Forum Haiti : Des Idées et des Débats sur l'Avenir d'Haiti
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 Koudeta janvye 91, Ertha Pascal Trouillot live l premye fwa, li fistije Aristid

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Rico
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MessageSujet: Koudeta janvye 91, Ertha Pascal Trouillot live l premye fwa, li fistije Aristid   Koudeta janvye 91, Ertha Pascal Trouillot live l premye fwa, li fistije Aristid EmptyLun 18 Mai 2009 - 21:51

Interview exclusive avec Ertha Pascal Trouillot, ancien juge à la Cour de cassation et ex-présidente provisoire d’Haït

Par Buteau Espiègle

Ancien juge à la Cour de cassation écrivain, confére n c i è re,Mme Ertha Pascal-Trouillot fut la première femme haïtienne à a s s u m e r les rênes du pouvoi rexécutif en Haïti, du 13 mars 1990 au 7 février 1991. Elle est connue dans la société haïtienne comme une femme intelligente et de bon caractère, bien que modeste et timide. En 1979, elle était la première femme juge au tribunal civil de Portau-Prince. Sa nomination à la Cour d’appel, en 1985, fit d’elle la première femme juge de cette instance judiciaire, puis, ce fut une escale de six années à la Cour de cassation, première femme jusqu’à aujourd’hui à avoir occupé ce siège et enfin, le 13 mars 1990 elle devint la première femme ayant accédé à la présidence provisoire d’Haïti avec la mission d’organiser des élections générales crédibles. Elle accepta cette responsabilité sans réticence, mais prit très au sérieux la mission qui lui avait été confiée. Le 16 décembre 1990, sous l’oeil vigilante de la communauté internationale, les premiers tours des élections eurent lieu, élections qui portèrent au pouvoir Jean-Bertrand Aristide. Mme Trouillot a acceptéde répondre à nos questions pour les lecteurs de la colonne Religion et Société d ’
H a ï t i - O b s e r v a t e u r et les amis du Centre national.

Buteau Espiègle ?Bonjour,

Mme Trouillot !
Ertha Pascal-Trouillot ? Bonjour, Brother Tob !

B.E.? Chère Madame Tro u i l l o t ,veuillez nous parler un peu de votre enfance et de votre famille tout en traçant pour nous les origines de votre carrière de juriste.

E. P. T. ? Je suis née à Pétion-Ville, de parents catholiques et Pétionvillois, dans la maison familiale située à la rue Geffrard, neuvième enfant et huitième fille d’une famille de dix enfants. À l’instar de mes sept soeurs et deux frères, dont l’artiste Tite Pascal, (Alix), fils posthume, et Pierre André Pascal, l’ex-consul d’Haïti à Miami, j’ai été élevée par ma mèreveuve, Louise Pascal née Dumornay, ayant perdu mon père,
Thimoclès Pascal (Sonson), à l’âge de trois ans près. Mon enfance s’est déroulée dans l’ambiance sereine et religieuse de la fraternité, d’amour, de respect de soi et des autres, du culte du travail achevé dans la dignité, l’honnêteté et l’exercice de la fidélité aux vertus cardinales. La lecture, l’audition musicale et les jeux de société perdus dans le temps (saut à la corde, osselets et marelle, contes, etc.) emplissaient mes
heures de loisir. Après mes études universitaires et sept années ininterrompues de pratique du droit, j’ai été pressentie par le ministre de la Justice d’alors pour occuper le siège de juge au tribunal de première instance de la juridiction de Port-au-Prince. Ce fut en janvier 1979, une grande première dans l’histoire de la judicature haïtienne. Après avoir franchi les instances traditionnelles de jugement, je fus nommée à la Cour suprême de justice où j’ai siégé avec des confrères aux tempes grisonnantes et aux cheveux blancs. En 1990, j’ai laissé les couloirs du Palais de justice, indemne de toute compromission, pour arpenter ceux de son voisin limitrophe, le Palais national, en qualité de présidente provisoire de la République d’Haïti. Une femme sortie du creuset de la Cour de cassation d’Haïti, après 20 années de pratique juridique, a dirigé pour la première fois les
destinées du pays.

B. E. ? Les femmes de notre pays ont tendance à s’orienter vers les carrières médicales. Qu’est ce qui a pu vous attirer vers le droit et même la politique?

E. P. T. ? Au vrai, cette branche scientifique ne m’était guère indifférente. Ma propre famille et mon entourage immédiat (cousins et cousine) comptent justementdes médecins, infirmières et technicienne de laboratoire. Il fallait s’ouvrir à d’autre voies et élargir le cercle de connaissances du noyau familial, d’autant que la vue du sang et les procédés de dissection des macchabées hantaient mes pensées et torturaient mon être. Mon aptitude à l’étude juridique, cultivée par mon amour de la vérité et de la justice, s’est accentuée au fil du temps par l’engouement à solutionner des cas d’espèce divers et diversifiés
et par le ferment intellectuel qui m’était offert sans mesure par mes deux maîtres, père et fils, Emmanuel et Ernst Trouillot, décédés en 1987, en leur cabinet de consultation juridique de la rue des Miracles où je fis mes premiers pas. Je me suis attelée très tôt à la recherche sociologique et juridique. Plusieurs ouvrages ont
vu le jour, qui sont le fruit des veilles attardées, des vacances truquées d’interminables et passionnantes
pages d’écriture. Mes premiers livres édités en Haïti sont :
Statut juridique de l’Haïtienne dans la législation sociale, Port-au-Prince, 1973, (387 pages),Imprimerie des A n t i l l e s ,ouvrage actuellement épuisé, est consacré au travail et à l’environnement social des femmes dans l’administration publique, aux ateliers et dans différents secteurs; il eut une diffusion dans certains milieux culturels étrangers et porta l’écrivain français Robert Cornevin, président de l’ADELF et secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences d’outre- mer, à me parrainer comme membre de l’« Association des écrivains de langue,française ». Un second ouvrage : Code de lois usuelles, annoté et commenté, tome 1, 1978, (816 pages), en collaboration; et en 1989, le tome 2 de Code de lois usuelles, annoté et commenté, (588 pages); ouvrage plusieurs fois édité et qui sert de guide quotidien aux usagers de tous les secteurs de l’administration publique et privée, également aux étudiants de divers centres de formation générale. Un quatrième livre : Rétro s p e c t i v e s …H o r i z o n s, (préfacé par Françoi se Fleury-Mazeau, avocat à la Cour de Paris et membre du Conseil des avocats du Barreau parisien, 1980, (431 pages), compilation de réflexions juridiques, de communications et conférences, d’entrevues, etc. Un autre ouvrage, fruit d’unmpériple officiel aux États-Unis d’Amérique :Au Grand Boulevard de la liberté, Impressions etSouvenirs, 1981, (220 pages,). En 1982, suite au changement opéré à l’avantage de la femme, j’ai publié à son intention :Analyse de la législation révisant le statut de la femme mariée. En dehors d’autres textes en préparation,je termine le troisième tome d’un ouvrage dit colossal, qui invite les hommes et femmes de bonne volonté à reconquérir le passé haïtien pour mieux bâtir son futur. Une mise en place vieille de près de quarante années derecherches épuisantes entamées avec la collaboration de feu Ernst Trouillot.

B.E. ? Quid de la politique ?


E. P. T. ? Elle m’a happée à un dur moment où la cause haïtienneétait compromise par le mensonge, l’hypocrisie, le vice, la concupiscence et le brigandage; à cette époque où le pays devenait l’objet des huées universelles. Je n’ai appartenu à aucune faction politique. Je ne suis pas politicienne. J’ai été choisie par le peuple souverain,dans les limites intangibles des lois de la République et de la Constitution, pour accomplir un grand devoir civique et moral pour mon pays. J’en suis redevable à Dieu. Cet agenda, je l’ai rempli sans ostentation et sans gloire personnelle. J’en suissortie riche de ma pauvreté, riche de ma dignité.

B.E. ? Vous avez donc été surprise par la vie à un moment difficile de notre histoire de peuple. L’on s’est tourné vers vous pour d i r i g e r les destinées de la nation. Comment avez vous vécu ce moment au niveau personnel ? Et au niveau national,quels sont les accomplissements dont vous êtes fière ?

E. P. T. ? Cette tâche complexe nécessitait du courage, de l’abnégation et de l’assiduité. Prestement, je devais être capable de tenir la promesse faite et ne pas faire mentir la confiance placéeen moi par un peuple oppressé, assoiffé de mieux-être et de paix. Ce fut un pari angoissant. Un labeur cuisant empreint de résolutions promptes et adéquates. La barque a pu traverser les eaux tumultueuses pour finalement accoster. Mission patriotique accomplie avec satisfecit. Les premières élections honnêtes, crédibles et démocratiques furent réalisées, en effet, en un courtlaps de temps, sous les regards scrutateurs d’observateurs civils non armés de l’OEA et de l’ONU, dans le strict respect des lois haïtiennes, des normes et
engagements internationaux, dans la paix des rues, la garantiedes vies et des biens et la marche
ascensionnelle des affaires étatiques.


N’ayant pas pu me lancer dans des réformes en profondeur, compte tenu du temps qui m’était imparti, j’ai laissé mes empreintes dans de nombreux décrets d’ordre administratif telsque : la création, le 17 mai 1990,des représentations civiles du pouvoir exécutif dénommées «Délégation », conformément aux dispositions de la Charte constitutionnelle en vigueur; la dotation d’une structure organisationnelle au département de la Défense nationale; la reconnaissance d’utilité publique de plusieurs institutions comme la CHADEL(Centre haïtien de défense des libertés publiques; «Les Pupilles de Saint Vincent de Paul » ; « Le mouvement Paysan Papaye »; « L’ AEADMA » Association des damariens; la Collection «Monnaies et Médaillons d’Haïti » ; «Nos petits frères et soeurs et «Lafanmi Selavi » dotée de la personnalité civile; « le Conseil national du Sucre» , CONASUC, attaché à la production du sucre et conseiller des usines sucrières dans leur tâche de restructuration et de répartition des quotas d’importation, de production et de distribution locale. Le gouvernement eut à signer le décret sanctionnantla Convention des Nations Unies contre le trafic illicitedes stupéfiants et des substances psychotropes adoptée le 19 septembre 1988 à Vienne;

«Le FAES » fut créé sous la tutelle du ministère de l’Économie et des Finances dont le but est de financer
les petites entreprises à haute intensité de main-d’oeuvre, aux fins d’améliorer les conditions de vie des masses urbaines et rurales; des écoles pilotes furent créées en milieu rural, telle l’École de Lully; des fontaines publiques dans les zones nécessiteuses; plusieurs routes furent recouvertes «
»; d' une aide massive fut procurée aux familles en détresse et aux désireux en la résidence privée du président, elle s’effectuait deux fois à la semaine. La construction d’une station de commerce à la sortie sud de la capitale a été inaugurée le 6 février 1991, à la veille de l’investiture du président élu. Une commande de quatre-vingt bus visant à desservir les zones industrielles de «s o u s - t r a i t a n c e [size=14]» et au transport des écoliers des régions rurales a été envisagée; des contrats relatifs à l’achat à coût réduit du pétrole ont été signés entre Haïti et le Venezuela; vote de la loi budgétaire; loi sur l’émission de billets de banque de feuille d’or, de feuille d’or et d’argent à l’occasion du 500e anniversaire de la découverte du Nouveau Monde; etc.

Haïti-Observateur 13 - 20 mai 2009


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Dernière édition par Rico le Lun 18 Mai 2009 - 23:44, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: Koudeta janvye 91, Ertha Pascal Trouillot live l premye fwa, li fistije Aristid   Koudeta janvye 91, Ertha Pascal Trouillot live l premye fwa, li fistije Aristid EmptyLun 18 Mai 2009 - 22:04

Interview exclusive avec Ertha Pascal Trouillot (SWIT)


B.E. L’ H i s t o i re vous est reconnaissante du sérieux, de la compétence et de l’honnêteté de votre gérance. Sous votre regard vigilant, les élections de 1990 se sont déroulées dans la régularité. Quelles réflexions pouvez-vous offrir à nos lecteurssur ces mois tourmentés de notre vie nationale ?

E. P. T. ? Il n’est d’aucun secret que le bon vouloir et le bon exemple prêchent pour le plein succès. La chose de l’État est chose publique et requiert le concours de toutes les volontés fortes, compétentes, crédibles et intéressées au bien-être du pays. C’est ce task- force, cette synergie qui, en dépit des tourments inlassables et des énergies contraires, aboutira à l’effet escompté. Il faut penser positif et se mettre au travail, même quand le matériel adéquat manque. La réussite sourit toujours aux courageux, aux tenaces, aux compétents et honnêtes gens, quand ils convoitent le bien et le beau. Lesommet s’avère difficile à atteindre parce que le chemin qui y conduit est toujours jonché d’embûches. Songez aussi que « les hommes dissolus ne sont pas dénués de talent, mais il répugne aux nations de les suivre dans leur voie et dans le temps où il ne suffit plus d’avoir de l’audace » . Ces mois bouleversants de la vie nationale n’ont pas estompé la victoire, sans cela ce n’en serait pas une. Rien de grand ne se construit sans peine.

B.E. ? A la grande indignation de ceux qui vous connaissent, il y eut une tentative de coup d’État, en janvier 1991, sous votre présidence et certains secteurs de la société haïtienne ont tendance à vous accuser d ’ avoir collaboré avec les putschistes. Vous est-il possible de faire jaillir la vérité sur cette période sombre et douloureuse aussi bien pour vous que pour notre pays ?

E. P. T. ? J’ai toujours gardé le silence pour ne pas me défendre contre d’insidieuses insinuations venues des gens malhonnêtes traites, jaloux et irresponsables, n’ayant aucune faculté ni aucun motif de discernement et qui se font passer pour des titans. Hélas Affirmons le, haut et fort, je n’ai jamais connu cet homme, de près ou de loin, vérité révélée par le putschiste lui-même à ses avocats qu’il exhortait d’intercéder pour lui auprès du président Trouillot pour obtenir décharge de sa gestion passée durant la période des inscriptions pré électorales. J’étais plutôt familière au nom, pas à l’individu, l’ayant vu pour la première fois le soir de l’événement.J’ai entendu son nom murmuré par un des putschistes qui m’avaient pris en otage. J’ai su dès lors que devant moi se trouvait le maître d’oeuvre. J’ai toujours pensé que l’injure n’a de valeur tant valent ceux qui la profèrent. Je n’ai jamais failli à ce legs d’honneur de rendre hommage à la vérité, même devant la force brutale. En toute conscience.Cette phrase importante du message adressé à la nation lors du putsch avorté du 6 au 7 Janvier 1991 : « J’ai été forcée de démissionner » au lieu de « J’ai décide de donner ma démission» telle que mentionnée dans ce texte qui me fut présenté par le truand et ses acolytes, n’a pas retenu l’attention de ceux qui ont été pris dans l’égarement de la fièvre de diffamation. Ce scénario du mensonge laisse perplexe au devant des interrogations telles :

« Où se trouvait le haut état major ? Les appels réitérés lancés au général en chef, au chef de la Garde nationale, etc. » furent sans succès . Le magistrat Pradel Péan soutient que « Ce qui parut troublant,c’est qu’au moment où l’aventure parvient à la connaissance des o b s e rvateurs, des org a n i s m e s internationaux venus au pays pour superviser les comices du16 décembre, il leur fut impossible de localiser les officiers supérieurs de l’Armée dont la plupart se trouvait dans un lieu secret connu seulement de l’imposteur qui leur téléphona après le coup pour s’informer de leur disposition. Ils s’enfermèrent, sut-on dans la suite, au quartier m i l i t a i re du district de Pétion- Ville. Soudoyés ou complaisants,tout laisse accroire qu’ils ont délibérément permis au « bonhomme » de prendre sa chance, quitte à l’appuyer ou le combattre suivant la tournure de l’affaire.Ce fut la deuxième alternative qu’ils durent choisir sous la pression des forces populaires » (P.Péan, « Sous les cendres du passé» p.125, 1997. Un coup mariné; un coup bas. Tout est clair. Je n’ai pas à chercher à me disculper. Faute de lumière, la gente populaire appuie rarement ceux qui veulent le règne de la légalité, surtout lorsque des détracteurs soldés, grisés par le jeu démocratique hissé à une hauteur inattendue et exaltante, osent troubler la sérénité de leur croyance et de leur conquête. Dieu merci, pour ce cas précis il n’en fut guère. La masse du peuple m’a portée fort, sur son coeur, ayant découvert très tôt le jeu macabre des vendeursde patrie et apprécié le geste du 16 décembre 1990 tous azimuts, qui avait redonné espoir à Haïti au bord de la guerre civile, de la désespérance et aux prises avec une crise politique chronique irritante. Elle avait compris que la réussite de cette mission avait, en effet, remis le pays sur la voie de la démocratie représentative, puisque réalisée dans l’ordre et la paix, sans bavures, sans coquinerie, sans manipulation déloyale et intempestive de la part d’aucune institution nationale et internationale. C’est une victoire divine, elle ne m’appartient pas. Le panégyriste Alfred Mentor, écrit :

«
Alors que les prépa ratifs pour l’installation du président élu allaient bon train, le président Trouillot fut victime d’une tentative de coup d’État, produite dans la nuit du 6 au 7 janvier 1991. Ce coup fut avorté.Qu’elle ne fut sa surprise, malgré des sévices endurés, d’entendre certains manoeuvriers soldés, saturés de méchancetés, anti-féministes, grincheux et jaloux de son succès, l’accabler de ce malheur et vouloir projeter sur elle une quel conque participation à cette vilenie. La vérité ? Ils servaient d’é m i s s a i res, de canaux d’évacuation, à ceux qui voulaient la punir de cette rectitude morale qu’elle gardait devant les excès et dérèglements de toutes sortes, sollicités par certains lascars qui prô naient d’obtenir le jugement somm a i re de criminels politiques avant d’arriver aux élections, sa
vraie mission. Ce qui exigeait d’ailleurs de longues procédures ,et causerait de sérieux retard aux processus électoral. Femme de loi, douée de bon sens, elle a esquivé ce piège… Le président Trouillot a porté la démocratie haïtienne sur les fonds baptismaux et redoré le blason du pays,fané par plusieurs décennies de dictature et de turbulence politique. Qu’est-il advenu de ce précieux héritage ?


La presse locale n’a jamais cherché à faire le jour sur cette déplorable affaire; et n’a jamais sollicité d’interview de cette victime. Elle n’a fait que graviter autour de l’infernal mensonge, enfabulation désespérante. Il faut soutenir, appuyer la fomentation.Pourquoi ? Cette presse semble ignorer que le jour même de l’élargissement du président Trouillot, après une nuit de détention au Pénitencier national, façon étrange pour le président installé d’annoncer les couleurs, au mépris dela loi qui n’accorde aucune conséquence sérieuse à la rumeur
publique forgée de toute pièce, détention qualifiée de «
terrible erreur» (backing off) par la communauté
internationale sous le choc d’un tel abus de pouvoir, le président en exercice, M. A r i stide, s’était rendu en sa résidenceprivée pour lui présenter sesexcuses, prétextant n’avoir riensu au sujet de cette affaire.
Ah ! Ah ! Ah ! Alors que, la veille, devant le Parquet du tribunal civil de Port-au-Prince, il avait menacé le président Trouillot de « lebrunisation » par ses hordes lavalassiennes. Au reste, j’ai eu la confidence spontanée de personnes crédibles, que cette manigance a été bien concoctée par le président élu et ses mercenaires, au
cours de réunions préalables indignes et malsaines. La presse parlée, écrite et télévisée, si apte au devoir, n’a jamais fait mention de l’ordonnance du vendredi 5 juillet 1991 du juge d’instruction, Me Jean-Claude Siclait, dont un premier volet, dit de non lieu, lava de tout soupçon Me Ertha Pascal Trouillot mdans l’affaire Roger Lafontant,reconnaissant que «
le coup d’État fut dirigé contre le président Ertha Pascal Trouillot et leprésident Aristide, les deux principales victimes du coup de for ce»; dans cette même ordonnance, un non lieu fut également prononcé en faveur du colonel Ch. Dardompré et d’autres inculpés; ensuite, un second volet prononce « le renvoi par-devant les assises criminelles, contre RogerLafontant et sa clique, Jean E.Sylla, MariusJean-Paul, Mirabeau Petit-Homme, Alix Charlmers, Alphonse Lahens, Gérard Louis », etc. (extrait des minutes du Greffe du tribunal civil dePort-au-Prince, 5 juillet 1991). C’est fort du second volet que¸Lafontant et ses serviteurs ont été jugés par devant le tribunal criminel dans la suite.


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Dernière édition par Rico le Lun 18 Mai 2009 - 23:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Koudeta janvye 91, Ertha Pascal Trouillot live l premye fwa, li fistije Aristid   Koudeta janvye 91, Ertha Pascal Trouillot live l premye fwa, li fistije Aristid EmptyLun 18 Mai 2009 - 22:38

Interview exclusive avec Ertha Pascal Trouillot (SWIT e FEN)
</STRONG>

B.E. ? Maintenant que vousvous êtes retirée des affaires dupays, pouvez-vous partager
avec nos fidèles lecteurs vos plus grandes inquiétudes pour l ’ a v e n i r d’Haïti ?

E. P. T. ? Un pays ne vit que par son peuple, mon inquiétude est de constater cette désunion qui divise les fils d’un même pays. Ce manque de coude à coude fraternel, comme l’indique la devise nationale : « L’Union fait la force» .Cet empressement à détruire l’autre impunément sans apprécier
la quotité dont il dispose et qu’il investit dans l’édification du social qui nous concerne tous. Cette manie de vouloir acculer son frère de sang et de se complaire dans une sombre réjouissance de ses inaptitudes, de ses déboires ou de son échec. Le mal de se croiser les bras et d’abonder dans la critique destructive, mais rarement constructive. Il est temps de se ressaisir pour consolider la vérité. En dépit d’étranges clameurs générées par des fainéants relatant la stérilité des efforts déployés pour sortir ce pays du gouffre dans lequel il est plongé, il se constate l’existence de citoyens de bonne foi, dévoués à la cause de rénovation nationale, d’une jeunesse amoureuse du terroir, martyre fier et invincible qui refuse d’abdiquer ses droits et entend survivre de ses défaites, de toutes les déceptions endurées durant son parcours historique. Un pays ne meurt jamais, ses
poumons ne sont jamais atrophiés .


B.E. ? Même à l’heure des plus grandes détresses, il y a toujours
des motifs d’espérance. Voudriez-vous souligner p o u r nous vos motifs d’espérance ?


E. P. T. ? Perdiccas, général macédonien, fit cette question à Alexandre de Macédoine qui, avant sa grande expédition d’Asie, venait d’allouer toutes ses ressources pour assurer à ses amis une bonne situation financière en
ne se réservant plus rien : «
Prince, que vous êtes-vous réservé?» Alexandre de répondre: « L’ E s p é r a n c e ». C’est, à ne pas douter, un bien personnel, inaliénable. Malgré les dérives et les transformations que connaît la société moderne, il y a lieu de croire en un avenir meilleur. Tant il existe des hommes qui pensent et qui bougent, tant il existe des hommes nantis d’un idéal de grandeur et de perfection, il y a lieu de croire et d’espérer


B.E. ? Mme Trouillot, aucun plan ou projet en perspective ?
E. P. T. ? Consciente du rôle del’histoire dans le devenir d’une nation, il m’a été donné de réaliser, à l’intention de la jeunesse de mon pays, pour sa connaissance des gloires du passé et celle detous ceux qui ont joué un rôle
important dans la société, un riche répertoire de la généalogie historique d’Haïti. De grandes figures du passé y sont inscrites. Ces recherches remontent loin dans le temps et couvrent près detrois siècles. Cette oeuvre encyclopédique de trois volumes,dont le premier est déjà disponible sur le marché, s’amplifiechaque jour. Elle s’adresse égalementà la nation et aux étrangersqui s’intéressent aux choses haïtiennes.OEuvre immense, œuvre de bénédictin, répète-on souvent. J’achève la rédaction du troisième
tome, le second étant en souffrance financière chez son éditeur.
Je veux parler, comme annoncé au début, de
l’Encycloplédie Biographique d’Haïti.


B.E. ? Pour t e r m i n e r, quel message pouvez-vous adresser a u x
jeunes et même aux adultes qui nliront vos réponses à ces questions?

E. P. T. ? Que les fils de mon pays s’arment de fermeté et persévèrent dans la course noble et difficile qu’ils ont entamée. L’avenir, dit-on, appartient aux courageux. Ils détiennent les leviers de commande. Qu’ils soient toujours disponibles et pratiquent la sagesse dans toutes leurs démarches. Qu’ils aient surtout pour viatique le Tout Puissant, seul dispensateur de tout bien. Je dirai aux femmes vaillantes d’Haïti de se soutenir et toujours, dans cette lutte constante et héroïque pour le juste et le vrai, afin de briser l’épée de Damoclès en suspend sur nos têtes; de demeurer à l’oeuvre tant que chaque homme,chaque femme, ne trouvera pas dans cette société, son identité, sa place et sa dignité.

B.E. ? Merci Mme Tro u i l l o t d ’ a v o i r accepté de répondre à
nos questions.

* Frère Buteau (Bro t h e r To b )

P o u r le Centre national.
Haïti-Observateur 13 - 20 mai 2009
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