Forum Haiti : Des Idées et des Débats sur l'Avenir d'Haiti
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 Ayiti yon peyi se avèg kap kondwi avèg, ke l politisyen ou sanse konnen se menm

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Rico
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MessageSujet: Ayiti yon peyi se avèg kap kondwi avèg, ke l politisyen ou sanse konnen se menm   Ayiti yon peyi se avèg kap kondwi avèg, ke l politisyen ou sanse konnen se menm EmptySam 26 Avr 2014 - 20:49

République d’Haïti : Quand des aveugles conduisent des aveugles…
26/04/2014 17:39:00

« Les habitants de la terre se divisent en deux : Ceux qui ont un cerveau, mais pas de religion, Et ceux qui ont une religion, mais pas de cerveau. » (Aboul-Ala-Al-Maari, poète syrien)
Cela fait des années que nous attirons l’attention des citoyennes et citoyens sur le danger grave qu’encourt la République d’Haïti. La plupart des Haïtiens semblent ne pas se rendre compte qu’ils vivent dans un pays comateux, souffrant d’un cancer social, économique et politique généralisé, en phase terminale. L’État national, pris en otage par des assoiffés de pouvoir et de richesses illicites – encore plus aujourd’hui –  continue d’être tributaire d’une situation politique lamentable de désordre et d’anarchie, et il fait face à des conditions de fonctionnement de plus en plus difficiles et révoltantes : occupation territoriale, cécité politique, gabegie financière, dépravation sociale, assassinat ciblé, défloration culturelle… Pauvre Dessalines! Pauvre Pétion! La bible elle-même l’enseigne clairement, et pour la paraphraser : «Lorsque des aveugles conduisent des aveugles, ils finissent tous dans un ravin.»

Peut-on demander son chemin à un autre voyageur, quand on ne voit pas ou ne sait pas soi-même où l’on va?

En observant les agissements controversés des composantes de la « classe politique », nous avons drôlement l’impression de nous retrouver en face de groupuscules divergents de « maîtres tailleurs » qui tentent vainement, chacun de son côté, de réparer le moteur complexe d’un Boeing 737, sous les regards confus d’une horde de passagers éreintés et impatients. Une telle situation – cocasse et invraisemblable – laisse présager que l’appareil – faute de techniciens appropriés – est condamné à rester cloué au sol. Pas de pilote, au sens de Karl Deutsch…! Pas de destination connue et rigoureusement planifiée…! Dans ces conditions-là, l’espoir de décollage de l’avion demeure mince. Quasi-improbable. Les passagers vont devoir prendre leur mal en patience – bien entendu, s’ils le peuvent et le souhaitent – car tout indique qu’ils attendront longtemps…! Peut-être, plus longtemps qu’ils ne le pensent… Fasse le ciel qu’ils ne crèvent pas de faim, de soif, de froid, d’analphabétisme, de maladies infectieuses et honteuses… sur la piste d’envol même?

La République d’Haïti, si l’on se réfère à son dernier bulletin de santé, a déjà franchi, paraît-il,  le cap du trépassement. Et, souvenez-vous en, ce n’est pas à coups de manifestations populaires programmées, autorisées, espacées que les maux chroniques dont elle souffre : corruption, cooptation, occupation, assassinat, kidnapping, insécurité, népotisme, flagornerie,  traîtrise… seront éradiqués pour permettre au  « grabataire chronique » de recouvrer une santé même moyenne.

Un peuple conscientisé qui choisit de régler ses « affaires » dans la rue sait qu’il s’engage inévitablement dans une « voie politique de non retour. » Et quand il sort, il le fait une fois pour toutes.

« Là où il y a une volonté, il y a un chemin », objectait Lénine.

S’il existe un endroit où effectivement le monde est à l’envers, c’est bien en Haïti. Dans ce « endroit bizarre », le « charlatanisme » règne en maître. On y observe un curieux phénomène : des médecins, incapables de se constituer une clientèle régulière et rentable, délaissent, abandonnent les hôpitaux et les cliniques pour exercer des fonctions politiques, alors que la banque des professionnels en matière de santé accuse un déficit inquiétant, scandaleusement et déplorablement préjudiciable  aux couches vulnérables de la population rurale. Des indigents meurent dans les campagnes reculées et même dans les bidonvilles, sans avoir la possibilité de se faire ausculter et prescrire des médicaments... Des prêtres catholiques, des houngans, des pasteurs protestants, des boulangers, des sambas, des anciens gendarmes convoitent le Palais national, accèdent à la Primature, deviennent des membres influents de cabinet ou des consultants. Des « jardiniers » siègent au Palais législatif, à la Chambre Haute ou à la Chambre Basse… Et qui pis est, sans l’encadrement adéquat, sans l’expérience indispensable et nécessaire, sans l’apprentissage préalable et la formation académique requise pour se conformer et répondre aux exigences de la fonction. Et ne rétorquez pas s’il vous plaît en prétextant les cas de Lula Da Silva, Lech Walesa et d’autres qui – nous le savons tous – ont fait leurs premières armes politiques dans des organisations de droits humains, de défense des travailleurs et ouvriers, dans le militantisme syndical. 

Ce qui dérange les observateurs impuissants de cette tragédie annonciatrice d’un apocalypse comme du temps de Noé, et qui leur inspire une pensée  pessimiste, nettement fataliste par rapport à l’avenir des Haïtiens, c’est le constat du phénomène de l’aggravation journalière des difficultés socioéconomiques, multiplicatrices de souffrances morales et physiques, qui grugent les nerfs de résilience de la population, sans que cela inquiète véritablement les énergumènes – ces espèces de bandits à cravate ou en tailleur pour femme – qu’elle vote naïvement à intervalles fixes ou irréguliers, sans qu’elle ait, malheureusement elle-même, la capacité intellectuelle qui conditionne et caractérise, à proprement parler, le choix de l’électeur rationnel.

« Les foules sont des agrégats d’individus amorphes, incapables de comprendre et de résoudre des problèmes complexes », opine Gustave Lebon.
 
Ce qui est encore horripilant, c’est l’ « irresponsabilité » maladive de cet « État parasitaire » qui semble complètement dépassé par les problèmes structurels, conjoncturels, contextuels qui freinent sa croissance et qui l’atrophient. Haïti s’est transformée depuis l’ « arrivée des colons européens » en une « jungle sauvage » où l’espèce humaine lutte, se débat tous les jours contre elle-même pour survivre… Et, fort regrettablement, ni la grande révolte des esclaves, ni la proclamation de l’indépendance, ni la création de l’État, ni la fondation de la Nation ne sont arrivées à enrayer systématiquement les vestiges entêtés du féodalisme colonial… Les habitants malchanceux et abandonnés de l’arrière-pays ne vivent pas comme des chiens… C’est encore pire…!

Pourquoi les organes de l’État n’arrivent-ils pas à jouer leur rôle respectif? Où faut-il chercher les explications?

Nous pensons qu’il importe, dans cette situation de basculement social, politique et économique,  de creuser davantage toutes les questions se rapportant au rôle distinct de chacune des pièces maîtresses qui composent la machine typique de l’État imposée par la « constitution » – bancale, c’est vrai, mais incontournable – du 29 mars 1987, soi-disant pour le replâtrage et la consolidation des murs de soutènements qui protègent la structure sociétale nettement défaillante, fragilisée par les tristes années de dictature politique.

À quoi assistons-nous depuis la naissance de l’époque post jean-claudienne? Pas duvaliérienne… Le système duvaliériste sert encore de fondation à toutes les pratiques et formes de gouvernance politique observées à Port-au-Prince de 1986 à nos jours.  D’ailleurs, c’est l’absence d’alternative viable due à la stérilité des «politiciens» traditionnels versés dans l’ « opposition démagogique » qui lui permet de se rajeunir, se renouveler, s’autoprotéger, s’autoréguler, s’auto-adapter, jusqu’à reprendre des forces pour continuer son périple de ravage et de destruction au sein de la population cruellement éprouvée.
 
De quoi sommes-nous témoins – vous et moi – dans la visière de nos observations constantes à partir 1986, sans dédouaner naturellement l’ère des pratiques politiques duvaliériennes absurdes ?

Des gouvernements – et nous l’affirmons franchement, sans crainte et sans hésitation – qui n’ont fait que tâtonner ou tâtonnent dans l’obscurité opaque, sans jamais parvenir à trouver ce petit chemin de normalité politique, de  progrès économique, de changement social et d’évolution culturelle sur lequel fantasment continûment les collectivités nationales aux abois. La présidence d’une manière générale – et à toutes les époques de l’exercice du pouvoir après 1986 – se confond pitoyablement dans les interlignes des partitions qu’elle n’arrive pas à exécuter pour redresser et viabiliser les institutions publiques au bord de l’apoplexie. Et pourtant, ses attributions, ses responsabilités sont clairement définies dans la « Loi mère ».

Selon le document d’Henri Namphy et du docteur Louis Roy où sont fixées les modalités d’une gouverne politique soi-disant républicaine, le Premier ministre, en principe,  serait le chef du gouvernement. Il aurait la responsabilité de conduire la politique de l’État. Depuis la première élection sous l’égide de la constitution de 1987, quelle place a vraiment occupé la Primature dans le circuit du pouvoir exécutif? Les Haïtiens ont-ils vraiment l’impression d’évoluer dans un système exécutif bicéphale : chef d’État, chef de gouvernement? La séparation et l’autonomie des trois pouvoirs – de la façon dont Montesquieu le conçoit et le prescrit dans L’Esprit des Lois – sont-elles effectives? Nous avons encore en mémoire les démêlées conflictuelles du président René Préval avec le Premier ministre de l’OPL, M. Rosny Smart.

Haïti coule comme le Titanic ! À qui la faute ?

Nous nous sommes toujours dit qu’il faudrait que la société prenne le temps de bien connaître et choisir les individus qu’elle mandate pour la représenter et la gouverner. En y réfléchissant, tous nos malheurs ne viendraient-ils pas de l’incapacité d’une population – dont les membres, de façon majoritaire,  vivent et se comportent comme l’aveugle de Jéricho – à rationnaliser son vote pour imposer sa propre vision de Liberté et de Justice sociale ?

Qu’est-ce qui est à la base de l’esprit de domination, d’intolérance et d’injustice qui caractérise toujours les gouvernements haïtiens ?

La maîtrise du  concept de la « démocratie » requiert des connaissances théoriques et pratiques en la matière. Il faut donc explorer les chemins des courants philosophiques tracé par les immortels de la pensée universelle. Plus on est informé, plus on est critique et exigeant envers soi-même, sage, tolérant et charitable envers les autres. C’est grâce à la théorie que les politiques progressistes arrivent à défier le mode de fonctionnement dichotomique du capitalisme vampiriste et exploitationniste,  et à proposer en lieu et place un système de société plus humain, qui réponde mieux aux intérêts de leur peuple. Nous avons des exemples : d’abord en Russie avec la révolution bolchévique, en Chine populaire avec Mao, à Cuba avec Fidel, Raoul et Guevara, au Chili avec Allende, au Nicaragua avec Ortega, au Vénézuela avec l’immortel « Commandante » Chavez… Les actes que nous posons viennent de nos idées. Les idées sont fonction de notre degré de perception intellectuelle, de compréhension  et d’interprétation des faits sociaux, des événements politiques, des données économiques et des manifestations culturelles.  Toutes ces confusions qui règnent au  niveau de l’appareil de l’État haïtien, ne découleraient-elles pas de la négligence voire de la méconnaissance des méthodes et principes rationnels sur lesquels est installée toute la charpente qui soutient l’édifice d’une société de droit ? En clair, une société où les citoyens évolueraient en toute quiétude, tout en exerçant librement leurs droits  individuels et collectifs, et tout en s’acquittant honorablement de leurs devoirs...

« Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire… Seul un parti guidé par une théorie d’avant-garde peut remplir le rôle de combattant d’avant-garde. »
                                                            (Lénine)  

Les sociétés du Sud doivent bien recruter les femmes et les hommes auxquels elles confient leur destinée. Il faut que ces élus ou mandataires représentent des valeurs sures, soient reconnus comme des patriotes honnêtes et des catalyseurs de renouveau politique, de progrès économique, de changement social, de protection et d’essor culturels. Les populations nécessiteuses doivent être formées, éduquées et organisées pour qu’elles cessent – comme certaines le font depuis longtemps par ignorance – de mélanger au hasard les pommes, les carottes, les aubergines, les haricots, les navets, les oignons... Sinon, le potage sera toujours de piètre qualité et de  mauvais goût. Le maréchal ferrant ne peut pas faire le travail du dentiste. L’un est spécialiste de sabots, l’autre arrache et répare les dents. La politique est art et science. La fonction des théories  politiques permet justement de définir, d’expliquer et d’analyser dans sa globalité « l’objet » auquel s’intéresse la science politique.

La société haïtienne n’a pas encore atteint le  niveau acceptable de l’expérimentation du processus de la « Démocratie », comme système politique de gouvernance,  au sens de son concepteur, l’Athénien Solon qui a vécu de 640 à 558 av. J.-C. .

L’injustice sociale, la cruauté politique, la décadence économique sont en train de déposer des nids annuels dans toutes les cellules de la nation. Et Nous disons à César, aux membres et aux proches de la famille royale, aux courtisanes et courtisans de la Cour : « gare aux piqûres des guêpes! »

Les universitaires, poètes, écrivains, artistes…, dont la plupart ont développé l’étonnante habitude de partager de temps en temps – sans gêne et avec fierté –  le vin et le gibier à la table de Crassus, ce général romain qui a crucifié l’esclave révolutionnaire Spartacus, ne doivent pas se contenter d’écrire des « textes laconiques » avec la formule « Est-il normal que… » Si les uns sont coupables d’avoir mal agi, les autres ne sont-ils pas aussi coupables de regarder sans rien faire… Et même de cautionner…!

Après tout, il n’est quand même pas donné à tous les êtres humains de se comporter dignement comme Diogène le Cynique devant l’empereur Alexandre Legrand…

…Ou même d’être le poète engagé Anthony Phelps.


Robert Lodimus
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