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 Etre historien haïtien des relations internationales d’hier

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piporiko
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MessageSujet: Etre historien haïtien des relations internationales d’hier   Etre historien haïtien des relations internationales d’hier EmptySam 8 Sep 2007 - 18:52

Etre historien haïtien des relations internationales d’hier à aujourd’hui (notes de réflexion)

Par Leslie F. Manigat



N-B. Voici une occasion unique pour expliquer des coïncidences accumulées non fortuites. Cette plume qui entame la rédaction finale de cet article vient d’achever la toute avant-dernière toilette du tome 4 de notre « Eventail d’Histoire Vivante d’Haïti » consacré, ainsi que le tome suivant et terminal à venir le tome 5, aux « Aspects et Problèmes de l’Histoire de la Diplomatie et des Relations Internationales d’Haïti de Toussaint Louverture à nos jours ». Notre tome 4 pourra donc être lancé à la prochaine rentrée universitaire de fin octobre, et le tome 5 final de la série à « Livres en folies » de l’année prochaine, si Dieu nous prête vie. Et je dis merci à la vie d’avoir fait de moi l’heureux porteur du brossard 77 dans la course par étapes de pérégrination festive à l’occasion de mon 77ème anniversaire en ce mois d’août 2007. Et ceci marque enfin le 50ème anniversaire du premier cours universitaire inauguré chez nous sur les relations internationales, deux ans avant la création par nos soins de l’Ecole des Hautes Etudes Internationales de l’Université d’Haïti (INAGHEI).



Il y a moins de dix ans, à l’occasion du dernier colloque tenu dans les Salons de la Sorbonne par mon collègue et fraternel ami le professeur René Girault avant de mourir d’un cancer impardonnable, et pour dire adieu à la communauté universitaire historienne et à toute une vie de recherches et de publications, la question posée par lui-même pour y proposer sa dernière réponse personnelle, et en stimulant d’autres, était ainsi formulée : « Etre historien des relations internationales aujourd’hui ». Question d’autant plus pertinente que la grande ombre des prestigieuses « Annales » de Lucien Febvre, de Marc Bloch et de Braudel obscurcissait encore un peu l’éclat de l’Ecole de l’histoire des relations internationales si solidement et brillamment inaugurée par ce grand maître que fut Pierre Renouvin. Querelle franco-française dans laquelle Girault prit vigoureusement parti en faveur de notre maître Pierre Renouvin et de son disciple et successeur Jean-Baptiste Duroselle. « Etre historien des relations internationales », qui en porte un témoignage final, fut, en effet, le titre du dernier livre de René Girault, ses ultissima verba universitaires. René fut un frère : on a été étudiant d’histoire en faculté à la même époque, on a enseigné ensemble notamment à Vincennes (Université de Paris Cool, publié ensemble, voyagé ensemble, vécu ensemble « en famille », lui quand, longtemps après Vincennes, je venais à Paris en voyage ou en court séjour et quand, en 1989 et 1990, il contribua fortement à me faire inviter au Département d’Histoire comme professeur à la Sorbonne (Université de Paris I), moi quand je le faisais chercher pour une mission d’enseignement à l’University of the West Indies (UWI) à son premier voyage en Amérique, en un élargissement d’horizon qui devait devenir mondial chez cet esprit encyclopédique et humaniste, d’ailleurs admirateur de Lucien Febvre et de Marc Bloch dont je me réclame moi-même d’être l’ancien élève et le disciple sans sentiment d’incompatibilité, tout au contraire. Duroselle, ce grand esprit libéral de la Sorbonne d’autrefois, mon grand ami et bienfaiteur, m’a présenté publiquement comme un « disciple de Lucien Febvre » dans son équipe d’historien des Relations Internationales à l’Institut Renouvin de l’IRIC.

Ne me trouvant pas – ou pas encore, Dieu aidant – dans de telles circonstances dramatiques de départ imminent pour l’au-delà, mais simplement au moment décisif du retrait total et définitif de tout engagement actif comme dirigeant ou militant politique et donc « en retraite » de toute activité partisane dans aucune compétition pour le pouvoir, j’ai le loisir enfin, à cette phase crépusculaire de ma vie, de repenser à la problématique de notre cher disparu : être historien des relations internationales aujourd’hui, en l’illustrant par son application au cas d’Haïti mon pays. Mon propos sera donc : Etre historien haïtien des relations internationales, d’hier à aujourd’hui (Notes de réflexion).



Au préalable, j’évacue, pour un autre débat prochain, deux questions préliminaires :

1) « Etre Haïtien aujourd’hui : le ressac ? ». Pour les besoins de la cause, je présume savoir ce qu’est être haïtien aujourd’hui, en l’assortissant d’ores et déjà cependant d’une interrogation : Le ressac ? C’est qu’en réalité il y a lieu de revenir au thème de l’haïtianité sous forme de question. C’est quoi être haïtien aujourd’hui, car beaucoup d’eau a coulé sous les ponts de la citoyenneté et de l’identité haïtiennes depuis la « massification » duvaliéro-aristidienne et la dissémination des émigrés et des boat-people et autres en diasporas tricontinentales.



2) « Etre historien aujourd’hui : à quoi cela sert ?». Deuxième question à laquelle je présume pouvoir donner une réponse ayant fait de ma vie professionnelle l’exercice du métier d’historien, mais en l’assortissant d’une interrogation cependant : à quoi sert ma propre discipline et quelle est sa validité ? Ce qui signifie qu’il faudra également revenir au thème de la conception de l’histoire et de la profession d’historien pour en débattre : définition (car il y a histoire et histoire), méthode et techniques (car la vraie histoire a ses exigences méthodologiques), fabrication et utilisation (multiformes et diversement fondées, ne serait-ce que seulement pour justifier son plaisir légitime car tous les goûts sont dans la nature). Tout un programme !
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piporiko
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MessageSujet: Re: Etre historien haïtien des relations internationales d’hier   Etre historien haïtien des relations internationales d’hier EmptySam 8 Sep 2007 - 18:56

La suite
Par Leslie F Manigat

Ces précautions liminaires explicitées, c’est quoi « être historien haïtien des relations internationales à part entière, d’hier à aujourd’hui ? ».

Vu la structure de ma formation de pensée et les données contextuelles prévalant dans mon pays qui donnent la priorité à la faim et à l’ignorance majoritaires qui nous interpellent en rendant quasi-désertique et presque luxueux le champ de la fine élégance universitaire importée ou localement refondue et approfondie pour les besoins académiques de la reproduction sociale, ma réponse allait spontanément être d’abord sinon même exclusivement analytique, mais elle s’est chargée naturellement d’être encore plus problématique pour être à bonne école et de plus grande utilité fonctionnelle.



1) être historien haïtien des relations internationales est une spécialité dans l’exercice du métier d’historien, comme un chirurgien en médecine. En quoi consiste cette spécialité, si c’en est une vraiment, et, si oui, à quoi sert-elle dans l’océan des besoins à satisfaire ? Voici Pauléus Sannon et CLR James écrivant chacun une magistrale biographie de Toussaint Louverture, alors que Louis-Marceau Lecorps et Alfred Nemours ont focalisé l’intérêt de leurs publications respectives l’un sur la diplomatie l’autre sur les relations internationales de notre Toussaint. Les « spécialistes » n’ont pas fait mieux que les « généralistes ». Mais les premiers, avec sans doute moins de talent, ont rendu possible une tentative postérieure qui, centrée sur Toussaint diplomate, a élargi et poussé en profondeur la vision spécialisée du personnage dans le sens de l’histoire totale qui faisait dire à Lucien Febvre que c’est un homme tout entier qu’il tirait à lui quand il le prenait par la tête ou par les pieds. Le meilleur spécialiste trouve sa toute valeur quand son savoir est sous-tendu par sa science de meilleur généraliste. Le sens du général prime dans une bonne vision spécialisée. Il y va ainsi, bien entendu, en matière d’histoire de la diplomatie et des relations internationales d’Haïti de Toussaint Louverture à nos jours.



2) question connexe : mais n’est-ce pas aussi une sociologie et une praxéologie au sens de Raymond Aron (déterminants et régularités, normes idéalistes et pratiques réalistes), avec son outillage mental et son instrumentalisation, bref un « art » dans lequel certains excellent, d’autres moins ? Ici encore la comparaison avec la médecine vient à l’esprit, mais aussi avec l’architecture ou le droit ou les relations internationales etc. Oui : satisfaire un besoin d’histoire. La myopie de la diplomatie lavalassienne tient dans une large mesure à un déficit d’histoire. Comme si tout commençait avec elle !



3) c’est aussi une éthique (c’est à dire une explication avec soi-même en vue de contribuer à assurer de l’avenir à la morale pour le respect par tous d’un code de bonne conduite en société et de la promotion scrupuleuse de la vérité). Ici l’enquête et ses procédés d’investigation pour aboutir à la découverte de la vérité ont fait comparer notre profession avec celle du juge d’instruction. Mais pas seulement pour le processus d’enquête, mais aussi pour l’intelligence de l’enquêteur et les exigences de son environnement moral. Marc Bloch a pu écrire que la défaite de la France en 1940 fut une défaite de l’intelligence. Dans un autre sens mais voisin, nos défaites tout au long de notre histoire internationale ont été pour beaucoup des défaites de l’intelligence. Gaillard a même parlé de « déroute » de l’intelligence à propos de la génération de Firmin face d’abord à « Tonton Nord », puis face à Antoine Simon, les deux détenteurs de la force militaire brute. Charlemagne Péralte n’a pas pu sortir vainqueur de la confrontation armée avec les « marines » lors de l’insurrection nationaliste des cacos. Le collectif de l’histoire internationale d’Haïti ne privilégie pas l’histoire sainte, et la foi et la probité ne sont pas toujours des valeurs payantes dans l’évolution de l’humanité.



4) et c’est enfin une « vision du monde » (Weltanschauung), cette expression allemande utilisée directement en français scientifique ou savant, pour traduire une capacité de concevoir et d’embrasser une vision de totalité englobante et cohérente du monde intérieur et extérieur aux dimensions de la compréhension humaine voire humaniste, jusqu’à la traduire en modèle prévisionnel comme lorsque Lévy-Strauss analyse les structures de la parenté. L’histoire culturelle internationale d’Haïti a été une « lutte pour la civilisation » (le mot de Bismarck était « Kulturkampf »), car la grande performance haïtienne de tous les temps a été d’avoir été la championne de la cause de « l’Egalité des Races Humaines », cette ouverture sur l’humanité, s’il le fallait contre le monde lui-même. La polémologie même dans sa panoplie de moyens efficaces pour tuer collectivement, relève d’une conception de visionnaire mondialiste où le souci humanitaire trouve sa place au cœur de la tragédie inhumaine par excellence de la guerre. A ce niveau, ma réponse analytique rejoint ma réponse problématique.



En effet, ma réponse peut aussi et doit résider dans une approche problématique qui fait comprendre de l’intérieur, grâce à des méthodes de saisie des problèmes, ce tissu arachnéen des mille liens qui tiennent, organisent et dynamisent l’évolution de l’histoire de nos relations internationales de Toussaint Louverture à nos jours. C’est cette approche qui a mes préférences parce que d’abord, elle me fait entrer davantage personnellement dans l’histoire que j’écris – exigence de ce que Sartre appelle une « psychanalyse existentielle » -, ensuite parce qu’elle me permet d’éprouver mon penchant à être non-conformiste – la recherche de la vérité est souvent dérangeante -, et enfin parce qu’elle me parait offrir les conditions optimales de réalisation d’un idéal professionnel moderne de l’histoire scientifique, c’est à dire totale et vivante, car ces méthodes de saisie des problèmes correspondent à des schémas ou « patterns » à modules adaptables et extensibles à l’usage qu’on veut en faire. C’est ce qui en fait l’intérêt pour les jeunes en général (besoin de savoir pratique rapide) et pour les apprentis du métier en particulier (des recettes professionnelles aux ficelles) en refusant toutefois la facilité complaisante. De toute façon, l’article premier du livre de raison de l’historien, pour la nouvelle histoire, stipule : « pas de problèmes, pas d’histoire ».



Je veux illustrer mes dires par sept méthodes de saisie des problèmes qui sont dans le harnais quotidien des acteurs individuels ou dans le collimateur usuel des stratèges sociaux. Comme dit le vulgaire, ce n’est pas la mer à boire. Je les range dans l’armoirie par sept jeux de trilogies à commencer par le plus facile et banal :

« passé, présent et avenir » soit la méthode trilogique de saisie des problèmes selon l’ordre de déroulement proprement historique ou l’ordre chronologique des phénomènes. Ce sont les trois dimensions de l’histoire. Autrement dit, tout ce qui fut (le passé, c'est-à-dire ce que les hommes voulurent, firent et accomplirent, et qui est donc révolu. Autrefois, ce fut l’objet essentiel et même unique de l’histoire dont l’étude scientifique ne pouvait couvrir un passé trop récent, qu’on appelait péjorativement l’actualité. Les poètes avaient une conception de l’histoire moins étriquée quand l’un d’entre eux rappelait qu’ « à chaque fois que l’heure sonne, tout ici-bàs nous dit adieu ». L’histoire ne s’aventurait pas au-delà de l’hier avec une garantie prudentielle de distance. C’est un fait récent que l’annexion de l’espace-temps historique par l’aujourd’hui (le présent c'est-à-dire l’histoire immédiate avec laquelle le présent est devenu la deuxième dimension de l’histoire scientifique). Ainsi le « laissez-grain-nin » de Saget et celui de Préval, deux faux laissez-grain-nin autoritaires, venus de deux temps et de deux régionalismes dissemblables, sont justiciables aujourd’hui de l’analyse différentielle historique, avec les arrière-pensées liberticides de leurs régimes respectifs. Et enfin, la conquête du futur comme objet d’histoire a élargi notre discipline à sa troisième dimension, (l’avenir, c'est-à-direnon pas une anticipation comme avec la science-fiction, mais une prolongation du développement historique des tendances vers des projections des temps à venir, comme en démographie dans l’analyse des populations. La futurologie historique scientifique a pu ainsi naître. Mais il faut convenir que l’historien demeure essentiellement l’homme de la maîtrise du passé comme passé.
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MessageSujet: Re: Etre historien haïtien des relations internationales d’hier   Etre historien haïtien des relations internationales d’hier EmptySam 8 Sep 2007 - 19:09

D’ailleurs seul le schéma de cette méthode de saisie des problèmes permet de découper l’évolution historique en phases successives ou tranches chronologiques, opération fameuse appelée la périodisation. Par exemple, quand on étudie l’histoire de la diplomatie de la canonnière ou « gunboat diplomacy » en Haïti en 1934 au départ des « marines » du sol de la patrie, on trouve des étapes du phénomène qui permettent son éclairage naturel, depuis l’affaire de La Navase avec la saisie et l’appropriation américaines du territoire de cet îlot originellement haïtien, à l’affaire du « Mathias » avec le « kidnapping » des fonds-or de réserve de la Banque Nationale d’Haïti par un commando de « marines » à bord de ce steamer américain, en passant par l’ « affaire Maunder » anglaise et « l’affaire Luders » allemande, sans oublier l’intervention de la flotte de l’amiral Gherardhi en 1891 pour demander le Môle Saint Nicolas, et le coup franco-allemand de l’implantation financière par le contrôle de la Banque Nationale d’Haïti en rivalité de confrontation avec Wall Street dans la lutte pour la prépondérance en Haïti. L’aboutissement de ces épisodes, qui ont été autant d’étapes de la diplomatie de la canonnière, sera l’occupation militaire américaine de 1915, consacrant le couronnement en bouquet final de l’histoire de la « gunboat diplomacy » en Haïti jusqu’à la « seconde indépendance » de 1934 avec le retrait des forces d’occupation étrangères. La matrice de cette histoire est de chez nous, le moule original est de fabrication locale. L’historien haïtien des relations internationales « nan tèt jwèt li ».



« hommes, idées et événements », c’est l’une des plus populaires des trilogies

dans la recherche des plans logiques de classement des données, et elle avait la faveur de mes étudiants historiens débutants de l’Ecole Normale Supérieure qui l’appliquaient aussi en littérature : (les hommes, les idées et l’œuvre) ou en philosophie (biographie, pensée et histoire). Sa difficulté est de distinguer les trois parties pour éviter les redites. D’abord qui (les hommes c'est-à-dire les acteurs en chair et en os, individuels ou en groupes, à identifier comme sujets). Puis ce qu’ils avaient à l’esprit (leurs idées, c'est-à-dire leurs représentations, leurs manières de voir, leurs projets, leurs volontés, leurs volitions, leurs sentiments, les mentalités collectives). Enfin les faits relatifs à l’action de ces hommes (les événements c'est-à-dire ce qui s’est produit d’important et de significatif, les occurrences et circonstances, les épisodes d’une chronique, la gestion des actualités et des situations ponctuelles). Cette trilogie peut servir d’illustration pour rendre compte par exemple d’un thème comme Haïti et la Convention de Lomé. D’abord les hommes concernés, les acteurs en cause : d’un côté les partenaires Nord-Sud de la Convention et de l’autre le candidat puis le participant haïtien une fois admis. Puis les idées du système de Lomé dans le contexte idéologique Nord-Sud Europe et le groupe Afrique, Caraibes-Pacifique ACP. Enfin les événements à partir de Yaoundé pour aboutir à l’évolution de Lomé I à Lomé IV. Mais la préparation de la participation d’Haïti fut un processus qui remontait au gouvernement de Jean-Claude Duvalier et sa gestion d’alors par ceux qui eurent à en traiter. Mon administration fut instrumentale pour l’admission en 1988, mais l’évolution remonte aux années 1970 quand à l’Institut des Relations Internationales de l‘University of the West Indies j’avais mis la question à l’ordre de nos préoccupations, organisé en avril 1986 la première conférence sur le sujet dans le Nouveau Monde avec mon adresse inaugurale intitulée « La Convention de Lomé ; l’historique », et que, invité spécial à la conférence d’institutionnalisation du groupe ACP de la convention de Lomé en juin 1986, j’ai pu témoigner du rôle stellaire de la Caraïbe dans ce processus d’institutionnalisation. Telle fut l’histoire de cette tranche historique de nos relations internationales. Sonje tè d’Ayiti sa’l te ye, lè n’ap ekri listwa pou jenès la.



« genèse, structure et évolution » comme dans le mouvement naturel de la

pensée, le jeu de la dynamique historique normale. Autrement dit : l’origine (ou genèse, c'est-à-dire le commencement, les conditions de naissance et d’apparition d’un phénomène), l’organisation (ou structure c'est-à-dire une composition mise en ordre stable, un agencement découvert dans le réel ou conféré au réel, le modèle étant la tectonique des géographes, ou l’état d’existence de réalités de déformation lente ou de complexité nodale) et le développement (ou évolution c'est-à-dire le changement des formes d’être et de se comporter vers un épanouissement ou une maturité ou un déclin, un passage d’un type d’activités à un autre au service de la même fonction, comme l’évolution de l’éclairage au bois pin à l’éclairage à l’électricité, ou de la cuisine au charbon à la cuisine au gaz. Le premier exemple historique dans l’étude de la genèse, de la structure et de l’évolution du statut de nos relations politiques et économiques avec l’extérieur nous est offert par le système louverturien international de 1793 à 1802, préface de génie à nos deux cents ans d’histoire diplomatique. J’en ai mis à nu la trame, la substance et la dynamique évolutive dans mon « Toussaint Louverture le Précurseur. Préface à l’histoire de la diplomatie et des relations internationales de Toussaint le Précurseur ». Cette méthode de saisie explicative des problèmes liés à la personnalité autoritaire complexe du premier en date des grands hommes de chez nous reconnus comme tel dans les annales de l’histoire universelle, est illustrée dans cette monographie. Cette histoire s’est écrite chez nous, au double sens de comment on écrit l’histoire des relations internationales d’Haïti. Se zafè pa nou men’m !
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MessageSujet: Re: Etre historien haïtien des relations internationales d’hier   Etre historien haïtien des relations internationales d’hier EmptySam 8 Sep 2007 - 19:11

« thèse, antithèse, synthèse », jeu trilogique de ce qu’on appelle le modèle

dialectique dans la méthode de saisie des problèmes, rendue célèbre par Hegel et Marx, mais aussi vieille que la philosophie. Autrement dit : l’affirmation (ou thèse, c'est-à-dire une proposition affirmative à démontrer ou à soutenir), sa négation antinomique ou réfutation logique (l’antithèse c'est-à-dire l’opposition contrastée et même radicale à la proposition exprimée par la thèse (Kant), « une seconde démarche de l’esprit niant ce qu’il avait affirmé dans la thèse » (Hegel) et le dépassement de la contradiction entre thèse et antithèse (ou la synthèse c'est-à-dire soit la négation de la négation dans un accommodement qui fait avancer le processus, soit l’intégration de la thèse et de l’antithèse dans un tout qui fait passer à un niveau supérieur de réalisation).



L’histoire des relations haitiano-dominicaines de Christophe Colomb à nos jours offre une claire illustration et fort éclairante, de la fécondité de l’approche méthodologique de la trilogie thèse, antithèse, synthèse car, même chez un Juan Bosch, la thèse est l’héritage de l’unité amérindienne par la conquista espagnole qui l’a fait survivre mais « amputée » par la convoitise guerrière française de la partie occidentale de l’île devenue plus tard Haïti. L’antithèse est donc cette Haïti afro-française contre qui s’est affranchie la partie orientale au nom de son « hispanidad » irrédentiste à l’haitianisation, réalisant son indépendance nationale contre la domination haïtienne. La synthèse de cette contradiction est son dépassement par une difficile réconciliation à construire et à réussir ensemble, avec au départ au moins une minorité d’hommes de bonne volonté des deux côtés de la frontière, en se regardant les yeux dans les yeux, pour laquelle j’avais rêvé trouver le modèle miniaturisé Konrad Adenauer-Charles de Gaulle. Rêverie d’intellectuel patriote mais trop occidentalisé dans ses schémas, ses images et ses modèles. Autrement, la synthèse au regard de l’avenir haitiano-dominicain « est sur les genoux des dieux », car soit se produit la négation de la négation par un retournement favorable à l’Est (la revanche de l’histoire au-delà du massacre de 1937 et de la politique Trujilliste, par la vraie victoire dominicaine économique, sociale et culturelle qui a commencé par la conquête du marché haïtien par la partie orientale plus avancée), soit une intégration de la contradiction à un niveau supérieur qui risque d’être l’absorption, si une véritable intégration régionale n’arrive pas à être négociée pour l’avenir entre les deux communautés.



L’histoire culturelle globale du peuple haïtien offre un cas encore plus illustratif du modèle thèse, antithèse, synthèse en action. La thèse, c’est l’assimilation culturelle par le modèle élitaire et élitiste de l’oligarchie traditionnelle haïtienne qui recueille l’héritage de la langue française comme un « butin de guerre », signe de la francophonie, de la francophilie voire de la francôlatrie haïtienne. L’antithèse, c’est la réaction de contre assimilation fondée sur la prise de conscience ethno sociale valorisant l’héritage africain comme valeur de la nouvelle esthétique voire de la nouvelle éthique haïtienne. C’est la « révolution culturelle » déclenchée à l’initiative du Dr Jean Price Mars, auteur de « Ainsi parla l’Oncle » (1928). La synthèse se développe sous nos yeux soit sous la forme de la négation de la négation en un retour critique contre le « négrisme » de la négritude, comme déjà réalisé dans le modèle Martiniquais, soit sous la forme d’une intégration à un niveau supérieur au-delà de la crise identitaire, mais pour laquelle sont en compétition contrariante une mondialisation dont l’incarnation haïtienne reste à trouver, et une américanisation qui s’en vient au galop. Etre historien haïtien des relations internationales, c’est le savoir, le comprendre et faire comprendre, et le vivre en acteur-témoin. Tout moun la dan’n ! Se responsabilité zòt nèt al kole !



« jeux, débats et combats » ou trilogie de Rapoport, du nom de l’auteur de cette méthode de saisie des problèmes pour l’explication à travers des schémas conceptuels liés à la recherche de théories moyennes d’attitudes et d’action sociale utilisables en politique analytique ou opérationnelle. Rapoport catégorise la nature des actions interactives en activités ludiques pour gagner (les jeux c'est-à-dire une activité de plaisance dont les règles commandent les conditions menant au succès ou à l’échec, au gain ou à la perte), en activités contestataires intellectuelles pour l’emporter par la persuasion (les débats c'est-à-dire une activité de discussion organisée des idées et thèses en choc d’où émergent des faisceaux de conviction les uns plus probants que les autres) et en activités d’affrontement entre adversaires qui se battent pour vaincre (les combats, c'est-à-dire une activité de confrontations antagoniques pour mettre l’adversaire hors de combat, impuissant à continuer la lutte). La trilogie de Rapoport encapsule toutes les formes de compétition qui peuvent ainsi être assignées à telle ou telle des trois branches alternatives de toute rencontre en face à face.



La politique haïtienne en général, et la politique étrangère d’Haïti en particulier, comme système de pouvoir et comme force opérante dans l’interne-externe avec une tendance croissante à une prise en charge internationale, sont le domaine par excellence d’illustration de la formule de Rapoport. Toute la politique extérieure haïtienne est cristallisée dans la trilogie de Rapoport, tantôt jeux, tantôt débats, le plus souvent combats genre « chien manger chien » à « civiliser » dans le pays qu’on disait être le pays où même la misère était joyeuse. Deux exemples viennent à l’esprit. Le premier tient dans les réclamation étrangères pour nous faire payer les dommages et torts encourus par les commerçants étrangers établis en Haïti, du fait des guerres civiles, des insurrections et des troubles d’une vie politique haïtienne turbulente, ce que j’ai appelé « l’industrie des réclamations ». La gestion haïtienne de ce problème a dû tenir compte de la politique de puissance des représentants diplomatiques et consulaires étrangers dans les jeux, les débats et les combats de ceux-ci face au partenaire haïtien pressuré. Le deuxième exemple concerne ce dernier demi-siècle (1957-2007) pendant lequel la compétition politique s’est faite sans rémission, et a rendu plus saisissante la nature de jeux (de moins en moins gratuits), de débats (plus ardus et intolérants) et de combats (plus acharnés) qu’est le scénario de la politique haïtienne contemporaine sous pression internationale. Conservatoire et laboratoire fonctionnent à fond et leur trop plein interpelle à chaud l’historien des relations internationales qui n’a pas la ressource d’un Fignolé pou’l chita sou blok glas-li pou’l gade. Li nan nan-nan kesyon – an !



« anomalie, défi et menace », la trilogie du Dr Rayford Logan que j’ai fait populariser de mon mieux en Haïti et à l’étranger depuis ces 54 dernières années pour être la définition la plus complète et la mieux appropriée des réactions des grandes puissances, les « Slaveholding Powers » et principalement les Etats-Unis d’Amérique, à la révolution haïtienne d’indépendance nationale. J’ai eu le bonheur d’accueillir à l’Ecole des Hautes Etudes Internationales de l’Université d’Haïti notre éminent congénère américain et lui ai fait plaisir en lui montrant combien nos étudiants d’alors étaient familiers de son chef-d’œuvre « The Diplomatic Relations of the United States with Haiti 1776-1891 ». D’abord une irrégularité négative par rapport à la règle (une anomalie c'est-à-dire une exception inacceptable au modèle régulier, « normal »). Ensuite une bravade appelant une « réponse » sans tarder de suppression (un défi à relever c'est-à-dire une provocation pour laquelle le grand historien anglais a construit sa fameuse séquence « challenge and response ». La révolution haïtienne est perçue comme une insolence et la réaction doit être à la mesure de cette provocation). Enfin un danger à éliminer (une menace c'est-à-dire qu’il y a péril en la demeure contre lequel la réaction hostile s’impose, littéralement, en ce qui concerne la révolution haïtienne, un mal à extirper.). Tel est le sens gradué de cette trilogie qui culmine dans la conclusion qu’il faut supprimer la menace. Nou pa’p kite bagay sa’a ale konsa, fòk nou fini ak yo tou swit.



« économies, sociétés et civilisations », trilogie célèbre par laquelle l’Ecole des

Annales a fait se définir, se présenter et s’exprimer au pluriel et en profondeur ce que le vulgaire appelle l’économique, le social et le culturel. Autrement dit le « procès » de production et les jeux de l’échange (les économies c'est-à-dire tout ce qui se rapporte à la production, à la circulation, à la distribution, à la répartition et à la consommation des richesses et des biens), les rapports de production et les relations sociales qui en découlent ( les sociétés c'est-à-dire les réalités humaines en mouvement qui déterminent et façonnent les structures sociales en catégories, couches, strates et classes au sein des ensembles collectifs), les secrétions de la vie de l’esprit et les échanges de biens culturels (les civilisations c'est-à-dire leur grammaire inscrite dans les espaces organisés dits « aires culturelles », l’outillage mental et linguistique, les mentalités collectives, les associations et complexes d’idées et de doctrines, les créations artistiques et artisanales, les religions consacrées et les spiritualités diffuses). La phase de transition actuelle de la paysannerie haïtienne dans ses rapports avec l’étranger, l’américain en tout premier lieu, offre un cas remarquable des métamorphoses d’un monde rural resté numériquement majoritaire, mais dont l’outillage économique, social et culturel est mis en cause dans l’émergence d’un conformisme des économies, d’une massification uniformisatrice des sociétés et d’un bouillon de culture des civilisations effaceur progressif des irrédentismes. A cet égard, en effet, si la latinité traditionnelle de la francophonie militante pouvait servir encore de bouclier même partiel à une cause haïtienne d’identité nationale en voie de perdition, l’importance du défi et sa gravité tourneront nécessairement autour de l’américanisation rapide : langue, économies, sociétés, civilisations. La diaspora est porteuse d’américanisation vigoureuse pour elle-même et pour Haïti. La globalisation elle-même est synonyme d’américanisation. C’est comme si la grande dame de la latinité, de qui on attend une alternative en sourdine à l’américanisation déferlante, en est au stade de « Madame se meurt ! », anticipant celui de « Madame est morte » ! J’ai exagéré à dessein en le disant une fois pour réveiller, car tout n’est pas de l’ordre irrésistible ni irréversible en histoire internationale des tendances. La lucidité et la volonté de garder ses chances à la diversité culturelle permettront mieux que de sauver les meubles pour la nouvelle maison construite à l’américaine pour son confort, en lui gardant ce qui lui assurait d’être conforme à un idéal d’art de vivre et de joie de vivre dont la latinité francophone garde le parfum originel et original, tout en étant sensible et ouvert aux voix des sirènes de Manhattan et de Miami Beach. Cela n’empêche pas le savoureux cochon « griot » haïtien d’origine africaine de nous être venu également du Berry, parait-il, comme plat d’accompagnement traditionnel de la semoule de blé (gruau)., à base de porc coupé en petits morceaux frits. Il ne cesse de faire les délices des palais des haïtiens de la diaspora, comme quoi on peut trouver ou promener son bonheur (ou son malheur) partout ou presque partout sous tous les cieux d’un globe en voie de mondialisation.



Mais la vision d’un réalisme pessimiste sur les risques de nivellements proaméricains excessifs, positifs et négatifs, du « collectivement correct », doit laisser leur place aux noyaux durs des résistances particularistes et aux exceptions irrédentistes sources de renaissances vivaces. Ceci rejoint le souffle malgré tout optimiste de mon analyse sur l’afro-latinité haïtienne quand j’ai écrit : « Une francophonie en perte de vitesse mais capable de résurgence partielle l’Europe aidant, garde désespérément la nostalgie de la touche d’une latinité dépassée et d’une africanité éclatée, qui savait procurer à notre peuple un supplément d’âme sous la forme d’un art de vivre avec sa joie de vivre convivialement tous comptes faits, modulée selon les degrés du malheur des dénuements matériels collectifs. Le sens même de l’adversité en est tout bouleversé, ce qui est une leçon pour l’historien des relations internationales qui a l’air de se soucier plus que le commun des mortels des dangers d’une éternisation de la Minustah par exemple, dont il veut cependant viscéralement le départ. Mais il sait, comme dit l’Ecclésiaste, qu’il y a un temps pour chaque chose. Kòm yon jou pou chasè, yon jou pou jibyé, chak moun tan’n tou pa li, e an atandan, jwen’n ti moman pa li pou ti lòsyè pa’l, e maléré viv tankou gran blan, chante’a di ke li men’m mande ba’l ti « black-out»li. Ou pa’p jwen’n bout’li fasilman !



Et puis, d’une part, il n’y a pas que ces trilogies et, d’autre part, il peut se concevoir des binômes ou diptyques au rythme binaire comme les deux testaments ou les couples de la vie sociale. Les antinomies sont souvent des dichotomies conjuguées en pour ou contre. On n’a pas oublié comment j’ai présenté la situation haitienne dans sa complexité en alignant dix-huit (18) dichotomies constitutives en enfilades. Dèyè mòn gen mòn.



Me voici reprenant les mots de mon optimisme de nature contre un pessimisme de raison, pour récidiver l’acte impénitent de foi de septembre 2005 : « Renouvelons les termes du binôme latinité-africanité en nous gardant d’assimiler la latinité à la modernité désirée et de percevoir l’africanité en termes de traditionalisme obsolète, mais en profitant de l’une et de l’autre pour élargir et enrichir la gamme de la sensibilité de notre haitianité. Ce qui est successif peut être synchrone pour « historiciser » et relativiser une polarité antagoniste dans un combiné harmonisé afro-latin sur toile de fond lutécienne.

Je pense à la latinité haïtienne dans sa relation avec l’africanité quand je relis deux beaux textes qui sont mes compagnons de réflexion, l’un dans Jean Beaufret commentant le fragment 67 d’Héraclite : « Le jour n’est jour que par la nuit en lui sous-tendue, et la nuit ne répand ses ténèbres qu’en abritant en elle la menace croissante du jour en voie d’éclore », et l’autre de Victor Hugo : « Mais le jour a besoin de la nuit pour enfanter l’aurore qui est plus belle que lui ». LFM
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MessageSujet: Re: Etre historien haïtien des relations internationales d’hier   Etre historien haïtien des relations internationales d’hier EmptySam 8 Sep 2007 - 23:39

Sa m renmen ak Manigat li toujou fè m konnen ke franse pa lang mwen ;li voye m nan diktyonè twop.Mwen konnen mwen pa two save nan ti let fen yo se vre men eske profesè ya pa ta ka ekri sa li vle di ya nan yon lang ki pi abordab pou tout ayisyen konpran sa li ap pale ;mwen ta renmen yo mande anpil bachelye nou yo pou yo fè yon rezime de sa ke profèsè ya ekri la.

Si se pou yon ti gwoup de zentelektyel ke Profesè Manigat ap ekri mwen ka konprann li anploye langagj saa men si li vle enstwi pep la e byen se pouli ekri nan yon langaj ki a la porte de tout moun.Se pa de jefo pou m fè poum konprann yon ti kras bagay nan sa profesè ya ekri la.konbyen moun ki ka benefisye de bet saa ke profesè Manigat vle ba nou la?Nou pa beswen wont di la verite. mwen avwe ke mwen pa konprann 50% de sa li ekri ya.

"Je pense à la latinité haitienne dans sa relation avec l'africanité quand je relis deux beaux textes qui sont mes compagnons de reflexion:L'un dans Jean Beaufret commentant le fragment 67 d'heraclite..............." sa blan an di ?de ki latinité haitienne saa li ap pale la?Se pa de peyi kote 75% moun anafabet e ki genyen yon popilatyon 95% desandan afriken.kote yo te jwen sivilizatyon greco latinn saa?
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