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 Critique des bandes dessinees franco-belges sur la question raciale

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Joel
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MessageSujet: Critique des bandes dessinees franco-belges sur la question raciale   Critique des bandes dessinees franco-belges sur la question raciale EmptyLun 22 Fév 2021 - 7:49

Beaucoup de nous qui avions passe notre enfance en HAITI avions moule notre opinion sur l'AFRIQUE avec les "bandes dessinees " et plus tard avec les JOURNAUX FRANCAIS.

C'est comme les "cow boys" etaient toujours des "blancs" ,alors que plus de 1/3 des cowboys etaient des NOIRS ,apres la guerre civile americaine etc...etc

Lucky Luke s’ouvre, tardivement, à la question raciale
Dans le dernier album de ce classique de la BD franco-belge, les Noirs sont des personnages à part entière, dessinés loin des stéréotypes racistes qui ont longtemps entaché le genre. Une première.

“Je n’avais jamais réfléchi à ça, et après je me suis même interrogé sur moi-même’’, dit le dessinateur et scénariste de BD Julien Berjeaut, qui s’est demandé pourquoi il n’avait jamais encore créé de personnages Noirs.
“Je n’avais jamais réfléchi à ça, et après je me suis même interrogé sur moi-même’’, dit le dessinateur et scénariste de BD Julien Berjeaut, qui s’est demandé pourquoi il n’avait jamais encore créé de personnages Noirs.Credit...Andrea Mantovani pour The New York Times
Norimitsu Onishi
By Norimitsu Onishi
Feb. 22, 2021, 3:04 a.m. ET
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The New York Times traduit en français une sélection de ses meilleurs articles. Retrouvez-les ici.

PARIS – Il y a quelques années, le dessinateur et scénariste Julien Berjeaut, tout juste sorti de la série à succès “Silex and the City”, reçoit une offre rarissime dans le monde francophone : reprendre un classique de la bande dessinée, Lucky Luke.

Lucky Luke, l’histoire d’un cow-boy du Far West américain, fait partie des quelques bandes dessinées avec lesquelles des générations d’enfants ont grandi en France et dans le monde francophone. Ces enfants lisent Lucky Luke, tout comme Tintin et Astérix, à l’âge où ils sont le plus influençables et où une histoire “rentre comme ça à coup de marteau dans la tête et ça ne sort plus’’, explique M. Berjeaut, qui publie sous le pseudonyme Jul.

Mais en cherchant des idées de scénario, M. Berjeaut a pris conscience, avec un certain malaise, de la place des personnages Noirs dans Lucky Luke. Sur presque 80 albums publiés en 70 ans, un seul, “En remontant le Mississippi”, comporte des protagonistes Noirs — représentés au moyen d’une imagerie typiquement raciste.

“Je n’avais jamais réfléchi à ça, et après je me suis même interrogé sur moi-même’’, raconte-t-il. Il s’est demandé pourquoi il n’avait jamais lui-même créé de personnages Noirs, et en a conclu que, de façon inconsciente, il évitait un sujet sensible. “Pour la première fois, je l’ai éprouvé comme une espèce d’étonnement.’’

Cette introspection débouche sur “Un cow-boy dans le coton”, publié à la fin de l’année dernière en français et désormais traduit en anglais. Son objectif, explique-t-il, était de raconter l’histoire de Lucky Luke et d’esclaves Noirs récemment affranchis d’une plantation en Louisiane au moyen d’un récit et de détails graphiques qui réinventent le rôle du héros cow-boy, et d’une représentation des personnages noirs en termes non racistes. Pour la première fois, il y a un héros Noir.


ImageDes ébauches de dessins par Julien Berjeaut et la couverture de l’album “Un cow-boy dans le coton”.
Des ébauches de dessins par Julien Berjeaut et la couverture de l’album “Un cow-boy dans le coton”.Credit...Andrea Mantovani pour The New York Times
“Ce qu’il y a de différent dans ce Lucky Luke, et qui est sa force, c’est qu’il casse les stéréotypes au sein même d’une série classique où on représentait le Noir avec des stéréotypes”, avance le journaliste belge Daniel Couvreur, spécialiste de la BD. “Ce n’est plus “En remontant le Mississippi”. Les choses ont changé, et dans Lucky Luke elles changent aussi.’’

Toucher à un classique et aux souvenirs d’enfance est toujours un exercice délicat. D’autant que ce nouvel album est paru au beau milieu d’un débat houleux sur les questions raciales, la violence policière et le colonialisme qui dresse une partie de l’establishment français contre ce qu’il considère comme une obsession de la race importée des Etats-Unis. Ce qui revenait à une tentative de décoloniser Lucky Luke s’est ainsi attiré un accueil virulent.

L’Incorrect, un magazine d’extrême droite, a accusé l’album “de prostituer le cow-boy solitaire aux obsessions du temps’’ et de transformer “l’une des figures majeures de la bande dessinée franco-belge et de notre imaginaire enfantin’’ en une figure “aussi blindée de catéchisme progressiste qu’une série Netflix”. Valeurs Actuelles, autre publication d’extrême droite que courtise Emmanuel Macron, s’est indignée de voir que les personnages blancs “sont tous d’une laideur grotesque ; mais surtout ils sont d’une bêtise et d’une méchanceté crasses’’.

En dépit de ces réactions, l’album a bénéficié d’un accueil critique globalement positif et s’est classé numéro un des ventes de BD l’année dernière avec près de 500 000 exemplaires vendus. En France, certaines éminentes figures Noires ont souligné l’importance culturelle de ce moment.

Une France en mutation
Lisez nos reportages en français, en accès libre.

Qu’est-ce que la laïcité, concept si particulier à la France? Roger Cohen, chef du bureau New York Times à Paris, s’est penché sur cette question qui agite le pays.
Des idées nouvelles font bouger les lignes de la société française, qu’il s’agisse de féminisme, des questions d’identité et de race, des violences policières, de la liberté d’expression ou de la place de l’islam en France.
Après son interview avec l’écrivain Gabriel Matzneff, les reportages de Nori Onishi, du New York Times à Paris, ont enclenché une série de questionnements sur l’entre-soi du milieu littéraire parisien et les abus sexuels longtemps passés sous silence.
Des jeunes Français actifs sur les réseaux sociaux réinventent des pratiques ancestrales comme la pêche à la ligne.

Pour le réalisateur Jean-Pascal Zadi, dont les parents ont émigré de Côte d’Ivoire, l’album est un signe que les choses bougent en France, doucement certes, mais “dans la bonne direction”.

La France, explique M. Zadi, “est un peu la vieille dame qui fait ce qu’elle peut, et là, vu que ça bouge trop autour, elle est obligée de s’adapter. Il y a des mouvements incroyables qui se mettent en place, la parole se libère, et voilà, malgré tout, elle est obligée de suivre le mouvement. Elle n’a pas le choix.”


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Des centaines de personnes manifestaient en juin dernier à Paris pour protester contre l’assassinat de George Floyd.
Des centaines de personnes manifestaient en juin dernier à Paris pour protester contre l’assassinat de George Floyd.Credit...Francois Mori/Associated Press
À 40 ans, M. Zadi dit qu’“Un cow-boy dans le coton” est la première BD qu’il ait lue depuis son enfance. Il avait cessé d’un coup de lire les albums de bande dessinée il y a une trentaine d’années, le jour où sa sœur est rentrée à la maison avec un exemplaire de “Tintin au Congo”.

Publié en 1931, le deuxième album de la série emmène Tintin, un reporter, et son fidèle chien Milou dans ce qui était alors une colonie belge. Dans ce qui ressemble fortement à une apologie du colonialisme, Tintin se présente comme la voix de la raison et de la culture alors que les Congolais sont représentés comme des enfants, non civilisés et paresseux. La plupart des personnages Noirs sont dessinés de façon similaire, pourvus de lèvres rouges exagérées et d’une peau d’un noir de charbon ; même Milou parle mieux le français.

Cet album fait depuis longtemps l’objet de débats passionnés, y compris au Congo, et a toujours tenu une place particulière dans la culture populaire : il reste à ce jour l’un des albums pour la jeunesse les plus vendus, tout en incarnant la dimension raciste des représentations de personnes Noires dans les classiques de la bande dessinée.

Au fil de l’histoire de la BD, dans les rares cas où ils figurent, les personnages Noirs sont issus d’un même moule raciste. Dans l’album de Lucky Luke “En remontant le Mississippi”, publié en 1961, les Noirs sont dessinés de telle manière qu’ils se ressemblent presque tous, sont allongés en train de chanter, ou somnolent au travail. Dans Astérix, le seul personnage Noir récurrent est le pirate Baba qui n’arrive pas à prononcer les –r ; même dans un album récent de la série, sorti en 2015, les personnages Noirs sont dessinés “dans la tradition classique néocolonialiste”, pointe le magazine L’Express.

Lucky Luke a pourtant connu d’autres évolutions. En 1983, la cigarette qui pendait invariablement de ses lèvres a été remplacée par un brin d’herbe — sous la pression de Hanna-Barbera, le studio américain qui a adapté la BD en dessin animé.

Pierre Cras, un historien français spécialiste de la BD, explique que la figuration traditionnelle des Noirs comme “sauvages” et “indolents” avait pour but de justifier la “mission civilisatrice” de la colonisation en Afrique. Pour M. Cras, cette représentation qui perdure plus de 60 ans après l’indépendance des anciennes colonies françaises, reflète la psyché d’une nation qui a encore à faire pleinement face à son passé colonial.

“C’est extrêmement intéressant qu’il ait réussi en fait à s’en extirper”, dit M. Cras du travail de M. Berjeaut dans “Un cow-boy dans le coton”.

Biyong Djehuty, un dessinateur de 45 ans qui a grandi au Cameroun et au Togo avant d’émigrer en France à l’adolescence, dit qu’il n’a réalisé qu’à l’âge adulte à quel point cette représentation traditionnelle des Noirs l’avait affecté.


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“Ça doit être inconscient, mais on s’identifie à un personnage qui nous ressemble”, dit Biyong Djehuty.
“Ça doit être inconscient, mais on s’identifie à un personnage qui nous ressemble”, dit Biyong Djehuty.Credit...Andrea Mantovani pour The New York Times
Lorsqu’il a commencé à dessiner ses propres BD, il ne croquait que des personnages blancs. Ce n’est qu’en découvrant, dans la bibliothèque de son collège, Black Panther, le super-héros Noir de Marvel, et l’histoire du roi zoulou Chaka, que les choses ont changé.

“C’est là que du jour au lendemain, j’ai commencé à faire des dessins qui représentent des Africains”, explique M. Djehuty, qui publie à compte d’auteur ses albums, qui traitent de l’histoire africaine. “Ça doit être inconscient, mais on s’identifie à un personnage qui nous ressemble.’’


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Les albums de Biyong Djehuty, publiés à compte d’auteur, traitent de l’histoire de l’Afrique.
Les albums de Biyong Djehuty, publiés à compte d’auteur, traitent de l’histoire de l’Afrique.Credit...Andrea Mantovani pour The New York Times
S’interrogeant sur l’absence de personnages Noirs dans Lucky Luke, M. Berjeaut, qui a 46 ans, s’est tourné vers “Tintin au Congo”, un album qu’il n’avait pas relu depuis des dizaines d’années.

“C’était monstrueusement raciste”, note-t-il. “Les Noirs étaient moches, idiots, plus idiots que des enfants, comme s’ils étaient des espèces de créatures animales. On leur parle comme à des débiles pendant toute la BD. Ils ont des émotions d’imbéciles.’’

C’est ainsi qu’avec “Un cow-boy dans le coton”, M. Berjeaut dit avoir voulu créer une “antidote” à “Tintin au Congo”. L’intrigue se déroule dans une plantation de coton dont Lucky Luke hérite pendant la Reconstruction — période qui a vu la fin de l’esclavage aux États-Unis après la guerre de Sécession.

Et M. Berjeaut semble avoir atteint son objectif — même si l'histoire se déroule dans un contexte américain, et que ce dernier a toujours facilité, en France, le débat sur la race et le racisme. Si le gouvernement et certains intellectuels français décrient l’influence des concepts américains sur les questions raciales et y voient une menace à l’unité nationale, pour M. Berjeaut, travailler sur l’histoire d’une plantation en Louisiane a permis un retour sur soi.

“Alors que je travaillais sur les États-Unis, ça m’a amené même à réfléchir sur l’Europe et la France”, dit-il. “C’était comme une espèce de miroir. Cette histoire de l’esclavage, c’est aussi notre histoire, mais différemment. Cette histoire du racisme, c’est aussi notre histoire, mais différemment.’’

M. Berjeaut, qui a étudié l’histoire et l’anthropologie dans de prestigieuses universités françaises, puis enseigné l’histoire avant de devenir dessinateur et scénariste, s’est plongé dans les livres sur le Far West. Il a également rencontré de nombreux chercheurs et militants français pour discuter de la représentation des Noirs dans la culture populaire.

Pour la première fois dans une série de BD classique, les personnages Noirs ont des rôles à part entière, aussi importants que ceux de leurs homologues blancs. Un homme Noir — inspiré de Bass Reeves, qui fut le premier marshal adjoint Noir, ou agent de la police fédérale, à l’ouest du Mississippi — s’impose en héros au côté de Lucky Luke lui-même.

Reeves et un ouragan soudain font que Lucky Luke n’est pas le “sauveur blanc” — autre stéréotype dont M. Berjeaut a pris conscience au cours de ses recherches. Lucky Luke, l’emblématique cow-boy, semble aussi moins sûr de lui, dans une société en pleine évolution.

M. Berjeaut a trouvé des photos d’archives dont le dessinateur de l’album, Achdé, s’est inspiré pour donner vie aux personnages Noirs. Plus de traits déshumanisants : chaque Noir est figuré comme un individu unique.

For designer Marc N'Guessan, whose father is from Côte d'Ivoire, the representation of “diversity in black faces” is a belated recognition of the humanity of blacks in a comic book classic.

“We don't all look the same,” he says.

Find other articles from the New York Times translated into French.


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Norimitsu Onishi is a foreign correspondent on the International Desk, covering France out of the Paris bureau. He previously served as bureau chief for The Times in Johannesburg, Jakarta, Tokyo and Abidjan, Ivory Coast.



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MessageSujet: Re: Critique des bandes dessinees franco-belges sur la question raciale   Critique des bandes dessinees franco-belges sur la question raciale EmptyVen 5 Mar 2021 - 6:00

Is This the End of French Intellectual Life?
The country’s culture of argument has come under the sway of a more ideological, more identity-focused model imported from the United States.

Credit...Matt Chase


Christopher Caldwell
By Christopher Caldwell
Mr. Caldwell is a contributing opinion writer and the author of “Reflections on the Revolution In Europe: Immigration, Islam and the West” and “The Age of Entitlement: America Since the Sixties.”

March 5, 2021, 1:00 a.m. ET
At the end of last summer, Le Débat, France’s most prestigious intellectual review, accompanied its 40th-anniversary issue with a wholly unexpected announcement: It would cease publication forthwith. Le Débat and its three or four thousand loyal readers had maintained an allegiance to the political left since the Cold War — but the meaning of “left” has been shifting. Rivals now claim the term, particularly social movements that arose in France in the 1980s to champion what is variously called identity politics or social justice. After waging a decades-long twilight struggle against these movements, Le Débat has lost.

Intellectuals of all persuasions have been debating what that defeat means for France, and they have reached a conclusion: The country’s intellectual life has come under the sway of a more ideological, more identity-focused model imported from the United States.

Le Débat was always resistant to American imports. It never fully made its peace with the free market in the way that self-described social democrats in America did under Bill Clinton. Nor did it climb aboard the agenda of humanitarian invasions and democracy promotion, as left-leaning American intellectuals like Paul Berman and George Packer did. That was all fine. But Le Débat’s reluctance to partake of identity politics as it arose in France, always a couple of steps behind (and always in imitation of) American civil rights advances, brought the review into disrepute with a new generation of leftists.

Many French people see American-style social-justice politics as a change for the worse. President Emmanuel Macron does. In the wake of the death of George Floyd in police custody last spring, protests and riots across America brought the dismantling of statues and other public symbols — sometimes on the spot, sometimes after further campaigning and agitation. Aware that such actions had found a sympathetic echo among some of his fellow citizens, Mr. Macron warned that France would not follow suit. “It will not erase any trace or name from its history,” he said. “It will not forget any of its works. It will not topple any statues.”

By last fall Mr. Macron was also inveighing against foreign university traditions. “I’m thinking of the Anglo-Saxon tradition, which has another history, and it is not ours,” he said, before singling out “certain social-science theories imported from the United States of America.”

To look at how Le Débat unraveled is to see that these tensions have been developing for years, if not decades. They bode poorly for the future of intellectual life in France — and elsewhere.

Sponsored by the book publisher Gallimard, Le Débat was political and literary, but the heart of its mission was that very French kind of thinking where social science and philosophy meet. The philosopher Michel Foucault and the anthropologist Claude Lévi-Strauss were early contributors. Its founding editor, Pierre Nora, is a pioneering historian of French cultural memory and an editor of genius (he was Mr. Foucault’s editor at Gallimard). Its chief editor, Marcel Gauchet, is a philosopher of democracy and a historian of religion. Totalitarianism, and how to find a politics of the left that avoided it, absorbed Mr. Nora and Mr. Gauchet both.

Mr. Gauchet, for instance, has studied with alarm the slow ouster of democratic principles by the very different principles of human rights. “The touchstone in the system,” he warned in 2007, “is no longer the sovereignty of the people but the sovereignty of the individual, defined, ultimately, by the possibility of overruling the collective authority.” Human rights, often imposed by courts or centralized administrative bodies, could wind up pitting democracy against itself. Back in 2007, Mr. Gauchet’s view, whether or not one agreed with it, would have been accorded a basic legitimacy. It has become less sayable in the wake of a decade’s worth of bitter arguments over gay marriage and immigration.

The first sign in France of a politics focused on minority groups came in 1984. Activists close to the government of François Mitterrand sought to address the complex problem of assimilating France’s mostly North African immigrants by founding an American-style activist group called SOS Racisme. Le Débat reacted in 1993 by publishing a skeptical book by the sociologist Paul Yonnet. SOS Racisme was not replacing a stuffy idea of race with a hip one, Mr. Yonnet argued; it was introducing race theories into a country where they had lately been weak or absent, ethnicizing newcomers and natives alike, and encouraging the French to look at the minority groups in their midst (Jews, in particular) as somehow foreign.

Among the French left, Mr. Yonnet’s very French egalitarianism was thought hard-line by some (and perhaps hardhearted by others), but not necessarily conservative. It came as a shock when, in 2002, the political scientist Daniel Lindenberg published a book that described some of the country’s leading thinkers — the philosophers Alain Finkielkraut and Pierre Manent, the novelist Michel Houellebecq — as “reactionaries” for their reservations about France’s prospects of managing a multicultural and increasingly Islamic society. The writers of Le Débat, especially Mr. Gauchet and Mr. Yonnet, were prominent among those Mr. Lindenberg held responsible for an unhealthy “lifting of taboos” — taboos that had made the country a welcoming place for minority groups of all kinds.

That wasn’t really fair. Le Débat, for better or for worse, carried into the 21st century all the postwar taboos with which it had been founded in 1980. When one of its most daring and versatile authors, the economist Hervé Juvin, began writing provocatively about ethnic diversity and drawing closer to the far-right National Front party, the magazine respectfully severed relations with him.

But France was changing. In 2004 the sometime Débat contributor Olivier Pétré-Grenouilleau wrote a global history of the slave trade that included accounts not just of European but also of Arab and intra-African slave markets. Amid accusations that such a wide-ranging account minimized European culpability in the trans-Atlantic slave trade, he was sued for historical revisionism under one of France’s proliferating anti-defamation laws.

In 2014, after Mr. Gauchet, the Débat editor, had been invited to give the opening lecture at a “history rendezvous” in the city of Blois, the sociologist Geoffroy de Lagasnerie and the novelist Édouard Louis called for a boycott of the event on the grounds that Mr. Gauchet was involved. Two hundred historians signed on to a condemnation of Mr. Gauchet’s writings as “ultraconservative” and “skeptical of the imperative of respect for human rights.”

Last year, student activists blocked Sylviane Agacinski, a philosopher and occasional Débat contributor, from speaking at the University of Bordeaux on the grounds that her philosophical work on the integrity and non-commercializability of the body, including her opposition to surrogate motherhood, made her a “notorious homophobe.” The accusation is not quite as devoid of logic as it sounds: If male homosexual couples are to have children, some woman will need to bear them. Still, this was an odd epithet to stick on a woman who supported gay marriage and is married to the man, the former Socialist Prime Minister Lionel Jospin, who in 1999 passed the first bill in the country creating civil unions for which same-sex couples were eligible.

Mr. Gauchet, Ms. Agacinski and many others in their intellectual circle have not changed their politics. Rather they have been outbid by radicals offering a more exciting, if not necessarily more rigorous, critique of society.

With Le Débat dead, its critics on the left are shedding few tears, having viewed the publication less as a venue for ideas to be argued with and more as an obstacle in the way of social justice. The historian Ludovine Bantigny, interviewed about the demise of Le Débat, had no pieties to spare about the marketplace of ideas. “By repeating that there’s a problem with immigration in France,” she said, “by waving around this so-called ideologization of human rights to question the legitimacy of new rights and by relaying the arguments of the Manif Pour Tous” — a movement against gay marriage — “the way Gauchet did, you wind up legitimizing magazines like Causeur or Valeurs Actuelles.”

Ms. Bantigny’s allusion to the “legitimacy” of these two very different magazines was curious. Causeur is a spirited monthly barely a decade old, edited by disillusioned anti-multicultural liberals; Valeurs Actuelles is a long-established archconservative newsmagazine on the Time/Newsweek model. Apparently one no longer debates the things written in magazines. One questions the “legitimacy” of the magazines themselves. Where did this very un-French attitude come from?

The editors of Le Débat have an answer: America. A few days after announcing that the review would publish no more, Mr. Nora spoke about its closing on Alain Finkielkraut’s radio show. Mr. Finkielkraut was pointing to disturbing tendencies in French intellectual life, but Mr. Nora wanted to take the conversation in a different direction: to the “mouvements à l’américaine” that start on campuses across the ocean and tend to show up in France. “What they call,” he said, “to follow the argument to its logical conclusion, cancel culture, which is to say the extermination of culture, the will to. …”

Here Mr. Nora paused before continuing: “Anyway, I daresay some of us are old enough to have echoes in our heads of Goebbels when he said, ‘When I hear the word “culture” I reach for my revolver.’”

The Goebbels quote may be apocryphal, but it is worth pausing to ask why Mr. Nora — born in the first half of the 20th century and preoccupied with the moral legacy of World War II — should call such a name to mind when discussing the influence of American culture on his own country’s.

“There is a mighty ideological wave coming from the United States,” the philosopher Yves Charles Zarka wrote last fall in an article about the death of Le Débat. “It brings rewriting history, censuring literature, toppling statues, and imposing a racialist vision of society.” Nor is it as iconoclastic as it looks, according to Luc Ferry, a philosopher and conservative columnist. “However anticapitalist and anti-American they may think themselves,” he wrote last year, “these activists are only aping whatever has been going on on campuses across the Atlantic over the last four decades.”

The shoe used to be on the other foot. The United States used to learn a lot from France. Until a generation ago, into the age of Michel Foucault and Jacques Derrida, one could say America deferred to France on matters intellectual. It doesn’t any longer. The demise of Le Débat was marked by not a single mention in any major American newspaper or magazine.

There are still lessons Americans can learn from France, provided we approach it with the right questions in mind. A good one to start with might be whether the American academy of recent decades — with the culture it carries and the political behaviors it fosters — has been, in the wider world, a force for intellectual freedom or for its opposite.

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Christopher Caldwell is a contributing opinion writer for The New York Times and a contributing editor at The Claremont Review of Books. He is the author of “Reflections on the Revolution in Europe: Immigration, Islam and the West” and “The Age of Entitlement: America Since the Sixties.”


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