Forum Haiti : Des Idées et des Débats sur l'Avenir d'Haiti
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 A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions

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Joel
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MessageSujet: A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions   A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions EmptySam 30 Oct 2021 - 10:30

Avant 1804,la langue francaise etait comme le LATIN au 16eme et 17eme siecle en FRANCE.Le LATIN etait la langue des "moun save" des intellectuels mais personne d'autre ne la parlait.

Dans cet article ,un auteur MARTINIQUAIS explique comment on a impose LA LANGUE FRANCAISE en HAITI.

Comme on dit "l'enfer est pave de bonnes intentions.

L'auteur critique les travaux de ALYSSA GOLDSTEIN SEPINWALL qui dirige un "think tank" sur HAITI a l'UNIVERSITE DE CALIFORNIE.


Henri Grégoire et le Créole

À l’analyse, l’exégèse de l’œuvre de l’Abbé Grégoire, se révèle une longue suite de superlatifs, de sorte que la tendance générale est visiblement à l’apologie. Henri Grégoire est présenté invariablement comme le «Défenseur de tous les parias de la Terre», définition qu’il s’accordait d’ailleurs lui-même. Sans vouloir contredire la portée humaniste de son engagement, force est de constater, confrontée à la culture et à la langue créoles, les conclusions de l’Abbé Grégoire ne cessent de pêcher.

On signalera, dans un élan d’honnêteté, ses multiples interventions à la Constituante et à la Convention, en faveur des libertés: émancipation des Juifs, abolition de la traite et de l'esclavage des Noirs, suppression de la peine de mort, suffrage universel sans restriction, liberté d'expression, liberté des cultes et esquisse des relations internationales.

Ceci posé, intéressons-nous quelque peu à sa relation au créole.

Dans «Grégoire et Haïti: un héritage compliqué», Alyssa Goldstein Sepinwall, professeure d’histoire à l’Université de Californie, aux Etats-Unis, présente une vue controversée de l’héritage séculaire de l’Abbé Grégoire. Ainsi débute-t-elle: «Engagé plus qu’aucun de ses contemporains dans la cause de l’indépendance haïtienne, et pourtant convaincu que ce peuple avait besoin de son aide morale pour en avoir tous les fruits, Grégoire occupe une position tout à fait particulière dans l’histoire de la colonisation».

Partisan de la «Régénération», idée très répandue durant toute la période révolutionnaire - on parlait alors de la régénération pour signifier amélioration, libération de la corruption et surtout renouvellement social - Grégoire en proposait une vue nuancée, guidée par les seuls canons du Christianisme. Dès son essai de 1788, «La régénération physique, morale et politique des Juifs», il définissait ses orientations.

Cette «Régénération» sera le maître mot des relations que Grégoire entretiendra avec les dirigeants de la nation haïtienne. C’est, en tout cas, ce que l’on conçoit en examinant sa longue correspondance, tout autant avec les personnalités de l’élite noir du Nord que de celles mulâtres du Sud.

Grégoire rencontre Julien Raimond, mulâtre haïtien, à Paris en octobre 1789, en compagnie d’Ogé, de du Souchet de Saint-Réal, d’Honoré de Saint-Albert et de Fleury. Ce sont les députés que la Société des Citoyens de Couleur7 proposaient à la représentation à l’Assemblée nationale. A la séance de la Société des Amis des Noirs8, le 11 décembre suivant, Grégoire donnait lecture de son Mémoire en faveur des gens de couleur, manifestant ainsi une maîtrise certaine de la question coloniale à Saint-Domingue et particulièrement à propos du fameux préjugé de couleur.

Sa correspondance avec Toussaint Louverture est également notoire. Toussaint sollicitait souvent les idées de Grégoire, notamment en matière d’organisation religieuse.

L’Abbé ne cessera jamais d’entretenir avec Haïti ces relations, que d’aucuns ont jugé, avec raison certainement, trop imprégné de paternalisme, voire d’une dynamique d’ingérence à peine voilée.

Mais, ce sont ces relations avec Christophe qui nous éclairent véritablement sur ses opinions liées au créole. En 1819, l’ancien évêque de Blois publie ses Observations sur la constitution du Nord d’Haïti et sur les opinions qu’on s’est formée en France de ce gouvernement. Il y dénonce directement, la monarchie de Christophe: «Cette forme de gouvernement est d’autant plus choquante qu’elle contraste avec les principes actuellement disséminés dans les deux hémisphères et qui tous les jours, ce développant avec plus d’énergie, changeront progressivement la face du monde politique». Le vaudou n’est pas non plus épargné, tandis que sa pratique est très répandue dans l’île et qu’il est très décrié par les chroniqueurs européens.

Sur la question créole, Grégoire sera plus prolifique. Alyssa Goldstein Sepinwall nous guide: «Même si Grégoire avait des doutes sur certains aspects de la civilisation européenne, il pensait qu’elle était le seul espoir de salut pour les peuples non occidentaux. Il n’était pas prêt à voir dans leurs propres coutumes autre chose que de la sauvagerie. Le seul rôle des Haïtiens était d’écouter et de suivre ses avis, du moins c’est ce qu’impliquait toute son attitude».

Alors, à proprement parler, que pensait Grégoire de la culture et de la langue créole? «Son désir de voir les Haïtiens imiter les Français s’appliquait aussi à la langue», débute Alyssa Goldstein Sepinwall. «Il souhaitait qu’il n’utilisent que le français. S’appuyant sur le précédent de l’entreprise menée par la Révolution française contre les patois, il conseillait au général Inginac9, militaire de l’armée de Christophe, d’éliminer purement et simplement le créole, qui n’était finalement à ses yeux qu’un jargon et non une vraie langue». Grégoire commettait là un péché par omission, s’étant laissé certainement corrompre par «ce que la civilisation a de vicieux et de hideux», pour reprendre des mots qu’il avait employé lui-même. Sepinwall conclut de manière laconique, contre le «défenseur des parias»: «Haïti était précisément en train de s’éloigner du domaine français et de consolider son autonomie nationale. Grégoire négligeait le rôle du créole en tant que langue de la résistance et il conseillait aux Haïtiens de parler seulement le langage des esclavagistes, des anciens colonisateurs».

Rappelons, sur le ton de la pertinence, cette phrase de Grégoire, tirée de son Rapport sur la nécessité et les moyens d’anéantir les patois et d’universaliser l’usage de la langue française, lu le 4 juin 1794 devant le Comité de l’instruction publique française: «Ainsi disparaîtront peu à peu les jargons locaux, les patois de six millions de Français qui ne parlent pas la langue nationale. Car, je ne puis trop le répéter, il est plus important qu’on ne pense en politique d’extirper cette diversité d’idiomes grossiers qui prolongent l’enfance de la raison et la vieillesse des préjugés10».

Ces extraits, nous l’espérons, soulignant le Tracé d’une aliénation, mettront en évidence des influences et des dynamiques, dont nous sommes, peu ou prou, aujourd’hui encore des cautions. Sans nul doute que ces influences, ces dynamiques ont engagées nos destinées créoles dans des trajectoires dominées, trajectoires dont nous devons envisager au mieux les enjeux et les perspectives, afin de nous bien situer dans nos engagements culturels, identitaires et politiques.

Il est cependant triste de remarquer que, malgré toute, ces influences et ces dynamiques guident, de manière inconsciente peut-être, nos choix individuels ou collectifs
.
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Joel
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MessageSujet: Re: A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions   A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions EmptySam 30 Oct 2021 - 11:09

Une conference de CAROLINE HUDICOURT,un scion de la bourgeoisie traditionelle haitienne,a propos de comment les elements de la bourgeoisie surtout,ont appris a mepriser leur langue

https://www.potomitan.info/atelier/hudicourt.php

La Problématique du Créole à l’École:
une manifestation d’insécurité au niveau identitaire

Présentation du Professeur Caroline Hudicourt à l’Université Quisqueya
Espace Francophone
Vendredi 14 juillet 2006

Lekol Mixte
Lekol Mixte par Yves Lafontant. Macondo
Pourquoi cette causerie
Dès la première des deux réunions de professeurs de la Faculté des Sciences de l’Education (FSED) au Pavillon du Christ Roi le 5 mai et le 2 juin, la discussion sur les difficultés de la gestion du bilinguisme en Haїti fut très animée au point qu’il était évident que nous ne pourrions accorder l’attention nécessaire à cette problématique durant le temps alloué aux réunions. Le doyen de la faculté, le Professeur Alain Gilles, m’a donc proposé d’animer une conférence sur ce sujet à l’Université Quisqueya. C’est donc dans le but d’honorer cette proposition et de répondre à mes propres besoins de recherches et d’approfondissement sur la question que j’anime aujourd’hui cette causerie. Je la perçois comme un espace d’échange sur une question qui nous affecte tous au quotidien.    

Présentation personnelle
Je vais commencer par me présenter car je ne crois pas en l’impartialité absolue et nos attitudes sont largement influencées par notre parcours.

Je suis d’abord directrice d’une école primaire à Pétion-Ville, l’École Acacia. Je travaille comme consultante en langage et méthodologie pour une ONG qui s’occupe de la formation des maîtres appelée Tipa Tipa et l’essentiel de notre travail se fait en créole. Et enfin, j’enseigne une classe, Technologie de l’Education, à l’UNIQ. J’ai une licence en éducation de Goshen College (Goshen, IN, USA) et une maîtrise en Technologie de l’Education de l’Université de Harvard.

Expériences avec le créole et l’apprentissage des langues
Durant ma petite enfance mes parents me parlaient français. Cependant j’ai toujours été exposée au créole puisque c’est la langue la plus parlée en Haїti; étant «garçon manqué», je jouais au football avec tous les petits messieurs qui erraient dans la rue devant chez moi. Comme nous avions une grande cour ils venaient jouer à la maison. Je me souviens qu’une aînée m’avais une fois reproché de parler un créole trop « rèk ». J’avais tout de suite compris que ce mot créole péjoratif signifiait en fait un créole non francisé donc pur. Cette critique m’avait donnée un sentiment de fierté que j’avais pris soin de garder pour moi-même.

Ce que j’ai de mieux à partager avec vous aujourd’hui est un peu plus de vingt ans d’expérience dans l’éducation, domaine dans lequel la problématique créole / français dans le milieu haїtien se présente toujours. Mon premier emploi à 18 ans en tant qu’étudiante aux USA fut d’enseigner le créole aux étudiants et professeurs que Goshen College envoyait régulièrement en Haїti. Cette université ayant une orientation sociale très marquée envoie tous ses étudiants américains passer trois mois dans un pays du Tiers Monde. Après l’obtention de ma licence à 21 ans, j’ai travaillé comme substitut dans un programme bilingue créole / français aux Etats Unis. J’ai aussi enseigné le créole à des étrangers qui rentraient travailler dans le pays et l’anglais dans plusieurs écoles de Port-au-Prince. Dès le début de ma carrière, l’enseignement du créole m’a permis de trouver des emplois plutôt bien rémunérés.  J’ai maintenant plus de dix ans d’expérience en tant que directrice d’école primaire, neuf ans comme professeur à l’UNIQ et huit ans comme consultante à Tipa Tipa. Et je fais de temps en temps des traductions de textes créoles, français et anglais.

J’ai choisi de travailler dans cette petite salle, l’Espace Francophone, dans le but d’initier un débat nous permettant de partager nos connaissances et nos expériences, de nous remettre en question et de penser à développer une stratégie pour lutter contre l’aliénation culturelle dont nous souffrons tous au niveau personnel et au niveau institutionnel.

Nous sommes tous des haїtiens et nous faisons tous partie du système socioculturel auquel je vais faire référence aujourd’hui, donc nos exemples les plus saillants feront presque inévitablement partie de notre vécu. J’invite quelques participants à partager avec nous leurs expériences avec le créole, particulièrement Suze Mathieu connue pour son dévouement à la lutte pour l’intégration du créole dans toutes les sphères d’activités en Haїti , et Dominique Pierre, professeur de français à l’AUF (l’Agence Universitaire de la Francophonie) .

Mmes Dominique Pierre et Suze Mathieu ont longuement partagé avec nous leur expérience avec les difficultés que les Haїtiens ont à s’affirmer comme un peuple essentiellement créolophone. Elles ont aussi répondu à de nombreuses questions et de riches discussions ont accompagné ces moments de partage.

Utilisation et perception du créole dans les écoles
Etant donné que nous vivons à Port-au-Prince et qu’en Haїti pratiquement toutes les décisions importantes concernant l’éducation sont prises dans la capitale, nous allons d’abord discuter de la façon dont le bilinguisme est perçu dans la zone métropolitaine.

Le créole tend à être perçu comme le problème. À entendre certains éducateurs on dirait que l’incapacité de certains enfants à s’exprimer en français est dû au fait qu’il parle créole plutôt qu’au fait que l’enfant n’a tout simplement pas eu l’opportunité d’apprendre le français. Souvent les enseignants dépensent plus d’énergie à éliminer le créole plutôt qu’à initier les enfants au français oral. Il n’est donc pas rare que certains enfants prennent tout simplement l’habitude de se taire en présence des enseignants pour ne pas être réprimandés.

Certaines écoles en faisant des examens oraux en français s’appliquent à attirer la clientèle la plus francophone possible. Les enfants les plus créolophones sont perçus comme ayant un problème d’apprentissage important. Certains éducateurs affirment qu’une fois que les enfants s’expriment en créole, ils deviennent vulgaires. Parfois des expressions usuelles tout à fait admissibles en créole sont considérés comme vulgaire par une clientèle plus francophone telles que «bounda chodyè a».

Le créole francisé est mieux perçu qu’un créole plus pur. Un parent se plaignant des enfants qu’il entendait parler créole sur la cour de récréation a ajouté: «Et quel créole!». Elle se disait qu’on dirait que les enfants créolophones rabaissaient le niveau des enfants francophones, plus que les enfants francophones ne rehaussaient le niveau des autres. Ce même parent se disait satisfaite des progrès de son enfant en français. En fait, le débat ici n’était pas un problème linguistique mais plutôt un problème social. Lorsque le parent en question parle de rehausser le niveau social d’un enfant elle parle de structurer l’école de sorte à ce que la culture haїtienne créolophone s’efface devant une culture francophone et occidentalisée. L’enfant créolophone auquel le parent ne semblait pas vouloir que son enfant ressemble devrait non seulement parler français mais aussi avoir honte du créole non francisé qu’il a appris de ses parents. Et si l’école adopte cette politique l’enfant dont les parents ne parlent pas du tout français a automatiquement honte de ses parents, donc de sa propre origine et finalement de son identité. Très souvent certains jeunes au moment de leur graduation de philo se font accompagner par un adulte de leur famille qui aurait une formation qu’ils jugent respectable et évitent d’emmener leurs parents non francophones. La culture du parent dont le rude labeur leur a permis de terminer leurs études est donc pour eux une source de honte dans l’enceinte de l’institution scolaire.  

Ce qui aggrave encore le problème est qu’en Haїti les écoles étant des entreprises privées souvent à but lucratif, leurs propriétaires ont tendance à vouloir donner l’apparence de posséder et d’y véhiculer une culture francophone, car la clientèle francophone est généralement plus aisée. Même lorsque la grande majorité des enfants est essentiellement créolophone les directeurs peuvent se montrer plus soucieux de plaire à la clientèle aisée qu’à s’organiser en fonction des besoins de la majorité des élèves.

Les enfants les plus francophones sont donc survalorisés et les plus créolophones sont dévalorisés et parfois même humiliés et ridiculisés.

À la campagne bien que les livres soient presque tous en français personne ne parle français. Les professeurs lisent en français et expliquent en créole. Ils ont peur d’utiliser oralement leurs connaissances en français car sachant qu’ils manquent de pratique ils ont trop peur d’être ridiculisés par ceux qui entendraient leurs erreurs. En Haїti, il est permis de faire des fautes en créole, en anglais et en espagnol mais une faute de français est une source d’humiliation et de ridicule et risque d’entraîner un sentiment de dégradation chez celui qui la commet. Une amie m’a raconté qu’alors qu’elle suivait un cours dans une université en France pour ses études de maîtrise, le professeur a fait une erreur de langage. Elle a automatiquement commencé à ricaner. Lorsqu’elle a réalisé qu’elle était la seule à rire, elle s’est sentie très gênée et elle a aussi réalisé l’étendue de notre aliénation culturelle. Malgré que le français ne soit pas requis dans la plupart des fonctions à la campagne, ne pas avoir l’opportunité de l’apprendre est une source d’angoisse pour les paysans qui souhaitent voir leurs enfants progresser.

Les campagnes n’ayant souvent pas les classes terminales et pas du tout d’université, si les jeunes veulent poursuivre leurs études à un niveau plus élevé dans des milieux urbains, des faiblesses importantes en français sont souvent un gros handicap. Cependant, ce dont j’ai le plus entendu les enseignants de la campagne se plaindre, c’est de ne recevoir aucun service ou d’être mal servis lorsqu’ils s’expriment en créole dans les bureaux publics et même dans les entreprises privées, mais au lieu d’exiger le service auquel ils ont droit en tant que citoyens ou en tant que clients potentiels la plupart s’en vont honteux de ne pas maîtriser le français. Ici le français est utilisé non pas comme outil de communication mais plutôt comme un instrument d’oppression qui n’est au fond à l’avantage de personne; le fonctionnaire public qui n’a pas la simplicité de s’exprimer en créole et de servir son concitoyen ne fait pas son travail et fait preuve d’aliénation, car pratiquement dans tous les cas il est lui aussi un haїtien essentiellement créolophone et dont les parents dans beaucoup de cas ne parlent pas du tout français. L’entreprise dans l’enceinte de laquelle un client est ainsi traité risque de perdre une partie de la clientèle.

Pour illustrer la perception haїtienne du français, j’ai gardé les paroles d’une petite chanson de cour de récréation que des instituteurs et institutrices ont noté pour moi au cours d’une séance de formation. Elle souligne bien le caractère élitiste, prestigieux et non fonctionnel que revêt le francais dans notre univers psychologique.

Yon moun ki pa konn li ala bagay ki lèd.
Lè yon zanmi ekri l
Li pran yon sekretè
Li tankou chat, li tankou chat k ap veye mantèg.
Men lè yon moun konn li se yon bagay ki bèl.
Lè yon zanmi ekri l, li pa pran secretè.
Li chita byen bwòdè
Li pran plezi l pou l  pale fransè.

À la campagne, particulièrement dans la zone du Plateau Central, un programme créolophone a fait ses preuves durant plus de vingt ans. La première fois que j’ai entendu parler de ce programme c’était en 1984 alors que je faisais un travail de recherche sur le travail des églises catholiques et protestantes en Haїti. À cette époque, les «ti legliz» avait pris un essor considérable. C’était un an avant la chute de Jean-Claude Duvalier. J’ai eu l’opportunité de visiter Mombin Crochu ou une sœur, Sœur Angel, gérait une école qui utilisait le créole comme langue d’enseignement et cette école jouissait d’un succès énorme; elle comptait mille élèves alors que l’école publique de la zone n’en avait qu’à peine la moitié. Le bourg de Mombin Crochu ne comptait que 300 habitants. Pendant l’année scolaire les élèvent affluaient de partout faisant de longues marches pour se rendre à l’école de Sœur Angel. Cette dernière, voyant que l’on s’évertuait à enseigner aux enfants dans une langue qu’ils ne connaissaient pas avait pris le temps d’écrire elle-même en créole tous les livres nécessaires à la préparation des enfants au certificat d’études primaires. Et, chose inconnue jusqu’à présent dans la zone, la majorité des enfants réussissaient aux examens d’état. Étant donné que les sœurs avaient trouvé des fonds de la Caritas pour vulgariser leur méthode, elle est couramment appelée «metòd karitas». Cette méthode est maintenant utilisée dans de nombreuses écoles congréganistes en milieu rural, particulièrement au Plateau Central et dans le département du Nord-Est. Malheureusement, leurs livres n’ont jamais été réédités. Au niveau de la qualité, ils perdent du terrain par rapport à certains livres plus récents publiés en français. Il y a aussi davantage de livres disponibles maintenant en créole qu’il n’y en avait il y a vingt ans. Cependant, il en faut davantage pour donner l’accès à la connaissance à la majorité des enfants haїtiens.

Le sabotage de notre sens de l’identité qui se fait à l’école et dans notre société
Le message que l’on reçoit à l’école est que le créole est une langue inférieure et le français une langue supérieure, que les gens qui parlent créole sont inférieurs et que ceux qui parlent français sont supérieurs. Ces notions ont été utilisées pour nous maintenir dans un état de servitude physique et psychologique durant l’époque coloniale. Même après nous être physiquement libérés du joug de l’esclavage, nous nous sommes nous-mêmes maintenus dans un état de servitude psychologique en nous appliquant à nous rabaisser devant lui. Nous avons continué à répéter les mêmes scénarios qui préalablement nous avaient été imposés et les écoles comme d’autres institutions sociales contribuent largement à perpétuer la survie de cette pathologie sociale.

Nous faisons preuve d’un mépris non dissimulé pour notre propre culture pour nos propres origines. Et les écoles encouragent cette attitude chez nous. Certaines écoles défendent les petites tresses, ce qui est une façon sournoise d’exiger le défrisage chez les petites jeunes filles, car chez les jeunes filles de race noire, il n’y a que deux types de coiffure à la mode possible: les petites tresses ou celles qui ne sont possible qu’avec le défrisage.

Dans le milieu scolaire, où toutes les religions d’origines chrétiennes sont acceptées ou tolérées, la pratique du vodou est généralement perçue comme inavouable, incitant ainsi les enfants dont la famille serait vodouisante à vivre dans le marronnage et l’hypocrisie pour pouvoir assurer leur place à l’école.

Dans une ambiance si oppressive l’enfant apprend à nier sa propre réalité, ses propres valeurs, ses propres origines. L’école contribue donc à l’aliéner. Le Dictionnaire Encyclopédique de la Langue Française Hachette (2000) fourni la définition suivante du mot aliénation: «Asservissement de l’être humain dû à des contraintes extérieures (économiques, politiques, sociales) et qui conduit à la dépossession de soi, de ses facultés, de sa liberté». Après l’indépendance, nos gouvernants on fait venir de l’étranger des éducateurs occidentaux, blancs et chrétiens pour former notre population nègre et vodouisante. Et pour paraître éduquer et maintenir notre accès à l’éducation, il nous a fallu ressembler à ces modèles de savoir et de pouvoir que nous offraient nos écoles.

Les leaders de l’institution sociale qu’est l’école nous préparaient académiquement en nous encourageant à continuer à nous déposséder de nous même pour nous appliquer à leur ressembler et apprendre d’eux le seul curriculum qu’ils connaissaient et qui était certainement plus adapté à leur réalité qu’à la notre. Pour pouvoir identifier nos problèmes et les résoudre, il nous faut commencer par nous connaître et nous accepter. Notre refus de reconnaître la nécessité d’intégrer pleinement et de manière structurée l’utilisation du créole dans notre pratique scolaire pour que tous les enfants haїtiens puissent avoir accès à l’éducation, apprendre à lire rapidement et apprendre le français sans complexes et sans être envahi d’angoisse à l’idée de faire des erreurs, n’est qu’une manifestation de cette dépossession de soi, de cette incapacité à reconnaître notre propre réalité pour la gérer en fonction de nos propres intérêts, plutôt que de nous plier en quatre pour assurer la suprématie du blanc dans notre univers psychologique.

Nan Yon lekól tèt anba nan yon peyi tèt anba, Iv Dejan dit: «Ann Ayiti nou ta mal pou nou jwenn 10 direktris ak direktè lekòl ak 10 pwofesè lekól primè ak segondè ki ta kanpe devan yon klas 30 elèv katriyèm ane fondamantal pou yo di

Nou tout nou konprann kreyòl, nou pale kreyòl.
Se pa nou tout ki konprann franse, pale franse.
Papa n ak manman n konprann kreyòl pale kreyòl.
Pi fò sa yo konnen se an kreyòl yo aprann yo.
Pifò sa yo moutre nou yo se an kreyòl yo moutre nou yo.

Se dwa nou pou nou ekri an kreyòl… pèsòn pa gen dwa defann nou sèvi ak dwa sa a, ni leta, ni lekòl, ni fanmi nou.

Il conclu ainsi: «ipokrit se lizay».

Le statut réel du créole en Haїti et au niveau international
En fait nous n’avons pas réellement un problème de bilinguisme en Haїti. Nous n’avons qu’une seule langue que nous parlons tous c’est le créole. Cependant, Beaucoup de membres des classes dominantes depuis l’époque de la colonie ont toujours su parler le français et fait leurs études en français. Cette langue fut donc imposée dans les premières écoles haїtiennes après l’indépendance. Durant longtemps le créole est resté une langue parlée et non écrite. Ceci ne correspond plus à la réalité actuelle. Cela fait longtemps que l’on écrit en créole, et le créole écrit a atteint un niveau de standardisation acceptable permettant de communiquer ainsi sans difficultés pour ceux qui ont eu l’opportunité d’apprendre à le maîtriser.

Certains disent que le créole n’est pas une langue mais plutôt un dialecte. Une telle affirmation ne s’appuie sur aucune donnée scientifique et révèle surtout une forme d’ignorance de la personne qui l’émet. Un dialecte est une manière de parler une langue. Si le créole était un dialecte français, la majorité des francophones devraient pouvoir le comprendre sans l’avoir appris. Par contre, le créole à plusieurs dialectes, car il ne se parle pas exactement de la même façon à Port-au-Prince, au Cap-Haїtien et aux Cayes. Pourtant les haїtiens de ces différentes régions du pays arrivent à communiquer sans trop de difficultés. (Mathieu S., 2005, p.14-15)

D’autres disent que le créole n’est parlé que par un nombre réduit de personnes, alors qu’en fait le créole est parmi les langues les plus parlées du monde. D’après les linguistes, il y aurait six mille à sept mille langues parlées dans le monde. La Linguasphere Observatory divise les langues en deux catégories les macro langues qui sont parlée par plus de 10 millions de personnes et les micros langues parlées par moins de 10 millions de personnes. Et il n’y a que 82 macro langues sur la terre. Et le créole haїtien étant parlé par plus de onze millions d’âmes occupe la trente-cinquième place parmi les 82 macro langues. (Mathieu S., 2005, p. 18-20)

La grande majorité des problèmes que nous avons avec le créole sont donc un produit de nos propres complexes d’ancien peuple colonisé: nous n’avons aucun problème de bilinguisme, notre créole est une langue et une langue parlée par un grand nombre de personnes, et même si le pouvoir d’achat de ces personnes est pauvre, elles doivent être prises en considération si nous voulons vraiment vivre dans une démocratie. Comment peut-il y avoir suffisamment de textes écrits en créole si nous même nous refusons de les écrire? Écrire les textes de loi en français en  Haїti pourrait être optionnel, mais les écrire en créole est une nécessité, car le plus important dans l’écriture d’un pareil texte devrait être de s’assurer qu’il sera compris par ceux qui le liront. Il n’est pas possible d’appliquer un texte que nous n’avons pas compris, et juger un être humain dans une langue qu’il ne comprend pas est une injustice.

Découvertes sur les périodes critiques dans le développement du langage et leurs implications dans le contexte scolaire haїtien
Pour gérer de façon rationnelle la problématique de l’utilisation du créole à l’école et de l’enseignement du français en tant que langue seconde, nous devons dépasser nos complexes ancestraux en nous appuyant sur des données scientifiques.

Comme nous l’avons déjà mentionné, le créole parlé est la langue oralement la plus utilisée dans les écoles et le français oral n’est généralement pas enseigné de façon systématique. Et souvent les enfants sont obligés d’apprendre à lire en français, une langue que l’enfant et même assez souvent le professeur ne maîtrise pas trop bien.

Si le travail que nous faisions avec les enfants se basait sur des données scientifiques, l’enseignement du français en tant que langue seconde commencerait très tôt de façon structuré dès la maternelle, et le créole serait utilisé comme langue d’enseignement. En n’utilisant pas du tout la langue maternelle d’un enfant on réduit sa capacité d’assimiler le contenu enseigné, car même lorsque la personne communique dans des rapports interpersonnels avec efficience dans deux langues et semble pleinement bilingue, elle n’a pas nécessairement la capacité de fonctionner à un niveau académique dans les deux langues. Les recherches ont prouvé qu’un étudiant moyen peut développer des facilités de communication en deux ans, mais qu’atteindre une bonne maîtrise à un niveau académique peut prendre quatre à sept ans (Module de formation de SbS, 2006, p.Cool,  donc à peu près la durée des deux premiers cycles fondamentaux, et ceci lorsque l’enfant a été bien encadré ce qui n’est souvent pas le cas dans nos écoles.

Vu que les difficultés que la majorité des enfants rencontrent dans l’apprentissage d’une langue seconde tendent à persister, en leur interdisant de parler leur langue maternelle, nous ralentissons donc leur évolution durant de nombreuses années. Car tout en apprenant la langue seconde, ils peuvent s’investir dans des activités ayant un plus haut niveau de sophistication dans leur langue maternelle. Les difficultés à capter certaines nuances phonétiques peuvent partiellement handicaper leur apprentissage à la lecture par exemple.

«Même au préscolaire, pour l’aspect phonologique, il est déjà un peu tard pour l’apprentissage d’une langue seconde. Les enfants exposés à une langue seconde à partir du préscolaire peuvent garder quelques difficultés dans la prononciation de certaines nuances phonétiques. Donc pour presque tous ceux qui devront apprendre une langue seconde l’apprentissage précoce ne suffit pas pour arriver à un degré de maîtrise équivalent à celle de sa langue maternelle.» ( Dupoux E.,2001, p.388) D’après Werker et Tees «vers la fin de leur première année [de vie], les enfants commencent à démontrer une perte de sensibilité par rapport à certains contrastes phonétiques qui ne font pas partie du répertoire de sons de leur langue maternelle». (Dupoux E., 2001, p365) Il est donc absolument nécessaire d’apprendre à l’enfant à lire dans sa langue maternelle.

Souvent dans notre milieu en Haїti on se moque des nuances des erreurs de prononciation de ceux dont la langue maternelle est le créole donc de la majorité des haїtiens. En se moquant de la prononciation française et des fautes de français d’un enfant, on le prépare à traîner des complexes pour le restant de ses jours puisque dans beaucoup de cas ces difficultés persisteront. On crée aussi chez lui de profondes inhibitions vis-à-vis du français dont dans la plupart des cas il n’arrivera jamais à se débarrasser, rendant encore plus difficile l’apprentissage de cette langue. Nous devons plutôt entraîner nos enfants à accepter leurs erreurs et à les percevoir comme une opportunité d’apprendre plutôt que comme une source d’humiliation. Il faut surtout exposé l’enfant au français par tout les moyens possibles et l’encourager à le parler en évitant de corriger systématiquement ses fautes. «De nombreux spécialistes, américains particulièrement, attribuent un rôle prépondérant à la famille dans l’apparition du bégaiement. Ils appuient leur thèse sur le constat qu’ils retrouvent parmi leurs patients beaucoup de bègues pour lesquels le milieu familial a été contraignant et même perfectionniste sur le plan du langage. Ainsi ses enfants sont ils constamment repris […] On retrouve en effet chez le bègue ce souci de la perfection, proche de l’obsession.» (Besse J.-M., 1983, p.105)

Enseigner entièrement en français aux enfants réduit aussi leur capacité d’attention. D’après Peter W. Jusczyk «Les enfants de 7 mois et demi apprenant l’anglais ayant été habitués à une paire de mots isolés écoutent avec beaucoup plus d’attention des passages contenant ces mots que des passages qui ne les incluent pas.» (Dupoux E., 2001, p.369) J’ai aussi parlé à beaucoup d’enseignants de carrière travaillant dans plusieurs milieux y compris des milieux d’enfants privilégiés en Haїti, ils ont tous fait la même expérience:  une fois que l’on passe au créole, la classe s’éveille et le niveau de participation augmente considérablement. Non seulement la majorité des enfants comprennent mieux le créole, mais aussi même lorsque leur niveau de maîtrise du français est égal ou même supérieur à celui du créole, il s’identifie d’avantage au rythme et à la culture que véhicule le créole. Même dans les milieux les plus huppés et dans les contextes les plus formels en Haїti, on ne raconte pratiquement jamais de blagues en français.

Nous devons encourager nos enfants à apprendre et à pratiquer le français tout en gardant à l’esprit qu’il est extrêmement difficile pour un enfant essentiellement créolophone de rattraper en français un autre ayant appris le français à la maison.

Une autre découverte intéressante à noter est qu’«alors que la langue maternelle occupe généralement le même espace dans le cerveau d’un individu à l’autre, l’espace occupé par la langue seconde varie d’un individu à l’autre. Plus la langue seconde a été acquise tôt plus l’espace qu’elle occupe se confond à l’espace occupé par la langue maternelle. Plus le niveau de maîtrise de la langue seconde est élevé plus les espaces se confondent» (Dupoux E., 2001, p.389) Et «le plus haut niveau de maîtrise de la prononciation et de la structure grammaticale d’une langue est atteint par ceux dont l’apprentissage aura commencé très tôt durant la petite enfance. Plus l’âge auquel on aura été exposé à la langue augmente plus le niveau de maîtrise moyen baisse.» (Dupoux E., 2001, p.483)

Cependant, «l’âge d’exposition n’affecte pas tous les aspects de l’apprentissage de la langue de la même façon. Les capacités d’acquisition de vocabulaire et le développement de l’aspect sémantique ne s’altèrent pas avec le temps. La période critique pour l’apprentissage d’une langue ne concerne donc pas le développement au niveau de la compréhension.»  (Dupoux E., 2001, p.483-484).

Pratiquement toutes les études ont démontré que le nombre d’individus immergés dans la pratique d’une langue seconde à l’âge adulte et qui atteint un niveau de compétence proche de celle de la maîtrise d’une langue maternelle est relativement restreint. (Dupoux E., 2001, p. 490) Les professeurs et étudiants d’université qui font des fautes de grammaire et de prononciation dans une langue seconde n’ont donc pas nécessairement de grandes déficiences au point de vue formation générale, ni nécessairement des difficultés de compréhension du français.

À travers certaines recherches, certains ont essayé d’argumenter contre la thèse sur la période critique pour l’apprentissage d’une langue pour prouver que le problème n’avait aucun rapport avec un processus de maturation mais était plutôt lié à l’interférence de la langue maternelle dans l’apprentissage de la langue seconde. Une telle théorie validerait l’attitude des professeurs qui s’acharnent contre le créole. L’absence de l’apprentissage d’une langue maternelle durant la période critique entraînerait plutôt la réduction des capacités langagières et dans la langue maternelle acquise tardivement et dans l’apprentissage de la langue seconde. (Dupoux E., 2001, p. 492-493). On a jamais pu apprendre aux enfants sauvages adoptés et allaités par des animaux à parler. L’aptitude à la parole se perd si elle n’est pas exercée avant l’âge de deux ans. (Sarton A., 1969, p.148)

Pour maintenir et développer la capacité d’un enfant à bien assimiler une langue seconde, il est absolument nécessaire de lui offrir l’opportunité de développer au maximum sa langue maternelle car «La raison pour laquelle certaines personnes arrivent à fonctionner académiquement dans une langue seconde, c’est parce que leurs capacités sont si bien développées dans leur langue maternelle.» (Module de formation de SbS, 2006, p.Cool D’où la nécessité de continuer à développer la langue maternelle de l’enfant aussi longtemps que possible pendant qu’il apprend une langue seconde.

Pour que l’enfant ait une assurance et une auto estime saine qui l’aideront dans tout ce qu’il entreprendra dans la vie y compris l’apprentissage d’autre langue, il faut qu’il apprenne à aimer et à chérir sa langue maternelle et qu’à aucun moment il ait la sensation que sa langue maternelle est inférieure aux autres langues qu’il aura à apprendre (Module de formation de SbS, 2006, p46).

L’affirmation de notre identité comme solution à la problématique de l’enseignement du créole à l’école.
Pour nous désenclaver au niveau culturelle et linguistique, il nous faut donc nous affirmer dans ce que nous connaissons le mieux: notre langue et la culture qu’elle véhicule. C’est en la maîtrisant le mieux possible que nous développerons le plus rapidement nos capacités et notre intellect nous rendant ainsi plus apte dans l’apprentissage de toutes autres connaissances. Si nous voulons élever des jeunes sûrs d’eux, capables d’avoir une vision nouvelle et fonctionnelle pour leur pays, capables de bien maîtriser leur propre langue ainsi que plusieurs autres langues secondes telles que le français, l’espagnol et l’anglais, il faut que nous admettions les réalités suivantes :

Nous sommes une nation majoritairement constituée de nègres originaires d’Afrique.
Le français sera toujours une langue seconde pour la grande majorité des haїtiens.
Une éducation de masse en Haїti ne peut se faire qu’en créole.
Dès le plus jeune âge nous devons enseigner le français comme langue seconde aux enfants en utilisant l’audiovisuel de préférence surtout dans les petites classes pour faciliter les enfants au niveau de la prononciation.
Il ne faut pas avoir honte de parler créole.
Des fautes de grammaire et de prononciation en français ne sont pas des signes de déficiences intellectuelles.
« Pale franse se pa lespri ». Nous nous familiarisons aux français et aux autres langues étrangères dans le but d’élargir nos horizons, d’avoir accès à plus d’informations et de contrôler notre environnement, pas pour être en mesure de nier nos origines.
Nous avons droit à des services publics en créole. Il faut les exiger.
Il faut sanctionner les employés des services publics qui s’évertuent à répondre en français à des gens qui s’adressent à eux en créole. C’est une violation de la constitution.
Tous les textes officiels doivent être traduits en créole.
L’état haїtien doit exiger des maisons d’édition qu’elles traduisent tous leurs livres d’école en créole ou qu’elles ne produisent que des livres bilingues. Ceci garantirait un accès plus équitable à un matériel pédagogique de qualité et un accès à la compréhension pour toutes les couches sociales. L’argent de la subvention peut être utilisé comme moyen de pression à cet effet.
Conclusion :
La problématique de l’utilisation du créole à l’école est symptomatique d’une absence d’affirmation de soi nécessaire au plein épanouissement de la culture haїtienne. L’utilisation du créole comme langue d’enseignement dans nos écoles et du français comme langue seconde serait un pas vers l’abolition d’une colonisation psychologique que nous nous évertuons à perpétrer en nous. C’est un scénario d’autodestruction qu’il nous faudra à tout prix éliminer pour aller de l’avant.

Proposition
Tout ceci ne peut être fait sans la participation du gouvernement. Cependant, le travail fait au niveau des universités peut certainement servir de moyen de pression. Je propose donc que nous cherchions à former un comité d’experts s’engageant à travailler sur la question de la problématique de créole à l’école ainsi que sur toutes les pratiques discriminatoires qui contribuent à entraîner une négation de nous-mêmes, nous empêchant ainsi d’évoluer.

Bibliographie
Besse Jean-Marie et Ferrero Marc, 1983, L’enfant et ses complexes; l’œdipe, la castration, l’infériorité, les différences, la rivalité…, Bruxelles, Pierre Mardada, 207 p.

Dejan Iv, 2006, Yonlekól tèt anba nan yon peyi tèt anba, Port-au-Prince, Imprimerie H. Deschamps, 340 p.

Dupoux Emmanuel (dir.), 2001, Language, Brain and Cognitive Development, Cambridge, The MIT Press, 541 p.

Mathieu Suze M., 2005, Kreyòl ak Demokrasi nan Peyi d’Ayiti, Port-au-Prince, Près Nasyonal Peyi d Ayiti, 47 p.

McIntyre Ellen, Ann Rosebery et Norma Gonzalez (dir.), 2001, Classroom Diversity: Connecting Curriculum to Students’ Lives, Portsmouth, Heineman, 134 p.

Module de formation de Step by Step Internationnal sur l’éducation bilingue, 2006,

269 p.

Sarton Alain, 1969, L’Intelligence Efficace, Paris, Centre d’Études et de promotion de la lecture, 256 p.


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MessageSujet: Re: A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions   A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions EmptySam 30 Oct 2021 - 12:57

Joel, je trouve curieux que ta seule et unique critique de la bourgeoisie haïtienne traditionnelle est la question de l'utilisation de la langue française. Mais cher Joel, cite une seule société colonisée, metissée et syncrétique  au monde qui n'utilise pas la langue officielle du colon.. Même les Etats unis en ont fait les frais.

1/ Toutes les iles Caraïbes parlent la langue du colon, (anglais ou espagnol) Haiti ne fait pas exception
2/ Dans l'océan indien, c'est exactement la même chose  ... les Comores ( trois langues, français , arabe, shikomori)  l'ile Maurice ( le français, l'anglais, le créole)  sans oublier l'ile continent Madagascar ( Français et Malagasy).

Dans tous les cas, la langue du savoir est celle du colon et des élites. Donc Haiti ne fait pas exception... 

Le rapport diglossique qu'entretient le créole ou les langues autochtones avec la langue du colonisateur politique ou religieux ne s'explique pas seulement par la représentation valorisante de cette derniére, mais aussi par l'absence de supports didactiques, d'outils et d'encadrement pédagogiques. Par ailleurs, comment enseigner dans les universités un savoir technique et scientifique en l'absence d'ouvrages scientifiques de référence, de revues scientifiques.... ect

Je vais te donner un exemple concret et simple que je connais..  le cas Malgache...   Le gouvernement malgache socialiste des années 70 souhaitant décoloniser les esprits a décidé de malgachiser l'enseignement... L'Etat malgache n'avait ni les structures, ni l'encadrement pédagogique, ni les supports didactiques pour opérer un tel changement... Pour pallier au deficit d'enseignants dans les écoles publiques, des associations appelées FRAM ont été crées par des parents d'élèves, pour recruter des contractuels qui ne maitrisaient ni le français ni le malgache... On connait le résultat...Aujourd'hui, et je te parle d'expérience, l'enseignement à Madagascar est au plus bas niveau.  

En 2009, les Comores ont entamé le même processus avec le shikomori : langue parlée par le peuple comorien... ( et je salue mes copines comoriennes....Gamhandzo girls) 😅😅😅😅
Même constat d'échec. Les mêmes causes produisent les mêmes effets.

On pourrait gloser voire glousser 😂😂😂😂 pendant longtemps sur cette question, mais je maintiens que le créole ne saurait être en l'état des choses une langue d'apprentissage en Haiti mais peut être une épreuve de langue vivante à présenter au baccalauréat. 

La créolisation du pays ne peut pas se faire avec une baguette magique, il faut que les supports didactiques comme les journaux, les romans, les articles scientifiques ect soient publiés dans une langue créole standard... Il faut mobiliser les linguistes, les grammairiens, les philosophes, les historiens, les sociologues.... Tout ce petit monde creolophone n'existe pas et sont abonnés absents à supposer même qu'ils avaient un savoir créole ........Or on n'est loin du compte...

La question plus politique est comment passer d'une langue vernaculaire à une langue véhiculaire?

Toute réponse idéologique et identitaire sera catastrophique...  L'exemple malgache est criant...
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MessageSujet: Re: A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions   A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions EmptySam 30 Oct 2021 - 15:11

Je ne peux meme pas entamer cette discussion avec vous.

Trop de cliches,de lieux communs.

Quelle est la langue nationale des PHILIPPINES?

Si vous ne le savez pas ,c'est le TAGALOG;une sorte de CREOLE.

Les Philippines etaient une COLONIE ESPAGNOLE datant du 16eme siecle.Les ETATS UNIS y avaient pris possession en 1898 apres la guerre avec l'ESPAGNE .

Quelle est la langue du VIETNAM ;c'est le VIETNAMIEN .La langue du VIETNAM etait le FRANCAIS impose par la FRANCE jusqu'en 1954.

Jusqu'en 1954 ,presque tout le monde au VIETNAM etait ANALPHABETE en FRANCAIS.Seulement 6% de la population savaient lire et ecrire.

Maintenant plus de 90% des VIETNAMIENS savent lire et ecrire en VIETNAMIEN.

Cessez cette affaire avec la langue du MAITRE et ne comparez pas HAITI avec d'autres pays .HAITI est INDEPENDANT depuis 1804.

Parlant des ETATS UNIS,peut etre que vous savez ou pas que les ETATS UNIS n'ont pas de LANGUE NATIONALE;ils n'ont pas d'ACADEMIE DE LANGUE.

Vous connaissant ,on pourrait avoir cette discussion dans 10 ans,avec unautre parce que probablement je serai 6 pieds sous terre;vous repeterez lles memes rengaines.
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MessageSujet: Re: A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions   A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions EmptySam 30 Oct 2021 - 22:51

Joel & Don Karlos,


Ce lien de site internet ci-dessous sur le créole peut vous intéresser. Bonne navigation donc.

https://www.kreyoltek.online/
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MessageSujet: Re: A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions   A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions EmptySam 30 Oct 2021 - 23:21

Bon Paulo a écrit:
Joel & Don Karlos,


Ce lien de site internet ci-dessous sur le créole peut vous intéresser. Bonne navigation donc.

https://www.kreyoltek.online/

Merci Bon Paulo
Nous sommes contents de vous lire et de savoir que vous suivez fidèlement les échanges entre Sir Karlos et le vétéran Joel .
Mesi anpil pou sa
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Joel
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MessageSujet: Re: A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions   A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions EmptyDim 31 Oct 2021 - 6:32

KARLOS a l'esprit bloque dans un monde qui change.

On entend de moins en moins que le CREOLE nous isole.

Le CREOLE est l'une des lsngues les plus parlees dans les AMERIQUES.Plus que le FRANCAIS.

KARLOS doit aussi savoir que les ETATS UNIS n'ont pas de LANGUE NATIONALE ,Ce n'est pas comme les pays d'EUROPE.

Et puis GOOGLE TRANSLATE traduit n'importe quel texte en CREOLE ;de l'ARABE ,du CHINOIS,du JAPONAIS du SWAHILI etc,au CREOLE HAITIEN.

Je n'use pas les traductions au CREOLE HAITIEN ,parce qu'il a du travail qui reste ;c'est pourquoi je continue de traduire les articles en FRANCAIS a l'aide de GOOGLE TRANSLATE.

Et puis lisez cet article sur le site de Dr RAPHAEL CONFIANT,publie il y a quelque temps.
Vous ne verrez pas un tel ARTICLE sur LE NOUVELLISTE,par example;
RAPHAEL CONFIANT est un MARTINIQUAIS



A NEW YORK, LE CREOLE EST UNE LANGUE OFFICIELLE
www.temoignages.re
A NEW YORK, LE CREOLE EST UNE LANGUE OFFICIELLE
Sa ka fèt / Licence de créole
Lundi, 27 Juin, 2016 - 22:00
A New York, le créole est l’une des six langues officiellement parlées dans les institutions depuis le début de l’année. Et en France, qu’attend-t-on pour lui donner sa place, au-delà d’une reconnaissance dans la Constitution ? L’association Tikouti et l’Office de la Langue créole ont fait un premier pas auprès des mairies.

Depuis le 1er janvier 2009, le créole est officiellement parlé dans toutes les institutions de New York. L’administration s’est adaptée à une réalité en reconnaissant le créole comme l’une des six langues les plus utilisées. Les créolophones font en effet partie des 25% de New-yorkais qui n’ont pas l’anglais pour langue maternelle, et des 1,8 millions d’habitants qui éprouvent des difficultés de maîtrise de l’anglais, selon le site Grioo.com.

A l’origine, un arrêté signé par le maire de New York, Mickaël Bloomberg, en juillet 2008. Il reconnaît officiellement six langues, leur accorde une place légitime au sein de l’administration. « Spanish, Chinese, Russian, Corean, Italian and French Creole », lit-on sur le portail internet de New-York city. Oui, le créole est bien considéré en tant que langue à New York et il devient un moyen de communication dans les lieux publics. Remarquons que le français n’a pas été retenu parmi ces six langues. Les créolophones sont en effet nombreux à vivre dans cette ville, si bien que le créole (haïtien, caribéen) est devenu l’une des six langues les plus utilisées à New York, en dehors de l’anglais.
Concrètement, toutes les agences municipales sont maintenant dans l’obligation de se doter d’au moins un employé maîtrisant le créole pour assister les créolophones dans leurs démarches et traduire les informations. Formulaires, documents officiels, rapports d’inspection, tout est disponible en créole

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MessageSujet: Re: A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions   A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions EmptyDim 31 Oct 2021 - 11:52

Joel a écrit:
KARLOS a l'esprit bloque dans un monde qui change.

On entend de moins en moins que le CREOLE nous isole.

Le CREOLE est l'une des lsngues les plus parlees dans les AMERIQUES.Plus que le FRANCAIS.

KARLOS doit aussi savoir que les ETATS UNIS n'ont pas de LANGUE NATIONALE ,Ce n'est pas comme les pays d'EUROPE.

Et puis GOOGLE TRANSLATE traduit n'importe quel texte en CREOLE ;de l'ARABE ,du CHINOIS,du JAPONAIS du SWAHILI etc,au CREOLE HAITIEN.

Je n'use pas les traductions au CREOLE HAITIEN ,parce qu'il a du travail qui reste ;c'est pourquoi je continue de traduire les articles en FRANCAIS a l'aide de GOOGLE TRANSLATE.

Et puis lisez cet article sur le site de Dr RAPHAEL CONFIANT,publie il y a quelque temps.
Vous ne verrez pas un tel ARTICLE sur LE NOUVELLISTE,par example;
RAPHAEL CONFIANT est un MARTINIQUAIS



A NEW YORK, LE CREOLE EST UNE LANGUE OFFICIELLE
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Sa ka fèt / Licence de créole
Lundi, 27 Juin, 2016 - 22:00
A New York, le créole est l’une des six langues officiellement parlées dans les institutions depuis le début de l’année. Et en France, qu’attend-t-on pour lui donner sa place, au-delà d’une reconnaissance dans la Constitution ? L’association Tikouti et l’Office de la Langue créole ont fait un premier pas auprès des mairies.

Depuis le 1er janvier 2009, le créole est officiellement parlé dans toutes les institutions de New York. L’administration s’est adaptée à une réalité en reconnaissant le créole comme l’une des six langues les plus utilisées. Les créolophones font en effet partie des 25% de New-yorkais qui n’ont pas l’anglais pour langue maternelle, et des 1,8 millions d’habitants qui éprouvent des difficultés de maîtrise de l’anglais, selon le site Grioo.com.

A l’origine, un arrêté signé par le maire de New York, Mickaël Bloomberg, en juillet 2008. Il reconnaît officiellement six langues, leur accorde une place légitime au sein de l’administration. « Spanish, Chinese, Russian, Corean, Italian and French Creole », lit-on sur le portail internet de New-York city. Oui, le créole est bien considéré en tant que langue à New York et il devient un moyen de communication dans les lieux publics. Remarquons que le français n’a pas été retenu parmi ces six langues. Les créolophones sont en effet nombreux à vivre dans cette ville, si bien que le créole (haïtien, caribéen) est devenu l’une des six langues les plus utilisées à New York, en dehors de l’anglais.
Concrètement, toutes les agences municipales sont maintenant dans l’obligation de se doter d’au moins un employé maîtrisant le créole pour assister les créolophones dans leurs démarches et traduire les informations. Formulaires, documents officiels, rapports d’inspection, tout est disponible en créole

 
Quand je vais dans le sens de Joel, il me matraque comme un tonton macoute.... je soupçonne parfois Joel d'avoir fait ses classes de tonton macoute sous Duvalier: son éternel ami... et puis il s'est embrouillé avec son ancien pote..

Voyons Joel, qu'est ce que j'ai dit contre le créole pour me faire passer pour un anti-créole, c'est le contraire mon ami...

Tu me cites le cas des philippines... tu vas me trouver encore jupitérien😅😅😅, il se trouve que j'ai des amis philipino-americains..., donc tu tombes mal sur ce cas là, car c'est exactement ce que je prône....

Tu l'as dit, colonisés par les ricains et les toreados, les philippines comptent de nombreuses langues... l'espagnol n'est plus vraiment parlé, mais l'anglais si.... L'administration philippine utilise l'anglais à l'écrit comme à l'oral, certains ministéres ne disposent que la version anglaise des documents officiels... c'est pourquoi, parlant précedemment de malgachisation, il y a depuis 1987 la politique de filipinisation. Preuve en est la constitution des philipinnes qui date de la même année que notre constitution prévoit en son article 14 :

Article 14
Langue

Paragraphe 6

La langue nationale des Philippines est le filipino. À mesure qu'elle évoluera, elle se développera davantage et s'enrichira à partir des langues existant aux Philippines et des autres langues. 

Sous réserve des dispositions de la loi et, si le Congrès le juge approprié, le gouvernement doit prendre des mesures pour promouvoir et maintenir l'usage du filipino comme véhicule de communication officielle et comme langue d'enseignement dans le système d'éducation.

Tu comprends Joel, qu'il s'agit d'un processus et non pas d'une révolution... et la langue anglaise reste toujours une langue vehiculaire.. Et permets moi de te corriger cher ami, la langue nationale des Philipines est le filipino qui est à base de Tagalog qui est un rameau des langues philipines ( 192 langues)...

Sur le Vietnam, cela fait 20 ans que tu me casses le tibia avec cette roche😅😅😅, peut on comparer le vietnam, pays millénaire avec Haiti...Franchement, tu m'as déboité l'épaule...  Pour la petite histoire, le  Général Giap qui a mis une branlée à l'armée française à la bataille de Diên biên phu a dit dans ses mémoires qu'il s'était inspiré de Toussaint Louverture... ( c'est bon à savoir)... Donc Joel, c'est normal qu'on enseigne le vietnamien aux viets... oh... c'est pas la soixante d'années de colonisation qui pouvait effleurer la culture de ce pays: possession millénaire de la Chine...  Comparaison n'est pas raison.

En réalité, je ne discute pas sur le principe d'une créolisation.... non Monsieur.. non Monsieur... je suis un panafricaniste, combient de fois vais je te le repeter... si tu continues, je vais l'inscrire comme épitaphe sur ta tombe non pas quand tu seras 6 pieds sous terre, mais quand tu atteindras le septième pieds au paradis... ah oui j'avais oublié le paradis n'existe pas😅😅😅😂

oui j'ai oublié ce que je disais... ah oui... ce sont les modalités de la mise en oeuvre de cette politique qui m'interessent... Une mauvaise application ....et patapouf.... le remède devient pire que le mal.. 

Ne faisons pas un remède pire que le mal.
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MessageSujet: Re: A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions   A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions EmptyDim 31 Oct 2021 - 13:24

Comme on dit en HAITI ,dans notre belle langue:

"Mwen ba w legen"

Pour finir avec cette affaire de LANGUE OFFICIELLE.

Le CREOLEHAITIEN est langue officielle dans l'ETAT de MASSACHASUSETS.
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MessageSujet: Re: A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions   A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions EmptyDim 31 Oct 2021 - 14:01

Non mwen pa ka fini epi ayen la,  fok ou rete la pran kout baton....  ou pé pa di mwen ke depi 20 an ou ka emmerdé moun epi kreol pa ci kreol pa la , e ou pa di ayen anlé lyen ke Bon Paolo voyé bannnou la 😂😂😂( petit clin d'oeil).. ....mwen di mési Bon Paolo ...c'est bon ce lien..je ne connaissais pas..

j'ai kompri Joel pourquoi tu n'as rien dit..... Ah oui....C'est le kréol matiniké...... ahahhhh je vois....

Joel, c'est à cause de Duvalier le Martiniquais? ..... Joel a une martinikorroïde aigü qui l'empêche de voir clair...... bon... ...mwen ni an bon ti-gen medikaman baw..... i kay pete tchoou....

Au fait, je m'excuse encore une fois,  l'Etat de Massachusetts n'a aucune langue officielle dans sa constitution... L'anglais est une langue de facto... il y a une seule disposition dans la constitution de L'Etat de Massachusetts qui est l'article 20 qui prévoit simplement pour le droit de vote l'obligation de comprendre l'anglais... Donc le créole n'est pas vraiment une langue officielle... A New york la langue créole est une langue officielle... oui et ouiiiii.

En revanche, ce que tu n'as pas dit, et je le dis pour les autres, l'Etat Massachussets prône le bilinguisme dans l'enseignement...oui.....c'est le transitional bilingual Act de 1973 qui le permet.... 

Et là encore on voit c'est la même méthode de " petit à petit l'oiseau fait son nid" qui est appliqué pour permettre aux enfants d'immigrés de s'adapter à l'anglais.... c'est l'immersion linguistique....

Article 20 
No person shall [have the right to vote, or] be eligible to office under the constitution of this commonwealth,  who shall not be able to read the constitution in the English language, and write his name: -- provided, however, that the provisions of this amendment shall not apply to any person prevented by a physical disability from complying with its requisitions, nor to any person who now has the right to vote, nor to any persons who shall be sixty years of age or upwards at the time this 

Je rappelle qu'il existe l' Akadèmi Krèyòl Ayisyen,..... eh oui.. voir photo ci dessous..

Donc nou dako...


Dernière édition par Don Karlos le Dim 31 Oct 2021 - 14:43, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions   A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions EmptyDim 31 Oct 2021 - 14:33

A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions 1c4f5210

Installation de Monsieur Pierre André Pierre à la tête de l'académie du créole haitien..
Donc tout n'est pas perdu..
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MessageSujet: Re: A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions   A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions EmptyDim 31 Oct 2021 - 21:05

.


Dernière édition par Bon Paulo le Dim 31 Oct 2021 - 21:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions   A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions EmptyDim 31 Oct 2021 - 21:25

Don Karlos a écrit:
Non mwen pa ka fini epi ayen la,  fok ou rete la pran kout baton....  ou pé pa di mwen ke depi 20 an ou ka emmerdé moun epi kreol pa ci kreol pa la , e ou pa di ayen anlé lyen ke Bon Paolo voyé bannnou la 😂😂😂( petit clin d'oeil).. ....mwen di mési Bon Paolo ...c'est bon ce lien..je ne connaissais pas..

j'ai kompri Joel pourquoi tu n'as rien dit..... Ah oui....C'est le kréol matiniké...... ahahhhh je vois....

Joel, c'est à cause de Duvalier le Martiniquais? ..... Joel a une martinikorroïde aigü qui l'empêche de voir clair...... bon... ...mwen ni an bon ti-gen medikaman baw..... i kay pete tchoou....


Don Karlos,


Pa gen problèm.
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MessageSujet: Re: A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions   A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions EmptyDim 31 Oct 2021 - 21:29

Marc H a écrit:
Merci Bon Paulo
Nous sommes contents de vous lire  et de savoir que vous  suivez  fidèlement les échanges entre Sir Karlos et le vétéran Joel .
Mesi anpil pou sa

Marc Henri,


Pa gen problèm.
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MessageSujet: Re: A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions   A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions EmptyLun 1 Nov 2021 - 6:21

Pani tchak Bon Paolo
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MessageSujet: Re: A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions   A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions EmptyLun 1 Nov 2021 - 10:58

[quote="Don Karlos"]Non mwen pa ka fini epi ayen la,  fok ou rete la pran kout baton....  ou pé pa di mwen ke depi 20 an ou ka emmerdé moun epi kreol pa ci kreol pa la , e ou pa di ayen anlé lyen ke Bon Paolo voyé bannnou la 😂😂😂( petit clin d'oeil).. ....mwen di mési Bon Paolo ...c'est bon ce lien..je ne connaissais pas..

j'ai kompri Joel pourquoi tu n'as rien dit..... Ah oui....C'est le kréol matiniké...... ahahhhh je vois....

Joel, c'est à cause de Duvalier le Martiniquais? ..... Joel a une martinikorroïde aigü qui l'empêche de voir clair...... bon... ...mwen ni an bon ti-gen medikaman baw..... i kay pete tchoou....

Au fait, je m'excuse encore une fois,  l'Etat de Massachusetts n'a aucune langue officielle dans sa constitution... L'anglais est une langue de facto... il y a une seule disposition dans la constitution de L'Etat de Massachusetts qui est l'article 20 qui prévoit simplement pour le droit de vote l'obligation de comprendre l'anglais... Donc le créole n'est pas vraiment une langue officielle... A New york la langue créole est une langue officielle... oui et ouiiiii.

En revanche, ce que tu n'as pas dit, et je le dis pour les autres, l'Etat Massachussets prône le bilinguisme dans l'enseignement...oui.....c'est le transitional bilingual Act de 1973 qui le permet.... 

Et là encore on voit c'est la même méthode de " petit à petit l'oiseau fait son nid" qui est appliqué pour permettre aux enfants d'immigrés de s'adapter à l'anglais.... c'est l'immersion linguistique....



Se pa repwoch m ap fe w KARLOS men se pou w al etidye ISTWA KREYOL AYISYEN an ,ke anpil AYISYEN pa konnen.

Le francais n'a jamais ete la LANGUE D'HAITI ou bien la langue de SAINT DOMINGUE si vous voulez.

LE CREOLE a toujours ete la langue d'HAITI et ceci depuis le debarquement des FRANCAIS sur l'ile KISKEYA.
Les premiers colons francais venaient de l'OUEST de la FRANCE .Ces colons ne parlaient pas FRANCAIS et ce sont eux qui ont donne la fondation du CREOLE HAITIEN.
Sur cette question ,vous avez raison ,c'est la LANGUE du MAITRE;le CREOLE ,pas le FRANCAIS.

Le CREOLE parle dans des anciennes colonies francaises ,comme la DOMINIQUE ,SAINTE LUCIE,TRINIDAD etc separees de la FRANCE depuis au moins 2 siecles;oui ce CREOLE est trop similaire a celui d'HAITI;pour qu'il y a coincidence.

Ces ILES ,precitees ,etaient devenues COLONIES ANGLAISES,il y a environ 2 siecles.

Quant a l'EDUCATION BILINGUE dans l'ETAT du MASSACHUSETS et aussi de NEW YORK;ne vous pressez pas pour donner une OPINION.

Le CREOLE HAITIEN devenu une langue officielle ,n'a rien a voir avec l'EDUCATION BILINGUE.Le CREOLE HAITIEN etant parle par une bonne portion de la population de ces ETATS;le gouvernement de ces ETATS ont pris un DECRET faisant du CREOLE HAITIEN une langus officielle ,au meme titre que l'anglais
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MessageSujet: Re: A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions   A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions EmptyLun 1 Nov 2021 - 11:21

KARLOS se pou wou;mwen toujou di w pa prese;REFLECHI ,

Tande GOUVENE JENERAL,ansyen KOLONI ANGLE sa a ap di ki PLAS ,LANG KREYOL lan genyen lan KILTI yo.

KREYOL wi ,pa FRANSE.KREYOL ki pale lan sent lisi an,se yon KREYOL nenpot AYISYEN ka konprann:



Epitou ,gade kijan KREYOL AYISYEN an ,ap LAYITE l lan NOUYOK

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MessageSujet: Re: A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions   A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions EmptyLun 1 Nov 2021 - 13:02

Jojo, sur Sainte lucie, tu sais combien de fois je suis allé, c'est à deux pas de la Martinique..donc je connais bien... Je connais quasiment toutes les iles de la Caraïbe...à l'exception de Trinidad, Barbade et la Jamaïque...

A sainte Lucie, ils parlent trés peu créole, il est même méprisé.. en dehors de quelques grandes personnes comme on dit qui parlent créole, la majorité des jeunes ignore la langue. Et en plus c'est trés mal vu de parler créole.. Ceci étant, il y a un regain pour la langue..  Mais cela reste un phénoméne bourgeois.. ( au parlement premier discours d'entree en kreol, dictionnaire, une chaine de tele en kreol, le calypso l'utilise de plus en plus... ect) 

En'Martinique par exemple, l'utilisation du créole est devenu un phénomène bourgeois... car pendant longtemps, il était strictement interdit aux enfants de parler kréol...  Il y a un type en Martinique qui s'appelle Joby Bernabé qui a beaucoup milité pour que les martiniquais embrassent plus la langue...
https://www.youtube.com/watch?v=JQIastEMes4

Bref... ce que tu dis dans le milieu bourgeois haitien, ce mim bitin mim bagay dans les autres iles..
Sur l'usage du kreol par les colons appelés " engagés" c'est vrai qu'ils ne se comprenaient pas à cause des patois locaux...le créole est devenu le ciment... mais ce créole va s'enrichir de la syntaxe africaine à l'arrivée les esclaves...
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MessageSujet: Re: A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions   A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions EmptyLun 1 Nov 2021 - 13:04

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MessageSujet: Re: A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions   A l'occasion du mois du CREOLE-quelques reflexions EmptyLun 1 Nov 2021 - 14:15


"Vous lire,je ne sais quoi vous repondre.

Etes vous vraiment haitien?
Quand vous essayez de vous exprimer en CREOLE;vous le faites dans le CREOLE MARTINIQUAIS.LA MARTINIQUE qui est encore une possession de la FRANCE ou une colonie francaise,si vous voulez.

Ecoutez ce que dit la GOUVERNEURE GENERALE de SAINTE LUCIE et aussi l'EVEQUE CATHOLIQUE de cette ILE.

SAINTE LUCIE avait ete une possession BRITANNIQUE depuis 1803 si je me souviens; pendant la meme periode que NAPOLEON avait vendu LA LOUISIANNE a NAPOLEON ce qui avait plus que doubler le TERRITOIRE des ETATS UNIS;des millions de kilometres carres.

DAMN!!!!!
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