Forum Haiti : Des Idées et des Débats sur l'Avenir d'Haiti
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 Haïti: Genèse de l'échec des partis politiques part 1

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MessageSujet: Haïti: Genèse de l'échec des partis politiques part 1   Haïti: Genèse de l'échec des partis politiques part 1 EmptySam 2 Mai 2009 - 17:34


Haïti: Genèse de l'échec des partis politiques part 1 Pixel Haïti: Genèse de l'échec des partis politiques part 1 Pixel



La tradition, comme l'accoutumance, a la vie dure. Elle se perpétue
dans nos pratiques, nos comportements et dans nos réflexes. Souvent,
nous ne nous en rendons même pas compte. C'est un aspect fondamental de
la sociologie politique du pays, auquel nos leaders politiques semblent
faire peu de cas. Or, selon nous, il s'agit d'un sujet d'importance
capitale dans la mesure où il représente un facteur de blocage dans le
cadre du processus de démocratisation en cours. C'est aussi un
phénomène culturel auquel un dirigeant politique avisé se doit de
réfléchir. Car certaines de ces tares sociales ne disparaîtront que
lorsque les classes dirigeantes se sentiront concernées, se crééront
des balises de sécurité... et s'élèveront à la dimension d'un État
moderne qui est une exigence de notre temps. Ne pas réaliser
l'importance de ce paramètre dans le vécu haïtien, c'est laisser les
choses en état. On se heurte également aux portes du sous-développement
sous toutes ses formes, alors qu'il eut été indispensable de se munir
des clefs de ces barrières, qui sont faites d'un métal qui, qui à
chaque fois qu'on frappe dessus, devient plus dur. Nous faisons ici, en
effet, allusion aux lois historiques qui président au changement: sans
une parfaite connaissance du milieu, on est fatalement conduit à
l'échec. Les leçons d'histoire sont d'une grande utilité dans ce genre
de démarche.

S'il est vrai qu'il y a des moeurs/habitudes qui s'en vont avec la
modernité, il y en a d'autres, certes, qui nécessitent une plus lente
opération avant de s'en départir. C'est pourquoi, selon nous, celle ou
celui qui porte le fardeau du pouvoir doit avoir une vision globale du
pays dans tous ses aspects. A la lumière de cette représentation
synoptique des choses en devenir, fruit de ses propres études et
observations, le chef de l'État pourra alors contrôler efficacement
l'action de son gouvernement et, périodiquement, mesurer la distance
parcourue et celle qui reste à parcourir pendant son administration.
Briguer la suprême magistrature de l'État est peut-être un acte facile,
mais il devient difficile lorsqu'il faut démontrer ses talents
d'organisateur et de bâtisseur, ses qualités morales et
intellectuelles, ses compétences et ses capacités. Etre digne d'estime
dans cette haute fonction de l'État requiert du premier magistrat de la
République des qualités éprouvées qu'il soit à même de pouvoir traduire
dans les faits. Fut-il au prix des choix douloureux, mais courageux! Le
pays des Haïtiens, à notre humble avis, n'a pas besoin des
représentants défaitistes et des lâches; mais il a plutôt besoin des
femmes et des hommes d'étoffe capables de l'engager envers un avenir
qui dépasse l'individuel. Renouer la nation haïtienne avec l'honneur et
la dignité est un impératif de l'heure! Si le pays est très mal perçu
durant ces dernières décennies, il n'a pas toujours vécu dans
l'indignité(...). N'en déplaise aux détracteurs traditionnels.

Évidemment, au chapitre des traditions qui doivent être préservées et
conservées, nous en relevons les valeurs traditionnelles: par exemple,
Dessalines dont l'ombre plane encore sur nos vies et sur nos enfants.
Il avait su toucher du doigt, à l'époque, le germe de la crise
fondamentale de la nation naissante: le problème de la propriété
foncière dont il voulut le partage et la redistribution équitables des
terres conquises par le peuple des esclaves. Certes, il est mort pour
ses propres convictions. Mais, jusqu'à aujourd'hui, la propriété
foncière reste une problématique nationale, qui peut même être
considérée comme un facteur permanent de déstabilisation de la société.
Nos différentes cultures nationales, qui constituent la base de notre
régime alimentaire, doivent être protégées dans la perspective d'une
politique nationale de développement. Si, dans les conditions
actuelles, certaines modifications s'avèrent nécessaires, elles doivent
cependant se faire dans le cadre de la défense des intérêts nationaux.
Il y a également l'échelle des valeurs et le respect de l'autorité de
l'État qui s'effritent et semblent prendre des proportions très
alarmantes au sein de la population. Une situation dangereuse, si elle
n'est pas contrôlée, pourrait mettre la nation en péril. De mémoire
d'homme, les guerres civiles sont historiquement la conséquence logique
de l'incapacité de l'État à pouvoir imposer son autorité à l'ensemble
des groupes sociaux qui forment la société en général. Aussi la
manifestation constante et en tous lieux de la puissance publique
est-elle une condition sine qua non du maintien de l'ordre et de la
paix.

Parti politique/tradition/paternalisme

L'histoire renseigne que le pays des Haïtiens n'a pas une tradition de
parti politique, voire une culture de démocratie. En dehors du Parti
national conduit par Demesvar Delorme et du Parti libéral par Boyer
Bazelais et Edmond Paul, qui furent une amorce dans le mouvement de la
société civile organisée vers la seconde moitié du 19e siècle, avec une
brève résurgence observée dans les années 1930 et 40; il fallait donc
attendre jusqu'en février 1986 pour voir l'apparition fiévreuse des
formations politiques. Aussi l'absence de structures des partis
politiques dans le pays pendant de nombreuses années représente-elle un
manque à gagner sur le moyen et le long terme. Dire que la présence des
partis et organisations politiques sur la scène est un gage pour la
cause de la démocratie naissante: dans le sens qu'ils promeuvent
l'alternance du pouvoir politique et revendiquent, au profit de la
population, les garanties constitutionnelles qui sont souvent foulées
aux pieds par les régimes despotiques et dictatoriaux.
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MessageSujet: Haïti: Genèse de l'échec des partis politiques part 2..suite...   Haïti: Genèse de l'échec des partis politiques part 1 EmptySam 2 Mai 2009 - 17:36


Historiquement, un parti d'avant-garde, digne de ce nom, a une double
vocation politique au sein de la société. Premièrement: il se charge,
avec d'autres supports intellectuels liés à son programme d'action, de
l'éducation politique du peuple; il l'instruit et l'oriente dans ses
démarches qui tendent à changer ses conditions matérielles d'existence.
Le parti descend également dans le peuple pour l'encadrer dans ses
différentes organisations de base, qui sont susceptibles d'adhérer au
plan de développement que celui-ci propose à la nation. Il forme, entre
autres choses, la conscience du peuple autour des graves problèmes
auxquels il fait face, jusqu'à maturité: phase supérieure de la
formation de conscience. La maturité du peuple consiste en sa capacité
à reconnaître ses propres intérêts et les moyens dont il a besoin pour
les défendre. Le mode de production et les rapports de production sont
deux facteurs déterminants dans les luttes de libération et de
révolution nationales. Par exemple, le vieil ordre social semi-féodal
semi-bourgeois, encore en vigueur en Haïti, est un anachronisme des
temps modernes. La persistance du maintien de ce système ne peut que
révolter la conscience humaine, quand on sait que l'écrasante majorité
des paysans sans terre subissent l'exploitation sauvage des
propriétaires fonciers. Qui perpétuent le système « deux moitiés » dont
on connaît, sur base d'expérience, les conditions contraignantes dans
lesquelles sont soumis les paysans qui travaillent ces terres. La
présence des latifundia - qui sont souvent des absentéistes - sur les
fermes de production a lieu seulement lors des moissons/récoltes. Yon
senp grapday ke peyizan an jwenn kòm pwodiktè, paske mèsyedam gwandon
yo debake avèk bourik, milèt ak chwal pou yo ranmase. Dans certaines
régions reculées de la paysannerie, la main- d'oeuvre agricole est tout
simplement servile: les forces de travail sont cruellement maintenues
dans un rapport proche de colon à esclave.

L'État, comme les grands propriétaires fonciers, est absent. Il accuse
une impuissance totale devant cette problématique cruciale du monde
paysan. Mais, également, c'est ici le rôle d'un parti d'avant-garde,
dans le cadre de sa stratégie globale de lutte, de dénoncer ces
barbaries et de prendre des initiatives qui ont pour objet de changer
radicalement la physionomie matérielle et morale de l'ensemble du corps
social haïtien.

Deuxièmement: c'est la prise du pouvoir auquel ambitionne et aspire
tout parti politique. A notre sens de la lutte militante, l'avènement
d'un parti politique au pouvoir d'État découle de ce qui est énoncé
plus haut en rapport avec la phase constructive, qui prépare le chemin
de la victoire.

Stratégie quantitative et non qualitative

Mais alors, l'erreur des leaders et des chefs de parti politique a été
de croire que la multiplication sauvage des formations et organisations
politiques pouvait conduire plus vite vers le chemin du pouvoir. Il eut
été raisonnable d'en limiter le nombre à trois(3). Trois courants
idéologiques, donc trois tendances qui formeraient la nouvelle
configuration idéologico-politique sur la scène. Avec ce schéma
stratégique - phénomène historique nouveau, commencerait alors la
campagne de modernisation et de moralisation de la vie politique du
pays. Par ainsi, les dirigeants politiques auraient fait preuve de
réalisme et de responsabilité dans la conduite des affaires de l'État.
Si d'aventure un tel système s'avérait possible, il y aurait donc lieu
d'espérer que les changements d'ordre structurel et institutionnel,
tant bercés, auraient alors une chance d'aboutir. Vis-à-vis des pays
étrangers, notamment ceux dits amis d'Haïti, la diplomatie haïtienne
devrait certes marquer la rupture avec un passé traditionnel l'ayant
rendue improductive à tous les niveaux des rapports bilatéraux et
multilatéraux. La voix d'Haïti s'est éteinte sur la scène
internationale depuis des temps immémoriaux. Ce, malgré sa belle
histoire et sa riche contribution à la construction de l'Histoire ainsi
qu'à la Conscience universelle au 19e siècle.

Si la théorie des grands ensembles, qui dominent les milieux politiques
du monde moderne, est porteuse de stabilité sur le plan social et
économique, elle n'a guère fait bonne recette auprès des décideurs
politiques locaux. Ce qui explique pour l'essentiel l'état de misère
absolue et d'insécurité dans lequel est plongé tout un peuple sans
défense aucune. S'impose donc un redressement urgent de la situation,
compte tenu du développement rapide des nouveaux phénomènes
d'insécurité observables dans le pays. Ce qui fait courir à la nation
un grand danger aux conséquences incalculables, telles qu'on en n'a
jamais vues jusqu'ici. Nous soumettons, en effet, à l'appréciation des
uns et des autres cette pensée d'Albert Einstein, l'auteur de la
théorie de la relativité et de l'invention de la bombe atomique: « La
fission de l'atome a tout changé, sauf la pensée de l'homme. Nous nous
acheminons donc vers une catastrophe sans précédent ».

Conclusion: Tant que les partis politiques et leurs dirigeants n'auront
pas réalisé qu'il faut définir une stratégie d'ensemble autour des
objectifs communs en vue de la prise du pouvoir, la lutte pour le
pouvoir d'État sera toujours dominée par le messianisme politique. Car,
on doit le reconnaître, le paternalisme reste un sentiment fortement
ancré dans la culture traditionnelle et dans les croyances populaires.
Pour donner une chance à la raison de se construire dans l'âme
nationale, il faut d'abord se libérer des pratiques traditionnelles:
divisions internes, clivage de l'électorat, clientélisme, mercenariat
politique, bovarysme intellectuel, magouilles électorales. Sont ici des
tares sociales qui empoisonnent la vie politique du pays. Des pratiques
historiquement dépassées et anachroniques; mais, hélas, ces phénomènes
continuent de marquer négativement notre vie de peuple. Et elles
paraissent pour le moins échapper à l'attention de nos directeurs de
conscience. La domination historique, dans le jeu politique « des papas
bon coeur », des personnalités lunatiques ou messianiques n'est
certainement pas le fait du hasard. Elle est la résultante de l'absence
cruelle d'une éducation politique de masse autour des valeurs
nationales et des idéaux de démocratie et de progrès. Elle dénote aussi
le manque de pénétration dans les masses par les partis politiques qui
ont le devoir et la fonction de former la conscience du peuple, lui
permettant de se libérer des entraves de la mentalité empirique. C'est
un travail de longue haleine puisqu'il s'agit, en effet, des décennies
de paralysie mentale, qui rendent les oreilles obturées par le cérumen.


Jean-Marie Beaudouin
Avril 2009 ; coifopcha@yahoo.fr
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