Forum Haiti : Des Idées et des Débats sur l'Avenir d'Haiti
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 Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain

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MessageSujet: Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain   Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain - Page 3 EmptyMar 27 Jan 2015 - 19:53

Rappel du premier message :



Dernière édition par K H L le Lun 2 Fév 2015 - 19:45, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain   Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain - Page 3 EmptyLun 2 Fév 2015 - 17:42

Joel, j'attends que vous fassiez la synthèse de la discussion pour clore le post. D'autres débats doivent venir pour illuminer forumhaiti auprès des haïtiens d'en dedans et d'en dehors. 
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Joel
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MessageSujet: Re: Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain   Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain - Page 3 EmptyLun 2 Fév 2015 - 17:43

K H L a écrit:
Joel, j'attends que vous fassiez la synthèse de la discussion pour clore le post.


De quelle synthese ,faites vous allusion?
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MessageSujet: Re: Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain   Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain - Page 3 EmptyLun 2 Fév 2015 - 17:45

Joel,

Non seulement je connais Raphael Confiant en personne, j'ai une anecdote que je ne peux pas dévoiler sur le site.. Une histoire croustillante.. Mais, c'était bien essayé.
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MessageSujet: Re: Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain   Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain - Page 3 EmptyLun 2 Fév 2015 - 17:52

Joel,

Il faut être raisonnable et honnête, vous l'avez été jusqu'ici.

Vous devez synthétiser votre pensée à partir de cette problématique.. en apportant des réponses concrètes.

Dans quelle mesure peut-on concilier en Haiti la langue vernaculaire et la langue véhiculaire? 

Ou si vous voulez, vous pouvez synthétiser à partir de cette interrogation, le français est-il soluble dans le système éducatif haïtien? Si non, expliquez pourquoi.
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MessageSujet: Re: Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain   Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain - Page 3 EmptyLun 2 Fév 2015 - 19:02

e vais tenter de résumer la discussion afin de faire ressortir les différentes positions. Il y a trois de points de vue qu’il faut entendre. 
 
Le premier est celui porté par Roseau. Ce dernier considère que compte de la proximité géographique d'Haïti avec les Etats-Unis et l'émigration massive des haïtiens dans ce même pays, et de l'impérialisme français on devrait généraliser la langue " Anglais" en Haïti.
 
Le second de point de vue plus modéré est celui de Joël qui mérite qu'on y prête attention. Il considère à tort ou à raison que la langue vernaculaire en Haïti est le créole, que le français est une langue liturgique pour la grande masse, par conséquent, la langue d'enseignement devrait être le créole haïtien.
 
La troisième position plus conciliatrice est celle que je porte. Selon moi, le français comme langue d'enseignement pour la grande majorité des haïtiens peut éventuellement constituer un handicap, Mais, si l'on pratiquait un bilinguisme réfléchi, il serait possible de les faire cohabiter dans un même système d'enseignement..
 
Si par mégarde, J'ai oublié de relever d'autres points de vue. N’hésitez pas à les faire connaitre. Ayant dit tout cela, je vais préciser clairement ma position afin qu'il n'y ait pas de malentendu sur mes propos eu égard aux flots de commentaires sur le sujet.
 
A priori, il n'est pas normal qu'on enseigne les mathématiques ou la chimie dans une langue qui n'est pas comprise par la majorité. En effet, je rejoins Joel, Il n'existe pas de pays au monde qui fonctionne sur ce modèle. C'est un argument fort et puissant qu'on doit entendre. Toutefois, on n'a pas besoin d'arguments soucoupe-volante nous faisant voyager à des années lumière  tout en suivant la queue de comète du colonialisme français. (Irrecevable). 
 
Cependant, j'ai visité des pays comme la Norvège, la Finlande, la Suède, et j'ai constaté un bilinguisme non conflictuel. La Suisse est l'exemple même du plurilinguisme. Il y a les langues vernaculaires et les langues véhiculaires (excusez moi Roseau pour ces gros mots, mais je n'ai pas trouvé des mots moins savants lol). Cela n'empêche pas ces pays d'être les mieux lotis au monde. Le bilinguisme et le plurilinguisme sont des atouts.
 
Bien que par fierté nationale mal placée, j'eus préféré le créole comme langue d'enseignement, il y a un point technique qui me titille l'esprit; c'est la mise en oeuvre du créole comme langue d'enseignement. Il n'y a pas de contradiction. C'est le comment qui me fait cauchemarder. Comment éduquer en créole sans une bibliothèque remplie d'ouvrages en créole? (Littérature, Maths, chimie, physique, biologie, droit, économie, etc etc....). Combien de traducteurs faudrait-il pour traduire tous les ouvrages? Combien de temps nous prendra t-il pour former des professeurs juristes-créolistes, des mathématiciens-créolistes, des ingénieurs-créolistes.. etc etc...). L'argument qui consiste à dire que les vietnamiens ont enseigné le vietnamien est une hérésie intellectuelle, car l'histoire du Vietnam ne commence pas à la porte de la colonisation française, c'est une civilisation millénaire qui n'avait pas à tout recommencer sur le plan de l'enseignement. Haïti est née de la colonisation donc, l'haïtien que vous le vouliez ou non est un produit de cette colonisation. J'ajouterais que les jamaïcains et toutes les iles de la Caraïbe qui parlent le Pidgin English n'enseigne pas le pidgin English à l'école. Or, le pidgin est au créole ce que le français est à l'italien.
 
   
En conclusion, je suis d'accord à moitié avec Joël, dois-je avouer que cette citation de Rico à ébranler  mes certitudes.. « Men nou refize konprann solisyon an se pa ni kreyol, ni franse , ni angle. Se kondisyon sosyal, ekonomik saki pa genyen yo ki pyeje nan Lise Nasyonal yo ki pèdi fil depwi arive plis mizè ak Duvalier.”
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Rico
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MessageSujet: Re: Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain   Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain - Page 3 EmptyLun 2 Fév 2015 - 19:42

Sanble w komanse byen konprann, nan pwen moun ki pa ta swete, ta renmen lang kreyol la vini yon lang dANSEYMAN, MEN LI GEN LIMATASYON.

Tout pale anpil kreyol fransize majo jon kreyolis poko mete yo dako sou yon kreyol inivèsèl.

Tout peyi kreyolis franse yo gen anpil patikilarite, tout moun gen kreyol kinan yo. Selman an Ayiti kreyol map fose ekri se kreyol lwès peyi a ak sid peyi a.Fok tout peyi kreyol fransize mete yo dako dou yon ekriti kreyol inivèsèl.



KHL WOU BYEN KONPRANN PWOBLEMATIK KREYOL LA, SE YON LANG KI BEZWEN ANPIL RECHERCH SAVANT POU ANSÈGNE.

Pa gen rans nan sa, yo konprann yo kap pran roulib sou do franse pou atenn objektif sa. Non se pa ditou selman lengwis kreyolis ki dwe pran tan ak pasyans pou rive la.Nou bezwen chechè pwentu nan tout domenn pou bakop kreyol a kom lang danseyman.

Men kom mwen di veritab pwoblem nan zafè anseyman se plis lamizè, grangou, povrete leta pou ekipe lekol yo. KHL se pa tout ti ayisyen ki pa reyisi, ki gen difikilte, gen yon ti klas mwayenn tou zwit ki reyisi nan lekol kongregasyonis ak kek lekol prive.Genyen menm lekol franse ak fomasyon pou obtansyon bakaloreya  franse, gen lekol ameriken pou ti meriken ak ti boujwa ayisyen an angle.
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MessageSujet: Re: Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain   Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain - Page 3 EmptyLun 2 Fév 2015 - 19:56

sé méssyé pa genyen yon pespesktiv .. mwen ka pensé Joel sé pa yon moun bét.. Cé yon taktisyien.. BoN ROSEAU.. I love him.. But hé is very sensitive..
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MessageSujet: Re: Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain   Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain - Page 3 EmptyLun 2 Fév 2015 - 20:03

Rico

mwen kouillon min pa bèt.  un petit peu. quand même. lol j'avoue..
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MessageSujet: Re: Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain   Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain - Page 3 EmptyMar 3 Fév 2015 - 0:26

Karl

pouve-vous nous dire pourquoi les Japonais ,les chinois et les coreens enseignent l'anglais aux enfants dès la maternelle.

je vais vous donner un exemple Quand mes enfants qui sont nés en Haiti etaient au Monsignor Mc Clancy high school a New York et qu'il devaient choisir une langue langue pour diversifier leur culture ils pouvaient choisir entre le francais et l'espagnol. Quand je leur demandais pourquoi n'aviez-vous pas choisi le Francais ;ils m'ont repondu: combien de personnes parlent francais aux Etats-Unis.?je me suis tu immediatement en admirant leur pragmatisme et intelligence.
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MessageSujet: Re: Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain   Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain - Page 3 EmptyMar 3 Fév 2015 - 0:28

Karl

Quelle est la langue d'enseignement en Algerie?
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MessageSujet: Re: Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain   Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain - Page 3 EmptyMar 3 Fév 2015 - 4:47

Non mesye!
M wen pa vle reponn anyen ke RICO di ,paske li ap toujou jwenn yon mwayen pou li pesonalize bagay lan .
MWEN BOUKE AK SA!
Ki sa ki rele LANG gen LIMITASYON an?
Pa gen LANG ki gen LIMITASYON ;se MOUN, tankou DEGRAFF ,DEJEAN ak yon lot POTOMITAN ki rele SUZE MATHIEU (ann AYITI) renmen di,ki mete LIMITASYON lan LANG lan.
KREYOL PA GEN LIMITASYON.

Pour KARL ki refuse de maitriser "notre CREOLE".Dr SUZE MATHIEU a la FACULTE D'ETHNOLOGIE en HAITI et Dr YVES DEJEAN a la faculte de LINGUISTIQUE APPLIQUEE enseignent leur matiere en CREOLE,seulement en CREOLE.
Yves DEJEAN ne cesse de noter qu'il est interdit a ses ETUDIANTS de parler FRANCAIS pendant qu'il fait ses COURS.
DEJEAN dit que tous les papiers des ETUDIANTS doivent etre soumis en CREOLE.Il fait ca depuis son retour en HAITI en 1986.
Laissez moi vous repeter KARL.Les HAITIENS APPRENNENT le FRANCAIS A L'ECOLE.

Vous pouvez passer votre temps a plaider cet argument.Il n'y a aucune "pride" -fierte pour les HAITIENS avec le FRANCAIS.
Le FRANCAIS est un HANDICAP sur tous les POINTS pour nous en HAITI.
J'ai lu ce que les FRANCAIS ont ecrit sur leur langue et ses difficulties.

Savez vous que le FRANCAIS avait ete impose aux AFRICAINS comme langue d'EDUCATION au commencement des annees 1960s?
Ce n'etait pas un choix ;c'etait un PREALABLE que les FRANCAIS leur avait fait signer.

Nous ,une bande d'EGOISTES sans VISION nous a mis ce "PELENTET" au COU ,il est temps de nous en defaire.

Et puis KARL avec cette affaire de "tacticien",Tout ce que je veux c'est que mon pays d'origine soit un meilleur pays ;il ne le sera pas avec la LANGUE FRANCAISE comme langue d'EDUCATION.
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Marc H
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MessageSujet: Re: Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain   Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain - Page 3 EmptyMar 3 Fév 2015 - 20:23

Mon ami Tnèg,

Je sais que tu m'as envoyé ton texte il y a deux jours pour ce débat .  Je n'ai pas pu le faire le même jour , occupé à faire autre chose . Toutefois ,  je t'encourage à revenir  à temps partiel ainsi nous serions en mesure  et abvoir l'honneur d'échanger avec toi .
En attendant , chers lecteurs , lisez la réaction de Tneg  au debat en cours .
Rico, je suis probablement le plus grand francophile qui existe. D'ailleurs, je suis né et j'ai grandi au Québec, vous comprendrez donc que c'est ma langue maternelle et que j'ai un parti pris pour celle-ci que j'aime, et que j'affectionne particulièrement . Vous allez même jusqu'à insinuer que j'ai dis que la langue française était morte, vous être complètement hors-sujet . Il faut être véritablement aveugle pour ne pas voir que la langue anglaise prend du gallon en Haïti. Or,ce que je tenais à rectifier dans mon message précédent, c'est tout simplement la métamorphose de la société haïtienne face à l'indéniable influence du voisin américain, y compris au niveau de la langue et c'est là l'erreur de Joël qui voit constamment langue française de manière beligérante lorsque à mon sens il n'en est rien. Que vous désiriez vous cacher les yeux ou encore vous boucher les oreilles sur ce fait, c'est votre affaire. Ce que je reproche donc à Joël ce sont ces attaques virulentes sur le français alors qu'il reste muet au sujet de la langue anglaise et rien que mathématiquement, comme je le disais au sujet de l'émigration, la tendance est claire et qu'il y a de plus en plus d'Haïtiens aux États-Unis. D'ailleurs à ce sujet, les enfants de l'élite se dirigent vers les universités américaines avant de revenir en Haïti, si tel est leur souhait donc ce prétendu complot de surprotection de la langue française est à mon avis inexistant si ce n'est que chez les « vieux de la vielle » comme le dise si bien les Québécois. L'élite haïtienne devient de plus en plus anglaise. Il fut un temps où ce n'était que les haïtiens de souche arabe qui envoyaient leurs enfants dans des institutions anglophones, c'est maintenant un fait généralisé par à peu près tous les haïtiens qui en ont les moyens. Même ceux qui viennent au Canada semblent de plus en plus viser Concordia ou Mcgill à mon grand étonnement alors qu'ici, nous sommes le Berceau de la langue française en Amérique. Encore une fois, ne prenez pas mes mots de manière personnelle . Enfin je relancerais Joël au sujet de la langue française et des antilles françaises: quelle est la véritable différence avec Haïti ? Lorsqu'il dit que le créole est une langue régionale en Martinique, je crois que c'est faire de trop grande généralité; la différence est simple: Les petits Martiniquais ont simplement un système scolaire mieux organiser qu'en Haïti avec des professeurs qualifiés qui parlent réellement le français. L'équation est toute simple bonne qualité = bon résultat. Je pourrais citer les enfants jamaicains qui passent du Patois ( qui n'est même pas reconnue comme une langue en Jamaique ) à l'anglais à la maternelle pourtant, 87% des Jamaicains savent lire. a écrit:
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MessageSujet: Re: Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain   Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain - Page 3 EmptyMar 3 Fév 2015 - 20:56

Nwen pa konnen kisa T neg ap pale lè li site m
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MessageSujet: Re: Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain   Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain - Page 3 EmptyMar 3 Fév 2015 - 21:18

Rico a écrit:
Nwen pa konnen kisa T neg ap pale lè li site m

Poutan msye tre kle " Al reli l anko .
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MessageSujet: Re: Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain   Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain - Page 3 EmptyMar 3 Fév 2015 - 21:46

Certaines gens feignent d'ignorer l'impact economique de la langue francaise sur l'economie haitienne. Quel livre utilise l'ecolier haitien pour apprendre cette langue ? Combien coutent ces livres aux parents ? Comment un père ne disposant que 2 dollars par jour peut-il procurer ces livres à ses enfants chaque année?

J'ai abandonné mes études secondaires parce que ma mère ne pouvait pas acheter les livres dont j'avais besoin. Combien d'ecoliers haitiens ont confronté ces memes difficultés durant leur ecolage ?. Il serait plus sage pour les Canadiens d'origine haitienne qui ne connaissent pas très bien le pays de leurs parents de lire attentivement les explications de leurs ainés.

la langue francaise fut imposée en Haiti parce que comme l'a dit Joel meme les colons qui residaient dans la colonie de Saint Domingue ne parlaient pas le francais..Pourquoi la france tient tant que le francais soit la langue officielle des anciennes colonies devenues independantes? N'est-ce pas Giscard d'Estaing qui declara  la France ne peut pas perdre l'Afrique?

A quoi sert la francofonie au developpement economique des anciennes colonies francaises.?Pourquoi certains refusent d'admettre l'echec du francais en haiti.Si j'avais à choisir entre Rico et Dejean ou Desgraff  pour m'appprendre quelque chose je suis certain je choisirais les deux  derniers.
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MessageSujet: Re: Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain   Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain - Page 3 EmptyMer 4 Fév 2015 - 6:57

T-NEG;

Je sais que vous etes de bonne volonte ;vous etes ne et grandit au QUEBEC.
Desabusez vous de cette notion que nous partageons la langue francaise avec le QUEBEC.

La langue francaise n'a jamais existe comme une langue parlee a SAINT DOMINGUE.
Personne ou presque personne ne parlait FRANCAIS ;pas les MAITRES (excepte s'ils venaient de la region de l'ile de FRANCE et c'est tres peu d'entr'eux) pas les affranchis et pas les esclaves.

Peut etre que pour la premiere fois que la grande majorite des HAITIENS avaient entendus quelqu'un parler FRANCAIS ,c'etait dans les annees 1920s quand la RADIO avait ete introduite .La radio avait pris du temps pour penetrer la population;c'etait peut etre dans les 40 dernieres annees.
Cela ne veut pas dire qu'ils comprennent ce qui se dit ;car il faut noter que ceux qui parlent francais a la RADIO ,parlent avec un style ampoule.

Et puis T-NEG ,voici une partie du discours prononce par l'ABBE GREGOIRE a l'ASSEMBLEE NATIONALE FRANCAISE en 1794.
C'etait en 1794 quand nos ancetres avaient deja declenche la LUTTE qui menera a notre independence.
C'est ce meme ABBE GREGOIRE qui emmerdait nos dirigeants apres 1804 afin qu'ils usent la LANGUE FRANCAISE comme langue administrative et d'EDUCATION.
Une specialiste de l'ABBE GREGOIRE,ALYSON SEPINWALL, disait que GREGOIRE pronait l'usage du FRANCAIS pour unir la FRANCE mais il a contribue a la DESUNION d'HAITI avec l'usage de cette meme langue parce que HAITI etait deja uni avec le CREOLE .

http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/Abbe-Gregoire1794.asp

L'abbé Henri Grégoire par Jacques-Louis David (1748-1825)
huile sur toile ; 56 cm x 47 cm - legs Jean Gigoux, 1894

Musée des Beaux-Arts et d'archéologie de Besançon, inv. 896.1.64
Musée des Beaux-Arts et d'Archéologie de Besançon (photo Pierre Guenat)

L'unité de langue

« Notre langue et nos coeurs doivent être à l'unisson »

Discours à la Convention nationale : 4 juin 1794

[Fiche biographique]

La langue française a conquis l'estime de l'Europe, et depuis un siècle elle y est classique. Mon but n'est point d'assigner les causes qui lui ont valu cette prérogative ; il y a dix ans qu'au fond de l'Allemagne (à Berlin) on discuta savamment cette question qui, suivant l'expression d'un écrivain, eût flatté l'orgueil de Rome, empressée à la consacrer dans son histoire comme une de ses belles époques.

On connaît les tentatives de la politique romaine pour universaliser sa langue ; elle défendait d'en employer d'autres pour haranguer les ambassadeurs étrangers, pour négocier avec eux, et malgré ses efforts elle n'obtint qu'imparfaitement ce qu'un assentiment libre accorde à la langue française. On sait qu'en 1774 elle servit à rédiger le traité entre les Turcs et les Russes ; depuis la paix de Nimègue, elle a été prostituée pour ainsi dire aux intrigues des cabinets de l'Europe, parce que dans sa marche éclairée et méthodique, la pensée s'exprime facilement, ce qui lui donne un caractère de raison, de probité, que les fourbes eux-mêmes trouvent plus propres à les garantir des fourberies diplomatiques.

Si notre idiome a reçu un tel accueil des tyrans et des cours, à qui la France monarchique donnait des théâtres, des pompons, des modes et des manières, quel accueil ne doit-il pas se promettre de la part des peuples à qui la France républicaine révèle leurs droits en leur ouvrant la route de la liberté. Mais cet idiome, admis dans les transactions politiques, usité dans plusieurs villes de l'Allemagne, de l'Italie, des Pays-Bas, dans une partie du pays de Liège, de Luxembourg, de la Suisse, même dans le Canada et sur les bords du Mississipi, par quelle fatalité est-il encore ignoré d'une très grande partie des Français ? {...].

Il n'y a qu'environ 15 départements de l'intérieur où la langue française soit exclusivement parlée ; encore éprouve-t-elle des altérations sensibles, soit dans la prononciation des mots, soit dans l'emploi des termes impropres et surannés, surtout vers Sancerre, où l'on retrouve une partie des expressions de Rabelais, Amyot et Montaigne.

Nous n'avons plus de provinces et nous avons encore 30 Patois qui en rappellent les noms. [...] On peut assurer sans exagération qu'au moins 6 millions de Français, surtout dans les campagnes, ignorent la langue nationale ; qu'un nombre égal est à peu près incapable de soutenir une conversation suivie ; qu'en dernier résultat, le nombre de ceux qui la parlent purement n'excède pas 3 millions, et probablement le nombre de ceux qui l'écrivent correctement est encore moindre. Ainsi, avec 30 patois différents, nous sommes encore pour le langage à la Tour de Babel, tandis que pour la liberté, nous formons l'avant-garde des nations.

Quoiqu'il y ait possibilité et même probabilité de voir diminuer le nombre des idiomes reçus en Europe, l'état politique du globe bannit à jamais l'espérance de ramener les peuples à une langue commune. Cette conception formée par quelques écrivains est également hardie et chimérique. Une langue universelle est dans son genre ce que la pierre philosophale est en chimie.

Mais au moins on peut uniformer le langage d'une grande Nation de manière que tous les citoyens qui la composent puissent sans obstacle se communiquer leurs pensées. Cette entreprise, qui ne fut pleinement exécutée chez aucun peuple, est digne du peuple français, qui centralise toutes les branches de l'organisation sociale, et qui doit être jaloux de consacrer au plus tôt, dans une République une et indivisible, l'usage unique et invariable de la langue de la liberté.

Sur le rapport de son comité de Salut public, la Convention nationale décréta, le 10 pluviôse, l'établissement d'instituteurs pour enseigner notre langue dans les départements où elle est moins connue. Cette mesure très salutaire, mais qui ne s'étend pas à tous ceux où l'on parle patois, doit être secondée par le zèle des citoyens. La voix douce de la persuasion peut accé­lérer l'époque où ces idiomes féodaux auront disparu. Un des moyens les plus efficaces peut-être pour les électriser, c'est de leur prouver que la connaissance et l'usage de la langue nationale importent à la conservation de la liberté, aux vrais principes républicains. Il suffit de montrer le bien, on est dispensé de le commander. [...] La résurrection de la France s'est opérée d'une manière imposante ; elle se soutient avec majesté ; mais un peuple rendu à la liberté ne peut en consolider l'existence que par les moeurs et les lumières. Avouons qu'il nous reste prodigieusement à faire à cet égard.

Tous les membres du souverain sont admissibles à toutes les places ; il est à désirer que tous puissent successivement les remplir, et retourner à leur profession agricole ou mécanique. Cet état de choses nous présente l'alternative suivante : si ces places sont occupées par des hommes incapables de s'énoncer, d'écrire correctement dans la langue nationale, les droits des citoyens seront-ils bien garantis par des actes dont la rédaction présentera l'impro­priété des termes, la confusion des idées, en un mot tous les symptômes de l'ignorance ? Si au contraire cette ignorance exclut des places, bientôt renaîtra cette aristocratie qui jadis employait le patois pour montrer son affinité protec­trice à ceux qu'on appelait insolemment les petites gens. Bientôt la société sera réinfectée de gens comme il faut. La liberté des suffrages sera restreinte, les cabales seront plus faciles à nouer, plus difficiles à rompre, et, par le fait, entre deux classes séparées s'établira une sorte de hiérarchie. Ainsi l'ignorance de la langue compromettrait le bonheur social ou détruirait l'égalité.

Le peuple doit connaître les lois pour les sanctionner et leur obéir ; et telle était l'ignorance de quelques communes, dans les premières époques de la Révolution, que, confondant toutes les notions, associant des idées incohérentes et absurdes, elles s'étaient persuadées que le mot décret signifiait un décret de prise de corps. [...] C'est surtout vers nos frontières que les dialectes communs aux peuples des limites opposées établissent avec nos ennemis des relations dangereuses, tandis que dans l'étendue de la République tant de jargons sont autant de barrières qui gênent les mouvements du commerce et atténuent les relations sociales par l'influence respective des moeurs sur le langage, du langage sur les moeurs ; ils empêchent l'amalgame politique et d'un seul peuple en font 30.

Cette observation acquiert un grand poids si l'on considère que, faute de s'entendre, tant d'hommes se sont égorgés, et que souvent les querelles sanguinaires des nations, comme les querelles ridicules des théologiens, n'ont été que de véritables logomachies.

Il faut donc que l'unité de langue entre tel et tel enfant de la même famille éteigne les restes des préventions résultant des anciennes divisions provinciales, et resserre les liens d'amitié qui doivent unir des frères. [...] Il faut donc, en révolutionnant les arts, en uniformiser leur idiome : il faut que les connaissances disséminées éclairent toute la surface du territoire français, semblables à ces réverbères qui, sagement distribués dans toutes les parties d'une cité, répartissent la lumière [...].

Quelques objections m'ont été faites sur l'utilité du plan que je propose. Je vais les discuter.

Pensez-vous, m'a-t-on dit, que les Français méridionaux se résoudront facilement à quitter un langage qu'ils chérissent par habitude et par sentiment ? Leurs dialectes, appropriés au génie d'un peuple qui pense vivement et s'exprime de même, ont une syntaxe où l'on rencontre moins d'anomalies que dans notre langue ; par leurs richesses et leurs prosodies éclatantes, ils rivalisent avec la douceur de l'italien et la gravité de l'espagnol ; et probablement, au lieu de la langue des trouvères, nous parle­rions celle des troubadours, si Paris, le centre du gouvernement, avait été situé par-delà la Loire.

Ceux qui nous font cette objection ne prétendent pas sans doute que Darros et Gondouli soutiendront le parallèle avec Pascal, Fénelon et Jean-Jacques. L'Europe a prononcé sur cette langue qui, tour à tour embellie par la main des Grâces, insinue dans les coeurs les charmes de la vertu, ou qui, faisant retentir les accents fiers de la liberté, porte l'effroi dans la tanière des tyrans. Ne faisons point à nos frères du Midi l'injure de penser qu'ils repousseront aucune idée utile à la patrie ; ils ont abjuré et combattu le fédéralisme politique, ils combattront avec la même énergie celui des idiomes. Notre langue et nos coeurs doivent être à l'unisson. [...] Le régime républicain a opéré la suppression de toutes les castes parasites, le rapprochement des fortunes, le nivellement des conditions. Dans la crainte d'une dégénération morale des familles nombreuses, d'estimables campagnards avaient pour maxime de n'épouser que dans leur parenté. Cet isolement n'en a plus lieu, parce qu'il n'y a plus en France qu'une famille. Ainsi la forme nouvelle de notre gouvernement et l'austérité de nos principes repoussent toute parité entre l'ancien et le nouvel état des choses. La population refluera dans les campagnes, et les grandes communes ne seront plus ces foyers putrides d'où sans cesse la fainéantise et l'opulence exhalaient le crime. C'est là surtout que les ressorts moraux doivent avoir plus d'élasticité. Des moeurs, sans elles point de République et sans République point de moeurs.

Tout ce qu'on vient de dire appelle la conclusion que, pour extirper tous les préjugés, développer toutes les vérités, tous les talents, toutes les vertus, fondre tous les citoyens dans la masse nationale, simplifier le mécanisme et faciliter le jeu de la machine politique, il faut identité de langage. [...] Je crois avoir établi que l'unité d'idiome est une partie intégrante de la Révolution, et dès lors plus on m'opposera de difficultés, plus on me prouvera la nécessité d'opposer des moyens pour les combattre. Dût-on n'obtenir qu'un demi-succès, mieux vaudrait encore faire un peu de bien que n'en point faire. Mais répondre par des faits, c'est répondre péremptoirement, et tous ceux qui ont médité sur la manière dont les langues naissent, vieillissent et meurent, regarderont la réussite comme infaillible. [...] Encourageons tout ce qui peut être avantageux à la patrie ; que dès ce moment l'idiome de la liberté soit à l'ordre du jour, et que le zèle des citoyens proscrive à jamais les jargons qui sont les derniers vestiges de la féodalité détruite. Celui qui, connaissant à demi notre langue, ne la parlait que quand il était ivre ou en colère, sentira qu'on peut en concilier l'habitude avec celle de la sobriété et de la douceur [...]. Si la Convention nationale accueille les vues que je lui soumets au nom du comité d'instruction publique, encouragés par son suffrage, nous ferons une invitation aux citoyens qui ont approfondi la théorie des langues, pour concourir à perfectionner la nôtre, une invitation à tous les citoyens pour universaliser son usage. La Nation, entièrement rajeunie par vos soins, triomphera de tous les obstacles et rien ne ralentira le cours d'une révolution qui doit améliorer le sort de l'espèce humaine.


Dernière édition par Joel le Mer 4 Fév 2015 - 8:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain   Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain - Page 3 EmptyMer 4 Fév 2015 - 7:47

Ce paragraphe du discours d'un patriote francais merite d'etre souligné et repandu pour faire valoir notre plaidoyer pour notre langue nationale qui est le creole:


Tout ce qu'on vient de dire appelle la conclusion que, pour extirper tous les préjugés, développer toutes les vérités, tous les talents, toutes les vertus, fondre tous les citoyens dans la masse nationale, simplifier le mécanisme et faciliter le jeu de la machine politique, il faut identité de langage. [...] Je crois avoir établi que l'unité d'idiome est une partie intégrante de la Révolution, et dès lors plus on m'opposera de difficultés, plus on me prouvera la nécessité d'opposer des moyens pour les combattre. Dût-on n'obtenir qu'un demi-succès, mieux vaudrait encore faire un peu de bien que n'en point faire. Mais répondre par des faits, c'est répondre péremptoirement, et tous ceux qui ont médité sur la manière dont les langues naissent, vieillissent et meurent, regarderont la réussite comme infaillible. [...] Encourageons tout ce qui peut être avantageux à la patrie ; que dès ce moment l'idiome de la liberté soit à l'ordre du jour, et que le zèle des citoyens proscrive à jamais les jargons qui sont les derniers vestiges de la féodalité détruite. Celui qui, connaissant à demi notre langue, ne la parlait que quand il était ivre ou en colère, sentira qu'on peut en concilier l'habitude avec celle de la sobriété et de la douceur [...]. Si la Convention nationale accueille les vues que je lui soumets au nom du comité d'instruction publique, encouragés par son suffrage, nous ferons une invitation aux citoyens qui ont approfondi la théorie des langues, pour concourir à perfectionner la nôtre, une invitation à tous les citoyens pour universaliser son usage. La Nation, entièrement rajeunie par vos soins, triomphera de tous les obstacles et rien ne ralentira le cours d'une révolution qui doit améliorer le sort de l'espèce humaine.



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MessageSujet: Re: Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain   Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain - Page 3 EmptyMer 4 Fév 2015 - 14:50

Mesye mwen pa finn konprann objèktif deba  kap fèt la, eske se vreman defans lang kreyol la kom lang ki ta dwe selman rekoni nan tout sèktè.

Poutan se an bon franse, nou sètoblije swiv yon pretandi deba T neg ki inisye . Eske l pa dwe fè jefo pou vini ak yon tèsk an kreyol.
                                                                            
Bon mwen pa ditou gen lentansyon retade sou komantè T neg yo. Dayè  yo di se li ekri, men  li kap nenpot lot moun.

Men saki sitou atire m se tèsk  Rozeau. Li di konsa: 

''Certaines gens feignent d'ignorer l'impact economique de la langue francaise sur l'economie haitienne. Quel livre utilise l'ecolier haitien pour apprendre cette langue ? Combien coutent ces livres aux parents ? Comment un père ne disposant que 2 dollars par jour peut-il procurer ces livres à ses enfants chaque année?

J'ai abandonné mes études secondaires parce que ma mère ne pouvait pas acheter les livres dont j'avais besoin. Combien d'ecoliers haitiens ont confronté ces memes difficultés durant leur ecolage ?. Il serait plus sage pour les Canadiens d'origine haitienne qui ne connaissent pas très bien le pays de leurs parents de lire attentivement les explications de leurs ainés.''

Zanmi an bay rico rezon, nan repete chak jou gen yon ti minorite zwit ki te nan sayo rele vreman klas mwayenn ki voye pitit lekol , te pran swen yo. Se moun ki te dispoze plis 2 dola pa jou. Rozeau raple m laplipa  lot zanmi ki te nan Lise nasyonal, ki chita nan yon sal klas ak 80 elèv. GEN ANPIL DIFIKILTE NAN KONDISYON KONSA POU YON BON APRANTISAJ DE KALITE, ANPIL NAN YO PRAN ECHÈK OU KRAZE KITE SA.

Mwen sonje plizyè zanmi Liseyen se mwen kite  abitye prete menm  liv nou te itilize.

Annou pouswiv Rozeau di:

la langue francaise fut imposée en Haiti parce que comme l'a dit Joel meme les colons qui residaient dans la colonie de Saint Domingue ne parlaient pas le francais..Pourquoi la france tient tant que le francais soit la langue officielle des anciennes colonies devenues independantes? N'est-ce pas Giscard d'Estaing qui declara  la France ne peut pas perdre l'Afrique?

A quoi sert la francofonie au developpement economique des anciennes colonies francaises.?Pourquoi certains refusent d'admettre l'echec du francais en haiti.Si j'avais à choisir entre Rico et Dejean ou Desgraff  pour m'appprendre quelque chose je suis certain je choisirais les deux  derniers.''


Swayon serye, pa gen zafè enpoze lang franse, ayiti soti nan kolonizasyon ak yon patwa  lepok, non yon lang. Yon patwa alabaz kreyol ayisyen  ki vinn yon lang pofinen ,epire, posede règ gramatikal avek le tan.

Ayiti ak ayisyen te genyen kom chwa FRANSE pou kominikasyon ofisyèl, diplomatik e latriye lang fransè ki te a lorijinn ki te lye yo ak ansyen kolonizatè yo. Ki koze sa, kote parol ENPOZE sa soti. Ayiti depi 1804 se yon peyi lib e libè depi lè sa Boisrond Tonnere sètoblije redije zak endepandans an franse. Nou pa dwe bliye tout jenero yo de Dessalines, Petyon, Kristof monte jouk Louveti pale kouraman yon bon FRANSE. Vle pa vle franse nan kilti nou, nan kreyol nap pale, nan fason nou .Aysien se sayo rele bon laten patikilarite kreyol, franse, potigè, espagnol.

 VLE PA VLE yo pran menm chemen  ak oktotonn Brezilyen yo ak Potigal, e tout oktonn Amerik di Sid ak Santral ak enfliyans koloni espagnol yo.Nou pa kapab defèt listwa, se sa reyalite nou.

Nou dwe konprann espesyalite Ayiti ak kreyol chita sou diferant pepelad afriken ki pale diferant dyalèk, youn pa te konprann lot. Ak melanj tout dyalek sayo ak baz santral FRANSE se saki bannou KREYOL ak baz leskikal franse. Se kreyasyon lang sa sou plantasyon pou byen konprann ant afriken dorijinn ki bannou kreyol ki soti nan matris lang franse.

 Mezanmi se yon lang ki anko jenn tankou toiut lot kreyol ak baz Potigè , Angle e latriye.

Zafè echèk franse se osi echèk ekonomik, echèk anseyman, echèk sosyal peyi dayiti. Malgré tou moun tankou Rozeau epagne nan echèk sa, se map di, ti 2 dola papa l la, fè yon bon bout rout. 
Li gentan posede zouti nan yon lang li rayi jounen jodyè, poutan li byen pwentiye pou eskprimen l ladann.

Mezanmi si tout ti Ayisyen te gen menm ti chans  Rozeau ak sakrifis yon papa, pa gen lang nou pap metrize ke se FRANSE, ANGLE KREYOL, ALMAN , CHINWA.

Sispann fanatize, kanpe sou yon bit fanatik kreyol selman o moman nap viv nan yon vilaj global, franse se yon di plis pou Ayisyen non yon andikap.
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MessageSujet: Re: Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain   Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain - Page 3 EmptyMer 4 Fév 2015 - 15:17

Mwen kirye RICO.

Kote PREV ke tout JENERAL yo DESSALINES,PETYON ,KRISTOF te pale bon FRANSE?

PETYON petet ,paske li te pase yon ti TAN an FRANS ;mwen doute ke lot yo te pale bon FRANSE.
Mwen renmen aprann;jis pa kiryozite ;fe m konnen!

Zafe PATWA a.TOUT lang te patwa .FRANSE te PATWA tou ;epi gen MOUN ki neglije sa a ,men FRANSE sot lan LATEN an pasan pa ITALYEN.
Ale sou :

www.GALLICA.fr.
Li youn lan paket "HISTOIRE DE LA LANGUE FRANCAISE" yo ,n a ban m nouvel!
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MessageSujet: Re: Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain   Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain - Page 3 EmptyMer 4 Fév 2015 - 15:52

Alexandre Sabès, dit Pétion (2 avril 1770 - 29 mars 1818), né à Port-au-Prince, fils d'une Noire et d'un Français blanc, fut Président de la République au pouvoir dans le sud d'Haïti depuis 1806 jusqu'à sa mort. Il est envoyé en France en 1788 pour étudier à l'Académie militaire à Paris.
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MessageSujet: Re: Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain   Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain - Page 3 EmptyMer 4 Fév 2015 - 16:02

Rico a écrit:
Alexandre Sabès, dit Pétion (2 avril 1770 - 29 mars 1818), né à Port-au-Prince, fils d'une Noire et d'un Français blanc, fut Président de la République au pouvoir dans le sud d'Haïti depuis 1806 jusqu'à sa mort. Il est envoyé en France en 1788 pour étudier à l'Académie militaire à Paris.


W ap pwouve sa m t ap di an ;byen ke m we ke gen NEG ki ap "mess" ak POS mwen yo e mwen konn ki les.
Mwen te di w ke PETYON te pase yon ti TAN an FRANS;BOYER tou.
Se orfevri mesye yo t al aprann.
Pa gen DOUT ke PETYON te pase TAN an FRANS.
Mwen mande w si LOUVERTURE,DESSALINES,CRISTOPHE te pale FRANSE.
Mwen ta renmen konnen;se t ap yon "SCOOP"
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MessageSujet: Re: Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain   Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain - Page 3 EmptyMer 4 Fév 2015 - 20:06

NATIONAL
Présentation: 25e conférence de l'Association des études haïtiennes
Découvertes récentes sur la vie de Toussaint Louverture"


Le Nouvelliste | Publié le : 29 octobre 2013
Ce texte que Le Nouvelliste publie est polémique. Il présente un Toussaint Louverture que certains ne reconnaîtront pas. L'auteur, Philippe Girard, historien, né en Guadeloupe, est professeur d'université. Spécialiste de l'histoire haïtienne, il est l'auteur de plusieurs monographies sur le sujet telles que Haïti : the Tumultuous History (2010) et en 2013 de Ces esclaves qui ont vaincu Napoléon. Toussaint Louverture et la guerre d'indépendance haïtienne (1801-1804). Il est dans nos murs et participera à la 25e conférence de l'Association des études haïtiennes.



×


Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain - Page 3 Toussaint




On parle beaucoup en Haïti de la situation de dépendance financière et politique de ce pays vis-à-vis de la communauté internationale. Ma discipline, l'histoire, ne fait pas exception puisque, de plus en plus, l'histoire d'Haïti est écrite en dehors d'Haïti par des non-haïtiens. La plupart des spécialistes actuels travaillent en France ou aux Etats-Unis ; c'est aussi dans des presses et des revues françaises et états-uniennes qu'ils publient leurs recherches. Situation un peu triste, mais aussi occasion inespérée, car l'afflux de tant d'historiens de qualité ces dernières années a permis de faire de nombreuses découvertes, surtout en ce qui concerne la vie de Toussaint Louverture. A l'occasion du congrès de l'Association des études haïtiennes à Pétion-Ville, il est temps de faire le point sur ces découvertes, certaines datant de la fin des années 1970, d'autres beaucoup plus récentes, afin que le public haïtien ne soit pas tenu à l'écart de ce processus : en quelque sorte, ramener l'histoire d'Haïti en Haïti. Les auteurs haïtiens, mais aussi français et états-uniens, ont généralement encensé celui qui reste la grande figure de l'histoire d'Haïti, Toussaint Louverture, qui est bien mieux connu à l'échelle internationale que Jean-Jacques Dessalines. "Figure immense, qui appartient à toutes les races et à tous les âges" nous disait déjà Saint-Rémy en 1850. "Plus étonnant, plus génial de nos ancêtres, l'héroïque martyr du fort de Joux" ajoutait Sannon près d'un siècle plus tard. On croit tout savoir de Toussaint Louverture. Voici sa vie, telle qu'on la conte souvent : fils du prince des Alladas dans le Bénin actuel, il naquit esclave sur la plantation Bréda près du Cap vers 1743. Bon père de famille, il épousa Suzanne, dont il eut trois fils. Puis il participa à la grande révolte de 1791 afin d'émanciper ses semblables, vainquit les esclavagistes français, espagnols et anglais et devint gouverneur de toute l'île d'Hispaniola. Malheureusement, Napoléon Bonaparte envoya son beau-frère, le général Leclerc, rétablir l'esclavage en 1802. Trahi, capturé, exilé, Louverture mourut, en martyr, en France peu de mois après. Je n'ai que respect pour Toussaint Louverture, sinon je n'aurais pas passé plus de dix ans de ma vie à étudier la sienne. Mais il faut se méfier de ces panégyriques à sens unique. Les grands hommes restent avant tout des hommes. Thomas Jefferson, Napoléon Bonaparte et Simón Bolívar, les autres géants de la période révolutionnaire, ont eux aussi révélé leur part d'ombre quand les historiens se sont penchés sur eux. Qu'ont donc trouvé les chercheurs sur Toussaint Louverture ? Sur ses origines, bien peu, sinon qu'il est fort peu probable, contrairement à ce qu'avançait son fils Isaac, que son grand-père ait été roi des Alladas. Nous ne savons pas non plus quand ses parents ont été importés d'Afrique ; nous ne connaissons même pas sa date de naissance avec exactitude. Sur sa vie d'esclave, nous en savons un peu plus, car beaucoup de documents d'exploitation de la plantation Bréda ont survécu en France, ainsi que beaucoup de documents notariés. L'image qui ressort de ces documents, que j'ai analysés avec Jean-Louis Donnadieu, est celle d'un Louverture assez exceptionnel parmi le personnel de l'exploitation : non pas coupeur de cannes anonyme, mais commandeur et cabrouettier très proche du procureur Bayon de Libertat. Nous avons aussi décrit l'existence d'une première femme de Louverture, Cécile, qu'il épousa très jeune, bien avant Suzanne, et dont il eut trois enfants (Toussaint, Gabriel, Marie-Marthe). Cécile était libre, et ses enfants aussi. Louverture, même esclave, avait donc un réseau de connaissances au sein de la population libre du Cap-Français (Cap-Haïtien). Son réseau incluait notamment le fameux Jean-Baptiste Belley, qui deviendrait plus tard le premier député noir à l'Assemblée nationale. Un article un peu ancien mais toujours d'actualité est celui publié par Gabriel Debien, Jean Fouchard et Marie-Antoinette Menier en 1977. Il révéla que vers 1776, donc bien avant la révolution haïtienne, Louverture fut affranchi en bonne et due forme et qu'il n'était donc plus esclave lors de la grande révolte de 1791. Plus surprenant : Debien et ses collègues découvrirent la preuve que Louverture avait lui-même possédé puis affranchi un esclave. Plus surprenant encore: un bail par lequel il louait une propriété et 13 esclaves d'un autre noir libre. D'esclave, Louverture était passé affranchi, et même esclavagiste—sauf si, évidemment, on remarque que Louverture affranchit son esclave et qu'on voit cet épisode sous une toute autre lumière. Les recherches que j'ai menées sur la première famille de Toussaint Louverture ont apporté des détails supplémentaires et pour le moins surprenants sur sa vie dans les années 1770 et 1780 (après son affranchissement mais avant la révolution haïtienne): le noir libre à qui Louverture loua 13 esclaves était le mari de Marie-Marthe, fille de Louverture par son premier mariage. Ce gendre s'appelait Janvier Dessalines ; l'un de ses treize esclaves s'appelait Jean-Jacques. En d'autres termes : Jean-Jacques Dessalines fut un jour l'esclave de la fille et du gendre de Toussaint Louverture, et pendant deux ans (la période du bail) il travailla sous les ordres directs de Louverture. Voici qui explique sûrement leurs rapports, faits de respect mais aussi d'antagonisme, lors de la période révolutionnaire. Le rôle joué par Louverture lors de la révolte de 1791 reste toujours un grand mystère. Resta-t-il prudemment dans l'ombre de ce soulèvement en attendant de voir ce qui allait advenir ? En fut-il l'instigateur principal ? Ou fut-il en fait un agent des royalistes cherchant à mettre la pression sur les milieux républicains ? Nous ne savons encore rien de définitif, car les sources sont contradictoires. Un livre récent de Jeremy Popkin, en revanche, a apporté bien des détails sur l'abolition officielle de l'esclavage en 1793 et 1794—décision prise un peu à la sauvette par des officiels français dépassés par les événements, mais dans laquelle Toussaint Louverture ne joua aucun rôle puisqu'il servait à l'époque dans l'armée espagnole à Santo Domingo (République dominicaine). C'est en 1794 que Louverture changea de camp et se rallia à la France républicaine et abolitionniste. Nous connaissons maintenant tous les détails de cette « volte-face » grâce à un article détaillé de David Geggus, qui hésite entre deux explications : peut-être Louverture avait-il choisi de se rallier à une France désormais symbole de la liberté générale ? Ou peut-être voulait-il simplement quitter une armée espagnole dans laquelle sa carrière était en train de s'enliser ? C'est là l'essence même du débat qui divise les spécialistes : Louverture fut-il un idéaliste voué à la cause de la liberté ou un réaliste cherchant avant tout à faire avancer ses propres intérêts ? Dans les années qui suivirent, l'ascension de Louverture fut irrésistible. En 1793, il était encore un inconnu ; en 1798, il était devenu le général le plus influent de l'île ; en 1801, il en était le gouverneur général à vie. J'ai eu l'occasion de consulter beaucoup de documents dans les archives britanniques et états-uniennes qui viennent compléter des recherches menées par Gabriel Debien et Pierre Pluchon dans les années 1970 sur la politique étrangère de Louverture une fois arrivé au pouvoir. Elles ont mis à jour un Louverture digne d'un Talleyrand : doué, fin, mais aux choix parfois controversés. Deux décisions en particulier ne manquent pas d'étonner. En 1799, Louverture alla jusqu'à faire échouer une révolte d'esclaves à la Jamaïque afin de s'attirer les bonnes grâces de ses alliés britanniques lors de la guerre civile contre André Rigaud. Cette même année, il demanda aux négriers de la Jamaïque d'envoyer des cargaisons d'ébène en Haïti afin de repeupler les plantations de la colonie : esclaves qu'il aurait ensuite libérés, mais contrat qui reste néanmoins faustien. Louverture était-il donc un homme trop proche des planteurs et toujours prêt à abandonner les siens, comme l'accusaient certains de ses ennemis (dont Rigaud) ? Ou, comme il l'avançait lui-même, voulait-il assurer avant tout la prospérité d'Haïti, condition sine qua non pour prouver au monde que l'abolition de l'esclavage était une politique crédible ? La question reste ouverte. Louverture au pouvoir est un personnage ambigu. Il défendait le principe de la liberté générale avec passion dans ses écrits et ses discours. Mais, il était aussi un planteur qui acquit de nombreuses propriétés pendant cette époque, et un chef d'Etat qui voulait que l'économie sucrière haïtienne renaisse de ses cendres. Aussi força-t-il les anciens esclaves à travailler dans les champs, parfois avec une grande rigueur, à tel point que les classes laborieuses haïtiennes ne l'aimaient guère de son vivant tant elles le trouvaient strict. La relation entre le « premier des noirs » et le « premier des blancs » ne manque pas non plus de fasciner. On a souvent accusé Napoléon Bonaparte d'être un personnage réactionnaire, voire même raciste, qui rêvait de rétablir l'esclavage en Haïti sur les conseils de sa femme Joséphine, créole de la Martinique. J'ai découvert que Napoléon hésita en fait très longtemps à s'allier avec Louverture, personnage dont il craignait l'ambition, mais dont il respectait aussi la valeur. Ce n'est qu'en 1801, deux ans après le 18 brumaire, que Napoléon envoya l'expédition Leclerc en Haïti afin de renverser Louverture : épopée fantastique et tragique qui s'acheva par l'indépendance d'Haïti et dont nous connaissons aujourd'hui tous les détails. Accusant Louverture de vouloir l'indépendance (ce dont il se défendit toujours), le général Leclerc le fit arrêter en juin 1802—sur les conseils, peu de gens le savent, de Jean-Jacques Dessalines, qui voyait peut-être ainsi un moyen de « tuer le père » et de s'affranchir de la tutelle d'un homme qui l'avait dominé depuis la période de l'esclavage. Ce fut donc Dessalines qui, après avoir pris les rênes de l'armée rebelle, déclara l'indépendance pleine et entière de Saint-Domingue (Haïti). La captivité de Louverture au fort de Joux, d'août 1802 à avril 1803, est bien connue depuis les travaux de Morpeau et de Nemours dans les années 1920 : période tragique pendant laquelle on ne peut que s'apitoyer sur le sort du gouverneur déchu, grelottant dans sa cellule et s'inquiétant du sort de sa famille. Depuis quelques années, des recherches importantes ont été faites sur le mémoire écrit par Louverture depuis son cachot : mémoire long, passionné et écrit entièrement de sa main, ce qui est très rare, car Louverture utilisait habituellement un secrétaire. Ce document, conservé aux Archives nationales à Paris, a maintenant été publié dans sa version originale. On peut ainsi presque entendre parler Louverture, ceci dans un français mâtiné de Kreyòl. Sa voix y est empreinte de violence et de mélancolie, car il avait tenté toute sa vie d'être accepté dans le milieu des grands blancs, au prix parfois de compromissions. Mais Napoléon le laissa moisir dans sa cellule, privé de ce qui lui était le plus cher : sa famille et sa liberté. Né esclave, Louverture mourut entre quatre murs. Un dernier point en suspens : le corps de Louverture est toujours au fort de Joux, sans qu'on sache exactement où, car le cimetière fut détruit quand le fort fut rénové à la fin du XIXe siècle. Il serait bon qu'un jour on puisse localiser sa dépouille et la ramener enfin au pays natal afin de mettre un terme à un exil de 210 ans. Pour ceux qui n'ont pas eu l'occasion de suivre les développements de la recherche historique lors de ces dernières années, certaines révélations sur la vie privée et publique de Toussaint Louverture peuvent choquer. Planteur, maître d'esclaves, politicien opportuniste : ce sont des termes qu'on n'a pas l'habitude d'associer à l'ancêtre de la nation haïtienne. A ces critiques, je peux apporter deux réponses. La première est que je suis historien et que je dois laisser parler les sources, aussi gênantes soient-elles. Libre aux politiciens et aux romanciers de faire de Toussaint Louverture un être d'exception ; mais ce n'est pas mon métier. La deuxième est que Toussaint Louverture sort pour moi grandi de cette analyse au microscope. Il était un individu héroïque, certes admirable, mais un peu plat, car unidimensionnel : un prince de conte de fées en quelque sorte. C'est maintenant un personnage pétri de contradictions, qui cherchait à s'extraire avec peine du milieu colonial dans lequel il avait grandi et à se défaire d'une idéologie colonialiste contre laquelle il s'était révolté mais qui l'avait malgré tout façonné. En un mot : un homme. jocolor jocolor
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Il a raison.


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MessageSujet: Re: Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain   Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain - Page 3 EmptyMer 4 Fév 2015 - 20:42

   
Boycottons le français = 0% of Haitian Pride Gain - Page 3 H10L35Christophe (Henri) 1767-1820. Esclave affranchi originaire de l'île de la Grenade, Henri Christophe prend part à la révolte des noirs à Saint-Domingue en 1791, et devient un des officiers de Toussaint Louverture. En 1802, il est nommé général.
Il commande la ville du Cap au moment de l'arrivée de l'expédition de Leclerc, et préfère réduire la ville en cendres plutôt que de la rendre aux Français.
Devant les succès du corps expéditionnaire, Christophe et Dessalines suivent l'exemple des autres généraux noirs et font leur soumission. Mais lorsque l'insurrection, provoquée par le rétablissement de l'esclavage, éclate, Christophe rejoint les insurgés. Après la proclamation de l'indépendance d'Haïti (1er janvier 1804) Christophe prend part avec Pétion à la conjuration qui abat Dessalines (qui s'est proclamé empereur sous le nom de Jacques Ier). Elu président de la république d'Haïti, Christophe ne gouverne que la partie nord de l'île, le sud ayant fait sécession sous la conduite de Pétion. En 1811, Christophe se fait proclamer roi sous le nom de Henri Ier. Il promulgue des codes et institue une noblesse, mais ne parvient pas à unifier l'île et mécontente la population par sa tyrannie. Sur le point d'être renversé par un soulèvement, il se suicide en se tirant une balle dans le cœur.
  
 Biographie universelle ancienne et moderne (Michaud), tome 8, Paris 1854 :  
 Christophe (Henri), noir créole, roi d'Haïti sous le nom d'Henri Ier, né de parents esclaves, le 6 octobre 1767, passa lui-même sa jeunesse dans l'esclavage. L'almanach royal d'Haïti, publié par ses ordres, garde sur le lieu de sa naissance un silence d'autant plus regrettable que les historiens sont en désaccord sur ce point, les uns le faisant naître dans l'île suédoise de St-Barthélemy, d'autres dans la colonie anglaise de St-Christophe, d'où il aurait tiré son nom, d'autres enfin dans l'île française de la Grenade. C'est là que jeune encore il aurait servi au banquet donné au comte d'Estaing, lorsque cet amiral enleva cette colonie aux Anglais. Un officier de marine, frappé de l'intelligence empreinte sur la physionomie de ce noir, l'attacha à sa personne, l'emmena au siège de Savannah, et de là au Cap, seconde ville de la partie française de St-Domingue, où il lui donna la liberté. Christophe fit alors, dit-on, le commerce des bêtes de somme qu'il allait chercher dans la partie espagnole. Ce qui est certain, c'est qu'il fut employé comme domestique à l'hôtel de la Couronne, la plus belle hôtellerie du Cap. Aussi, lorsque plus tard il affecta l'orgueil d'un monarque, ses détracteurs écrivaient-ils, dans les journaux du Port-Républicain, que ses mains royales étaient moins habiles à manier le sceptre qu'autrefois les casseroles. Ces sarcasmes, reproduits sous mille formes dans divers écrits n'ont d'autre mérite que de confirmer un fait, d'ailleurs de notoriété publique à Haïti. Quand éclata la révolte des esclaves (22 août 1791), il ne paraît pas que Christophe se soit joint tout d'abord aux insurgés : la condition des noirs était moins dure dans les villes que sur les habitations, et la sienne en particulier devait être assez douce à l'hôtel de la Couronne, dont il avait obtenu la direction. Quoi qu'il en soit, on le trouve bientôt chef de bande, parmi les hommes de sa couleur. Ce rôle lui était assigné d'avance par son activité, son intelligence et son audace. Le pillage des habitations, dans lequel il se fit toujours large part, lui procura une fortune qui ne contribua pas moins à son élévation que ses qualités personnelles. Il se fit bientôt remarquer de Toussaint Louverture, généralissime des noirs dès le mois d'avril 1797. Devenu chef de brigade, Christophe concourut puissamment à l'expulsion des Anglais en 1798, et prit part à la rapide expédition qui amena la soumission momentanée de la partie espagnole (27 janvier 1801). Cinq mois après, au moment où Toussaint Louverture s'occupait de réaliser pour St-Domingue une constitution séparée de celle de la métropole et qui lui conférait une véritable dictature, un officier français, le chef de brigade Vincent, tenta de le dissuader de ce projet en lui faisant sentir que le premier des noirs ne serait plus traité que comme un rebelle. Mais il fut rudement éconduit, quoique d'ordinaire Toussaint l'écoutât favorablement, à raison de la sympathie qu'il n'avait cessé de manifester pour la cause des noirs. Vincent eut recours à Christophe, le plus accrédité des généraux de Toussaint. Il lui donna lecture des vives représentations qu'il adressait à Louverture, auquel il s'efforçait de démontrer qu'en se faisant gouverneur à vie, il attirait sur St-Domingue la colère de la métropole. Christophe lui dit avec émotion : « Commandant, vous êtes le seul Européen qui nous soyez réellement affectionné, vous nous avez toujours dit la vérité. Donnez-moi votre dépêche, je m'en charge.» Il la remit en effet à Toussaint, et osa même dire à ce chef tout-puissant que la constitution coloniale était un crime médité par les plus cruels ennemis des noirs : il entendait designer les Anglais, qui poussaient sans cesse Toussaint Louverture à prendre le titre de roi, ce que celui-ci ne voulut jamais faire. Il n'était donné qu'au génie soupçonneux de ce chef de prévoir le retour de l'esclavage, et de penser dès lors, en organisant le peuple noir, à lui assurer les moyens de défendre la liberté si jamais elle était menacée. La constitution du 1er juillet fut proclamée, et Toussaint exerça un pouvoir sans limites sous le titre de gouverneur général à vie. « Le chef de brigade Christophe était alors si modeste (dit Pamphile Lacroix) que ses amis durent le solliciter de demander dans cette occasion le grade de général. » Cette modestie de la part d'un homme qui plus tard poussa la vanité jusqu'aux dernières limites paraîtra plutôt de l'orgueil blessé, si l'on considère que quelques jours à peine s'étaient écoules depuis la démarche infructueuse que nous venons de raconter. Il obtint le grade qu'il sollicitait, avec le gouvernement du Cap. Bientôt il reprit toute sa faveur et fut chargé d'arrêter Moïse, neveu de Toussaint, chef de la division militaire du nord, son supérieur, qui s'était insurgé. Christophe s'acquitta avec un rare bonheur de cette tâche difficile. Pour éviter l'effusion du sang, il se rendit au camp de Moïse avec une faible suite, feignit de vouloir conférer avec lui, et l'arrêta au milieu de son armée, qui, sur l'exhibition d'un ordre signé du nom révéré de Louverture, n'opposa aucune résistance. Celui-ci récompensa Christophe en lui donnant le commandement de Moïse, qu'il fît passer devant une commission militaire et fusiller. Cependant Moïse laissait des partisans, qui s'insurgèrent au Cap dans la soirée du 21 octobre 1801, et commencèrent à massacrer les habitants connus pour leur attachement à Toussaint. Christophe, prévenu à temps, dissipa les révoltés avec tant de promptitude et d'énergie que le lendemain un grand nombre d'habitants ignoraient les événements de la nuit. Il étouffa avec la même célérité quelques soulèvements qui se manifestèrent les jours suivants dans plusieurs quartiers des environs du Cap. Christophe commandait encore la province du Nord, lorsque la flotte qui portait la grande armée expéditionnaire placée par Bonaparte sous le commandement de son beau-frère, le capitaine général Leclerc, se rallia au cap Samana (30 janvier 1802). Suivant Pamphile Lacroix, Christophe aurait été assez porté à se soumettre, et l'arrivée secrète de Toussaint Louverture aurait seule changé ces dispositions. Cette version a été démentie par Christophe lui-même dans un manifeste au peuple haïtien du 18 septembre 1814. « Le gouverneur général (Toussaint), dit ce document, croyait si peu avoir un ennemi à combattre, qu'il n'avait ordonné à aucun de ses généraux de résister en cas d'attaque, et quand la flotte française arriva il était occupé à faire une tournée dans la partie orientale de l'Ile. Si quelques chefs opposèrent de la résistance, ce fut seulement parce que la manière hostile et menaçante avec laquelle on les somma de se rendre les força de consulter leur devoir, leur honneur et les circonstances où ils sa trouvaient. » Cette explication est d'ailleurs d'accord avec les faits. Dès l'abord Christophe répondait à M. Lebrun, envoyé du général Leclerc, qui demandait à remettre ses dépêches à Toussaint en personne : « Donnez-moi vos papiers, vous ne pouvez voir le gouverneur. » Après les avoir examinés, il refusa de rendre le Cap sans avoir reçu les ordres de Louverture. Christophe était dans une cruelle incertitude. La municipalité le suppliait de rendre la ville, lui rappelant une proclamation récente de Toussaint qui ordonnait d'obéir à la mère patrie «avec l'amour d'un fils pour son père.» Il répondait « que rien ne lui prouvait qu'une escadre sur laquelle on voyait flotter des bâtiments étrangers (la moitié de la flotte était, on le sait, composée de vaisseaux espagnols) fût envoyée par la métropole. » Il autorisa toutefois la municipalité à faire connaître à Leclerc que, s'il voulait suspendre son débarquement pendant quarante-huit heures, il prendrait les ordres de Louverture. Cette pacifique proposition fut rejetée. Des lors Christophe n'hésita plus : car à ce refus inexplicable venaient se joindre des bruits sinistres sur une réaction violente à la Guadeloupe, où l'esclavage, aboli depuis huit ans, était rétabli, malgré les glorieux faits d'armes de celte colonie contre les Anglais. Christophe connaissait en outre un rapport du conseiller d'État Thibaudeau annonçant «que l'esclavage serait maintenu à a la Martinique et à Cayenne, et qu'à la Guadeloupe et à St-Domingue un gouvernement juste et fort soumettrait tout à la volonté de la France.» Il répondit donc a une lettre par laquelle Leclerc lui annonçait des témoignages éclatants de la reconnaissance de la métropole, en déclarant que «si le capitaine général persistait à brusquer l'entrée, la terre brûlerait avant que l'escadre mouillât dans la rade.» Cette menace ne fut que trop fidèlement exécutée, et elle a laissé des souvenirs ineffaçables. Il ne resta pas une seule maison de la belle ville du Cap. Christophe la quitta le dernier, emmenant comme otage la population blanche qui s'y trouvait. Il ne resta pas oisif dans la guerre acharnée qui suivit ces événements. Il se signala principalement dans le combat qui eut lieu sur la route du Dondon à la grande Rivière. Il avait su se maintenir dans le nord contre la division Hardy, lorsque l'arrivée des escadres du Havre et de Flessingue le mit dans une position désespérée. Il fallut négocier. Rappelant l'humanité avec laquelle il avait traité la population blanche du Cap, il demandait qu'on révoquât sa mise hors la loi et qu'on lui garantit la stricte exécution des promesses faites aux insurges dans les proclamations. La réponse du général Leclerc n'étant pas assez explicite, il résista encore quelque temps. Cependant il écrivait sans cesse qu'il ne demandait qu'à se soumettre, ainsi que Toussaint lui-même, si on leur montrait un code où se trouvât consacrée la liberté des noirs. Leclerc répondait, le 24 avril 1802: «Je vous déclare à la face de la colonie, à la face de l'Être suprême, que tous les noirs seront libres.» Le général Hardy avait donné à Christophe les mêmes assurances, mais lui sans doute ignorait les instructions secrètes dont Leclerc était porteur, ou qu'il avait reçues de son gouvernement depuis le départ de l'expédition. «La parole d'un général français, répondit Christophe (25 janvier 1802), est à mes yeux aussi digne de foi qu'elle est inviolable et sacrée». Le 20 mai suivant, une loi était solennellement promulguée en France, qui établissait l'esclavage, conformément aux règlements antérieurs à 1789, dans les colonies orientales et occidentales. A la suite d'une entrevue que le général Leclerc lui avait assignée à son camp de la grande Rivière, Christophe fut admis dans l'armée française avec son grade. Sa soumission entraîna celle de Dessalines et de Toussaint Louverture. On a accusé Christophe d'avoir sollicité du général Leclerc la déportation de Toussaint, et l'on a voulu rejeter sur lui tout l'odieux de la trahison dont celui-ci fut la victime (juin 1802). Mais sa lettre du 22 avril précédent, écrite alors qu'il négociait sa soumission, et dans laquelle il refusait avec indignation de mériter son pardon en livrant Toussaint, enlève toute croyance a cette imputation. Lorsque éclata la révolte excitée par la mesure du désarmement général, Christophe se trouva dans une position difficile. Il n'avait pas, plus que personne, oublié ces paroles adressées aux noirs par Santhonax, commissaire de la convention : «Voulez-vous conserver la liberté ? servez-vous de vos armes, le jour où des chefs blancs vous les demanderont ! » Mais il était particulièrement surveillé. A toutes les sollicitations de Leclerc, il répondait par la promesse de marcher contre les révoltés, mais il demeurait simple spectateur des événements. Enfin, le 16 septembre 1802, les généraux Clervaux et Pétion, hommes de couleur, ayant attaqué le Cap à une heure du matin, Christophe, resté neutre pendant le combat, partit, après l'action, de son camp de St-Michel, et se joignit à eux. Dans cette nouvelle guerre, il se montra, comme toujours, intrépide, actif et habile à mettre à profit les événements. A peine a-t-il appris la maladie du général Leclerc, atteint de la fièvre jaune, ce mal terrible qui dévora les trois quarts de cette armée française, l'élite des bandes de l'Italie et de l'Egypte, qu'il emporte les avant-postes du Cap et assiège la ville. Après la mort de Leclerc (2 novembre 1802), il ne se montra pas moins énergique contre Rochambeau son successeur. Ses efforts, joints à ceux des autres chefs noirs, ayant forcé les Français d'évacuer la colonie ( 28 novembre 1805), le commandement suprême fut dévolu à Dessalines, qui prit le titre d'empereur, sous le nom de Jacques Ier, et régna trois ans. Bien que Christophe fût l'un des principaux chefs sous ce barbare gouvernement, l'histoire ne lui attribue aucune part dans les cruautés dont se souilla le féroce Dessalines. Il ne fut pas étranger à la conspiration qui renversa ce monstre (17 octobre 1806), quoique Pétion et les autres chefs de couleur y aient eu la principal part. Le 21 octobre ceux-ci publièrent une proclamation dans laquelle ils appelaient Christophe à succéder provisoirement à Dessalines, avec le titre de chef et généralissime de l'Etat d'Haïti. C'était l'ancien nom de l'île, qu'on avait substitué à celui de St-Domingue qui rappelait la servitude. Une assemblée constituante se réunit au Port-au-Prince pour régler la forme du gouvernement. La nouvelle constitution fut proclamée le 27 décembre 1806, et Christophe tut élu président de la république haïtienne. Il était alors au Cap. Il trouve trop limités les pouvoirs que la nation lui fait l'honneur de lui conférer : son ambition ne sait déjà plus se contenter d'une magistrature dont la durée est fixée à un an, et qui le soumet, après ce délai, à la réélection du peuple. Il marche sur le Port-au-Prince à la tête d'un corps nombreux. L'assemblée constituante confie le soin de sa défense à Pétion, qui réunit à la hâte toutes les troupes dont il peut disposer. La rencontre eut lieu dans les champs de Cibert, le 1er janvier 1807. Christophe vaincu se retire dans le nord, dont les habitants sont habitués depuis longtemps à reconnaître son autorité. Mais déjà les partisans de la constitution républicaine y sont en armes et ont établi leur quartier général au môle St-Nicolas. L'insurrection de Goman dans le sud obligea Pétion de diviser ses forces. Christophe eut le temps de se reconnaître. Le 17 février 1807, il assembla au Cap un conseil composé de généraux et de citoyens influents qui lui étaient dévoués. Le conseil rédigea, sous le titre pompeux d'acte constitutionnel de l'Etat d'Haïti, une formule de gouvernement, et proclama Christophe président et généralissime à vie. Un mois après (9 mars 1807), Pétion était solennellement proclamé président de la république haïtienne. Le territoire qui formait autrefois la partie française de St Domingue était ainsi divisé en deux Etats, avec chacun sa constitution. Celle de l'Etat du nord était habilement conçue, eu ce qu'elle contenait la déclaration de ne troubler jamais les colonies des autres nations et de ne tenter aucune conquête hors de l'île. Le parti de Pétion venait de donner à l'Angleterre de grandes inquiétudes pour sa colonie de la Jamaïque. La protection anglaise fut dès lors acquise à Christophe. Quelques avantages commerciaux lui furent concédés, et plusieurs officiers anglais passèrent à son service. C'est avec ces auxiliaires qu'il anéantit le parti de la constitution républicaine dans le nord, enleva de vive force la position de Jean-Rabel, et, après trente-deux jours d'un siège sanglant, emporta d'assaut le môle St-Nicolas, dernier boulevard de ses adversaires (octobre 1810). Les divisions qui avaient éclaté dans le Sud avaient empêché Pétion de porter secours à ses partisans du nord. Le général Rigaud, revenant de France, avait débarqué aux Cayes (7 avril 1810) et avait constitué une rivalité dangereuse qui avait divisé la partie républicaine en deux camps. Christophe, croyant le moment favorable, marcha sur le Port-au-Prince. Mais Pétion et Rigaud, oubliant leur rivalité, se réunirent par un parte fédératif signé à Miragsane. Christophe, qui s'était avancé jusqu'à St-Marc, se retira à cette nouvelle. Le titre de président ne lui suffisait plus, il résolut de prendre celui de roi : à l'imitation du premier consul Bonaparte, il feignit de céder au vœu du conseil d'État, auquel il laissa l'initiative de la constitution du 28 mars 1811, qui l'appelle, lui et sa famille, au trône d'Haïti. Plus de deux mois se passèrent dans les préparatifs de la cérémonie du couronnement, qui eut lieu le 2 juin. Une église de 250 pieds de long avait été élevée comme par enchantement dans la place du champ de Mars, près de la ville du Cap. C'est là qu'il fut sacré avec de l'huile de cacao par un ancien capucin, Corneille Brell, dont il fit son aumônier, et qu'il créa plus lard duc de l'Anse et archevêque. Les fêtes durèrent huit jours entiers. Par un édit antérieur, du 5 avril, le roi Henri Ier avait fondé une noblesse héréditaire, avec des titres et des dotations. C'est ainsi qu'on vit figurer à la cour de Christophe, le prince du sale Trou, le duc de la Marmelade, le comte de Limonade, les barons de la Seringue et du Boucan, les chevaliers de Coco, Jacko, etc. Ces titres, qui prêtaient à rire aux Européens, n'étaient cependant guère plus ridicules que ceux de prince d'Orange et de duc de Bouillon. Un second édit, du 7, créait un archevêché et plusieurs évêchés, sous la réserve de l'institution du pape, qui la refusa toujours: un troisième, du 12, déterminait le grand costume de la noblesse, distinct pour les différents ordres nobles. Un autre, en date du 20, portait création de l'ordre royal et militaire de St-Henri, imitation de l'ancien ordre de St-Louis, et lui affectait une dotation de 300,000 livres de rente. Enfin, un dernier édit, du mois de mai, relatif à la formation de la maison du roi, de la reine et du prince royal, contient rémunération des grands officiers, chambellans, pages, maîtres des cérémonies, hérauts d'armes. etc. Dans son enivrement, dit un pamphlet publié contre lui au Port-au-Prince, Christophe prit les titres suivants : « Henri, par la grâce de Dieu et la loi constitutionnelle de l'État, roi d'Haïti, souverain des îles de la Tortue, Gonave et autres villes adjacentes, destructeur de la tyrannie, régénérateur et bienfaiteur de la nation haïtienne, créateur de ses institutions morales, publiques et guerrières, premier monarque couronné du nouveau monde, défenseur de la foi, fondateur de l'ordre royal de St-Henri, grand et magnanime potentat. » On ne trouve dans les actes qui nous restent de lui et qui ont été publiés par Mackensie et par les fils de Wilberforce, que trois et cætera ajoutés à son titre, tel qu'il est formulé dans l'acte du 28 mars 1811, c'est-à-dire, Henri, par la grâce de Dieu et la loi constitutionnelle, roi d'Haïti. Christophe fit frapper à Londres une médaille d'argent à son effigie, d'une fort belle exécution. Elle porte le millésime de 1811. Au revers est un phénix renaissant de ses cendres avec cette légende : Dieu, ma cause et mon épée. Ce monarque n'avait au plus que 240.000 sujets, sortis nus des fers de l'esclavage, et qui n'avaient pu, au milieu des cruelles épreuves par lesquelles ils avaient passé, acquérir assez de richesses pour supporter la dépense de rétablissement royal le plus modeste, sans y joindre le fardeau d'une noblesse féodale ; l'entretien d'une armée de 24.000 hommes aurait seul suffi pour dévorer toutes les ressources d'un pays dévasté. Il fit à la vérité tout ce qu'il put pour le tirer de ses ruines, mais ses moyens furent tyranniques. Monopolisant tout à son profit dans l'Etat, il devint, à l'aide de cette prospérité factice, l'oppresseur de ce peuple malheureux dont il se vantait d'être le régénérateur et le père. Il substitua l'esclavage de la glèbe à l'ancien esclavage colonial. Le cultivateur, attaché au sol, ne pouvait aller d'un lieu à un autre sans une permission du chef de son quartier. Le bâton remplaçait le fouet du commandeur. Christophe était un tyran dans toute l'acception du mot, et tous ses actes tendaient à des exactions. N'osant se lier à ceux qu'il opprimait, il avait, comme tous les despotes, une garde étrangère. Des nègres jeunes et vigoureux, recrutés à grands frais sur les côtes voisines, la composaient et remplissaient les cadres de deux régiments d'élite sous les noms de Royals-Dahomets et de Royals-Dondons. Il les chargea de la police de la culture avec une solde privilégiée. Barbare civilisateur, pour détourner son peuple du vol et lui apprendre le respect dû à la propriété, il faisait jeter sur les grands chemins des montres et des bijoux. Des Dahomets en embuscade étaient charges de mettre a mort ceux qui les ramassaient et ne les rapportaient pas sur-le-champ au chef de la police. Mais, disons-le à son éloge, il n'accorda aucune place, aucune faveur, aucune dignité à tout homme qui n'avait pas contracté de mariage régulier. Il fonda une instruction publique, dirigée par un grand conseil de l'instruction publique. Un collège royal fut établi au Cap, et des écoles primaires à la Lancastre dans tous les bourgs. Les maîtres qui les dirigeaient étaient tous des Anglais. C'était pour lui une résolution arrêtée de remplacer la langue française par l'idiome britannique. Cette tentative révélait toute sa haine contre l'ancienne métropole, contre laquelle il préparait sans cesse des moyens de défense. Son armée de 24.000 hommes ne pouvait toutefois exister que sur le papier, car elle aurait enlevé à ses foyers le dixième de sa population. Il n'y en avait habituellement que 5 à 6.000 sous les armes, recevant pour solde un escalin (55 centimes) par jour, et relevés par trimestre. Les soldats de la réserve, répartis sur ses grandes places à vivres, ne recevaient que la subsistance, mais ils se dédommageaient par leurs exactions sur les cultivateurs soumis a leur surveillance. Christophe cependant mettait tous ses soins à former et a exercer cette armée sur laquelle il comptait pour maintenir son indépendance, et aussi pour conquérir le reste de l'île. La mort du général Rigaud n'avait pas mis fin aux dissensions qui déchiraient le midi. Le président Pétion avait trouvé un nouvel antagoniste dans Bergella, ancien aide de camp de son rival. La défection de la frégate Améthiste et de trois bricks formant à peu près toute la marine du roi Henri, et qui passèrent dans le parti de Pétion, aviva la haine de Christophe, qui l'attribua non à son despotisme, mais aux intrigues de ses ennemis. Il déboucha à l'improviste dans les plaines de l'ouest, à la tête de 22.000 hommes. Pétion était occupé à combattre Borgella. En son absence, le général Boyer, son secrétaire et son ami, sortit du Port-au-Prince. Une seconde rencontre eut lieu dans les champs de Cibert. Christophe vengea son ancienne défaite. Boyer, vaincu, opéra néanmoins sa retraite en bon ordre, et se renferma dans la capitale de la république, dont Christophe entreprit le siège. Pétion et Borgella se réunirent à cette nouvelle, et dirigèrent leurs armes contre l'ennemi commun. Après deux mois d'efforts inutiles, Christophe se retira avec des troupes épuisées, vivement harcelé par Boyer. Toutefois ce dernier n'avait pas assez de forces pour envahir la province du nord. Les deux partis posèrent les armes. Par une sorte de convention tacite, ils laissèrent entre eux dix lieues de terrain inhabités. Grâce à la prodigieuse végétation de ces climats, les riches plaines du Boucassin se couvrirent en peu de temps de forêts épaisses. Quelque temps après les deux partis convinrent de ne pas s'attaquer, et même de s'unir contre l'ennemi du dehors. La France, en effet, devait tôt ou tard revendiquer son ancienne colonie. Après la chute de Napoléon, Louis XVIII s'occupa de St-Domingue. On voulut épuiser tous les moyens avant d'avoir recours à la force. L'expérience n'avait que trop appris les difficultés et les dangers d'un débarquement. On nomma des commissaires. Malouet, ministre de la marine, qui avait exercé dans les colonies des fonctions administratives pendant la période de l'esclavage, était imbu de tous les préjugés coloniaux ; s'obstinant à ne voir dans les Haïtiens que des esclaves révoltés, il fit choix d'hommes sans notabilité, Dauxion-Lavaysse, Dravernais et Franco-Médina. Leur mission était secrète et ne pouvait inspirer que de justes défiances à des hommes envers lesquels on avait déjà usé de déloyauté lors de l'expédition du général Leclerc. Ces commissaires avaient pour mandat d'acheter les chefs de St-Domingue, et de se faire livrer par eux la colonie qu'on appelait autrefois la reine des Antilles. Le gouvernement français ne mit pas même à leur disposition un bâtiment de l'État : ils prirent la voie de l'Angleterre. Christophe, averti de leur départ dés le mois de juin 1814, avait publié, le 18 septembre, un manifeste attribué à la plume de Prévost, duc de Limonade, son ministre des finances, dont le style prouverait qu'il y avait des hommes capables à la cour du roi d'Haïti. Cependant les documents officiels publiés par Mackensie sont écrits d'un style si différent et dénotent une connaissance si imparfaite de la langue française, qu'il est difficile d'admettre que le manifeste émane des mêmes hommes. Quoi qu'il en soit, Christophe, après avoir mis dans cette pièce la justice de sa cause hors de contestation, et annoncé sa ferme volonté de maintenir son indépendance, fit saisir à son arrivée le malheureux Franco-Médina. Il prit connaissance de ses papiers, et le fit condamner à mort comme espion. Une lettre du commissaire Dauxion-Lavaysse, en date du 10 juin, et portant cette suscription: au général Christophe, parvint au Cap au milieu du procès, et ne fit qu'irriter l'orgueil du roi Henri. Elle accéléra le supplice du malheureux médecin. Il fut exposé publiquement dans la grande église du Cap, tendue en noir, «afin que chacun eût la faculté de l'interroger.» (Proclamation de Christophe du 11 octobre.) Il fut ensuite livré au bourreau, sans que Christophe crût violer les principes du droit des gens : son gouvernement publia les pièces qui avaient motivé cet acte de barbarie. Les autres commissaires ne réussirent pas mieux auprès de Pétion. Le gouvernement de Louis XVIII désavoua tout ce qu'ils avaient fait par une notice insérée dans le Moniteur du 19 janvier 1815. Toutefois on allait agir à force ouverte. Déjà l'on préparait une flotte et des troupes de débarquement, quand le retour de Napoléon arrêta toute mesure hostile. Ce ne fut qu'après la seconde restauration que les anciens colons obtinrent qu'on s'occupât de nouveau de St-Domingue. Une seconde mission, qui avait pour chef apparent le vicomte de Fontanges, mais dont l'âme était le conseiller d'État Esmangart, partit à bord de la frégate la Flore. Le 17 octobre 1816, ils parurent devant le fort Picolet, et firent quelques signaux ; mais redoutant le sort de Médina, ils n'osèrent pas débarquer. Après avoir louvoyé quelque temps sans que Christophe eût daigné communiquer avec eux, ils firent voile pour le Port-au-Prince. Ils rencontrèrent en mer un bâtiment américain auquel ils remirent une lettre portant encore pour suscription : Au général Christophe. Elle fut refusée, et le bâtiment reçut l'ordre de sortir immédiatement du port. Les commissaires firent alors parvenir leur dépêche sous le couvert du commandant des Gonaïves. Elle portait la date du 12 octobre 1816. Christophe n'y répondit que par une note adressée au peuple haïtien, et les commissaires repartirent pour la France le 10 novembre sans avoir rien obtenu. A la mort de Pétion (29 mars 1818), Christophe crut le moment favorable pour réaliser son rêve favori, la conquête et soumission de la république. Il marcha avec 15.000 hommes sur le Port-au-Prince. Il promettait par ses proclamations à tous protection et sûreté, aux autorités civiles et militaires des honneurs des titres et des biens. Les républicains du Port-au-Prince répondirent à ces offres par les préparatifs d'une défense vigoureuse. Christophe rentra dans ses limites. Quelque temps après, un incendie dévora le fort la Ferrière ou fort Henri, situé à deux lieues au sud de Sans-Souci, sur un pic élevé. Christophe avait employé des sommes immenses à la construction de cette citadelle, garnie de trois cents canons de fort calibre croisant leurs feux en tous sens, toujours abondamment approvisionnée, et qu'il considérait comme imprenable. Aigri par cette catastrophe, il enjoignit à tous ses sujets mâles de porter un crêpe au bras, et aux femmes d'aller quinze jours de suite à la messe pieds nus et vêtues de blanc. Tous les hommes furent mis en réquisition pour porter des pierres et de la chaux au fort qu'il voulait rebâtir promptement. Christophe ajourna dès lors tout projet de conquête, pour se livrer à son goût pour le luxe et la magnificence. Il avait sept châteaux et neuf palais. Celui de Sans-Souci était vraiment une demeure royale. Sa construction avait été confiée à un architecte habile. Tout s'y trouvait réuni : chapelle, salle de spectacle, bureaux, grands et petits appartements, casernes, immenses écuries, terrasses, jardins, jets d'eau, fontaines, etc. Il en reste encore des ruines imposantes. Le château des Délices de la reine n'était guère moins magnifique. Malgré son origine servile, Christophe avait des manières distinguées, et sa tenue était digne de son rang. Il s'attachait à copier l'étiquette des cours européennes. Il parlait l'anglais et le français avec une égale facilité, bien que Mackensie doute qu'il sût écrire. Excellent administrateur, il comptait des admirateurs surtout en Angleterre. L'illustre Wilberforce fut en correspondance avec lui à partir de 1810. On prétend que, dans un banquet donné par la société africaine et asiatique de Londres, et auquel beaucoup de noirs et d'hommes de couleur avaient été conviés, Wilberforce, président de cette société, porta le toast suivant : « A Christophe! l'honneur de l'espèce humaine, l'homme le plus libéral, le plus éclairé, le plus bienfaisant, chrétien sincère et pieux, l'un des plus augustes souverains de l'univers, élevé sur le trône par l'amour et la reconnaissance de ceux dont il fait le bonheur.» Rien de moins vraisemblable qu'un éloge aussi exagéré ; jamais la société africaine et la société asiatique ne se réunirent en commun ; Wilberforce fut seulement vice-président de la première. Dans la vie du célèbre philanthrope, ainsi que dans sa correspondance publiée par ses enfants (1838-40, 7 vol. in-12), on voit, il est vrai, qu'il fut séduit par le nom d'ami que Christophe donnait à l'illustre défenseur de la cause des noirs, et plus encore par l'appel que le roi d'Haïti fit à ses sentiments religieux. Ce ne fut pas sans hésitation et sans craindre de compromettre sa position parlementaire, que Wilberforce entreprit cette correspondance. Mais Christophe annonçait sa volonté bien arrêtée de remplacer par la foi protestante le catholicisme, dont le chef et le clergé avaient épousé la cause des anciens maîtres, et même refusé l'institution canonique à ses évêques et l'ordination a ses prêtres. Wilberforce crut reconnaître dans Christophe un grand désir d'améliorer l'état moral et religieux de son peuple. Il consentit à envoyer des précepteurs pour les enfants du roi, et des maîtres pour la fondation d'un collège royal. Enfin il affilia Christophe à la société africaine et à la société biblique. Mais Wilberforce, en le remerciant de ce qu'il faisait pour la civilisation, ne descendit jamais jusqu'à l'adulation. Lui-même reproche à Christophe d'avoir accablé son peuple d'exactions pour se faire un trésor et une armée, d'avoir outrepassé les limites de la répression, d'avoir fait preuve d'une extrême avarice, et en même temps d'une prodigalité excessive envers ses créatures, auxquelles il donnait des gratifications exorbitantes (1,000 liv. sterl. ou 25,000 fr. à un seul pour un léger service). Toutefois, après la mort de Christophe, il défendit sa mémoire contre les calomnies et le ridicule dont il était alors de mode de le rendre l'objet. La conduite de Wilberforce en cette occasion n'en est pas moins digne de tous les éloges. Il écrivit au chef du gouvernement haïtien (le président Boyer), pour le prier de ne pas faire mettre à mort le baron de Vastey, secrétaire de Christophe, et auteur de deux écrits sur Haïti. En même temps il exprima, en véritable ami du peuple haïtien, le désir que les améliorations tentées par Christophe pour la réhabilitation du mariage et des mœurs et pour l'éducation ne fussent pas abandonnées. Du reste, le jugement de Wilberforce sur Christophe se trouve nettement formulé dans la recommandation qu'il fit à ses enfants de publier après sa mort sa correspondance avec le roi noir, «pour prouver que Christophe n'était pas un barbare, quoiqu'il fût peu lettré, et que son tort a été de vouloir faire le bien trop vite et par la contrainte.» Ce jugement est peut-être plus près de la vérité que la censure outrée de ceux qui l'appelaient le moderne Phalaris. Dans une brochure publiée au Port-au-Prince, le 4 juillet 1818, trois mois après sa dernière invasion, Colombel, secrétaire particulier du président Boyer, a reproché à Christophe : 1° d'avoir fait entasser quatre ou cinq cents personnes de tout âge et de tout sexe dans un puits de l'habitation Ogé, pour les faire périr lors du siège de Jaraul ; 2° d'avoir poignardé de sa propre main une femme enceinte qui lui demandait justice de l'attentai d'un soldat ; 3° d'avoir voulu tuer son fils, le prince Victor, encore au berceau, parce qu'il troublait son sommeil ; 4° d'avoir fait massacrer au port de la Paix des soldats qui s'étaient rendus à discrétion ; 5° d'avoir violé la capitulation du Môle, en faisant mettre à mort le général T. Boufflet, le colonel J. Gournault, presque tous les officiers et les deux tiers des soldats de la garnison ; 6° d'avoir fait massacrer une population sans défense dans sa retraite du Port-au-Prince ; 7° d'avoir fait brûler vifs ses prisonniers du Cibert ; 8° d'avoir fait décapiter en sa présence deux cents prisonniers du Santo ; 9° d'avoir fait mettre à mort des femmes du Cap, qui avaient témoigné de la joie de sa défaite au Port-au-Prince ; 10° enfin d'avoir, dans la forteresse la Ferrière, des cachots, des étouffoirs, des instruments de torture. Sans ajouter une loi entière à ces accusations accumulées par la passion et la haine du parti contraire, on doit se rappeler qu'à St-Domingue comme au moyen âge on était féroce envers les vaincus, et que le gouvernement de Christophe était absolu. Parmi les documents publiés par Mackensie, on trouve un ordre de mettre un individu aux serre-pouces, et celui de mettre aux travaux publics un débiteur qui ne payait point ses dettes. On est en droit d'en conclure que l'autorité de Christophe n'était rien moins que paternelle. Aussi tous les hommes qui se sentaient quelque capacité et quelque fierté passèrent-ils successivement dans le parti de la république. Les défections eurent quelquefois lieu en masse ; nous avons mentionné celle de sa flotte. Un autre jour le général Magni, ancien commandant de la garde d'honneur de Toussaint Louverture, l'abandonna avec un corps de 5.000 hommes. Ceux mêmes qui restaient auprès de lui et qu'il comblait de faveurs, se sentant dans une entière dépendance, s'indignaient de n'être que ses premiers esclaves. Tel était l'état des esprits quand, au mois de juillet 1820, Christophe fut atteint d'une attaque de paralysie. A cette nouvelle, une révolte générale devint imminente. Cependant elle n'éclata qu'à la lin de septembre. La garnison de St-Marc, place frontière, en donna le signal. Un régiment, mécontent des mauvais traitements que le gouvernement de cette ville avait infligés à son colonel, d'après les ordres du roi, égorgea ce malheureux, nommé Glaude, et envoya sa tête au président Boyer, en sollicitant de prompts secours. Les insurgés l'informaient en même temps que la population du royaume ne demandait qu'à passer sous l'autorité de la république. Aussitôt que la nouvelle de ces événements parvint à Sans-Souci, où Christophe était encore malade, il fit partir contre les révoltés un corps de 6.000 hommes. Le général Romain, qui les commandait, était lui-même au nombre des mécontents et s'avança avec lenteur. Pendant ce temps, la ville du Cap se lève tout entière pour le parti de l'insurrection. Un courrier que Christophe envoyait au général Richard, qu'il croyait encore fidèle, est sur le point d'être mis à mort ; il est renvoyé pour apprendre à son maître que son autorité n'est plus reconnue. Christophe se fait aussitôt hisser sur son cheval, mais ses souffrances le forcent d'en descendre. Il avait fait rassembler 1.500 hommes de sa garde, seules troupes qui lui restassent. II se fait porter dans leurs rangs, les excite, leur promet douze dollars (60 fr.) par homme et le pillage du Cap, s'ils triomphent des insurgés. Il met à leur tête Joachim-Noël, son général le plus dévoué. Le parti royal, grossi de quelques détachements recrutés en chemin, rencontre les révoltés au haut du Cap (8 octobre 1820). Aussitôt Joachim voit ses troupes se débander et passer à l'ennemi ; il cherche son salut dans la fuite. A la nouvelle de cette défection, qui ruine sa dernière espérance, Christophe dit froidement : «Puisque le peuple d'Haïti n'a plus de confiance en moi, je sais ce qui me reste à faire. » Il se retire dans sa chambre et se tire deux coups de pistolet, l'un à la tête et l'autre au cœur (8 octobre 1820). Telle fut la fin de cet homme, certainement doué de grandes facultés, mais qui, après avoir combattu la moitié de sa vie pour la liberté, consacra l'autre à élever ce fragile édifice de la tyrannie sous les ruines duquel il fut écrasé. Ses tentatives de civilisation et de réforme ne servirent qu'à accélérer sa chute. A peine eut-il jeté quelques lumières parmi ce peuple sur lequel il faisait peser une si rude oppression, que son joug devint insupportable. La servitude et la civilisation ne sauraient subsister côte à côte. De ses deux fils, l'aîné, Ferdinand, fut confié aux autorités françaises, lors de la soumission de Christophe au général Leclerc. Embarqué comme otage, il mourut en France dans un hôpital. Le second, Jacques-Victor-Henri, âgé de seize ans, fut massacré par les insurgés lors de la prise du fort la Ferrière, quelques jours après la mort de son père. Un bruit populaire a accrédité la croyance que les vainqueurs avaient trouvé dans cette forteresse la somme de 240 millions de francs, formant le trésor de Christophe. Mais il n'en a rien figuré dans les comptes de la république d'Haïti. Cette opinion exagérée de la prospérité de Christophe n'a pas peu contribué à la conclusion de l'emprunt de 30 millions qui fut conclu en 1825, époque de la reconnaissance de l'indépendance de la partie française de St-Domingue. Tout porte à croire, au contraire, que les revenus du royaume furent annuellement absorbés par les dépenses de cour, l'entretien de l'armée et les constructions considérables que Christophe éleva au fort Henri, à Sans-Souci et dans la ville du Cap (1). Le défaut d'entretien et les tremblements de terre ont détruit tous ces édifices dont il ne reste que des ruines. Le royaume d'Haïti périt avec son fondateur, et le président Boyer réunit les deux États sous les étendards de la république. La veuve de Christophe, naguère la reine Marie-Louise, quitta cette terre où le nom qu'elle portait était en exécration, mais où cependant on lui avait assuré une pension modique. Elle passa en Angleterre, où Wilberforce s'empressa de lui restituer tout ce qui n'avait pas été employé d'une somme de 6.000 liv. sterling (150.000 fr.) que Christophe lui avait envoyée pour lui acheter des livres et lui recruter des maîtres. La postérité a fait justice des doutes que le parti colonial avait essayé de jeter sur le désintéressement de Wilberforce. La veuve du roi noir, après avoir visité l'Allemagne et l'Italie, se fixa à Pise en Toscane avec ses deux filles. Au mois de novembre 1830, l'une d'elles est morte dans cette ville, où sa mère et sa sœur résident encore aujourd'hui.
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JOJO mwen twouve se enposib pou panse prensipal jenero sayo ki konnen  yon karyè militè  nan kan Franse yo pa te pale franse, mwen panse yo menm te pale espagnol , pwiske yo te konbat sou dominasyon espagnol.

Kreyolis Jojo pran tan pou li ak temwagnaj nan tèsk piro y sou konesans Kristof, Petyon e  tousen an Franse.

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