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 Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon Jules Belimaire

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MessageSujet: Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon Jules Belimaire   Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon  Jules Belimaire EmptySam 11 Oct 2008 - 20:54

Retro

Un policier passe aux aveux; declaration du policier Jules Belimaire, A3

On le nomme Jules BELIMAIRE, policier A3, issu de la première promotion formée à l'Académie de Police Nationale d'Haïti, immatriculé au No. 95-01-04-00-228 et affecté à la Direction Départementale de l'Ouest (DDO) à titre de responsable adjoint du Groupe d'Intervention Départementale de l'Ouest (GIDO).
Je suis l'un des douze policiers de GIDO impliqués dans l'affaire des enfants du Président Jean Bertrand ARISTIDE, du 12 août 2003, une affaire montée de toute pièce par Jean Claude JEAN BAPTISTE dont l'objectif principal était de renvoyer le Commissaire Divisionnaire Hermione LEONARD de la DDO et tous ceux soupçonnés d'en être proches, comme l'avait déjà annoncé Johnny OCCILIUS, l'ancien cadre de la Mairie de Cité Soleil, peu avant son départ pour l'exil, en août 2003. Depuis cette affaire, à cause des menaces que je reçois, je me suis mis à couvert. Parmi ces policiers, je suis le plus ciblé pour avoir reçu des ordres manifestement illégaux que j'ai refusé d'exécuter.

Citons entre autres:
Le 12 juillet 2003, à Cité soleil, cinq des policiers qui assuraient la sécurité des activités du Groupe des 184 dont moi, avons par la suite été contactés par un responsable de la police et certains membres du Gouvernement. Ces derniers nous ont invités à participer au Mardis de la Presse du 15 Juillet 2003, aux fins de déclarer que le Groupe des 184 avait tiré sur la population à Cité soleil, ce que nous avons catégoriquement refusé pour avoir vu de nos propres yeux qu'il n'y avait ni mort d'homme ni blessés au sein de la population de Cité Soleil, ce jour-là et que les véritables victimes sont les membres du Groupe des 184, qui ont essuyé des jets de pierre, des tessons de bouteilles et des tirs d'armes à feu etc.

Le 22 juillet 2003, trois jours avant la présentation au Parquet du Coordonnateur du Groupe des 184, André APAID, Jr., Jean Claude JEAN- BAPTISTE m'a contacté par le biais de Jean Musset ELVARISTE, un policier de la quatorzième promotion affecté à la DDO. Elvariste m'approcha pour me dire qu'un chef désirait s'entretenir avec moi sur son portable. Après maintes hésitations, je me suis décidé à répondre.

Mon interlocuteur s'est identifié comme étant Jean-Claude JEAN- BAPTISTE.
Il dit avoir appris que je suis responsable adjoint de GIDO et m'a proposé une rencontre au Commissariat de Delmas 33, le même jour, dans l'après-midi, à quatre heures trente (4:30). Deux policiers de la quatorzième promotion Lucien CEANT, Jean Musset ELVARISTE et moi, Jules BELIMAIRE avons laissé la DDO à destination de Delmas 33 à bord d'un véhicule de police. Lorsque nous fûmes arrivés, Jean-Claude JEAN-BAPTISTE était déjà sur les lieux de la rencontre. Il nous a invités à monter au bureau du Commissaire Emmanuel MOMPREMIER qui s'est déplacé à notre arrivée. Après s'être salués, Jean-Claude JEAN- BAPTISTE m'a posé des questions relatives à mon grade et à ma promotion mettant l'emphase sur mon intérêt à devenir inspecteur. Il m'a, par la suite, confié une mission qui consistait à préparer un plan d'assassinat contre le Coordonnateur du Groupe des 184, considéré comme une menace pour le gouvernement haïtien, lequel plan devait être effectif le 25 juillet 2003, au moment où celui-ci s'apprêterait à se rendre au Parquet de Port-au-Prince. Pour accomplir cette mission, deux autres personnes m'accompagneraient: Jean Musset ELVARISTE et un autre individu de la base Cameroun de Delmas 24 dont j'ignore le nom. Jean-Claude JEAN-BAPTISTE de poursuivre, qu'au cas où le coup ne passait pas, il y aurait quatre (4) enfants des rues, qui devraient se poster dans les parages du parquet, dont le signe apparent serait un bonnet de la couleur du bicolore. Ils avaient pour mission de faire semblant d'essuyer la voiture de André APAID, Jr. et de lui tirer dessus.

DEROULEMENT DE LA MISSION

Le 25 juillet 2003, je me tenais en civil à Lalue, dans la zone de la Promobank, sur la route que le Coordonnateur devait emprunter pour se rendre au Parquet. Le policier Jean Musset ELVARISTE aussi en civil et l'autre individu étaient positionnés un peu plus loin, au niveau du signal lumineux. Sur la fréquence de ma radio, j'ai suivi les conversations concernant les déplacements de la cible. J'ai aussi entendu une voix suggérer d'envoyer Paul RAYMOND ou René CIVIL accomplir la mission mais, une autre a décliné, arguant que ces derniers étaient trop reconnaissables. Une voiture poursuivait le véhicule du Coordonnateur du Groupe des 184 et les occupants donnaient tout le long de la route, les détails concernant les faits et gestes de la cible. Au bout de quelques minutes, mes deux accompagnateurs m'ont désigné une voiture comme étant celle de la cible. Je me suis effectivement rendu compte qu'il s'agissait du véhicule de André APAID, Jr, mais, je leur ai répondu qu'ils se trompaient arguant que la voiture qui s'amenait était celle du responsable de la Chambre du Commerce. Face à leur insistance, je leur ai proposé de nous rendre au Parquet, vérifier qu'il s'agissait vraiment du Coordonnateur du Groupe des 184.

Arrivés au Parquet, comme responsable adjoint de GIDO, j'ai conseillé aux policiers en poste de faire déplacer tous ceux qui se trouvaient dans les environs. J'en ai profité pour vérifier la présence des quatre (4) jeunes préalablement mentionnés par Jean Claude JEAN- BAPTISTE. Au lieu de quatre (4), je n'en ai remarqué que deux (2), un peu suspects et qui portaient le bonnet et des boucles d'oreilles. Je suggérai à mes collègues policiers de ne laisser personne s'approcher de la voiture de André APAID, Jr. Par la suite, Jean Musset ELVARISTE et l'autre individu m'ont fait remarquer qu'ils ne s'étaient pas trompés et que c'était bien le Coordonnateur du Groupe des 184. Ma réponse fut que je ne le connaissais pas. Jean Claude JEAN-BAPTISTE a été informé de l'échec de la mission. Il m'a appelé pour me reprocher de n'avoir pas exécuté l'ordre qu'il m'avait donné. Je lui ai répondu que je ne connaissais pas la cible. Depuis lors, je suis considéré comme un opposant au pouvoir lavalas qui cherche à tout prix à m'abattre.

Je veux signaler à l'intention de tous, qu'en 1995, lorsque j'entrai dans la Police Nationale d'Haïti, je brûlais du désir de servir mon pays en toute honnêteté. Malheureusement, cette institution s'est déviée de la mission qu'elle s'était fixée. Elle est aujourd'hui, synonyme d'un réseau de malfaiteurs, de voleurs, de kidnappeurs, de dealers de drogue. La police est aussi corrompue que politisée et placée au service d'un seul homme, le Président de la République.
Point n'est besoin de passer par l'Académie de Police pour devenir policier; il suffit d'être partisan du pouvoir ou mieux, membres zélés d'Organisations Populaires pro lavalas.

L'infime minorité de policiers sérieux qui prêtent encore leur service à la Police Nationale d'Haïti ne sont pas dans les postes de commande. Ils sont éparpillés dans les endroits les plus reculés du pays.
Les promotions sont octroyées au mépris des lois régissant l'institution. Des gens sont promus commissaires, inspecteurs sans aucune formation policière.
Sur ces entrefaites, j'ai décidé de rendre un dernier service à la Nation et, le plus noble cadeau que je puisse lui offrir est de me soustraire de la Police Nationale d'Haïti pour ne pas/plus être complice, même tacite, des basses oeuvres qui se commettent au vu et au su de tous par ceux-là mêmes qui sont appelés à protéger et servir. Je me permets d'inviter sous mes camarades, frères policiers qui ont encore une certaine honnêteté, à emboîter le pas, car, c'est aussi une manière de dire NON.

Jules BELIMAIRE

Affichées le mercredi 7 janvier 2004

Source : By Agence France-Presse
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MessageSujet: Re: Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon Jules Belimaire   Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon  Jules Belimaire EmptySam 11 Oct 2008 - 23:16

MENTEZ,MENTEZ IL RESTERA TOUJOURS QUELQUE CHOSE(JOSEF VISSARIONOVICH STALINE)
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MessageSujet: Re: Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon Jules Belimaire   Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon  Jules Belimaire EmptyDim 12 Oct 2008 - 0:24

piporiko a écrit:
MENTEZ,MENTEZ IL RESTERA TOUJOURS QUELQUE CHOSE(JOSEF VISSARIONOVICH STALINE)



kISAK MANTI SE JIS YON TI RAPÈL POU SAKI BLIYE E KI PA TE KONNEN.
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MessageSujet: Re: Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon Jules Belimaire   Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon  Jules Belimaire EmptyDim 12 Oct 2008 - 0:41

Un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir. Ferdinand Foch
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MessageSujet: La déstabilisation de la Bolivie et « l’option Kosovo »   Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon  Jules Belimaire EmptyDim 12 Oct 2008 - 10:12

La sécession des provinces de l’est de la Bolivie relève d’une opération clandestine financée par les États-unis, coordonnée par le Département d’État et en lien avec le renseignement américain.


Les escadrons de la mort, munis d’armes automatiques et responsables de la mort de sympathisants d’Evo Morales à El Porvenir, sont appuyés clandestinement par les États-unis. Selon un rapport, « USAID a un « Bureau de transition » en Bolivie, par lequel des millions de dollars sont acheminés dans le but d’entraîner et d’appuyer les gouvernements et les mouvements d’opposition de droite en région. » (The Center for Economic and Policy Research, septembre 2008). Les États-unis soutiennent également divers groupes d’opposition par le biais de la fondation National Endowment for Democracy (NED).


L’ambassadeur américain expulsé de Bolivie, Philip S. Goldberg, travaillait sous les ordres du Secrétaire d’État adjoint, John Negroponte, lequel supervise entièrement les diverses « activités » des ambassades américaines à travers le monde. À cet égard, Negroponte, qui agit en coulisse, joue un rôle de loin plus important que la Secrétaire d’État Condoleeza Rice. Il est par ailleurs connu comme étant l’un des principaux architectes du changement de régime et de l’appui clandestin aux escadrons de la mort en Amérique Centrale et en Irak.


Le mandat de Philip S. Goldberg en tant qu’ambassadeur en Bolivie consistait à déclencher la fracture du pays. Avant d’être nommé ambassadeur au début de 2007, il œuvrait comme Chef de mission des États-unis à Pristina au Kosovo (2004-2006) et entretenait continuellement des rapports avec les leaders du groupe paramilitaire UCK (Armée de libération du Kosovo), qui se sont intégrés à la politique publique à la suite de l’occupation de l’OTAN au Kosovo en 1999.


Soutenue par la CIA, l’UCK, dont les leaders sont maintenant à la tête du gouvernement kosovar, était connue pour ses liens étroits avec le crime organisé et le trafic de narcotiques. Au Kosovo, Goldberg a contribué à préparer la séparation du Kosovo de la Serbie, menant à l’instauration d’un gouvernement kosovar « indépendant ».


Au cours des années 1990, Goldberg a été un acteur important dans l’éclatement de la Yougoslavie. De 1994 à 1996, il était responsable du Bureau de la Bosnie au Département d’État. Il travaillait en étroite collaboration avec l’envoyé spécial de Washington, Richard Holbrook, et a joué un rôle fondamental en tant que Secrétaire général du comité de négociations des États-unis à Dayton, négociations ayant conduit à la signature des Accords de Dayton en 1995. Ces accords étaient favorables au morcellement de la Bosnie-Herzégovine. Dans l’ensemble, ils ont provoqué la destruction et la déstabilisation de la Yougoslavie. En 1996, Goldberg a travaillé en tant qu’Assistant spécial du Secrétaire d’État adjoint Strobe Talbott (1994-200), qui, en collaboration avec la Secrétaire d’État de l’époque, Madeleine Albright, a contribué de façon décisive au déclenchement de la guerre contre la Yougoslavie en 1999.


Le rôle central de John Negroponte


Le Secrétaire d’État adjoint, John Negroponte, est un acteur déterminant dans la mise en œuvre des opérations clandestines. Il a été ambassadeur au Honduras de 1981 à 1985. En tant qu’ambassadeur à Tegucigalpa, il a joué un rôle clé dans le soutien et la supervision des mercenaires de la Contra du Nicaragua situés au Honduras. Les attaques transfrontalières de la Contra contre le Nicaragua ont causé la mort de 50 000 civils. Durant la même période, Negroponte a contribué à la mise sur pied des escadrons de la mort du Honduras, qui, « agissant avec l’appui de Washington, ont assassiné des centaines d’opposants du régime soutenu par les États-unis. » (Voir Bill Venn, Bush Nominee linked to Latin American Terrorism, Global Research, novembre 2001)


« Sous le règne du général Gustavo Alvarez Martinez, le gouvernement militaire du Honduras était, d’une part, un proche allié de l’administration Reagan, et d’autre part, faisait « disparaître » des dizaines d’opposants politiques à la manière classique des escadrons de la mort. » (Voir Peter Roff et James Chapin, Face-off : Bush’s Foreign Policy Warriors, Global Research, juillet 2001)


Cela n’a pas empêché la nomination de John Negroponte au poste de représentant permanent des États-unis à l’ONU sous l’administration Clinton.


L’option Salvador


John Negroponte est devenu ambassadeur en Irak en 2004, où il a mis sur pied « un cadre sécuritaire » pour l’occupation américaine, amplement modelé sur les escadrons de la mort de l’Amérique Centrale. Plusieurs auteurs y font référence sous l’appellation « option Salvador ».


Lorsqu’il était à Bagdad, Negroponte a engagé un ancien chef des opérations spéciales au Salvador, le Colonel Steele, comme Conseiller sur les questions de sécurité. Les deux hommes étaient de proches collègues dans les années 1980 en Amérique Centrale. Pendant que Negroponte organisait les escadrons de la mort au Honduras, le Colonel Steele était responsable du groupe militaire consultatif du Salvador (1984-1986) « où il était responsable du développement des forces d’opération spéciales au niveau de la brigade au plus fort du conflit. » :


« Ces forces, composées des plus brutaux soldats disponibles, reproduisaient le type d’opérations des petites unités avec lesquelles Steele s’était familiarisé lorsqu’il était en service au Vietnam. Plutôt que de se concentrer sur la prise de terrain, leur rôle était d’attaquer le leadership des « insurgés », de leurs sympathisants, de leurs sources de munitions, ainsi que de leurs camps de base. » (Max Fuller, For Irak, « The Salvador Option » Becomes Reality, Global Research, juin 2005)


En Irak, Steele « a été désigné pour travailler avec une nouvelle unité d’élite iraquienne de contre-insurection connue sous le nom de « commandos spéciaux de la police ». Dans ce contexte, l’objectif de Negroponte était d’encourager les divisions ethniques et la fracture conflictuelle en déclenchant des attaques terroristes clandestines contre la population civile iraquienne.


En 2005, John Negroponte a été nommé Directeur du renseignement national (Directorate of National Intelligence) et a obtenu le poste numéro deux au Département d’État en 2007.


L’option Kosovo : Haïti


Ce n’est pas la première fois que le « modèle Kosovo », le soutien aux terroristes paramilitaires, est appliqué en Amérique latine.


En février 2003, Washington annonçait la nomination de James Foley comme ambassadeur en Haïti. Les ambassadeurs Goldberg et Foley font partie de la même « écurie diplomatique ». Foley a été porte-parole du Département d’État sous l’administration Clinton, pendant la guerre au Kosovo. Auparavant, il a contribué à orienter le soutien vers l’UCK.


Le financement de l’UCK (Armée de libération du Kosovo), par l’argent de la drogue et son soutien par la CIA sont amplement documentés. (Voir Michel Chossudovsky, Kosovo Freedom Fighters by Organized Crime, Covert Action Quarterly, 1999.)


À l’époque de la guerre du Kosovo, James Foley, alors ambassadeur en Haïti, était responsable des séances d’information du Département d’État et collaborait étroitement avec son homologue de l’OTAN à Bruxelles, James Shea. À peine deux mois avant l’assaut mené par l’OTAN le 24 mars 1999, James Foley appelait à une « transformation » de l’UCK en une organisation politique responsable :


« Nous voulons développer une bonne relation avec eux [l’ALK] pendant qu’il se convertissent en une organisation engagée politiquement, ‘’ […N]ous croyons pouvoir leur fournir beaucoup d’aide et de conseils s’ils deviennent précisément le type d’acteur politique que nous souhaitons qu’ils deviennent […].’’ Si nous pouvons les aider et s’ils veulent qu’on les aide dans leur effort de transformation, je crois qu’il n’y pas lieu de discuter […]. »


En d’autres termes, le motif de Washington était un « changement de régime » : faire basculer l’administration Lavalas et instaurer un régime fantoche américain docile, intégré par la « plateforme démocratique » et l’autoproclamé Front pour la libération et la reconstruction nationale (FLRN), dont les dirigeants sont d’anciens membres du Front pour l’avancement et le progrès en Haïti (FRAPH) et d’anciens terroristes tontons macoutes. (Pour plus de détails, voir Michel Chossudovsky, The Destabalization of Haiti, Global Research, février 2004)


À la suite du coup d’État de 2004, ayant mené à la chute du gouvernement Aristide, l’Agence pour le développement international des États-unis (USAID) a amené les conseillers de l’ALK en Haïti afin d’aider à la reconstruction du pays. (Voir Anthony Fenton, Kosovo Liberation Army helps establish ‘’Protectorate’’ in Haiti, Global Research, novembre 2004)


Les conseillers de l’UCK devaient spécifiquement aider à restructurer les forces policières haïtiennes, en amenant dans leurs rangs d’anciens membres de la FRAPH et d’anciens tontons macoutes.


« [En appui du] « Bureau de transition » (OTI) […] l’USAID paye trois conseillers pour aider à intégrer l’armée autrefois brutale au sein de l’actuelle force policière haïtienne. Et qui sont ces trois conseillers? Ceux-ci sont membres de l’Armée de libération du Kosovo. » (Flashpoints interview, 19 novembre 2004, www.flashpoints.net)


Le « Bureau de transition » de l’USAID


L’option Salvador/Kosovo relève d’une stratégie américaine consistant à fracturer et déstabiliser les pays. L’OTI financé par l’USAID en Bolivie assume sensiblement les mêmes fonctions qu’un OTI similaire en Haïti.


Il est aussi important de noter qu’il existait un OTI au Venezuela, où l’on a découvert, selon certaines publications, un complot visant apparemment à assassiner le président Hugo Chavez. Dans son récent livre, Bush Versus Chavez : Washington’s War on Venezuela (Bush contre Chavez : la guerre de Washington contre le Venezuela), Eva Golinger aborde le rôle de l’OTI au Venezuela.


Le but affiché des opérations clandestines des États-unis est de soutenir et d’entraîner les « armées de libération » visant ultimement à déstabiliser des gouvernements souverains. Au Kosovo, l’entraînement de l’UCK (Armée de libération du Kosovo), dans les années 1990 a été confié à une compagnie privée de mercenaires, Military Professional Resources Inc (MPRI), en contrat avec le Pentagone.


Le Pakistan et « l’option Kosovo »


Il est par ailleurs important de mentionner que les récents développements au Pakistan tendent vers des formes d’intervention directes de l’armée américaine, en violation de la souveraineté pakistanaise.


Déjà en 2005, un rapport du Conseil national du renseignement des États-unis (National Intelligence Council) et de la CIA prévoyait « dans une décennie, [un] destin à la yougoslave pour le Pakistan, un pays déchiré par la guerre civile, des bains de sang et des rivalités interprovinciales, tel que vu récemment au Baloutchistan » (Eneergy Compass, 2 mars 2005).


Selon un rapport du Comité sénatorial sur la Défense du Pakistan de 2006, le renseignement britannique était impliqué dans le soutien du mouvement séparatiste du Baloutchistan. (Press Truth of India, 9 août 2006). L’Armée de libération du Baloutchistan (ALB), ressemble étrangement à l’Armée de libération du Kosovo, financée par le trafic de drogue et soutenue par la CIA.


« Washington favorise la création d’un « grand Baloutchistan » [semblable à une grande Albanie] qui intégrerait les régions baloutches du Pakistan à celles de l’Iran et possiblement à la partie sud de l’Afghanistan, conduisant de la sorte à un processus de rupture politique à la fois au Pakistan et en Iran. » (Michel Chossudovsky, The Destabalization of Pakistan, 30 décembre 2007)




Article original en anglais, The destabilization of Bolivia and the « Kosovo option», publié le 20 septembre 2008.


Traduction Julie Lévesque pour Mondialisation.ca


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Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur d'économie à l'Université d'Ottawa. Il est l'auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (best-seller international publié en 11 langues).
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MessageSujet: Re: Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon Jules Belimaire   Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon  Jules Belimaire EmptyDim 12 Oct 2008 - 12:04

Apaid ka bay yon lot deta anko wi. Comem on dit il n'a jamais deux sans trois. Deux coup d'état, puis un troisième contre Aristide et son groupe. C'est encore possible.

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MessageSujet: Re: Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon Jules Belimaire   Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon  Jules Belimaire EmptyDim 12 Oct 2008 - 12:07

Le groupe 184 était une organisation terroriste domestique et c'est dommage que Titid n'avait pas pris ses responsabilités et protéger Haiti.
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MessageSujet: Re: Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon Jules Belimaire   Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon  Jules Belimaire EmptyDim 12 Oct 2008 - 13:01

LE MAKLOUKLOU PA NAN DEYE NOU,NOU TOUJOU RENMEN RELE PEZE.LE NOU PA SOU TEREN AN A LAGOL NOU TA BAY...AN TOUKA,MWEN KONTAN JAN LI GERE SITIYASYON AN.NOU TE VLE TPI JIJE LI.NOU MENM ANKO NOU TAP DI "TITID SE TE YON SANGINE".YON LIDE SE YON MOUN KI KA PEDI YON BATAY,PA LAGE.LISTWA MONTRE NOU KOUMAN SA DEWOULE:LE TRAITE DE BREST LIVSTOK.....
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MessageSujet: Re: Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon Jules Belimaire   Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon  Jules Belimaire EmptyDim 12 Oct 2008 - 13:11

colocolo a écrit:
Le groupe 184 était une organisation terroriste domestique et c'est dommage que Titid n'avait pas pris ses responsabilités et protéger Haiti.

Kanta ti komik sa mwen pa konnen kote l twouve nosyon sayo. MWEN DI ANKO SE MOUN PI DANJERE, MALISYE. Pa kontante di gwoup 184 TÈROWIS se pwouve l. Moun tankou Gilbert Barbier, gwoup fanm, gwoup peyizan AK LATRIYE KI TE NAN MITAN GWOUP 184 PA TE NAN RADOT KOKEN KAP TÈRORIZE, SE BON DEMOKRAT.


Ki te gen kran pou desann nan lari jan konstitisyon peyi a mande l pou di ABA MAGOUYÈ KAP TÈRORIZE, TOUYE ETIDYAN, RATIBWAZE OPOZAN POLITIK. Non ti demeplè teroris se nan lot kan yo twouve l. Mwen ta byen renmen konnen koken kap defann FADH, KAP PALE DE TÈROWIS SA.
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MessageSujet: Re: Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon Jules Belimaire   Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon  Jules Belimaire EmptyDim 12 Oct 2008 - 13:22

Temwagnaj polisye sa fè mal, men pa janm gen koken ki kapab demanti yo. Lè nou kanpe ap pale lavalas, mwen pa gen pwoblèm. Men gen anpil eksplikasyon pou bay sou zonn griz sayo, moun ki te osèvis li ki se bon volo, dilè drog, bandi ki nan prizon. Genyen toujou, yo anpil, e nou gen pou viv ak sa.

Kanta voye monte, fè bliye yon pase konsa, se non. Mwen di nou anko, nou gen yon pouvwa konplis kap eseye kase kouvri fèy. Men pou konbyen tan. Gen anpil kakashat ki dwe soti, limyè ki dwe fèt kont zak maspinaj pase yo.
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MessageSujet: Re: Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon Jules Belimaire   Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon  Jules Belimaire EmptyDim 12 Oct 2008 - 13:29

Swiv byen ki kan ki toujou ap tèrorize

Affrontements en Haiti au cours d'une manifestation anti-Aristide
Par Associated Press
PORT-AU-PRINCE, 7 Jan. (AP) - De violents affrontements ont fait au moins neuf blessés mercredi à Port-au-Prince, des miliciens pro-Aristide ayant débarqué au cours d'une manifestation de centaines d'étudiants, rassemblés pour réclamer le départ du président haïtien et dispersés violemment par la police.
Un manifestant a été blessé par balles, un autre a été poignardé, d'autres ont été passés à tabac ou caillassés par les partisans de Jean-Bertrand Aristide, débarqués sur les lieux à bord de camions, armés de matraques et de pierres.
Criant "à bas Aristide", les manifestants, qui portaient des masques chirurgicaux pour se protéger des gaz lacrymogènes, ont été bloqués par des barricades de pneus incendiés et de carcasses de voitures installés par les partisans du prêtre défroqué.
"Nous n'avons pas d'avenir, nous n'avons pas peur", lançait Rodeny Williams, un des manifestants, qui accusent Aristide, l'ancien prêtre des bidonvilles, d'avoir trahi les pauvres et les jeunes, et de s'être transformé en dictateur.
La police est ensuite intervenue, tirant en l'air avant d'ouvrir le feu directement sur les manifestants, qui se sont dispersés.
Quelque 40% des huit millions d'Haïtiens ont moins de 18 ans, et la jeunesse est en révolte contre le président. Les manifestations étudiantes avaient joué un rôle important dans le renversement du président Elie Lescot en 1946, puis de Paul Magloire en 1956. Sous la dictature des Duvalier père et fils, jusqu'en 1986, des milliers d'étudiants ont connu la prison et la répression.
Mercredi, des membres des groupes de la société civile, du clergé, des artistes et des hommes d'affaires devaient rejoindre les étudiants pour cette marche anti-Aristide sur 15 km.
"Le signal que nous envoyons aujourd'hui est que nous voulons un autre Haïti", a déclaré Andy Apaid, coordinateur du "Groupe des 184" et un des chefs de file de l'opposition à Aristide.
La tension, croissante depuis les élections de 2000, marquées par la victoire écrasante du parti d'Aristide, la Fanmi Lavalas, est à son comble ces derniers mois, alors qu'Haïti, première république noire de la planète, a fêté le 1er janvier le bicentenaire ans de son indépendance.
Les violences ont fait 41 morts depuis septembre, mais Aristide affirme qu'il ira au bout de son mandat actuel, en 2006, et l'opposition refuse toute participation à des élections tant qu'il n'aura pas démissionné. AP
nc/v470
Affichées le mardi 6 janvier 2004
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MessageSujet: Re: Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon Jules Belimaire   Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon  Jules Belimaire EmptyDim 12 Oct 2008 - 13:41

"Le signal que nous envoyons aujourd'hui est que nous voulons un autre Haïti", a déclaré Andy Apaid, coordinateur du "Groupe des 184" et un des chefs de file de l'opposition à Aristide. "
TONNE BOULE'N ,SE LADAN'L NOU YE LA....[b]
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MessageSujet: Re: Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon Jules Belimaire   Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon  Jules Belimaire EmptyDim 12 Oct 2008 - 14:31

piporiko a écrit:
"Le signal que nous envoyons aujourd'hui est que nous voulons un autre Haïti", a déclaré Andy Apaid, coordinateur du "Groupe des 184" et un des chefs de file de l'opposition à Aristide. "
TONNE BOULE'N ,SE LADAN'L NOU YE LA....[b]

O mwens yo pa kraze bounda opozan tankou zot. Ni kite zannimo ki te pral rantre nan PALÈ POU VINN RADOTE. O mwens li kenbe yo an lyès olye kite yo ap fè desant delye tankou zot. Wap konprann se menm reskape lavalas yo ki andedan gouvenman sa. Ansyen minis ak premye minis ak latriye, konseye rapwoche. Alos kisa w vle ki chanje reyelman.
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MessageSujet: Re: Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon Jules Belimaire   Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon  Jules Belimaire EmptyDim 12 Oct 2008 - 15:38

La trahison d'Aristide
De notre envoyé spécial Vincent Hugeux, L'Express du 08-01-2004

A l'heure du bicentenaire de l'indépendance, le «président des pauvres» affiche un piètre bilan. Dans un pays à la dérive, marqué par la violence et le non-droit, il est toujours président et les pauvres n'ont jamais été si pauvres
C'est un infâme cloaque. Un fatras de tôles rouillées, flottant sur des flaques irisées et verdâtres. Dans une puanteur tenace, des gamins nus ou en haillons pataugent sur des amas d'immondices, tandis que leurs aînés, souillés jusqu'au torse, s'échinent à curer un égout engorgé. Bienvenue à Ti'Ayiti, l'une des enclaves les plus sordides de Cité-Soleil, l'immense bidonville de Port-au-Prince. Assourdis par le vent de fronde qui balaie depuis un mois Haïti, les échos du bicentenaire du seul Etat souverain né d'une révolte d'esclaves, célébré le 1er janvier, n'ont guère égayé ce bourbier. Pour autant, nul ici n'accable Jean-Bertrand Aristide, le président que défient dans la rue les campus et les élites. Rien, chez les humbles, ne paraît ternir l'aura du prêtre défroqué. «On lui ment, tranche Noëlsaint Dieufait, maire adjoint de Cité-Soleil. Au Palais national, Aristide me reçoit comme un prince. Mais une muraille de Jéricho a surgi entre nous.» Alors, Noëlsaint embouche la trompette du complot. La misère? L'effarante mortalité infantile, les ravages du sida, le chômage, dont pâtissent les trois quarts des actifs, l'analphabétisme, qui entrave un adulte sur deux? Tout ça, c'est la faute aux colonialistes - Américains et Français en tête - que hérisse la fierté de la «première République nègre»; aux patrons mulâtres, exploiteurs impénitents; aux étudiants manipulés; voire aux ministres et conseillers, «qui nous paient pour qu'on chante leurs louanges». «Titid» (Aristide), il va de soi, ne peut être partout. «Sur un appel de lui, claironne un caïd du quartier, gabardine kaki et cagoule de laine retroussée sur le front, on fonce par milliers au Champ de Mars», terminus de tous les défilés.

En partie régentée par des gangs armés, Cité-Soleil reste l'un des ultimes bastions du mouvement Lavalas - en créole, l'avalanche - la nébuleuse militante dévouée corps et âme à l'ancien curé salésien de Saint-Jean-Bosco. C'est dans ces taudis que le pouvoir recrute les «chimères», jeunes nervis lancés aux trousses de l'ennemi. A l'heure des comptes, ces héritiers des tontons macoutes de l'ère Duvalier et des «attachés» apparus au temps de la junte de Raoul Cédras (1991-1994) viennent empocher sur le seuil du ministère de l'Intérieur les quelques billets de 25 gourdes (un demi-euro environ) que mérite leur zèle. Le 5 décembre dernier, on a ainsi vu une cohorte de chimè, convoyés et guidés par des policiers en tenue, donner l'assaut à la faculté des sciences humaines, théâtre d'un meeting pacifique. Dans leur sillage, des locaux dévastés et une trentaine de blessés, dont le recteur Pierre-Marie Paquiot, les deux jambes fracturées à coups de barre de fer. Les errements de la police nationale (PNH), bricolée voilà dix ans sur les décombres d'une armée putschiste dissoute, reflètent la dérive d'un régime enclin, pour survivre, à orchestrer la violence. Ses unités anti-émeutes peuvent tout autant protéger une foule de marcheurs des rafales d'un commando de chimères que harceler les manifestants ou les livrer aux casseurs. «Une police politisée, passive ou complice», accuse Hérold Jean-François, directeur de Radio Ibo. «Un corps mal formé, mal payé, mal équipé, infiltré par les macoutes, perméable à la corruption et rongé par l'argent de la drogue, admet en écho une ministre d'Aristide. Jamais nous n'avons pu en faire un instrument d'ordre et de sécurité.» Sur injonction du magistrat français Louis Joinet, expert nommé par le secrétaire général de l'ONU, les autorités ont promis en août dernier de démanteler les «brigades spéciales», milices supplétives opérant en tee-shirts noirs. «On les a vus à l'ouvre trois semaines plus tard», soupire un avocat de Cap Haïtien (nord).

Un pays qui a secoué le joug de l'esclavage ne peut retourner à la barbarie
Dans ce commissariat de Cité-Soleil, deux agents tuent le temps. Désouvrés, désabusés et, au sens propre du terme, désarmés. Cinq jours plus tôt, l'un d'eux s'est vu confisquer son revolver de service en pleine rue. La cellule de garde à vue est vide: coffrer un gars du cru requiert un mélange d'héroïsme et de folie. Quant aux deux véhicules garés dans la cour, ils sont paralysés par les pannes. Contraint de lâcher du lest, «Titid» a annoncé, voilà peu, une énième réforme de la PNH. Reste que, de l'aveu même d'un superflic haïtien, aucune mutation, fût-elle mineure, n'échappe à la présidence. Tout juste nommé à la tête de la police, Jean-Robert Faveur a fui aux Etats-Unis en juin 2003, écouré par le clientélisme en vigueur. De fait, certaines promotions pour services rendus laissent pantois. Agent de base, un certain Jeanty Edner a ainsi gravi d'un coup huit échelons de la hiérarchie pour accéder au rang d'inspecteur général. Impliqué dans la liquidation d'un porte-flingue devenu encombrant, Harold Adéclat officie désormais à la direction de la logistique. Torture, extorsion, enlèvements: au péril de leur vie, les défenseurs des droits de l'homme dénoncent l'impunité déroutante dont jouissent d'autres protégés du pouvoir. Le commissaire Négupe Simon peut, sans nuire à son avancement, exécuter de quatre balles dans la tête une jeune femme coupable d'avoir, au plus fort d'une querelle conjugale, atteint d'une pierre mal ajustée son véhicule. De même, les proches de James Montas, policier violeur, ont saboté en toute quiétude une comparution, menaçant la victime et ses avocats. Quant à Josaphat Civil, il sait que ses collègues refusent d'exécuter le mandat d'arrêt que lui vaut le meurtre présumé de trois frères, commis en décembre 2002. L'exemple vient de haut. Washington suspecte plusieurs élus lavalassiens - tout comme un opposant de Cap Haïtien - de collusion avec les trafiquants de cocaïne. Ses agents ont d'ailleurs mis à l'ombre Jacques Ketant, dealer notoire familier du couple présidentiel.

Traitement «zéro tolérance»
Même motif, même punition: le Palais national régit aussi les carrières de magistrats. Aristide a beau jeu de sommer les juges d'«assumer leurs responsabilités». «Au moins 70% d'entre eux sont muselés par l'argent ou les honneurs, objecte Renan Hedouville, animateur du Comité des avocats pour le respect des libertés individuelles (Carli). Les autres subissent de terribles pressions.» Au point d'en être réduits à choisir entre la révocation, la démission, le maquis et l'exil. Les justiciables, eux, rechignent à porter plainte, par peur des représailles. «Etre victime, confie l'une des sources de Louis Joinet, c'est déjà être coupable.» Cible favorite des porte-flingues de Lavalas, les médias indépendants collectionnent les dénis de justice. Près de quatre années après les faits, les assassins de Jean Dominique, directeur de Radio Haïti Inter, courent toujours. Juges terrorisés, lynchage ou décès inexpliqué de deux meurtriers supposés, mandats restés lettre morte: l'instruction est un modèle du genre. Rescapée de l'attentat qui coûta la vie le jour de Noël 2002 à son garde du corps, la veuve du journaliste, Michèle Montas, lauréate en décembre dernier du prix Reporters sans frontières, a dû trouver refuge à l'étranger puis, la mort dans l'âme, fermer la station. Le cas de Brignol Lindor, patron d'une radio de Petit Goâve massacré à la machette voilà plus de deux ans, paraît plus troublant encore. Membres d'une «organisation populaire» de la mouvance Lavalas, les dix tueurs inculpés ont avoué, sinon revendiqué leur crime. Qu'importe: aucun ne dort sous les verrous. Pis, le tribunal refuse à la famille, exilée en France, le statut de partie civile. Et ne retient aucune charge contre Dumay Bony, un élu aristidien qui avait préconisé d'appliquer au «terroriste» Lindor le traitement «zéro tolérance».

Zéro tolérance: la formule date du 28 juin 2001. Ce jour-là, Jean-Bertrand Aristide invite les Haïtiens à éradiquer l'insécurité. Fidèle à sa vieille fascination pour la justice populaire, il déclenche en fait une vague de règlements de comptes et d'expéditions punitives. Bien sûr, Titid voulait ainsi, à l'en croire, astreindre les délinquants aux seules rigueurs de la loi. Mais le mal est fait. Et ses effets perdurent. «Dans le mois écoulé, précise un prêtre, nous avons recensé une centaine d'assassinats, crapuleux pour l'essentiel. Dans ma paroisse, on a ramassé deux têtes coupées exposées à la vue de tous. Il s'agit d'entretenir un climat de terreur. De prouver que nul n'est à l'abri. Pas plus l'enfant des rues que la marchande ou l'homme d'affaires. Cette volonté de châtier soi-même, c'est aussi la rançon d'une justice discréditée.» La soif de jistis peut bien demeurer l'une des incantations rituelles du lexique aristidien: «Le pays, écrit Louis Joinet dans un rapport accablant, glisse de l'Etat de droit à l'Etat d'impunité.»

«Nous vivons sous une dictature hypocrite, avance Hérold Jean-François. Un despotisme épris du langage de la démocratie.» «Sous les Duvalier, renchérit l'avocat Renan Hedouville, le combat nous opposait à une tyrannie sans fard. Au fond, tout était plus simple.» A une nuance près: le téléphone cellulaire, le réseau Internet et les radios contestataires déjouent la répression. «D'autant, argue un activiste, que, depuis la déroute de Baby Doc [1986], nous avons pris goût à la liberté.» Evêque auxiliaire de Port-au-Prince, Mgr Pierre-André Dumas, exerce volontiers la sienne. Pour preuve, cette sainte colère relayée début décembre par Télé Haïti, la seule chaîne indépendante - et câblée - du pays. «Trop, c'est trop! tonne le prélat quadragénaire. Assez de meurtres, de viols, de brutalité, de gabegie, de corruption, de combines, de trafic de drogue et de mensonge. Assez de juges vendus ou bâillonnés, d'extorsions. Un pays qui a secoué le joug de l'esclavage ne peut retourner à la barbarie. Chaque fois qu'un être se croit investi de pouvoirs divins, l'humanité recule. L'heure de la délivrance approche.» Trois heures après notre entretien, une balle a traversé la voiture de l'évêque, sans l'atteindre. Depuis, il change d'abri chaque nuit.
Le naufrage de Haïti, ce bout d'île désolé des Caraïbes, est aussi celui d'un capitaine égocentrique et populiste. «Je croyais en Titid, confesse Gary, futur sociologue. Son élection, en 1990, m'a comblé. Tout comme son retour, quatre ans plus tard, lorsque les troupes américaines ont chassé la junte. C'était un homme d'Eglise. Il incarnait une exigence morale. Qu'est-il devenu? Un chef de bande, occupé à raviver les anciennes blessures sociales et raciales. Pauvres contre nantis. Noirs contre métis. Après deux cents ans d'histoire, un tel spectacle nous fait honte.» Reclus dans sa villa cossue de Tabarre ou dans un immense palais d'un blanc virginal, vainement rebaptisé «Maison du peuple», isolé par une coterie de courtisans médiocres souvent issus des services de sécurité, le frêle prêcheur au strabisme sartrien s'obstine à invoquer des valeurs dévoyées, usées jusqu'à la corde. La concertation, le dialogue, la dignité. On l'entend répéter à l'envi que la violence est «inacceptable», que l'université ou le droit de vote sont «sacrés». Et, puisque la magie du verbe s'étiole, puisque le charisme d'hier ne rassasie plus, et à grand-peine, que les crève-la-faim, l'ancien disciple de la théologie de la libération se tourne vers les divinités de ce vaudou dont les patriarches flétrissent les méfaits de l'Occident chrétien.

La rumeur, seule ressource inépuisable du pays, et les chancelleries prêtent à Sö Ann, prêtresse du culte ancestral, une influence croissante sur l'élu et son épouse Mildred, une avocate rencontrée au temps de l'exil à Washington. «Voilà son refuge, la matrice de l'identité haïtienne, constate un déçu. Il trône au centre de la toile qu'il a tissée. Au fil des ans, le pouvoir a amplifié ses travers mentaux.» Faut-il pour autant parier que les jours de celui que protège une escouade de gardes du corps américains sont comptés? «Pas si vite, nuance un envoyé du Département d'Etat. Certes, Aristide n'a jamais traversé une telle tempête depuis son retour, mais on aurait tort de sous-estimer l'habileté et l'instinct de survie d'un leader qui, dans le désert politique local, reste le plus populaire.» Sous le sceau de l'anonymat, un ponte de la police le dépeint sous les traits du cynique, «prêt à tuer père et mère pour sauver son fauteuil, dopé par les turbulences au point d'en inventer si besoin».

A SUIVRE


Dernière édition par Rico le Dim 12 Oct 2008 - 15:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon Jules Belimaire   Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon  Jules Belimaire EmptyDim 12 Oct 2008 - 15:39

La trahison d'Aristide

SUITE ET FIN

Le cimetière des illusions
Bien sûr, les défections affaiblissent un clan qui a perdu le monopole de la rue. Trois ministres - Education, Tourisme et Environnement - ont démissionné, effarés par le saccage de la fac de sciences humaines. «Une catastrophe», concède en privé le Premier ministre Yvon Neptune. Sentant le vent tourner, une poignée d'élus Lavalas ont fait de même. Mais il est des reniements dont on s'accommode, tel celui de Dany Toussaint, ancien chef de la police de la capitale. En refusant de lever son immunité, le Sénat lui a épargné une probable inculpation dans l'affaire du meurtre de Jean Dominique...

A Gonaïves (ouest), là même où fut proclamée en 1804 l'indépendance, les gangs armés qui tiennent les quartiers de Raboteau et Jubilé, jusqu'alors acquis à Titid, ont basculé après l'assassinat de leur chef Amiot Métayer, alias Cubain, victime d'un traquenard monté par un homme de main de la présidence. Quelques jours avant la découverte de son cadavre mutilé, le 23 septembre dernier, l'ambassadeur des Etats-Unis avait sommé Aristide de neutraliser ses sbires les plus voyants, à commencer par celui que ses partisans avaient à l'été 2002 libéré en défonçant au bulldozer le mur de la prison. Depuis, l'Armée cannibale de Cubain, devenue le Front de résistance de l'Artibonite, a juré la perte de l'idole déchue. En dépit d'incursions répétées et coûteuses, les troupes d'assaut de la PNH n'ont pu, à ce jour, réduire des insurgés prompts à riposter. Tout juste ont-elles réussi à incendier la maison du défunt et à raser le mausolée carrelé où trônait son buste, et sur lequel flottait la bannière étoilée et le bleu ciel des Nations unies. Bilan du dernier trimestre 2003: 36 morts et 85 blessés. On s'abstient d'ailleurs d'acheminer à l'hôpital ces derniers, touchés le plus souvent par des «tirs marrons», version créole de la balle perdue, de peur de les livrer ainsi à un pouvoir honni; des infirmières les soignent à domicile, avec les moyens du bord.

«Twop san koulé/Fok Aristid alé/Ak tout akolit li yo.» Trop de sang a coulé. Il faut qu'Aristide parte avec toute sa clique. Prisé des étudiants, le slogan tient encore du vou pieux. Il fédère pourtant le Groupe des 184, mosaïque de mouvements émanant de la «société civile», qu'anime Andy Apaid, 52 ans, patron prospère - textile et électronique - d'ascendance libanaise. Qui l'eût cru? Un tel pedigree déchaîne la rancour des aristidiens. A les entendre, le nouveau venu, natif des Etats-Unis, n'est que l'ultime avatar d'une longue lignée de bourgeois prédateurs et apatrides, hier complices des putschistes galonnés, prêts à tout pour reconquérir les leviers du pays, perdus par les urnes. Un peu court. «Pourquoi lui refuser notre confiance? rétorque David, agronome en herbe. On a confié le pays au ''prophète des pauvres'' et voyez le résultat. Lui n'est plus prophète, mais les pauvres sont restés pauvres. Autant essayer un entrepreneur assez fortuné pour rester à l'abri de la tentation.» Plus que son caractère hétéroclite, deux périls guettent le vaste forum au sein duquel le diplômé côtoie le paysan, l'ouvrier, la féministe ou la star de la musique caraïbe. D'abord, son «nouveau contrat social», programme de transition idéaliste et flou, peine à séduire les plus humbles. «Il y a dans ce pays une misère noire et un fric fou, résume un curé, qui planque dans sa paroisse une demi-douzaine de rebelles traqués. Pas facile d'atteler l'une à l'autre.» Dans l'arène électorale haïtienne, où le compromis et le partage n'ont pas cours, le cour et les tripes importent plus que la tête; et il ne suffit pas de déclarer un président élu «hors la loi» pour abréger son mandat; ni de louer la «maturité» du peuple pour engranger les suffrages. Ensuite, l'union sacrée scellée avec la Convergence démocratique, alliance de partis traditionnels, risque d'éclater dès que s'entrebâilleront les grilles du Palais national. Le cimetière des illusions haïtien regorge de leaders providentiels. «Il faut enfin, insiste un combattant des droits humains, sortir du messianisme pour entrer dans la modernité politique.» C'est mal parti. Echalas décharné et grisonnant de Ti'Ayiti, Camille jure que personne - «ni vous, ni moi, ni Titid» - «ne peut sauver la patrie. Seul Dieu le peut».

Partout dans Port-au-Prince, des banderoles aux couleurs du drapeau exigent la Restitisyon. En clair, la restitution par la France des 90 millions de francs-or d'indemnités arrachés au jeune Etat souverain par les colons vaincus. Racket révoltant, mais qui alimente en haut lieu une frénésie démagogique sans bornes. Au prix d'un calcul d'actualisation aussi savant qu'énigmatique, Aristide estime à 21 685 155 571,48 dollars - soit environ 20 milliards d'euros - le montant dû. «Tout Haïtien ressent cette rançon coloniale comme une profonde injustice, qui a lourdement compromis l'envol du pays, admet un enseignant de Gonaïves. Mais la diversion ne trompe personne. Si la France a une dette morale envers nous, qu'elle l'acquitte en construisant des routes et des ponts, ou en dotant les bas quartiers d'eau courante et d'électricité. Mais surtout pas d'argent. Du cash, pour quoi faire? Pour remplir les poches des copains d'Aristide et payer les chimères? Pas question.» Empoisonné, le dossier a pesé sur les travaux de la commission conduite par Régis Debray, chargée par l'Elysée et le Quai d'Orsay de repenser les relations franco-haïtiennes à l'horizon 2020. Auteur d'une confession intitulée Les Masques, le philosophe savait-il qu'il trouverait à Port-au-Prince celui du malheur?
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MessageSujet: Re: Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon Jules Belimaire   Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon  Jules Belimaire EmptyDim 12 Oct 2008 - 17:04

colocolo a écrit:
Le groupe 184 était une organisation terroriste domestique et c'est dommage que Titid n'avait pas pris ses responsabilités et protéger Haiti.



Colo,

Pa reponn rans RICO yo ,sitou lè li mete "Retro" li yo.

Yo pwouve ke se manti mesyedam sa yo t ap bay.
Wi ,retro?
Adye!
Misye bliye ti Bebe ,yo te griye ,mete lan pilon pou fè seremoni.
Oo,se pou misye al lan achiv jounal franse yo rele FIGARO an.Ladan l RICO ap jwenn yon atik kote Figaro di ke DREAD VILME se yon kanibal.Li touye moun e li rache kè yo ,pou l manje lan Seremoni Vodou.
Mesye wooo.
Colo,Pipo,kite misye repwodwi atik li yo e pa okipe l
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MessageSujet: Re: Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon Jules Belimaire   Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon  Jules Belimaire EmptyDim 12 Oct 2008 - 18:27

RB : On peut interroger ce qu’on veut. Mais un fait est clair, que le 1er premier ministre et le 2e président d’un régime renversé, est retourné au pouvoir au lendemain de son renversement.



PRA : C’est pourquoi je dis qu’il faut interroger l’histoire. Les hommes qui ont eu le malheur de surgir à la tête de l’Etat en 2004 au départ d’Aristide, étaient des hommes sans conviction. La majorité d’entre eux étaient motivés par des intérêts personnels. Et en outre il n’y avait pas vraiment de plan cohérent. Je le dis pour avoir été en première ligne. J’ai été plutôt victime du changement au lieu d’en bénéficier en 2004. Je n’étais pas dupe. Depuis décembre 2003, les hommes qui voulaient le départ d’Aristide, n’étaient pas vraiment sincères. Ils étaient plutôt prêt déjà à négocier, en échange pour des privilèges ou des faveurs à quelque niveau que ce soit. Cette opinion je l’assume. C’est l’une des raisons pour lesquelles, que dans la proposition de sortie de crise, il y avait quelque chose qui n’a pas été respectée. C’est parce que je faisais trop d’insistance pour dénoncer, surtout, l’indécence de ces acteurs là, qui ont voulu tout avoir. J’ai exigé que le conseil des sages soit élargi. On a eu des négociations et des tractations sans moi pour que cela soit comme ça. Il y a toute une tranche d’histoire et des tas de choses à révéler. Gérard Latortue était plutôt candidat à une image de marque au près des Nations Unies. Gérard se souciait très peu du pays. Boniface n’était pas préparé politiquement. Le groupe 184 était, ce qu’il a toujours été, une mosaïque d’intérêts sans ciment, sans aucun lien. Les partis politiques avaient des propriétaires, pas même des chefs de parti, qui étaient plus intéressés à leurs affaires de cour. Donc ils ne restaient que les étudiants, dont certains se sont laissés détourner, pour des raisons pratiques. Voilà le triste tableau de la situation. En un mot, il n’y avait aucun civisme, aucun patriotisme, aucun intérêt général. Tout le monde oubliait qu’il y avait une personnalité morale à défendre, Haïti. Il ne pouvait pas y avoir de rupture.

les ondes de Radio Classique inter, Pierre Robert Auguste, de l’Association des Entrepreneurs de l’Artibonite
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MessageSujet: Re: Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon Jules Belimaire   Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon  Jules Belimaire EmptyDim 12 Oct 2008 - 19:06

André Apaid, harcelé quotidiennement, ne croit plus à un compromis

LE MONDE | 01.01.04 | 12h05

Port-au-prince de notre envoyé spécial André Apaid, coordonnateur du Groupe des 184, l'un des principaux mouvements d'opposition au régime du président Aristide, vit en permanence sous la protection de gardes du corps puissamment armés. "En trois mois, j'ai subi au moins six tentatives d'agression physique ou d'intimidation, explique-t-il. Je reçois des menaces régulièrement, des gangs de jeunes payés par le pouvoir ont cassé la voiture de mon frère, jeté des pierres et des seaux d'excréments sur ma maison. C'est presque la routine."
L'entourage de M. Apaid affirme que ce harcèlement dure depuis des mois. En juillet, alors qu'il s'était rendu dans le bidonville Cité Soleil pour participer à un meeting, ses partisans ont dû le défendre contre une attaque de "chimères", bandes armées proches du pouvoir. Le lendemain, il est accusé par la police d'avoir tué cinq personnes : "C'était délirant, ils n'ont jamais produit de corps ni le moindre indice, mais il a fallu se présenter plusieurs fois devant un juge. L'affaire s'est enlisée, on ne sait même pas si la procédure suit son cours."
Un scénario similaire s'est répété ces jours derniers. Le 22 décembre, lors d'une manifestation organisée par le Groupe des 184, un homme a été tué par balles dans des circonstances mal élucidées : "Aussitôt, la police a retrouvé le frère du mort, et a fait pression sur lui pour qu'il porte plainte contre moi, sous prétexte que mon nom figurait sur la demande d'autorisation de la manifestation", raconte André Apaid.

Mais, très vite, l'affaire échappe à tout contrôle. Le frère de la victime présumée, un jeune séminariste, refuse de céder aux pressions et va se confier à son évêque, qui rend l'affaire publique. Quelques jours plus tard, le juge chargé de l'affaire disparaît, en laissant derrière lui une cassette vidéo où il explique que le gouvernement a tenté de l'obliger à inculper sans preuves M. Apaid et deux de ses collaborateurs et que, dans ces conditions, il préfère s'enfuir.

"ARISTIDE DOIT DÉMISSIONNER ET S'EXILER"

Parmi les diplomates en poste à Port-au- Prince, le bruit court que le corps présenté comme celui du manifestant serait en réalité celui d'un jeune gangster, abattu quelques jours plus tôt dans une attaque de banque – ce qui expliquerait les réticences de son frère à accuser M. Apaid. Le corps de l'homme tué lors de la manifestation aurait disparu peu après son transport dans les locaux de la police.
Malgré tout, M. Apaid tient à se présenter comme un modéré : "Jusqu'à une date récente, j'étais partisan d'une solution de compromis avec Aristide s'il acceptait de nommer un gouvernement d'union nationale, de rétablir les libertés et de promouvoir un nouveau contrat social. Mais après la vague de répression de ces dernières semaines, j'ai changé d'avis. Aristide doit démissionner et s'exiler, il n'y a plus d'autre solution. Je sais que les Etats-Unis souhaitent qu'il reste au pouvoir, mais j'ai le sentiment que le système Aristide est fragilisé ; il est en train de perdre le soutien des gens pauvres, qui l'ont soutenu pendant toutes ces années.

"Je possède des entreprises ici et aux Etats-Unis, je sais que, pour les petites gens, je n'ai pas le profil d'un révolutionnaire, continue-t-il. Mais, à Haïti, le simple fait de vouloir faire des affaires dans la transparence, sans être obligé de passer des accords occultes avec les politiciens, c'est déjà un projet révolutionnaire !" Y. E.
Une existence turbulente 1492 : Christophe Colomb débarque sur l'île d'Hispaniola. 1659 : les Français commencent à coloniser la partie occidentale de l'île. 1791 : insurrection des esclaves sous la conduite de François Toussaint Louverture. 1794 : en France, la Convention nationale abolit l'esclavage. 1802 : l'esclavage est rétabli dans les colonies françaises par Napoléon Bonaparte. 1804 : indépendance d'Haïti après la victoire des anciens esclaves sur les troupes françaises. 1843 : la partie orientale de l'île fait sécession sous le nom de République dominicaine. 1915-34 : occupation d'Haïti par les Etats-Unis, qui y exercent un étroit contrôle économique et financier. 1957 : le médecin François Duvalier, dit "Papa Doc", arrive au pouvoir lors d'élections truquées, avec l'appui de l'armée. Il établit un régime dictatorial, s'appuyant sur les "tontons macoutes", sa milice personnelle. 1964 : François Duvalier se proclame président à vie. 1971 : Jean-Claude Duvalier, dit "Baby Doc", devient président à vie à la mort de son père. 1986 : Duvalier est chassé par un soulèvement populaire. L'armée prend le pouvoir. 1990 : le Père Jean-Bertrand Aristide est élu président. Il est renversé en décembre 1991 par un coup d'Etat militaire. 1994 : intervention militaire américaine avec 20 000 hommes, retour d'exil d'Aristide. 1996 : fin du mandat du président Aristide. Un de ses proches, René Préval, lui succède. 2000 : des élections législatives aux résultats contestés ouvrent une crise politique. Jean-Bertrand Aristide est à nouveau élu président lors d'un scrutin boycotté par l'opposition.


Dernière édition par Rico le Dim 12 Oct 2008 - 19:56, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon Jules Belimaire   Retro: Comment Lavalas piegeait Apaid et le groupe 184 selon  Jules Belimaire EmptyDim 12 Oct 2008 - 19:24

Wouyyyyyy kisa sitwayen Gonayiv sa bezwen, yon moman li sanble ap voye flè pou lavalas. Avan li tonbe rele anmwe veye lavalas.Li fè m sonje ak yon lot ti nèg Raboto.

Une lettre de Pierre Robert Auguste à Mgr Luigi Bonazzi


Port-au-Prince, le 27 Décembre 2003
Une lettre de Pierre Robert Auguste
Président
Association des Entrepreneurs de l'Artibonite ( AEA )

Son Excellence
Mgr Luigi Bonazzi
Nonce Apostolique
Doyen du Corps Diplomatique
Excellence,
Il n'y a que Sa Sainteté le Pape Jean Paul II, Gardien de la Morale Universelle, qui puisse, par sa prompte intercession paternelle internationale, prévenir une terrible catastrophe humanitaire qui s'annonce aux Gonaïves sous la menace de ce que nous appelons l'invasion militaire de l'Afrique du Sud en Haïti, particulièrement aux Gonaïves.
En effet, nous disons invasion militaire, non par exagération due à une saute d'humeur mais par interprétation des faits troublants, inhumains, inacceptables au regard du droit humanitaire international.
Comprenez, Excellence,le Doyen du Corps diplomatique, que le 24 décembre, des militaires sud-africains, débarqués au Parc Vincent ( Gonaïves ) de deux hélicoptères militaires, ont investi sans autorisation le toit des résidences privées, sont descendus dans les rues avec l'appui de policiers haïtiens procéder à la saisie de plusieurs taxi-motos, qui sont des biens économiques relevant de la propriété privée. Aujourd'hui 27 décembre, depuis 10h am, des détachements militaires sud-africains, aidés de policiers apatrides haïtiens, tirent à Raboteau dans tous les sens, sans épargner aucune cible civile. C'est donc un acte de guerre, un cas d'agression caractérisée qui nécessite l'intervention des plus hautes autorités morales du Monde, dont, Vous, les Ambassadeurs américain, français, canadien le Représentant du Secrétaire Général de l'OEA, entre autres, Vous incarnez la représentation aux yeux du peuple haïtien.. Il y nécessité pressante d'obligation à peuple et population en danger.
C'est pourquoi, en ma qualité de président de l'Association des Entrepreneurs de l'Artibonite ( AEA ), basée aux Gonaïves, j'exhorte, au nom du peuple gonaïvien et de sa communauté chrétienne, Votre Excellence à s'associer aux Chefs de la Mission diplomatique des Etats-Unis d'Amérique, de la France, du Canada, de la République Dominicaine, pour intervenir auprès des instances internationales dont le Conseil de Sécurité de l'ONU, et le Secrétaire Général de cette dernière M Kofi Annan pour mettre fin à ce qui s'apparent à des hostilités ou tentatives de génocide contre une population civile et éviter un himalaya de cadavres d'ici au premier janvier 2004 ou après. Car la population gonaivienne est prête à mourir martyre face à la détermination cruelle sans équivoque du président Jean Bertrand Aristide, largement contesté.
Espérant que Votre Excellence témoignera de ses sympathies humanitaires et préventives envers le brave peuple des Gonaïves,aujourd'hui menacé de massacre, je La prie d'agréer les sentiments de pieuse gratitude de ce peuple chrétien à l'endroit de Sa Sainteté le Pape Jean Paul II, avec ma demande expresse d'autoriser la publication à mes soins de la présente.
Pierre Robert Auguste
Président
Association des Entrepreneurs de l'Artibonite ( AEA )
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