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 Un editorial du journal canadien LE DEVOIR

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Joel
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MessageSujet: Un editorial du journal canadien LE DEVOIR   Un editorial du journal canadien LE DEVOIR EmptyDim 21 Fév 2021 - 8:39

http://ledevoir.com/opinion/editoriaux/595515/haiti-la-coupable-passivite-du-canada

Haïti traverse une crise épouvantable — sociale, politique, institutionnelle — et la diplomatie canadienne, comme à Washington et à Paris, reste là, à détourner le regard, à laisser par silence complice le président Jovenel Moïse se maintenir au pouvoir en toute impunité. Le blabla du gouvernement Trudeau sur la défense des droits de la personne et la promotion de la démocratie dans le monde peut difficilement sonner plus creux. Tout un peuple est aux abois, un peuple qui nous est proche par proximité géographique et parenté linguistique, par sa diaspora, par ses liens anciens avec le Québec — des liens compliqués certes, mais tricotés serrés —, tout un peuple est aux abois dont les forces vives hurlent qu’avec Moïse, c’en est trop et qu’il doit partir… Et que dit la diplomatie canadienne ? Rien !

Une diplomatie, faut-il le rappeler, qui est essentiellement constituée de Québécois pour ce qui concerne nos relations avec Haïti. Une diplomatie qui va sans rien dire, qui donne de facto sa bénédiction à un président mal élu qui veut cette année, malgré le chaos, tenir à marche forcée des élections et un référendum constitutionnel qui ne visent forcément, sous mascarade de remise en ordre démocratique, qu’à consolider ses propres intérêts et ceux de la clique d’exploiteurs qui le soutient.

Entendu que la tutelle internationale exercée en Haïti est avant tout celle des États-Unis qui tiennent sous leur joug l’essentiel de l’économie haïtienne. Mais en quoi cela excuse-t-il Ottawa de suivre Washington comme un mouton dans le soutien d’un président haïtien imperméable au souci du bien commun et à son devoir d’imputabilité ?


Oui, la pandémie accapare tous les esprits. Mais la pandémie a le dos large, puisque le déni de justice et de dialogue démocratique dans lequel la « communauté internationale » (Washington, Paris, Ottawa…) enfonce aujourd’hui Haïti en laissant les mains libres à M. Moïse est un déni entretenu depuis dix, vingt, trente ans.

Cristallisé par le scandale politico-économique PetroCaribe, un ample mouvement populaire rassemblant jeunes « petrochallengers », défenseurs des droits de la personne, organisations féministes et paysannes, intellectuels, artistes, avocats et partis d’opposition — parfois opportunistes, fatalement — s’est formé depuis deux ans pour dénoncer la corruption, la violence d’État et celle des gangs instrumentalisée par le pouvoir, les massacres impunis et l’épidémie d’enlèvements, l’absence de services publics, la paupérisation généralisée, la destruction de ce qu’il reste de la vie institutionnelle et parlementaire, la gouvernance par décrets, la multiplication de processus électoraux plus ou moins frauduleux auxquels les Haïtiens, qui ne sont pas dupes, ne se donnent même plus la peine de participer… Pour en finir, bref, avec une situation depuis longtemps intenable et pour jeter les bases, ce qui sera nécessairement difficile et ambitieux, d’une véritable transition démocratique. Sont-ils entendus, écoutés ? Non !

Trop facile de ramener Haïti à une « cause désespérée ». De Papa Doc à Jovenel Moïse en passant par Aristide, le peuple haïtien, lui, a-t-il jamais eu vraiment voix au chapitre ? En un mot comme en mille, c’est l’Occident qui creuse, par néocolonialisme, le désespoir en Haïti. À revendiquer le départ immédiat de Moïse et à défendre l’idée d’un gouvernement de transition pour au moins deux ans, c’est une rupture nette avec ces dynamiques néocoloniales — aux configurations inévitablement racistes — que la rue revendique.

Il n’y a qu’à voir la façon dont toutes les objections ont été disqualifiées par le pouvoir dans le débat sur la fin du mandat de M. Moïse. À peu près tout le monde, sauf le président et ses soutiens internationaux, considère que, conformément à la constitution, son mandat unique a pris fin le 7 février dernier et qu’il ne court pas jusqu’au 7 février 2022.

D’écrire récemment l’écrivain Antoine Lyonel Trouillot dans le quotidien haïtien Le Nouvelliste : « Église catholique : disqualifiée. Conseil supérieur du pouvoir judiciaire : disqualifié. Universitaires spécialistes du droit constitutionnel : disqualifiés. Confédération des barreaux : disqualifiée. Personnalités de la société civile : disqualifiées. Opposition politique organisée : disqualifiée. À quel autre pays ferait-on cela ? »

En effet. On croyait rêver la semaine dernière en prenant connaissance de la position du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, voulant que les élections que Moïse veut tenir cette année présentaient l’occasion de « restaurer la démocratie et de renforcer la stabilité à long terme ». Entre les États-Unis où Joe Biden qui, venant d’arriver, s’accommode de Jovenel Moïse et la France dont on dit qu’elle manifeste de légers signes d’impatience, il serait utile que le Canada sorte de son aveuglement volontaire. Qu’il secoue son cynisme. Et qu’il utilise à meilleur escient son influence en Haïti.


Et puis

http://ledevoir.com/opinion/libre-opinion/595514/il-faut-cesser-de-soutenir-jovenel-moise-en-haiti
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Joel
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MessageSujet: Un editorial du journal catholique francais LA CROIX   Un editorial du journal canadien LE DEVOIR EmptyJeu 25 Fév 2021 - 15:23

http://la-croix.com/Debats/Haiti-silence-assourdissant-lEurope-2021-02-23-1201142309

Haïti : le silence assourdissant de l’Europe
Tribune Frédéric Thomas, docteur en sciences politiques, chargé d’étude au CETRI – Centre tricontinental, fait un état de la situation à Haïti, au bord de l’implosion. Alors que les États-Unis et l’ONU soutiennent le président sortant Jovenel Moïse et son calendrier électoral, l’Europe garde le silence.
La Croix, le 23/02/2021 à 19:31
Lecture en 3 min.

Le 7 février 2021 devait marquer la fin du mandat présidentiel de Jovenel Moïse. Mais, selon une interprétation toute personnelle de la Constitution haïtienne, ce dernier a décidé de gouverner un an de plus ; le temps d’organiser un référendum constitutionnel et des élections. Cette décision a soulevé une vague de protestation en Haïti. Elle a cependant reçu l’appui des États-Unis et des agences internationales, dont l’ONU. L’Europe, elle, garde le silence.

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→ LES FAITS. Regain de tensions en Haïti autour du président

Loin d’être une surprise, la crise actuelle est le fruit d’une stratégie du pourrissement, à laquelle la communauté internationale a contribué. Depuis 2018, confronté à une vague inédite de mobilisations, qui a pris pour cible la corruption, la pauvreté et les inégalités, Jovenel Moïse a répondu par le mépris et la répression. La situation n’a cessé de se détériorer, surtout au niveau de l’insécurité : les meurtres et enlèvements par les gangs armés se sont multipliés.

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Triple incohérence
L’alignement de la diplomatie européenne sur la politique de Washington et le fétichisme électoral – dans un pays où le taux d’abstention aux dernières élections avoisinait les 80 % – constituent la double camisole de force qui enserre la soif de changement des Haïtiens. La défiance et la prétention de régler le problème pour et à la place de la population ont fait le reste. Dans ce contexte, les appels de l’Union européenne (UE) à un dialogue national inclusif pour sortir de la crise étaient triplement incohérents.

→ REPORTAGE. « Haïti a la tête en bas »

D’abord, ils témoignaient du refus de prendre acte de l’impopularité et de l’illégitimité du président. L’ensemble des syndicats, des organisations de femmes, de paysans, de droits humains, des Églises et des étudiants – parmi eux, nombre de partenaires des ONG européennes – se sont prononcés contre Jovenel Moïse. À l’inverse, la légitimité internationale de ce dernier rajoutait à la colère populaire.

Ensuite, faute de dresser une ligne rouge, l’UE s’enfermait dans l’impuissance tandis que le gouvernement, renforcé, faisait du « dialogue » une scène vide. Combien de « demandes », « d’inquiétude », de « regrets » des acteurs internationaux face à l’insécurité galopante, aux massacres, à l’impunité, et à un président gouvernant par décrets depuis janvier 2020, sans contre-pouvoir ? De tous les tests à la tolérance internationale, Jovenel Moïse est sorti gagnant jusqu’à présent.

À lire aussi
Haïti : un président sans soutien et sans Parlement

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Enfin, la stratégie internationale laissait hors-champ la revendication qui a fédéré les manifestations : une transition de rupture. Il devait y avoir continuité plutôt que rupture, et la transition ne pouvait être que le fruit des urnes. Elle aurait de toute façon été bornée par la stabilité macroéconomique et la dépendance envers le géant nord-américain.

Chronique d’un échec annoncé
Fin août 2020, l’UE versait 33 millions d’euros au gouvernement haïtien pour « la consolidation de l’État ». Quelques jours plus tard, le bâtonnier du barreau de Port-au-Prince était assassiné - le magistrat en charge du dossier a fui le 19 janvier -, et un autre massacre était commis. Dans les semaines qui suivirent, le gouvernement a limité le rôle de la Cour des comptes, qui avait mis au jour la corruption de l’État. Il a constitué, en vue des élections, un Conseil électoral, sans légitimité ni légalité, et a créé un problématique centre de renseignements.

Jimmy Cherizier, ancien policier et principal chef de gang, et Fednel Monchéry, ancien directeur général du ministère de l’Intérieur, sont les deux personnes les plus recherchées en Haïti, en raison de leur implication dans le massacre de La Saline, en novembre 2018, qui a fait 71 victimes. Tous deux incarnent la collusion entre les bandes armées et le pouvoir. Le premier a pris la tête d’une manifestation dans la capitale, le 22 janvier 2021, tandis que le second a été arrêté, le 11 février, pour un problème d'immatriculation… avant d’être relâché.

→ ANALYSE. Les évêques haïtiens exhortent le président Jovenel Moïse à quitter le pouvoir

Début octobre 2020, l’ambassadeur de France en Haïti, Jose Gomez, tranchant avec le discours contradictoire de la diplomatie, affirmait que les conditions pour des élections libres et transparentes n’étaient pas réunies. Cinq mois plus tard, la situation est pire. Pourtant la France, à l’image de l’UE, se tait, entérinant le soutien international au calendrier électoral de Jovenel Moïse.

Le silence sur Haïti n’a d’égale que l’agitation diplomatique autour de la Birmanie. Pourtant, dans chacun de ces pays, n’est-ce pas la liberté qui est en jeu ? À moins que le fait qu’il s’agisse de Noirs, opposés aux projets des acteurs internationaux, disqualifie leur combat ?

Rompre avec la routine diplomatique
Depuis plus de deux ans, l’UE s’enfonce dans ses contradictions, tentant de corriger à la marge la politique de Washington, et de dresser un filet moraliste et humanitaire à la dérive autoritaire de l’État haïtien. L’obstination de l’ex-président à aller de l’avant malgré la Constitution, un bilan catastrophique et le rejet massif de la population, est comme un retour du refoulé.

La diplomatie européenne a jusqu’à présent prétendu renforcer l’État de droit en Haïti, en appuyant un homme qui constitue le principal verrou à tout changement. À quelques mois d’un référendum inconstitutionnel et d’élections sous l’égide des gangs armés, il faut choisir : soutenir Jovenel Moïse ou lutter contre l’insécurité, la corruption et l’impunité. Cela suppose cependant de rompre avec la routine diplomatique et de se mettre, enfin, à écouter ce que disent et ce que veulent les Haïtiens et Haïtiennes.
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