questions telles que «mes rapports avec la
langue française»… Pourquoi toujours cette même interrogation, alors que
tant d’écrivains, pour la plupart oserais-je dire, ne sont connus à
travers le monde qu’en traduction. En fin de compte, la littérature
comme l’identité n’est point seulement, loin de là, une affaire de
langue qui est avant tout un vecteur…
Interview de Jérôme Ceccon
30 juin 2003
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MessageSujet: marie celie agnant   Marie Célie Agnant !!! EmptyDim 20 Fév 2011 - 13:23

https://www.youtube.com/watch?v=7NwNpNv6yu4&feature=related

https://www.youtube.com/watch?v=pPXdJU7AfLA&feature=related

une vue pas si bete que ca sur l avenir avec des mots simples
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MessageSujet: Re: Marie Célie Agnant !!!   Marie Célie Agnant !!! EmptyDim 20 Fév 2011 - 13:45

enfin ce que les intellectuels ne sont pas capable de faire
de toutes confessions
vive haiti
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MessageSujet: Re: Marie Célie Agnant !!!   Marie Célie Agnant !!! EmptyDim 20 Fév 2011 - 13:46

https://www.youtube.com/watch?v=b4ZjFZCTLc4&feature=related
pardon
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