Forum Haiti : Des Idées et des Débats sur l'Avenir d'Haiti
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 Et si les policiers se mettaient à parler

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Le gros roseau
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MessageSujet: Et si les policiers se mettaient à parler   Et si les policiers se mettaient à parler EmptySam 17 Déc 2011 - 19:40

Haïti: Et si les policiers se mettaient à parler?


La sécurité du pays dépend d'eux. Des millions de gens comptent sur ces Femmes et ces Hommes pour protéger leur vie et leurs biens. Pourtant, ils font face à toutes sortes de difficultés dans l'exercice de leur fonction. Pire, ils n'ont pas le droit à la parole. Interdiction faite par les règlements internes de la PNH. Ils doivent tout accepter et faire leur boulot dans le silence. Et si les policiers se mettaient à parler ? Ils se sont confiés au Nouvelliste.





Un policier haïtien n'a pas le droit de faire entendre publiquement ses revendications. Revendications. Il en a beaucoup. Non. Il en a trop. De son salaire de misère à sa nourriture, de son uniforme usagée au manque de matériels de travail sans oublier les méthodes de promotion (grade), le policier est en rage au-dedans de lui-même. Il n'est pas en paix. « Comment me demander de travailler 12 heures par jour et de vivre avec 17 000 gourdes brut comme salaire. 13 694 gourdes au final après déduction de toutes les taxes. Comment me demander de protéger et servir les autres alors qu'il faut pleurnicher pour trouver des minutions... », fulmine Jerry, un agent I de la police nationale qui patrouille souvent la nuit.

5h15 du matin. Debout à un coin de rue de la capitale en s'appuyant contre un mur, le jeune Jerry arrive à peine à ouvrir ses yeux alors que ses trois coéquipiers restent à l'intérieur du véhicule de police. Il fait un peu froid. Fatigué. Les paupières dilatées, ce policier dans la vingtaine vient de passer 11 heures à patrouiller dans son secteur. Il a soif. Il a faim. « J'ai laissé le commissariat à 6 heures du soir la veille. Je dois rester encore en poste jusqu'à 7 heures du matin avant de retourner au commissariat pour enfin rentrer chez moi...Du Café, de l'eau, de la nourriture...non, non...on n'a pas ce genre de choses avec nous », dit-il en faisant des gestes avec les mains et en souriant de façon ironique.

Pour prouver qu'il n'a ni eau, ni café, ni nourriture, il m'invite à venir jeter un coup d'oeil dans le Pick-Up 4/4 dont les feux sont restés allumés pendant toute la nuit. Les collègues de Jerry ont profité de la présence du Nouvelliste pour se défouler, tout en requérant l'anonymat. Les règlements internes de la police nationale leur interdisent toutes formes de protestations. « Les autorités du pays parlent de grand plan de sécurité pour la fin de l'année. Elles oublient une chose. Cette sécurité dépend de nous qui sommes tous les jours dans les rues », avance le chef de la patrouille, un agent 4, qui, lui, a la chance d'avoir "un jacket" que sa femme lui a donné.

« Deux choses nous motivent à faire ce travail. Le salaire de misère, on en a vraiment besoin et le sentiment de se sentir utile, d'où notre volonté de continuer », poursuit l'agent 4. A ces mots, Jerry lui arrache la parole comme quelqu'un qui avait réellement besoin de s'exprimer. « J'ai laissé la faculté pour m'engager dans la police. J'étudiais les Sciences économiques à la faculté de Droit. Je ne sais si je dois regretter d'avoir abandonné mes études ou non...», dit-il.

Vu la proximité entre moi et les policiers dans le véhicule, je pouvais sentir l'odeur de la cigarette qui se dégageait de leur bouche. Pour rester éveillé pendant 12 heures, le tabac est obligatoire pour certains. C'est plus disponible que le café ou le thé. D'autres, ne pouvant pas résister à la fatigue, sont emportés par le sommeil. Pour laisser passer le temps, on parle d'autres choses. Le foot ; le Real, le Barça, les fêtes de fin d'année, les programmes en perspective.

« Non. Pour les fêtes de fin d'année, il n'est pas normal que le gouvernement décaisse 400 millions de gourdes pour des activités farfelues, alors que rien n'est dit pour les policiers », éclate l'agent 4. « Ils ne savent même pas que nous existons », rétorque un agent 2 qui dormait pendant toute l'interview.

5h55. Le jour se lève. Je prends congé de cette patrouille pour aller interviewer d'autres équipes. En laissant ces quatre policiers, ils m'ont une fois de plus demandé de ne pas révéler leur identité ni l'endroit où ils cantonnent. Jerry est un prête-nom. « Dans la police, tu es contraint au silence. Sinon, les responsables peuvent décider de t'exiler au dernier coin du pays pour te punir ou pire, te révoquer. On n'a pas le droit de parler », soupire l'agent 2. « On aurait dû avoir un syndicat dans la police », lance Jerry, le plus jeune du groupe, en riant.

6h15. L'heure de la rotation pour les policiers. Les équipes nocturnes se préparent à regagner leur base respective en laissant la place aux équipes diurnes. Le point commun entre les policiers, c'est qu'ils ont tous envie de parler. C'est normal, puisqu'ils ont des choses à dire.

Sur la route de Delmas, Le Nouvelliste rencontre une patrouille nocturne sur le point de partir. Les policiers arrêtent un véhicule. Petite fouille de routine, rien à signaler, le chauffeur peut partir. En ouvrant la bouche, le chef de l'équipe, un agent 4, éclate comme un appareil de radio qui était en mode de pause. Il veut parler, il a soif de s'exprimer. Cela se lit sur son visage. La frustration. La révolte.

« J'ai une femme et trois enfants à nourrir et à envoyer à l'école, le loyer, les autres membres de la famille qui comptent sur moi... comment me demander de vivre avec ce salaire », se plaint-il. Il gagne un peu plus que l'agent I.

La question du grade le met en rage

« Je suis de la même promotion que le commissaire principal Michel-Ange Gédéon. Aujourd'hui, il est le directeur départemental avec deux étoiles, moi-même je suis un simple agent 4. Tu vois l'écart...Or, selon les règlements de la police, les grades doivent être octroyés tous les trois ans. Il faut avoir du courage pour accepter une telle situation », explique-t-il avec amertume. Après avoir fait ces déclarations, cet agent pouvait à peine regarder les trois autres policiers qui sont sous ses ordres. Il retient ses larmes, parce qu'il est le chef de la bande.

Il est dans la quarantaine. N'étant pas très jeune, les options de la vie ne sont pas au pluriel pour lui. « Dans aucun pays du monde, on n'accorde ce genre de traitement à quelqu'un qui est armé. Non, cela ne se fait pas... », lance-t-il en cachant les autres idées qui lui passent par la tête.

Comme pour cet agent 4, la question du grade mine la police nationale. Les policiers se plaignent entre eux. Mais, cela s'arrête là. Le deuxième point commun entre les policiers après l'envie de s'exprimer, le grade.

Êtes-vous prêt à faire carrière dans ce métier ? « Négatif, négatif... nous attendons le bon moment pour partir. Je suis un policer par situation. Parce que je n'ai pas d'autre option », avancent la plupart des jeunes policiers. Les plus âgés répondent avec un peu plus de nuance.

Ce que redoutent le plus les policiers

Pour la seule année 2011, 30 policiers sont tombés sous les balles assassines des bandits. « Cela nous rend un peu inquiets. Tout le monde sait que les bandits sont, le plus souvent, mieux armés que nous. Lorsque la population voit que nous qui sommes là pour les protéger nous nous faisons tuer, elle se questionne sur la sécurité », selon des jeunes policiers d'un commissariat de l'aire métropolitaine.

Les policiers craignent beaucoup lorsqu'ils arrêtent un bandit qu'ils défèrent par-devant la justice, pour après rencontré ce même individu dangereux libre dans la nature. « Ce sont ces bandits qui, une fois libérés par la justice, reviennent nous assassiner. S'il y a une chose qui nous fait peur, ce sont eux. On ne les voit pas, mais ils peuvent être n'importe où. Ils nous surveillent et attendent le bon moment pour prendre leur revanche », se plaignent-ils.

Les policiers ont également peur d'être arrêtés dans l'exercice de leur fonction après avoir pris une décision ou commis une bavure. Ils ont fourni comme exemples des policiers qui croupissent en prison après avoir fouillé la voiture d'un juge de paix dans la commune de Carrefour. Ce juge leur reproche leur brutalité policière.

Déçus par les nouveaux responsables du pays

« On nous a laissés comprendre que le président Martelly allait se soucier de nous. Nous nous sommes trompés. Rien n'a changé. Toujours la même galère. Nous nous plaignons tous les jours pour avoir des munitions, alors que les bandits en ont à profusion. Même pour l'uniforme, nous devons nous démêler pour le trouver par nos propres moyens. On ne peut pas passer trois ans avec la même chemise que nous a donné la police. Des fois, on supplie des responsables à la direction générale pour avoir des bottes, un gilet pare-balles... », expliquent des policiers d'une patrouille diurne à Port-au-Prince.

Les problèmes sont les mêmes chez tous les policiers qui ne sont pas des haut gradés, bien sûr. Ils demandent de meilleures conditions de travail, un salaire décent, la reconnaissance de leurs efforts, le grade, l'assurance-maladie, entre autres.

Robenson Geffrard
rgeffrard@lenouvelliste.com

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MessageSujet: Re: Et si les policiers se mettaient à parler   Et si les policiers se mettaient à parler EmptySam 17 Déc 2011 - 19:41

Et Martelly parle de retablir les FADH.Les haitiens sont tous en general des comediens.C'est incroyable.
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