Forum Haiti : Des Idées et des Débats sur l'Avenir d'Haiti
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 Revers!

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Maximo
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MessageSujet: Revers!    Revers!  EmptyVen 15 Juil 2011 - 6:36

Revers!



L’État casino a enfanté la République piano-bar. Nous avions exposé, la semaine dernière, les mécanismes par lesquels cet enfantement a pu avoir lieu. Voilà que la vision naïve du pouvoir comme lieu de la grande rigolade a déjà redonné pleine vie à ce qu’on croyait à peine en vie. Lavalas est de retour. L’hydre à sept têtes crache déjà du feu. De l’artillerie, pour le moment, légère et ciblée. C’est, aujourd’hui, Bernard Gousse la proie à broyer. Gousse, cet autre centaure de la mythologie politique haïtienne, mi-homme, mi-hyène, qu’il faut abattre coûte que coûte. Pour marquer son retour sur la grande scène, il faut que Lavalas sorte quelqu’un de la scène. Il faut du fracas. De la diabolisation. Il faut un sacrifice. Une immolation. Gousse survivra-t-il ?

On a déjà sorti du fourreau, contre lui, l’épée sacrificielle. Le président Martelly a eu raison d’avoir fait le pèlerinage jusqu’au Parlement pour tenter d’adoucir des mœurs parlementaires brutales. Voire grossières. Parviendra-t-il à sauver son Premier ministre désigné et constituer une majorité parlementaire favorable à sa ratification ? Peut-être. Il ne faut point, cependant, s’illusionner sur les marges de manœuvre de parlementaires serviteurs qui ont de puissants maitres. L’ombre de ces derniers plane fortement sur les revirements des uns et le raidissement de position des autres. Un vrai jeu d’échecs dans lequel des joueurs de l’ombre ont le président de la République pour cible ultime. L’accolade du sénateur Moïse Jean-Charles à Martelly est loin d’être synonyme d’endossement des agendas politiques du chef de l’État. Dans tous les cas, ils sont très louables, ces échanges de civilités entre ces deux hommes qui cristallisent la crise Exécutif-Législatif, et qui, à eux deux, constituent la métaphore de tout ce que ce pays a d’immaturités au pouvoir.

De l’eau a coulé sous les ponts. Jean-Bertrand Aristide a subi deux coups d’État et deux exils forcés. Mais la trame de fonctionnement de l’entité politique dite Lavalas semble n’avoir pas connu d’altération. Ses idoles les plus en vue semblent demeurer les dieux vengeurs qu’ils furent avant et pendant la chute des anges. Il faut se venger de Gousse. De Martelly. L’explication à cette essence immuable doit être quelque part. Sans doute, dans cette conception cléricale du pouvoir par laquelle on professe plus que l’on ne se confesse. La repentance étant, ainsi, un péché mortel.

Ce retour en force de Lavalas constitue un revers pour le président Martelly, un anti-lavalas invétéré. C’est son inaction sur des dossiers précis comme la révision constitutionnelle, le Conseil électoral, la Cour de cassation, le Conseil supérieur du Pouvoir judiciaire, sa désinvolture dans la constitution, autour de lui, d’une équipe efficace depuis la confirmation des résultats du second tour de l’élection présidentielle il y a trois mois, qui ont favorisé la recomposition de la nébuleuse lavalas au Parlement. Même les projets phares du président, comme celui de l’éducation gratuite pour tous et son début de mise en application à travers le Fonds national de l’Education, sont devenus très conversés. À côté des bonnes intentions, s’il n’y avait pas autant de maladresses, de ratés, de tâtonnements et d’amateurisme du côté du cercle présidentiel, cette fronde parlementaire très sectaire aurait échoué dans l’œuf. Malgré lui, M. Martelly n’a fait que renforcer les rangs de ses adversaires les plus décidés depuis son investiture. Lavalas, dans son expression aristidienne, ne s’est revitalisée que grâce à l’actuel Palais national de Sweet Micky. Paradoxe.

Et s’il n’y a pas de défection dans les rangs des 16 sénateurs qui ont signé, avec une rare inélégance, la pétition anti-Gousse, alors M. Martelly devra commencer à se ronger les pouces pour évaluer les dégâts. Il n’aura plus le momentum. Et s’il devra négocier avec ceux-là qui veulent faire la peau, jusque-là, à tous ses Premiers ministres désignés, ce ne sera, malheureusement, qu’en position de faiblesse.

Les Américains disent ne pas vouloir s’ingérer dans ce bras de fer Exécutif-Parlement, lequel conflit prend, avec Gousse, la forme d’un règlement de comptes Lavalas vs Gnbistes. « C’est une affaire purement interne aux Haïtiens », dit le très sobre mais ferme ambassadeur Kennet Merten. Précautions de diplomate. Pourtant, il a aussi prévenu sans ambages qu’il est devenu « impatient » devant l’incapacité des hommes du Palais et du Parlement à s’entendre pour former un gouvernement et remettre le pays sur les rails de la normalisation et de la reconstruction. Paroles de veilleur du temple. Paroles dont il faut tenir compte. Car elles témoignent d’un désenchantement prématuré dans les rangs de ceux qui ont contribué à catapulter Martelly au Palais national.

Les signes que l’Etat de grâce est fini pour le nouveau pouvoir se multiplient. La macrofenêtre, qui s’ouvrait le 14 mai écoulé, pour des réformes d’envergure, se rétrécit. L’enthousiasme populaire s’est étiolé. Lavalas s’enhardit. Le président Martelly doit, malgré tout, tenir. Tenir dans la flexibilité, et dans le cadre de la loi, face à la malveillance, l’arrogance des requins du Parlement et de l’incivisme des dinosaures qui veulent saper sa présidence. Tenir pour transformer les revers en victoires. Bien sûr, dans le compromis. Et sans suffisance mal placée.

Daly Valet
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