Forum Haiti : Des Idées et des Débats sur l'Avenir d'Haiti
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 Essai: Si j'etais president

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gwotoro
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MessageSujet: Essai: Si j'etais president   Essai: Si j'etais president EmptyLun 6 Aoû 2007 - 0:16

Je viens de trouver un texte tres interessant ecrit en juin 2006.

L'auteur propose, en quelque sorte, son programme s'il etait president d'Haiti.

Bonne lecture!

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SI J’ÉTAIS PRÉSIDENT
essai

I - Le court terme


La mentalité

Récemment, dans un cercle littéraire, j’ai rencontré un compatriote exemplaire en matière de fanfaronnade, un Gros Morceau. Comme chacun d’entre nous, il aime profondément son pays. Naturellement, la conversation n’a pas tardé à rouler sur Haïti et mon interlocuteur, fort en verve, ne s’est pas fait prier pour révéler qu’il est bien introduit dans les milieux politiques : il faudrait même l’imaginer avec vingt ans de carrière derrière lui, fût-ce seulement par procuration, grâce à un frère qui travaille dans une organisation internationale. Au détour d’un commentaire, il m’a demandé : « Et maintenant, qui sera président en 2011 ? » La phrase m’a surpris, presque choqué. Monsieur Préval, notre nouveau président, n’était pas encore entré en fonction que son élection était déjà de l’histoire ancienne pour Gros Morceau. Conjecturant une plaisanterie, j’ai guetté un sourire sur les lèvres du causeur : en vain.

Au bout d’un moment, j’ai dû admettre que l’homme avait vraiment hâte de voir la fin de ce mandat à venir. Ébranlé, je lui ai répondu avec candeur : « Et le peuple qui, dans l’intervalle, attend une amélioration de sa condition, l’as-tu oublié ? » Pour bavard qu’il ait été jusque-là, il n’a pas répliqué, comme s’il n’avait aucune idée sur le sujet. Seule la présidence semblait l’intéresser. J’ai passé l’heure à tenter de le convaincre que le fauteuil rembourré du palais albâtre n’est pas le seul siège qui compte : il y a aussi, dans Port-au-Prince et au-delà, nombre de petites chaises de paille à occuper ; elles sont peut-être grouillantes de punaises, mais ceux qui montreront de l’habileté à s’y asseoir et faire œuvre utile n’en seront que plus dignes de respect. Dans la foulée, j’ai prêché qu’un recalé à l’élection présidentielle peut encore être utile à son pays s’il le veut : ce qu’il ne peut accomplir en tant que chef suprême, il peut l’adapter à un autre niveau. J’ignore si ce sermon a eu un effet.

De retour au bercail, je critiquais encore la mentalité de Gros Morceau et des politiciens qui lui ressemblent. Mais depuis, j’ai trouvé une autre façon de l’aborder pour en retenir l’aspect positif : il faut effectivement se projeter dans l’avenir, car il est clair qu’une seule mandature ne suffira pas pour redresser Haïti ; il y a tant à faire.

Lancé sur ces idées d’action et de redressement, j’ai saisi l’occasion pour me reposer la question : « Si j’étais président, que ferais-je pour Haïti ? » Et j’ai essayé d’y répondre avec honnêteté. Bien sûr, d’autres fonctions méritent une égale attention : « Si j’étais sénateur, député, maire de telle ou telle commune, simple citoyen, comment m’y prendrais-je pour faire exister Haïti ? donner un sens au fait d’être Haïtien ? » Cette période post-électorale est un bon moment pour se poser ces questions parce que, normalement, une élection implique une impulsion, un nouveau départ. Et des bras animés d’une vigueur nouvelle, toute coumbitique¹, sont prêts à se mettre au travail ; ils n’attendent que l’envoi de la chanson qui galvanise et donne du cœur à l’ouvrage. Certes, l’idéal serait que les politiciens fassent campagne et dévoilent leurs plans pour le pays à l’aube des élections sinon avant. Mais s’ils en sont dépourvus, c’est tout à leur honneur de rester muets ou de parler avec une sourdine, redoutant que l’on vote pour eux. Néanmoins, au lieu de retourner au silence, les candidats battus devraient profiter de la distance qui les sépare des futures échéances électorales pour peaufiner et divulguer leurs projets ou simplement leurs idées.

Chaque Haïtien devrait faire cet exercice, non dans l’intention d’empêcher les élus de travailler mais plutôt pour les aider à construire l’avenir. En ce qui me concerne, je vais livrer mon programme « Feu de tout bois » pour maîtriser L’Île Rebelle et ce n’est plus du roman. Il s’étale sur vingt ans et au-delà. La projection peut paraître longue. Chez les banquiers, le court terme évoque un horizon à moins de deux ans ; le moyen terme, deux à cinq ans ; et le long terme, tout ce qui dépasse cette limite. J’ai multiplié ces valeurs par quatre en prévision de lenteurs aux causes multiples et diverses : songez que le gouvernement intérimaire a mis vingt-quatre mois pour organiser des élections quand six suffisent dans d’autres pays.

L’objectif étant de construire Haïti en scientifique et non en politicien, l’idée de réélection sera écartée. Cet article n’est pas une lettre ouverte au président de la République. Toutefois, j’en profite pour souligner combien la situation du nouvel élu est unique. Pour avoir déjà exercé cette charge, monsieur Préval connaît le terrain ; et n’étant pas éligible en 2011, il se trouve libéré des entraves induites par l’envie d’être réélu. Il peut donc saisir cette chance pour faire des réformes massivement bénéfiques. Fin de la parenthèse.

L’essence de « Feu de tout bois » se résume en un mot : simplicité. Cela ne revient pas à nier la complexité du casse-tête haïtien. Pour résoudre un problème difficile, une bonne méthode consiste à le décomposer en sous-problèmes et en terminer avec les plus simples d’abord. L’impact psychologique de ces petites victoires est un gain progressif en assurance.

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