Forum Haiti : Des Idées et des Débats sur l'Avenir d'Haiti
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FOROM AYITI : Tèt Ansanm Pou'n Chanje Ayiti.
 
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MessageSujet: Vivre dans une société de semblables   Vivre dans une société de semblables EmptySam 2 Mai 2009 - 17:20

Les
crises répétées de corruption au sein de l'appareil d'Etat montrent la
profondeur et la gravité de notre mal. Une société pourrait être
comparée à un être humain. La tête malade infecte le corps qui, à son
tour, réinfecte la tête. Et c'est un cercle vicieux.

Si on ne fait pas attention, tout l'argent du monde peut passer en
Haïti et notre situation de pauvreté ne changra pas parce qu'il y a
trop de gens malades d'argent et de ses corollaires (maison, voiture,
etc.). Et c'est toute la société qui se trouve impliquée.

J'ai vu des jeunes avec plein de gosses alors qu'ils ne travaillent
pas. D'autres qui rêvent de belles voitures alors qu'ils viennent juste
d'obtenir un emploi.

Même un paysan à qui j'ai donné à monter une clôture se permet de me
tromper. Il met en terre 8 douzaines de pieux et il me dit 20. Pourtant
je sais qu'il sait compter.

Quand j'envoie ma voiture au garage, je paie cher mais le service reçu
ne correspond pas à l'argent donné, alors, je deviens plus pauvre.

Un cadre moyen touche un salaire mensuel d'environ 15,000 gourdes,
mais, avec cet argent, il ne peut même pas s'acheter de l'eau pour
chasser son WC, s'il en a, voire vivre dans une maison normale, même si
ça pourrait être une pièce et demie . Cette situation de misère et
d'absence de services le fait fuir le pays.

Un parent chômeur à qui un directeur d'école demande US$ 300 pour la
graduation de son enfant, que crois-tu qu'il va faire puisqu'il ne dira
pas au directeur qu'il n'en a pas les moyens ? Pris dans le jeu du
paraître, du « fè wè », comme chacun de nous, il va extorquer un autre
pour pouvoir y faire face.

Une femme cuisinière a été voir un médecin. Celui-ci lui a prescrit une
radiographie qui lui a coûté 2 000 gourdes. Combien touche une
cuisinière chez nous? 3 ou 4,000gdes en moyenne, beaucoup moins dans
d'autres familles.

Ou on paie cher pour un bon service ou c'est le poulailler. Il n'y a pas de service, de qualité intermédiaire.

J'ai été sidérée de voir l'état du local et des services offerts au
Centre de psychiatrie. Le citoyen pour la plupart n'a aucune
considération pour son semblable, trop pressuré par l'argent à gagner.
Normalement, pour calmer la pression sur l'argent, un certain nombre de mesures devraient être prises.

Les salaires des hauts fonctionnaires de l'Etat devraient être coupés
de ¾ tandis qu'on leur donnerait des services. Le logement, l'éducation
de leurs enfants, la santé, le transport devraient être garantis pour
eux et leurs familles. Il en serait de même pour les policiers et
certains juges.

Une telle mesure permettrait à chaque citoyen de vivre selon ses moyens, de sortir de son illusion et de donner des services.

La MINUSTAH ne serait plus nécessaire, car le policier, pour une large
majorité, retrouverait son calme intérieur et ferait son travail comme
cela se doit.

Le paysage politique changerait. Les candidats aux postes politiques seraient des vrais.

Parallèlement, le gouvernement devrait réduire certaines importations,
contrôler l'argent qui sort du pays, pendant qu'il exige plus de
services du citoyen.








Vivre dans une société de semblables Pixel
Une fois la société calmée, stabilisée, le gouvernement pourrait alors
se consacrer à l'investissement et atteindre la croissance.

Mais il se pose un problème majeur. Rentrer dans cette logique
provoquerait la chute de ce gouvernement ; on chercherait à liquider
les membres, car trop de gens déjà malades d'argent ont le pouvoir.

Le citoyen lui-même, voyant qu'il a moins d'argent en main, prendrait peur et voudrait la tête du président.

Mais le président Préval n'est pas homme à se laisser tomber et/ou se
faire liquider au pouvoir. Il n'est pas homme non plus à vouloir tout
contrôler. C'est plutôt le manoeuvrier qui a appris à jouer avec
l'instabilité jusqu'à terminer son mandat.

Le pouvoir en Haïti est piégé. Le dirigeant se retrouve devant un
double défi. Il doit travailler pour le bien commun pendant que chaque
citoyen veut travailler pour le bien personnel. D'autre part, né aussi
d'une société individualiste, il devra battre son propre record.

Certains rêvent d'un autre Duvalier, d'autres d'un Aristide. Moi, je ne
rêve d'aucune dictature. J'aime être libre. Mais je sais que la liberté
a un prix : c'est la participation à la construction de son bonheur. Je
voudrais pour expliquer mes dires reprendre les idées de Tocqueville
dans « De la démocratie en Amérique. »
« De nos jours, l'esprit de cité me semble inséparable de l'exercice
des droits politiques. L'homme du peuple, aux Etats-Unis, voit dans la
fortune publique la sienne propre. Il s'est accoutumé à regarder cette
prospérité comme son ouvrage. Il travaille au bien de l'Etat non
seulement par devoir et par orgueil, mais j'oserais presque dire par
cupidité. »

Je sais qu'il y a beaucoup d'entre nous qui font des sacrifices pour ce
pays. Mais je crois qu'il faut encore beaucoup plus pour arriver à une
stabilisation. Cette société a besoin de rigueur, mais aussi de
services. L'absence de ceux-ci déshumanise l'homme. Il faut plus de
services d'hygiène, de santé, d'éducation, etc.... Il faut plus de
travail.

Dans toute société, il y a quelques vagabonds, quelques délinquants que
l'Etat arrive à gérer en les mettant en prison. Mais quand ils sont
trop nombreux, cela pose un gros problème de gouvernance. Alors c'est
le système même qu'il faut remettre en question, comme on le fait pour
une classe quand il y a trop d'échecs.

Aujourd'hui, Il faut créer la stabilité. C'est le rôle de l'Etat, mais
l'Etat s'est affaibli. Le futur dirigeant a besoin de notre accord, de
notre appui pour réussir.

J'encourage les citoyens à consommer, choisir local, pour réduire la
pression sur l'argent et particulièrement à investir dans les secteurs
de production et aider dans les services.

C'est une autre mode de vie. Chacun peut aller à son rythme Mais ça vaut le coup pour les joies que l'on aura à en tirer.

C'est un gros sacrifice. Je le sais. Mais si on ne le fait pas
aujourd'hui, on devra le faire demain, car si on n'enterre pas ce
système esclavagiste, il nous enterrera tous.

Rose-Laure Brierre
Oiseau_violet@ yahoo.com
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